LIVRE TROISIEME
L'entretici» de la vie chez les animaux n'exige point seulement l'absorption des matières orgiinisables et nutritives puisées à la face interne du tube digestif; il faut qu'un autre principe, Voxygène de l'air, pénètre avec ces matières dans le torrent circulatoire. Dans les animaux à sang rouge, ce principe, en se mêlant au fluide nutritif, commence par en chasser un gaz excrémentitiel , Vacide carbonique, et par communifiuer à ce fluide une belle couleur rouge vermeil; puis il circule avec lui et va se mettre en contact, dans le réseau capillaire général, avec la trame intime des appareils, pour exercer sur la matière organique une action excitatrice spéciale, sans la(|uelle les tissus ne peuvent manife.sler leurs propriétés, et une action comburante qui entrelient la chaleur propre au corps de l'animal.
La nouvelle absorption dont nous parlons constiiue le phénomène de la respiration. Chez les [Mammifères, elle s'e.iïeclue dans \ii poumon, organe parenchymateux creusé d'une multitude d'espaces vésiculaires, lequel reçoit l'air aiuiosphéri(|ue, puis l'expulse après lui avoir pris une certaine quantité d'oxygène, et lui avoir cédé une (|uaniité propoitioiinelle d'acide carbonique. Cet organe est logé dans h cavité tJioriicique, dont il suit les mouvements alternatifs de dilatation et de resserrement. Il communique avec l'air extérieur par deux séries de canaux placés bout à bout : 1" un tube cartilagineux qui prend naissance dans le vestibule pharyngien, et se ramifie dans le poumon; 2" les cavités nasales, fosses paires qu'on voit aboutir dans le vestibide précité, et commencer par deux orifices percés à l'extrémité antérieure de la tête.
Nous étudierons tous ces organes dans un ordre inverse à celui de leur énuraération, c'est-à-dire ([ue nous examinerons d'abord les cavités nasales, puis le tube cartilagineux qui leur fait suite, la cavité thoracique, et le viscère contenu dans cette cavité, c'est-à-dire \e pou?non.
A cette étude sera jointe celle de deux organes glandiformes dont les usages sont inconnus, mais qui, par leurs connexions anatomiqiies se rattachent à rapj)areil respiratoire : nous voulons parler du co?'jjs tJujroïde et du thymus.
§ I. — I>es cavités nasales.
Ces cavités, au nombre de deux, l'une droite et l'autre gauche, offrent à étudier leur entrée, ou les naseaux., les fosses proprement dites qui constituent ces cavités, et les diverlicules désignés sous le nom de sinus.
DES CAVITES NASALES.
Préparation. — Enlever la mâchoire inférieure sur trois têtes. Pratiquer sur la première deux coupes transversales, l'une passant entre la deuxième et la troisième molaire, l'autre derrière l'arcade dentaire. Scier la seconde tête en long et verlicalemeut, un peu sur le côté de la ligne médiane. Exécuter sur la troisième une coupe horizontale, de manière à obtenir une pièce inférieure analogue à celle qui est représentée par la figure 24.
1° Des naseaux.
Les naseaux, ou les narines, représentent deux ouvertures latérales oblongues, percées sur la partie <[u'oii désigne en extérieur sous le nom de bout du nez, circonscrites par des lèvres ou ai/es mobiles, disposées dans une direction oblique de haut en bas et de debors en dedans, et légèrement courbées sur elles-mêmes de manière à présenter leur concavité du côté externe.
Les lèvres ou ailes du nez sont tapissées en dedans et en dehors par une peau mince, délicate, couverte de poils fins et courts, ij'exferne est concave à son bord libre; Vinterne efit convexe. — La commissia^e (\u\ réunit supérieurement ces deux lèvres forme une légère crosse recourbée en dedans. Le doigt inlro luit par cette com'!)issure ne pénètre point dans la cavité nasale, mais dans la fausse narine^ cul-ilc sac coniciue formé par la peau, lequel remonte dans l'angle rentrant compris enire l'épine nasale et l'apophyse montante du petit siis-ma\illaire. — La coiiinussure inférieure, large et arrondie, offre profondément un trou, quelquefois double, qui semble percé à l'emp orle-pièce : c'est l'orifice inférieur du conduit lacrvmal, orifice qu'on trouve, dans l'àne et le mulet, reporté sur la face profonde de l'aile exierne, près de la commissure supérieure.
