DES CAVITÉS NASALES
mucus abondant, qui prévient la dessiccation à laquelle celte face est exposée par le passage incessant de la colonne aérienne.
L'organisation de la pituitairc rappelle celle de toutes les muqueuses; elle se distingue cependant par quelques caractères spéciaux que nous allons brièvement énumérer. Le cliorion de la membrane est mou, spongieux, d'une couleur rosée, el offre peu de ténacité. Il contient dans son épaisseur une foule de glandules en grappes, dont quelques-unes le traversent pour se loger dans de petites excavations de la cloison cartilagineuse. L'épilliélium se compose de cellules à cils vibratiles.
Le sang est apporté à la piluitaire par les aiHères ophthalmique et nasale. Il se rend ensuite dans de larges veines anastomotiques, qui forment dans la couche profonde de la membrane un magnifique plexus à mailles serrées et allongées, d'où il gagne enfin la veine satellite de l'artère nasale. Celte disposition plexueuse des vaisseaux veineux favorisant la stagnation du sang, on comprend qu'elle prédispose aux hémorrhagies.
Les lymphatiques de la pituilaire n'ayant pu être injectés, ni sur l'homme, ni chez les animaux, par M. Sappey, à qui la préparation de ces vaisseaux est devenue familière depuis longtemps, nous avons été tenté de nier leur existence ; cependant, comme l'engorgement des ganglions sous-maxillaires, dans l'affection morveuse, engorgement consécutif à l'ulcération de la pituitaire ou à la suppuration de la membrane des sinus, autorise, jusqu'à un certain point, la supposition d'une communication entre les ganglions sus-indiqués et la couche muqueuse des cavités nasales, nous avons cru devoir nous livrer sur ce sujet à de nouvelles recherches; or nos efforts ont été couronnés d'un plein succès, et nous avons pu injecter sur le cheval, delà manière la plus heureuse, le réseau lymphatique superficiel de la membrane du nez, ainsi que les troncs qui se rendent de ce réseau aux ganglions sous-maxillaires; nous reviendrons sur ce point en faisant la description des lymphatiques.
La pituitaire reçoit de nombreux nerfs. Ils viennent de la cinquième paire et du ganglion de Meckel : ce sont les branches ethmoïdales du nerf palpébro-nasal et le nerf sphéno-palatin, qui communiquent à la muqueuse du nez une assez grande sensibilité. Il est bon d'ajouter que les rainilicaiions de la première paire encéphalique se distribuent dans la portion elhmoïdale de cette membrane, et en font le siège de l'olfaction ; mais comme la piluitaire doit être envisagée plus tard d'une manière spéciale comme organe du sens de l'odorat, nous nous bornerons ici à cette indication sommaire (voy. Sens de l'odorat).
DlFFÉliENCES. — Les fosses nasales du Bœuf, du Glouton et de la Chèvre se distinguent par la présence d'un troisième cornet, Vautre olfactif, et par la communication qui existe entre elles, en arrière, par-dessous le boni inférieur du vomer. On a déjà vu que chez ces animaux, comme dans ceux dont il nous reste à parler, le canal de Jacobson traverse d'où ire en outre la voûte palatine.
Chez le Porc, les fosses nasales sont longues et étroites.
Elles sont au contraire très courtes dans le Chien et le Chat , et les cellules intérieures des cornets, remarquables par leur nombre et leur complication, communiquent toutes avec les fosses nasales proprement dites, sans concourir à la formation des sinus.
hlk APPAREIL RESPIRATOIRE.
3" Des sincs.
Les sinus sont des cavités très anfractueuses, creusées dans l'épaisseur des os de la tête, sur la limite du crâne et de la face, autour des masses ethmoïdales, qu'elles enveloppent.
Ces cavités, diverlicules des fosses nasales, sont paires ; on en compte cinq de chaque côté, qui sont : les sinus frontal^ maxillaire supétneur^ sphénoïdal, ethmoïdal et maxillaire inférieur. Les quatre premiers communiquent ensemble ; le dernier est ordinairement parfaitement isolé.
Sinus frontal. — Cette cavité, située au côté interne de l'orbite, présente des parois fort irrégulières, qui sont formées par le frontal, le sus-nasal, le lacrymal , i'etlimoïde et la partie supérieure du cornet ethmoïJal. Il communique avec le sinus maxillaire supérieur par une vaste ouverture percée dans une très mince cloison osseuse. Une épaisse lame verticale, souvent déviée à droite ou à gauche, mais toujours imperforée, sépare ce sinus de celui du côté opposé.
