‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 72 sur 128 · DU CŒUR · texte numérisé non relu

DU CŒUR

L'histoire du cœur comprendra : 1" une vue générale de l'organe; 2" l'élude de sa conformation extérieure ; 3" sa disposition intérieure ; /i" l'indication de sa structure; 5" la description du péricarde, cavité séreuse qui le contient; 6° un aperçij de sou rôle physiologique ; 7° les caractères spéciaux que cet organe présente chez les animaux domestiques qui n'appartiennent point à notre famille type, c'est-à-dire à l'ordre des Solipèdes.

1° Du CŒUR DANS SON ENSEMBLE (fig. 137. 147. 148).

Idée générale. — Le cœur, partie centrale de l'appareil circulatoire, représente une sorte de muscle creux, dont la cavité est divisée, par une éj)aisse cloison verticale, en di'ux poches parfaitement indépendantes. De ces deux poches contraclilea, l'iuie, placée sur le trajet du sang noir, pousse ce fluide dans le poumon ; l'autre, située sur le trajet du sang rouge, le chasse dans toutes les parties du corps.

Chacune d'elles est subdivisée en deux compartinienis superposés, par un étranglement circulaire, au niveau duquel existe une soupape membraneuse qui se soulève à certains moments donnés, et forme alors une cloison iiorizontale complète tendue entre les deux compartiments.

Le compartnnent supérieur reçoit la partie convergente ou centripète du canal sanguin, c'est-à-dire les veines : on l'appelle oreillette. L'inférieur donne naissance à la partie divergente ou centrifuge du même canal : il prend le nom de ventricule.

Les cavités du cœur se distinguent en droites on antérieures, et en gauches ou postérieures, à cause de leur posiiion relative. Il y a donc : une oreillette et mi ventricule droits, ce sont les deux poches à sang noir; une oreillette et im ventricule gauches, situés sur le trajet du canal à sang rouge.

Situation. — Le cœur, lenfernié dans un sac fibro-séreux qu'on désigne sous le uonn\c péricarde, est placé dans la poitrine entre les deux lajnes du médiastin, en regard des troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes, en avant du diaphragme, qui le sépare des viscères abdominaux, au-dessus du sternum, (pii semble le supporter, au-dessous de la colonne vertébrale, à laquelle il est suspendu au moyen des gros vaisseaux.

Forme et direction. — Le cœur présente la forme d'un conoïde renversé, légèrement déprimé d'un côté à l'autre, dont l'axe, obliquement dirigé de haut en bas et d'avant en arrièie, se dévie légèrement à droite, à son extrémité supérieure.

Volume. — Sur un cheval de taille moyenne, le grand axe du cœur offre environ 26 centimètres de longueur; le diamètre antéro-postérieur, mesuré près de la

base, équivaut à 19 cenlimètres environ. Le diamètre latéral ne dépasse point 13 à 16 centimètres.

Capacité. — Il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir une mesure exacte des cavités du cœur. Le raisonnement conduit à penser que les deux cœurs ont exactement la même capacité, et que celte capacité équivaut à 6 ou 7 décilitres en moyenne. Le chiffre que l'on obtient par la mensuration directe est bien plus considérable ; mais alors le cœur se trouve distendu beaucoup plus que dans l'état physiologi (jue.

Poids. — Le poids du cœur varie avec la taille des animaux, et parlant dans des proportions considérables. Il est en moyenne de 3 kilogrammes environ.

2° Conformation extérieure du coeur (fig. 147. 148).

Le conoïde représenté par le cœur est divisé par un sillon horizontal en deux parties inégales : l'une supérieure, comprenant les oreillettes ou la masse auriculaire; l'autre inférieure ou principale, formée par les ventricules ou la inasse ventriculaire.

A. Masse ventricuiairc — C'est elle qui détermine la forme conoïde du cœur, dont elle constitue la plus grande partie. Grâce au léger aplatissement qui déprime l'organe dans le sens latéral, on peut y conï;idérer une face droite, une face gauche, un bord antérieur, un bord postérieur, un sommet, une base.

La face droite, lisse et arrondie, est parcourue par un sillon vasculaire parallèle à l'axe du cœur, sillon qui partage celte face en deux sections : l'une aniérieure, appartenant au ventricule droit ; l'autre postérieure, moins étendue, faisant partie du ventricule gauche (fig. 168).

La face gauche, disposée de la même manière, offre également, sur la limite des deux ventricules, un sillon, dont la direction croise légèrement d'arrière en avant et de haut en bas le grand diamètre du cœur, et qui est beaucoup plus rapproché du bord antérieur que du postérieur (fig. Mxl).

Ces deux faces répondent, par l'intermédiaire du péricarde ,aux plèvres et aux lobes pulmonaires, qui les séparent du thorax, excepté vers la partie moyenne et le sommet de l'organe, où ces faces se mettent directement en rapport avec les parois thoraciques, à travers l'échancrure pratiquée au bord inférieur du poumon, échancrure qu'on sait être plus prononcée à gauche qu'à droite.

Les bords sont épais, lisses et arrondis. L'antérieur, formé par le ventricule droit, est fortement oblicjue de haut en bas et d'avant en arrière ; il s'incline donc sur le sternum, plus ou moins suivant les sujets.

Le bord postérieur, beaucoup moins long que l'antérieur, affecte une direction Ji peu près verticale. Supérieurement, il est séparé du diaphragme par le poumon ; mais en bas, il est tout à fait rapproché de cette cloison musculeuse.

