‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 74 sur 128 · DU COEUR · texte numérisé non relu

DU COEUR

cordages, les plus forts généralement, s'insérer directement sur les zones auriculoveniriculaires.

Il est à remarquer qu'on trouve constamment chez les Solipèdcs, dans le point d'adossement des zones aortique et auriculo-ventriculaires, iin noyau cartilagineux plus ou moins développé, qui se transforme chez les grands ruminants en un os véritable.

B. TISSU MUSCULAIRE. — Le tissu musculaire dont est composée la masse du cœur appartient au système de la vie organique, puisqu'il entre en contraction sans la participation de la volonté. Cependant il est formé de fibres rouges striées, qui ne diîTèrent en rien des fibres luusculeuses de la vie animale ; il y a donc là une exception fort remarquable aux lois de l'organisation. Cette exception, dont on a déjà vu un exemple dans l'œsophage, peut s'expliquer jusqu'à un certain point par la nature des usages dévolus au tissu charnu du cœur: chargé de projeter le sang dans les arbres artériels par des contractions successives, brusques, instantanées, vigoureuses, cet organe n'eût point été apte, probablement, à exécuter de pareils mouvements s'il eût été composé de fibres organiques, puisque partout où ces fibres existent, nous les voyons entrer en action d'une manière calme, lente et prolongée.

Il est encore digne de remarque qu'entre ces fibres on trouve si peu de tissu cellulaire interposé , que la plupart des anatomistes nient absolument l'existence de ce tissu.

Voici quelle est la disposition des faisceaux charnus du cœur, considérés successivement dans les ventricules et les oreillettes.

i° Fibres des ventricules. — D'après la remarque de Winslow, on peut comparer les ventricules, au point de vue de l'arrangement des fibres qui les constituent essentiellement, à deux sacs musculeiix inclus dans un troisième, c'est-àdire que chaque ventricule est formé de fibres musculaires propres, recouvertes extérieurement par une couche de fibres unitives qui enveloppent en commun les deux ventricules.

a. Fibres propres des ventricules. — Elles représentent dans leur ensemble, pour chaque cavité, un conoïde creux percé à ses deux extrémités : à l'extrémité supérieure, par les orifices auriculo-ventriculaire et artériel; à l'extrémité inférieure, par une ouverture qui admet les fibres réfléchies de la couche commune. Toutes forment des anses attachées, par leurs extrémités, au pourtour des orifices supérieurs, sur les zones fibreuses, et enroulées plus ou moins obliquement autour de l'axe des ventricules. C'est de l'adossement du système gauche et du système droit que résulte la cloison inter-ventriculaire.

b. Fibres unitives des ventricules. — Ces fibres sont disposées en une coque extérieure, dans la(|uelle sont contenues les fibres propres. Elles partent des zones fibreuses de la base du cœur, et descendent vers le sommet de l'organe : celles du côté droit, en s'inclinanl en avant ; les antérieures, en suivant la direction du grand axe des ventricules; celles de la face gauche, en se dirigeant de haut en bas et d'avant en arrière ; les postérieures, en s'onroulant de gauche à droite auKtur du ventricule à .sang rouge. Arrivées près de la pointe du cœur, elles se contournent de gauche à droite et d'avant en arrière, en formant une spire tourbillonnante,

UlU APPAREIL DE LA CIRCULATION.

puis se rédéchissent de bas en haut pour pénétrer dans les ventricules, par l'extrémité inférieure de ceux-ci, s'étaler dans chacun d'eux à la face interne du plan de fibres propres, et remonter jusqu'aux zones fibreuses de la base du cœur, sur lesquelles on les voit se terminer. Quelques-unes de ces fibres réfléchies se disposent en relief pour constituer les piliers charnus, et gagnent les zones auriculo-ventriculaircs par l'intermédiaire des cordages tendineux qui relient directement ces anneaux fibreux avec le sommet des colonnes musculeiises.

Telle est la disposition générale des fibres unitives des ventricules. Ces fibres forment donc un plan superficiel et un plan profond ou réfléchi, entre lesquels sont compris les faisceaux propres à chaque poche ventriculaire.

2" Fibres des oreillettes. — Les fibres des oreillettes sont ou communes aux deux cavités, ou propres à chacune d'elles.

Les fibres unitives constituent deux minces bandelettes, l'une droite, l'autre gauche, se portant d'une oreillette sur l'autre.

Les fibres propres se divisent en plusieurs faisceaux , quelques-uns disposés en anneaux autour de l'orifice auriculo-ventriculaire , d'autres en anses entrecroisées, les derniers en sphincters qui entourent les embouchures des veines.

C. Vaisseaux et nerfs du coeur. — Le sang est distribué au tissu musculaire du cœur par deux gros vaisseaux qui émanent directement du tronc aortique, les artères coronaires, auxquelles correspondent une seule veine importante et quelques veinules accessoires qui viennent des parois du ventricule droit. — Les lymphatiques se jettent dans le groupe de ganglions placé près de la base du cœur.— Les nerfs émanent du grand sympathique et du pneumogastrique.

D. Membranes séreuses du coeur. — Ces membranes sont au nombre de trois : deux internes, ou les endocardes, dont une occupe les cavités droites, et l'autre les cavités gauches; une externe, dépendance du sac fibro-séreux qui contient le cœur.

\° Séreuses internes ou endocardes. — Ces deux membranes, indépendantes comme les cavités qu'elles revêtent, s'étalent sur les parois auriculaires et ventriculaires, en recouvrant les colonnes charnues ou tendineuses attachées sur ces parois, et se prolongent dans les veines et les artères pour constituer la tunique interne de ces vaisseaux. Au niveau des orifices auricnlo-ventriculaires et artériels, elles forment une duplicature pour les valvules qui garnissent ces orifices. Ces valvules sont donc dues à la projection d'un repli circulaire des endocardes, repli entre les deux lames duquel s'insinue un mince prolongoment des zones fibreuses de la base du cœur. Dans les valvules auriculo-ventriculaires, on retrouve encore, sous la lame interne ou supérieure, des fibres charnues fournies par les oreillettes.

L'endocarde du cœur droit reflète une teinte rougeâtre, plus foncée dans le ventricule. Cotte teinte est légèrement jaunâtre dans le cœur gauche, surtout sur les parois auriculaires, ce qu'il faut ailribuer h la présence d'une légère couche de tissu fibreux jaune, qui double la face adhéronlo de la membrane.

2" Séreuse externe. — C'est le feuillet viscéral de la membrane interne du péricarde, dont la description suit.

Page 1