LIVRE CINQUIÈME
APPAREIL DE LA CIRCUIiATION.
L'économie animale est incessamment parcourue par des fluides au nombre de deux : le sang et la lymphe.
Le sang est un liquide coloré en rouge clair ou brun par des globules parliculiers, dans lequel les tissus puisent non-seulement les matériaux de la nutrition et des sécrétions, mais encore le principe excitateur qui vivifie la substance organique. Ce liquide prend le nom de sang rouge ou de sang noir, suivant sa couleur plus ou moins foncée.
La lymphe ou le sang blanc est un fluide transparent, de couleur cilrine, puisé au sein de la plupart des organes. Celle qui revient de la portion abdominale du canal alimentaire se charge, pendant la période digeslive, d'une partie des substances réparatrices élaborées au sein de cet appareil ; celte lymphe, distinguée par son aspect lactescent, est désignée par une dénomination pariiculière : on l'appelle chyle.
Ces fluides sont charriés dans les vaisseaux, tubes continus les uns aux autres.
En s'ajoutant bout à bout, ces conduits donnent naissance à trois canaux principaux :
0 L'un de ces canaux s'étend des poumons dans toutes les parties du corps; il est parcouru par le sang rouge.
» Le second s'étend de toutes les parties du corps dans les poumons ; il est parcouru par le sang noir.
» Le troisième se porte de la plupart des organes vers le canal à sang noir, dans lequel il se termine; il est parcouru par le sang blanc ou la lymphe.
» Le canal à sang rouge et le canal à sang noir offrent entre eux la plus grande analogie.
» Tous deux sont simples dans leur partie moyenne, qui se dilate et se resserre tour à tour pour imprimer au sang le mouvement nécessaire à la vie.
» Tous deux présentent à leurs extrémités d'innombrables ramifications par lesquelles ils s'abouchent et se confondent , en sorte que le fluide qui les parcourt passe de l'un dans l'autre et se meut ainsi dans une direction constante et circulaire.
» Tous deux se composent, à leur origine, de vaisseaux dans lesquels le sang se meut en colonnes confluentcs, ce sont les veines; et dans leur partie terminale de vaisseaux dans lesquels le môme liquide se répand en colonnes divergentes, ce sont les artères. (Voy. sur la fig. 1^6 : H, I), C, E, canal à sang rouge; E, B, A, G, canal à sang noir. Les flèches indiquent la dii^ection du cours du sang. Les deux
h^U APPAREIL DE LA CIRCULATION.
canaux sont représentés isolés dans leur partie moyenne AB, CD; mais dans la
nature ils sont enveloppés à ce point dans un sac commun.)
FiG. 146 (*).
» Tous deux enfin ont pour élément commun une tunique mince, transparente, de nature séreuse, partout continue à elle-même et consolidée : sur leur partie convergente, par une couche fibreuse; sur leur partie divergente, par une couche de tissu élastique ; et sur leur partie moyenne, par laquelle ils s'adossent pour former lecœur AB, CD, par une couche musculaire.
>) Le canal à saufj blanc se compose d'un seul ordre de vaisseaux, les lymphatiques, conduits à direction convergente, dont le troue commun vient s'ouvrir dans le grand canal circulaire résultant de l'abouchement des canaux à sang rouge et à sang noir ; le rapport qu'il aîTccte avec ces derniers est celui d'une tangente avec sa circonférence. » (Sappey. )
L'ensemble de ces trois canaux constitue X appareil de la circulation.
Cet appareil comprend donc : 1" le cœur, organe central préposé à l'impulsion du sang ; 2" un système de vaisseaux centrifuges, les artères, qui du cœur portent le sang dans les organes; 3" un système de vaisseaux centripètes, les veines, qui ramènent au cœur le fluide nourricier; 4" les lymphnliques , système centripète accessoire, chargé d'apporter la lymphe dans le cercle vasculaire sanguin.
(*) Fig. l'iG. — Idée théorique du système circulatoire. (Empruntée au Tniilé de physiologie comparée dej rt?iim/ii(.c rfomcj<if/He^, inir M. Colin. Parii, 18uG, l. U, p. 2ol.)