SrRCCTUiîr:. — Le naseau présente dans son organisation une charpente cartilagineuse, des muscles pour le mouvoir, des téguments, des vaisseaux et des nerfs.
Charpente cartilagineuse (fig. 128). — Celle charpente est constituée par un cartilage recourbé comme une virgule et adossé, dans sa partie moyenne, à celui du côté opposé, en formant avec lui une espèce d'X. Fixé d'une manière mobile, à l'aide de courtes fibres interposées, sur l'extrémité inférieure de la cloison médiane du nez, ce cartilage olfre : une partie supérieure élargie, placée dans l'épaisseur de l'aile interne du naseau, et recouverte par le muscle transversal du nez (fig. 128, 1) ; et une partie inférieure qui, après avoir passé dans la commissure d'en bas, se prolonge en pointe mousse jusque dans l'aile exierne , où elle reçoit l'insertion de plusieurs faisceaux musculeux, appartenant à l'orbiculaire des lèvres, au pyramidal du nez et au susnaso-labial (fig. 128, 2).
Chaque aile possède donc son squelette cartilagineux; mais celui de l'aile externe est fort incomplet, puisque cette charpente est constituée seulement par l'extrémilé inférieure du cartilage commun.
Ce cartilage, on le comprend, soutient les ailes du nez, empêche leur affaisse-
FiG. 128(*].
(•) Fi». 12S. — Cartilages du nez. — i. P;:ilie élargie qui furme la hase de raile interne du nez. 9. Extrémité rélréiic se prolongeaut dans Taile externe. 3. Bord supérieur ou antérieut de la cloison.
ment , et maintient toujours i:)éantes les ouvertures extérieures de l'appareil respiratoire.
Muscles. — Les muscles moteurs des ailes du nez sont tous dilataieurs chez nos animaux domestiques. INous citerons : le naso-trunsversal ou transversal du nez, muscle impair placé sur la portion élargie des pièces cartilagineuses; le grand susmaxillo-nasal ou pyramidal du nez, dont l'insertion terminale occupe louie rétendue de l'aile externe; le petit sus-maxillo-nasal, fixé par ses deux portions sur la peau de la fausse narine ; le mitoijen antérieur, qui se confond supérieurement avec le faisceau externe du muscle précédent, en s'attachant sur la branche inférieure de l'appendice cartilagineux du cornet maxillaire; enfin le sus-nasolabial, dont la branche antérieure s'insère en partie sur l'aile externe du naseau. Tous ces nmscles ayant été décrits en Myologie (voy. page 213), nous ne nous en occuperons pas davantage.
2'éguments du naseau. — La peau qui revêt les ailes du nez à l'extérieur se replie sur leur bord libre pour tapisser leur face interne, se prolonger dans toute l'étendue de la fausse narine, et se continuer dans la fosse nasale proprement dite avec la membrane piluitaire. Cette peau, fine, mince , chargée de pigment colorant, souvent marbrée par des taches de ladre, adhère intimement aux muscles qui se trouvent compris entre ses deux feuillels, adhésion qui s'opère par l'intermédiaire d'un tissu ceilulo-fibreux très dense et très résistant.
Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté aux naseaux par les artères coronaires supérieures., nasales externes, e\ palato-labiales ; il revient dans les veines glosso- faciales, et se déverse en partie dans le réseau veineux de la muqueuse du nez. — Les lymphatiques, gros et abondants, reçoivent ceux de la piluitaire et se jettent dans les ganglions sous-maxillaires en passant sur les joues. — Quant aux nerfs, qm sont fort nombreux, les uns, de nature sensible, viennent de la branche maxillaire de la cinquième paire encéphalique; les autres, moteurs, émanent du facial. Fonctions. — Les naseaux donnent entrée dans les cavités nasales à l'air qui doit pénétrer jusqu'au poumon. Leur dilatabilité leur permet d'en admettre plus ou moins, suivant les besoins de la respiration. ]l est à remarquer que, chez les Solipèdes, les naseaux constituent la seule voie par laquelle la colonne aérienne puisse s'introduire dans le tube trachéal , en raison du grand développement du voile du palais, qui s'oppose à l'entrée de l'air par la bouche; aussi ces orifices sont-ils relativement plus larges que dans les autres animaux domestiques. Chez ceux-ci le passage de l'air atmosphérique par la cavité buccale s'effectue au contraire très facilement.
