‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 65 sur 128 · DU TUBE AÉRIEN QUI FAIT SUITE AUX CAVITÉS NASALES · texte numérisé non relu

DU TUBE AÉRIEN QUI FAIT SUITE AUX CAVITÉS NASALES

Forme. — Ce lube est un cyliiulroïde déprimé de dessus eu dessous. Sa face inférieure et ses deux i)ords sont régniièreuieut arrondis, et oiïrenl des sillons transversaux qui répondent aux iniervalles des pièces constituantes de la trachée. La face supérieure, à pou près plane, montre les extrémités amincies et élargies de ces arcs cariilagineux.

Trajet. — Partie de l'extrémité postérieure du larynx, la trachée descend en arrière jusqu'à l'entrée de la poitrine, en suivant le bord inférieur de l'encolure, au-dessous du muscle long du cou. Elle s'infléchit ensuite supérieurement pour passer entre les deux premières côtes, pénètre dans la poitrine, en traversant le médiasiin antérieur, marche directement en arrière, et arrive enfin au-dessus de roreillctte gauche, à droite de l'aorte postérieure, oii le tube présente sa bifurcation terminale.

Rapports. — Dans sa partie cervicale, la trachée, entourée d'un tissu cellulaire lâche et abondant, se trouve contenue dans une sorte d'enveloppe charnue, que forment autour de ce tube la plupart des muscles de la région trachélienne, savoir: lessterno-hyoïdiens et thyroïdiens, placés en avant; les sterno-maxiilaircs, situés en avant d'abord, puis sur les côtés, près do leur terminaison: les omoplal-hyoïdiens, en haut et au milieu des parties latérales; les scalènes, tout à fait en bas et par côlé; le long du cou, on arrière; et par-dessus tous ces muscles, l'expansion superficielle qui constitue lepeaucierducou. Cette enveloppe présentant sa moindre épaisseur en avant de la partie moyenne de la région du cou, c'est cet endroit qui doit être choisi comme lieu d'élection pour l'opération de la trachéotomie.

La trachée est encore en rapport, dans sa partie cervicale : 1° avec l'œsophage, qui descend, comme on sait, sur le milieu de la face postérieure d'abord, puis sur le côté gauche du lube aérien; "1° avec les artères carotides, qui longent les deux bords de ce tube, accompagnées par leurs nerfs satellites, c'est-à-dire le pneumogastrique, le grand sympathique et le récurrent.

Après avoir franchi les deux premières côtes, c'est-à-dire dans sa partie thoracique, la trachée répond, supérieurement, au long du cou et à l'œsophage; en bas, aux troncs brachiaux, à l'aorte antérieure qui les fournit, à la veine cave antérieure, aux nerfs cardiaques et récurrents, à la base du cœur ; par côté, aux ganglions cervicaux inférieurs du grand sympathique, aux vaisseaux vertébraux, cervico et dorso-musculaires, aux deux lames du médiasiin antérieur; adroite, à la veine azygos ; à gauche, à la crosse de l'aorte et au canal ihoracique. Ce dernier est (|uelquofois reporté du côté opposé.

STiaCTURE. — La trachée comprend dans sa structure, les cerceaux cartilagineux qui en forment la base ; les ligaments qui réunissent ces cerceaux ; la membrane muqueuse, étalée à la face interne du conduit; une couche charnue, qui double cette dernière membrane seulement par en haut; des vaisseaux et des nerfs.

Cerceaux cartilagineux de la trachée. — Ces cerceaux, au nombre d'une cin-. quantaine environ, ne forment point des anneaux complets, mais des cercles interrompus du côté de la face supérieure de la trachée. Ce sont des espèces d'arcs constitués par une lame cartilagineuse aplatie et incurvée sur elle-même, dont les extrémités se mettent en regard l'une de l'autre, en se rejoignant tout à fait dans le plus grand nombre des cerceaux, et en se chevauchant même dans quelques-

uns. Ces exlrémités sont élargies et amincies; elles se bifurquent quelquefois et se soudent souvent avec celles des arcs voisins.

Dans la partie moyenne de la trachée, ces cerceaux sont généralement plus grands qu'à l'origine et à la terminaison du tube.

Le dernier, servant de transition entre la trachée et les bronches, présente une disposition plus compliquée. Il est souvent complété par des plaques cartilagineuses isolées, et toujours divisé, par un éperon méJian dirigé vers l'intérieur de la trachée, en deuv segments latéraux qui répondent chacun à une bronche.

Ligaments. — Les cerceaux de la trachée sont réunis par leurs bords au moyen de ligaments intermédiaires. Ces ligaments étant formés de tissu élastique, ils permettent l'allongement et le raccourcissement du tube qu'ils concourent à former.

Vers les extrémités des arcs, ils se confondent avec une mince couche celluleuse qui unit ces extrémités.

Le premier cerceau est reçu par son bord antérieur dans l'anneau cricoïdien et se joint à celui-ci par le large ligament annulaire indiqué page 620. Grâce à l'élasticité de ce ligament, les deux pièces cartilagineuses qu'il réunit peuvent jouer l'une sur l'autre comme deux segments d'une lunette, et produisent ainsi des variations dans la longueur du tube aérien.

Membrane charnue. — Cette membrane tapisse seulement la face supérieure de la trachée ; elle est formée de faisceaux transversaux d'un blanc rosé, attachés par leurs extrémités sur la face interne des cartilages ; sa contraction détermine indubitablement la diminution du diamètre de la trachée, en resserrant les arcs que représentent les pièces constituantes de ce tube cartilagineux.

Memh^one muqueuse. — Continue avec celle du larynx, celte membrane se prolonge par l'intermédiaire des bronches jusque dans les vésicules pulmonaires. Sa face libre ou superficielle, criblée d'orifices glanduleux, présente des rides longitudinales ineffaçables par la distension ; elle est revêtue d'un épithélimn vibratile. Sa face profonde est doublée par du tissu jaune élasiique disposé en faisceaux longitudinaux, et adhère intimement, soit à la face des arcs cartilagineux et à leurs ligaments intermédiiiires, soit à la couche charnue postérieure.

Un caractère (|ui dislingue e.-isentiellenient cette membrane de la muqueuse laryngienne, c'est son peu de sensibilité.

Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté aux tissus qui entrent dans la composition de la trachée par de petites artérioles émanées des vaisseaux qui passent à proximité du tube aérien, c'est-à-dire la carotide et les branches collatérales des troncs brachiaux. Les nerfs viennent du récurrent.

Fonctions. — Tube de conduction pour l'air inspiré ou expiré, la trachée n'a pas d'autre rôle à remi)lir.

3" Dks bronches (fig. 136).

Préparation. — Après avoir extrait le poumon de la cavité thoracique, on le remplira d'eau en fixant la trachée au robinet d'une fontaine; puis on disséquera les bronches eu détruisant le tissu pulmonaire par déchirement et trituration.

Branches terminales de la trachôe, les deux bronches représentent chacune un arbre qui se plonge dans l'épaisseur du poumon, pour s'y diviser par une multi-

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