Le sommet, ou la pointe du cône veniriculaire, est mousse, légèrement arrondi, contourné à gauche, et formé en entier par le ventricule du cœur à sang rouge.

La base répond, à droite, en avant et en arrière, à la masse auriculaire ; elle laisse échapper, à gauche et un peu en avant, les deux troncs artériels aorlique et pulmonaire.

DU^COEUR. Zi67

lî. Masse auriculaire. — Allongée d'avaiit Gii arrière, disposée en croissant

au-dessus (lu côlé droit de la base des ventricules, étranglée dans sa partie moyenne,

sur la limite des deux oreillettes, la masse auriculaire présente à étudier trois faces,

deux extrémités et une base.

La face supérieure est divisée, par un étranglement moyen, en deux sections con-

FiG. 147 (*).

vexes qui répondent chacune à une oreillette. La section antérieure ou droite offre l'insertion des veines cave antérieure et azygos ; la postérieure ou gauche, celle des veines pulmonaires. La trachée, les bronches et l'artère pulmonaire passent audessus de cette face ((ig. H7. I^i8).

La face droite, la plus étendue dans le sens antéro-postérieur, se divise comme la précédente, et est disposéed'une manière analogue. La partie droite ou antérieure

(*) Fig. 147. — Le cœur et les principaux vaisseaux {Jace gauche). — A. Ventricule droit. B. Venliicule gauche. C. Oreilietle droile. D. OreiUette gauche. E. Artère pulmonaire. E'. Canal artériel ohlitére'. F. Veines pulmouaires. G. Aorle antérieure. H. Artère aixillaiie gauche. I. Artère axillaire droite, ou tronc hrachio-céphalique. J. Origine de l'.irtère dorsale. K. Ici. de la cervicale supérieure. L. Id. de la vertélirale. M. Id. de la cervicale inférieure. N. Id. de la thoracique interne. 0. Id. Je la thoracique externe. P. Artères carotides. Q. Aorte postérieure. R. Veine cave antérieure. S. Tronc de la veine axillaire. T. fd. de la thoracique interne, U. /(/. de la dorso-cervicale. V. Veine cave postérieure. V. Embouchure des veiues sushépatiques et diaphragmaliques. X. Veine azygos. Y. Canal thoracique. Z, Embouchure de ce vaisseau, placée vers l'origine de la veine cave antérieure. 1. Artère cardiaque droite. 2. Artère cardiaque gauche, 5. Branche auriculo-vcntriculaire de celte dernière, 4. Sa branche ventriculairc. 5. Veine cardiaque.

Z|68 APP.VKEIL DE LA ClRClJI.ATIdA.

reçoit , en arrière cl en bas, l'insertion des veines eave |)OSttM-ieui'e, coronaire et bronchiqne (fig. 1^8).

l.a face fjauc/ie, concave d'avant en arrière, embrasse les troncs artériels qui s'écliappent de la base du cœur.

Les extrémités, lune antérieure, l'autre postérieure , constituent deux appendices détachés nommés auricules, lesquels se recourbent l'un vers l'autre en s'apla-

tissant de dessus en dessous. Le 'î8(*). bord convexe de ces appendices

est crénelé comme la crête d'un coq, plus ou moins suivant les sujets. Leur partie culminante s'avance jusqu'auprès de l'artère pulmonaire, au-dessus du tronc des vaisseaux cardiaques (fig. Ihl).

La base de la masse auriculaire, opposée h la base des ventricules, s'en trouve séparée sur sa périphérie i)ar le sillon horizon'.al du cœur.

3' Conformation intérieure du coeur.

Préparalioit. — Il suffit de [iraliquer une incisiou longitudiualc en avant ei en arrière de l'organe, pour pénétrer dans ses deux loges.

Si le cœur envisagé à l'extérieur représente un organe unique, il n'en est plus de même quand on le considère à l'intérieur. La cloison verticale (|iii le divise en deux poches bilociilaires en fait iéeliemenl deux cœurs, l'un pour le

sang noir, l'autre |)(»ur le sang rouge; nous étudierons successivement ces deux

cavités en commençant toutefois par le septum qui les sépare.

A. SiiPTU.M CAiîDiAQUE. — La partie supérieure de ce septum, placée entre les deux oreillettes, prend le nom de cloison inter-auriculaire. La partie inférieure constitue la cloison inter-ventriculaire. — La première, mince et peu étendue, est traversée chez le fœtus par le trou de Botul. — La seconde, épaisse de plusieurs centimètres dans son centre, s'amincit un peu sur ses bords.

B. Coi^iur. A SA^G AGIR. • — Les deux loges superposées qui composent cette

(■') l"^. t')8. — Le civnr cl les principaux -vaisseaux {Jace droite). — A. Ventricule droit. B. Ventricule gauche. C. Oieilletle dioile. U. V<!iue cave aulërieure. E. Veine azygos. F. Veiue cave postérieure. G, G. Veines pulnioiiairos. H, II. Divisions de Parlcre luilmunairc. 1. Aorte postérieure. J. Aorte iintérieure, K. Canal Ihoracique. L. Artère cardiaque droite. M. Sa branche verticale ou ventriculaire. N. Sa branche lioriziHilale on i.uriculo-vciiUieulaire, O. Brauclie ventriculaire de la veine cardiaque. P. Branche auriculoveiilrii'iiliiiic de la liiènie.

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