Différences. — Chez le B<euf , les naseaux, placés de chaque côté du mufle, sont plus étroits et moins mobiles que dans le cheval.
Dans le Porc, le bout du nez constitue le groin , dont la surface antérieure, plane et orbiculaire, oiïre les orifices externes du nez. Ce groin, véritable organe de tact, employé par l'animal pour fouir le sol, est couvert d'une peau noirâtre, ou rosée humide, comme le mufle des grands ruminants. Il a pour base l'os du boutoir, pièce particulière située h l'extrémité de la cloison nasale, entre l'épine du nez d'une part, les petits sus-maxillaires d'autre part, et enveloppée d'une couche de cartilage qui s'étend autour des naseaux. On di.^tingue îiisément dans cet os deux
DES CAVITES NASALES.
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moliiés symétriques qui représentent évidemment les deux pièces cartilagineuses du nez des Solipèdes.
Chez le Chîen, le bout du nez forme une région saillante, chagrinée, nue, ordinairement noirâtre, humide, quelquefois divisée par un sillon médian; c'est sur cette région que se trouvent percés les naseaux, dont la forme rappelle deux virgules opposées par leur partie convexe. La charpente cartilagineuse qui soutient ces orifices n'est point constituée par des pièces isolées ; ce n'est qu'une dépendance de la cloison médiane et des appendices des cornets.
Les mêmes considérations s'appliquent aux narines du Chat, sauf la couleur du tégument, qui est presque toujours rosée comme les surfaces muqueuses.
2° Des fosses nasales proprement dites (flg. 129. 130).
Creusées dans l'épaisseur de la tête, au-dessus et en avant de la voûte palatine, séparées l'une de l'autre, dans le plan médian , par une cloison cartilagineuse qui n'existe point dans le squelette , les fosses nasales s'étendent depuis les naseaux jusqu'à la lame criblée de l'ethmoïde, dans une direction parallèle au grand axe de la tète. Leur longueur est donc exactement mesurée par celle de la face. (Voy. la flg. 129 pour l'ensemble de ces cavités,)
FiG. 129 (*).
(') Fi;;. 120. — Cou]>e transversale de la tcte^ pratiquée sur un vieux cheval , montrant la clisjiosilion des cavités nasales et île la bouctie. — 1. Fosse nasale. 2. (.omet siipe'iieur. 3. Cornet inférieur. 4. Cluisoii médiane du nez. 5. Partie ci-ntrale de la cavité Imccale (^on l'a monliée à dessein plus spacieuse qu'eUe n'est réclleiiient dans l'étal de rapprochement des deu\ mâchuires. C, G, l'ai lies latérales de la même. 7. Coupe de lu langue.
ÛlO APPAREIL RESPIRATOIRE.
On considère dans les fosses nasales deux parois latérales, un plafond ou une voûte, un plancher et deux extrémités.
Parois. — Les deux parois sont très rapprochées l'une de l'autre, et d'autant plus qu'on les examine plus près de l'eilimoïde et du plafond de la cavité. L'espace qui les sépare varie, du reste, suivant qu'on le mesure au niveau des cornets ou des méats.
Paroi interne. — Elle est formée par la cloison nasale et parfaitement lisse.
Paroi externe. — Celle-ci, principalement constituée parle grand sus-maxillaire, se montre, au contraire, très anfractueuse, partagée qu'elle est en trois wm^s ou gouttières, par \Qiicornets, ces colonnes irréguliôres appliquées sur la face interne de l'os précité.
Les cornets sont déjà connus (voy. page 55) ; nous rappellerons seulement les traits principaux de leur ori^anisaiion. Ft)rmés chacun d'une lame osseuse roulée sur elle-même (fig. 129, 2, '6), divisés inîérienremeni en deux sections, l'une siipérieiu'e, qni fait partie des sinus, l'aiitio inférieure, appartenant aux fosses nasales proprcnunl diles, ces cornets se contiiiiienl inférieuremeni par une charpente fibro cartilagineuse, qui prolonge leur section nasale jusqu'à l'orifice externe du nez. L'appendice flexible du cornet ethmoïdal est ordinairement simple, quelquefois double, et se perd avant d'atteindre les ailes du nez. Celui du cornet maxillaire est toujours bifurqué, et sa branche antéro-supérieure se continue directement avec l'extrémité supérieure de l'aile interne du naseau.