Sinus maxillaire supérieur. — Creusé en dessous de l'orbite, entre le grand sus-maxillaire, le zygomatique, I'etlimoïde et le lacrymal, ce diverticule, le plus vaste de tous, se trouve partagé en deux grands compartiments par le conduit susmaxillo-dentaire, qui le traverse. Le compartiment interne constitue une sorte de bas-fond, continu avec les sinus spliénoïdaux. et présente une fente étroite qui pénètre dans le sinus ethmoïdal. Le compartiment externe est séparé, en avant, du sinus maxillaire inférieur, au moyen d'une cloison que M. Goubaux a démontré, contre les idées généralement admises, être imperforée à tous les âges de la vie. Il est vrai qu'il l'a trouvée si mince quelquefois, qu'elle était réduite aux « eux feuillets muqueux adossés. Ce compartiment offre en saillie les racines des deux dernières molaires, et se prolonge en arrière dans la protubérance maxillaire.
Sinus sphénoïdal. — Ce sinus est le plus petit a[)rès celui de la grande volute ethmoïdale. Formée par le sphénoïde et le palatin , cette cavité est fort irrégulière et subdivisée par des cloisons incomplètes en plusieurs compartiments, qu'on peut toujours ramener à deux : l'un antérieur, compris entre les lames du palatin ; l'autre postérieur, creusé dans le corps du sphénoïde. Adossé sur la ligne médiane, contre le siimsdu côté opposé, il s'en trouve séparé piir une lame tourmentée, qui se perfore constamment, même chez les jeunes animaux.
Sinus ethmoïdal. — Nous désignons sous ce nom la cavité intérieure de la grande volute ethmoïdale. Celte cavité constitue un véritable sinusj qu'une fente étroite fait toujours communiquer avec le sinus maxillaire supérieur, et non pas avec le sinus frontal, comme nous l'avons imprimé par inattention en faisant la description de l'ethmoïde.
Sinus maxillaiue inférieur. — Ce dernier diverticule est remarquable en ce qu'il ne communique point avec les autres, et qu'il constitue ainsi un groupe à part. Creusé dans l'os grand sus-maxillaire et séparé du sinus supérieur par la cloison imperforee dont nous avons déjà parlé, il est partagé, comme ce dernier sinus, en deux compartiments: l'un interne, prolongé (!ans la cavité supérieure du cornet maxillaire ; l'autre externe, le plus petit, montrant les racines de la qua-
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trièrae molaire, rarement celles de la troisième. Ce sinus ne descend donc point, comme l'a prétendu Rigol, au-dessus des irois avant-molaires. La tète étant supposée verticale, il ne dépasse point i)ar en bas, dans un cheval adulte, l'extrémité (le l'épine maxillaire, en avant de laquelle il faut creuser pour arriver dans son intérieur.
Orifice de communication des sinus avec la fosse nasale. — Tous les sinus d'un même côlé communiquent avec la fosse nasale correspondante, par la fente courbe qui a été signalée au fond du méat moyen. Cette fente pénètre dans le sinus maxillaire supérieur, sous la cloison qui le sépare du sinus frontal ; elle arrive également dans le sinus nuixillaire inférieur, qui communique ainsi isolément avec la cavité nasale, tandis que les autres diverticules s'ouvrent en commun dans cette cavité, par l'intermédiaire du sinus maxillaire supérieur.
31EMBRANE MUQUEUSE DES SINUS. — En pénétrant dans les sinus pour en tapisser les parois , la pituitaire devient extrêmement mince et perd sa grande vascularité. On la trouve immédiatement appliciuôe sur les os , auxquels elle sert de périoste. DÉVELOPPEMENT DES SINUS. — Os cavités Commencent à se développer chez le ftetus, et se creusent peu à peu dans l'épaisseur des os qui concourent à les former. On les voit s'agrandir pendant toute la vie de l'animal , par l'anilncissenient des lames osseuses qui ks ciitouient ou les cloisonnent, et surtout par suite de la pousse des dents molaires supérieures, dont les raci.ues font saillie en dedans de ces cavités. L'apparition du sinus maxillaire inférieur est plus tardive t ue celle des autres ; elle ne survient cependant point vers l'âge de sept à Iniit ans seulement, comme l'ont |)rétendu la plupart des anatomistes vétérinaires. I\J. Goubeaux a prouvé que ce sinus existe déjà à l'âge de six mois; sur une tête déposée depuis plusieurs années au cabinet de l'école de Lyon , tête d'un poulain de fort petite stature, âgé d'un an environ, ce sinus se montre déjà, dans sa partie externe, liant de U centimètres et large de 2.