Les inéat-< sont distingués eu supérieur, moyen et inférieur, ou en antérieur, moyen ^{.postérieur, suivant que l'on considère la tète dans la direction verticale ou dans la direction horizontale. — Le supérieur longe le bord correspondant du cornet ethmoïdal et se confond avec la voûte de la cavité du nez; il se prolonge en arrière jusqu'anp! es de la lame criblée de l'ellimoïde : c'est le plus étroit. — Le moyen , com\)vh entre les deux cornets, présente , en arrivant près des volutes elhmoïdales, la fente qui met tous les sinus en con)numicaiion avec la fosse nasale. Cette fente est ordinairement étroite et disposée en ligne courbe; mais nous l'avons vue quelquefois convertie en un large trou qui permettait l'introduction dn bout du doigt. C'est par ce méat aussi que lecouqoarliment inférieur des cornets s'ouvre dans la fosse nasale, ces deux organes s'enronlant comme on sait en sens inverse l'un de l'autre. — Quant au méat inférieur, situé sous le cornet maxillaire, il n'est point distinct du plancher de la cavité du nez. (Consulter la fig. 130 pour la disposition des cornets et des méats sur la paroi externe du nez.)
Plafond ou voûte. — Cette voûte, formée par l'os sus-na.sal, ne représente qu'une étroite gouttière, confondue, comme il a été dit, avec le méat supérieur.
Plancher. — Plus large, mais moins long (pie le plafond, en regard duquel il se trouve placé, il en est distant de toute la hauteur de la cloison cartilagineuse. Concave d'une paroi à l'autre, ce plancher repose sur la voûte palatine, qui sépare ainsi la bouche des cavités du nez.
Tout à fait en avant on remarque sur cette région de la fosse nasale l'orifice du cancd ou de V organe de Jacobson, court conduit terminé en cul-de-sac au milieu de la substance cartilagineuse qui bouche l'ouverture incisive. Au fond de ce culde-sac aboutit un deuxième canal, plus long, plus ample, plus remarquable et non
DES CAVITÉS NASALES. liH
encore signalé. Celui-ci présente quelquefois le diamètre d'une plume à écrire. Il commence, par un cul-de-sac, au niveau de la deuxième dent molaire, longe d'ar^ rièreen avant le bord inférieur du vomer, où il se trouve enveloppé par une sorte de gaîne cartilagineuse, dépendance de la cloison nasale, et se termine comme nous avons dit, après un trajet de 12 centimètres environ. La structure de ce conduit rappelle celle des canaux excréteurs des glandes : on trouve évidemment deux couches dans ses parois, l'une interne, muqueuse, très riche en follicules et plissée longitudinalement, l'autre interne, de nature fibreuse. Ces membranes reçoivent de nombreux vaisseaux et des divisions nerveuses émanées d'un long filet venu du ganghon sphéno-palatin, filet qui peut être suivi au côté externe du canal jusqu'auprès de l'ouverture incisive, où il se perd. Tel est l'organe de Jacobson dans son ensemble. La signification en est parfaitement inconnue.
Extrémités. — V extrémité antérieure ou inférieure de la fosse nasale est con-
FiG. 130 (*).
stituée par la narine, déjà décrite. — Vextrémité postérieure ou supérieure présente, on haut, \\n anière-fond occupé parles volutes ethmoïdales (voy. page 38 la description de ces volutes). En l);is et en arrière, cette extrémité communique avec la caviié pharyngienne par une ouverture ovalaire hirgement béante, cir( onscrite par le vomer et l'os palatin : c'est là l'ouverture gutturale de la fosse nasale.
Structure. — Les fosses nasales offrent à étudier dans leur organisation : 1° la charpente osseuse au sein de laquelle sont creusées ces cavités; 2° la cloison cartilagineuse qui les sépare l'une de l'autre; 3° la membrane pituitaire , couche muqueuse ({.ni revêt leurs parois.
1° Charpente osseuse des fosses nasales. — Cette charpente comprend :
(*) Fig. 130. — Coupe antèro-postéiieiire de la tête, montrant dans leur ensemble la bouche, l'arriére, bouche, le larynx- el les cai'ites nasales. — I. M. Génio-glos«e. 'i. M. Gcnio-Iiyoïciieii. 5. Coupe du voile du palais. 4. Ciivile pharynsi'-nne. o. OEsophage.6. Hoihe gutturale. 7. Ouveilure |ihiiryngienne <le In trompe d'Eustache. 8. Cavité ilu l.irynx. 9. Entrée du ventricule latéral du larynx. iO. Trachée. 11. Cornet eihmoidal. 12. Cornet maxillaire. 13. Vnlutes ethmoïdales. 14. Compartiment cérébral de la cavité crânienne. 15. Compartiment ceréljcileux. IG. F.iux du cei veau ou cloison médiane, 17. Cloison Iransverse ou tente du cervelet, 18. Lcvre supérieure. l'J. Lèvre inférieure.
il 2 APPAREIL RESPIRATOIRE.
1" les sus-nasaux, les sus-maxillaires, le frontal et \gs palatins, représentant dans leur ensemble un vaste tube irrégulier qui circonscrit les fosses nasales; 2" Vef/imoïde, occupant le fond de celle cavité tubuleuse, et les cornets appliqués sur ses parois latérales ; 3" le vomer, placé dans le plan médian, et servant de point d'appui à la cloison cartilagineuse qui divise celle cavilé unique en deux compartiments. Tous ces os ayant été étudiés déjà avec détail, nous nous bornons ici à celte simple énuméraiion.
2" Cloison médiane du nez (fig. 129, U). — Formée de cartilage susceptible de s'ossifier, cette cloison n'est autre cbose que la lame perpendiculaire de l'ethmoïde prolongée jusqu'au bout du nez. Sa forme allongée permet de lui reconnaître deux faces, deux bords cl deux extrémités.
Les faces sont creusées d'une multitude de rigoles qui logent les divisions anastomoliques du magnifique plexus veineux de la membrane piluitaire.
Le bord, supérieur, soudé au frontal et à la suture médiane des sus-nasaux , s'épanouit à droite et à gauche sur la face interne de ceux-ci, en formant deux lamelles amincies à leur bord libre, dont la coupe est représentée dans la figure 129. Ces lamelles sont assez larges en avant pour déborder l'épine nasale. — Le bord inférieur est reçu dans la mortaise du vomer.
Vextrémité postérieure se continue sans délimitation précise avec la lame perpendiculaire de l'elhmoïde. — Vextrémité antérieure, un peu moins large, porte les cartilages des naseaux. Elle se soude par en bas avec les petits sus-maxillaires, et s'étale sur les ouvertures incisives en une couche épaisse qui bouche exactement ces ouvertures.
Cette cloison est recouverte d'un périchondre épais qui adhère d'une manière assez intime à la membrane piluitaire.
3" Pituifaire. — Cette membrane, désignée encore sous les noms de nmqueuse olfactive, membrane de Schneider, se continue avec le tégument cutané qui tapisse la face interne des ailes du nez. Considérée d'abord sur la paroi interne de la fosse nasale, on voit la piluitaire recouvrir la cloison cartilagineuse qui forme celte paroi, puisse repliersur le plafond ainsi que sur le plancher de la cavilé, pour gagner la paroi externe, qu'elle revêt en enveloppant la surface extérieure des cornets, et en s'insinuant, par le méat moyen, dans les cellules du compartiment inférieur ou antérieur de ces colonnes osléo-cartilagineuses. La piluitaire pénètre aussi par la fente semicirculaire de ce méat dans les sinus, pour en former le revêtement muqueux. Elle se prolonge également dans l'appareil de Jacobson. En arrière, elle se confond avec la membrane interne de la cavité pharyngienne.
La ])iluitaire n'offre pas une épaisseur uniforme; c'est sur la partie supérieure du cornet ethnioïdal et sur les volutes de l'elhmoïde qu'elle est le plus mince.
Sa face profonde se trouve séparée, par le périoste ou le périchondre, des parois osseuses ou cartilagineuses sur lesquelles est étalée la membrane. Elle s'unit aux deux feuillets précités d'une manière d'autant plus intime que son épaisseur est moindre; néanmoins on la distingue fort bien de ces deux lames fibreuses dans toute l'étendue de la fosse nasale. Quant à la face libre ou superficielle, elle présente de nombreux orifices glanduleux et se trouve constamment recouverte d'un