Fonction des sinus. — Les sinus, diverticules des cavités nasales , ont-ils des usages qui se rattachent à ceux de ces cavités elles-mêmes ? Tl est probable, sinon absolument sûr que non. Rien ne prouve, en effet, qu'ils aient un rôle à remplir dans la respiration ou dans l'olfaction. Ils semblent avoir |)our usage exclusif de donner plus de volume h la tête sans augmenter son poids, et de fournir ainsi de lai ges surfaces d'insertion aux muscles fixés sur cette région osseuse. On trouve en effet ces cavités d'autant plus amples que les muscles dont nous parlons sont plus forts et plus nond)reux.
DihFÉr.ENCES. — Chez le Bœuf, les sinus frontaux se prolongent dans les chevilles osseuses qui supportent les cornes, et jusque dans le pariétal et l'occipital ; ils enveloppent donc de la man.ière la plus complète la partie antérieure et supérieure du crâne, en formant une double paroi à celte boîte osseuse. Ces sinus sont extrêmement diverticules. Ils ne commuiii(|U('nt point avec ceux des os grands sus-uiaxillaires. On les voit s'ouvrir lW chaque côlé dans les caviiés nasales, |)ar quatre trous ordinairement, percés sous la base de la grande volute^elbmoïdale. D'apiès Girard, iroi;de ces orifices mèneraient dans des compartiments spéciaux, isolés les uns des autres, et groupés autour de l'orbite, d'où le nom de sinus orbitaires, par lequel il a désigné ces diveriictdes des sinus frontaux.
Ce même auteur a nié la présence des sinus sphénoïdaux ; mais ils existent, quoique peu spacieux, cl sont en communication avec les précédents.
Le sinus de la grande volute cthmoïdule se comporte comme dans le cheval. '
On ne trouve qu'une paire de sinus maxillaires, sinus très vastes, partagés en deux compartiments par une lame osseuse qui supporte à son bord supérieur le conduit sus-maxillo-dcntaire, comme le sinus maxillaire supérieur des Solipèdes. Le compartiment externe ou maxillaire se prolonge dans la protubérance lacrymale; l'interne occupe l'épaisseur de la voûte palatine. Un large orifice, percé à la base du cornet maxillaire, fait conuiiuniquer ce sinus avec la fosse nasale.
Dans le iviouton et la chèvre , il existe une semblable disposition dos sinus de la tête; mais ces cavités sont bien moins spacieuses que dans le bœuf; les sinus frontaux en pai ticuliei- ne remontent point au delà du bord supérieur de l'os frontal.
Chez le Porc, ces derniers sinus se prolongent dans le pariétal. Ils sont loin cependant de présenter la même étendue que dans les petits ruminants. Les autres sont dans le même cas. Ils présentent, du reste, une disposition analogue à celle qui se remarque chez le mouton et la chèvre.
Dans le Chicn et le Chat , on ne rencontre de chaque côté qu'un sinus maxillaire et un sinus frontal. Le premier mérite à peine d'être signalé. Quant au second, un peu plus développé que celui-ci, il s'ouvre dans la cavité nasale, au moyen d'une petite fente située près de la cloison médiane des deux sinus frontaux.
§ II. •~- Du tube aérien qui fait suite aux cavités nasales.
Ce tube impair comprend : le lart/nx, qui le commence, la trachée, qui en forme le corps ou la partie moyenne, et les bronches, qui le terminent.
1" Larynx (fig. 130. 131. 132. 133. 134).
Préparation. — 1" Pratiquer une couiie longitudinale de la tète pour étudier la disposition générale du larynx (fig. 130); 2" isoler les cartilages (tig. 131) pour i'ex.'imeu de leur conformation extérieure; 3" enlever les muscles sur une troisième pièce afin de reconnaître le mode d'articulation des divers cartilages (fig. 132); 4" préparer les muscles en se conformant aux indications fournies par un simple coup d'œil jeté sur la figure 133; 5" enlever un larynx en respectaut autant que possible les parois du pharynx, pour étudier la surface intérieure de l'organe et surtout son ouverture pliaryngienne.
Le larynx forme un conduit très court (jui livre passage à l'air pendant la respiration, et qui est en même temps l'organe de la voix.
Il représenie une boîlc cartilagineuse déprimée d'un côté à l'autre , percée d'outre en outre, dont l'oiifice anlérieui- s'ou\re au fond de la cavité pharyngienne, et qui se continue en arrière avec la trachée.
Cet appareil , situé dans l'espace inira-maxillaire , est suspendu entre les deux cornes de l'hyoïde, et fixé à l'extrémité de ces appendices par l'une de ses pièces constituantes. Il sert d'appui au pharynx, et s'attache, au moyen des parois de celui-ci , au pourtour des ouvertures postérieures des cavités nasales.
Pour l'intelligence des descriptions, nous ferons suivre immédiatement par l'exposé de la structure celle indication sommaire de la forme, de la situation, des