DO COEUR. Û
5° Du PÉRICARDE (fig. 137, C).
Préparalion. — Placer l'animal en deuxième position, et enlever les côtes sternaies, en les séparant de leurs cartilages, puis en luxant les articulations costo-vertébralcs. Cette préparation permet d'étudier la situation et la disposition générale du cœur et du péricarde. Pour examiner à l'aise la disposition réciproque de ces deux parties, il faudra les extraire de la cavité thoracique en détachant par arrachement l'insertion sternale du péricarde.
Le péricarde, ou la séreuse propre du cœur, est un sac membraneux qui renferme ce viscère, le fixe dans la cavité thoracique, et favorise ses mouvements par le poli de sa surface.
Ce sac est formé d'un feuillet fibreux, en dedans duquel se trouve étalée une membrane séreuse divisée en deux parties, l'une pariétale, l'autre viscérale.
Le feuillet fibreux du péricarde présente à peu près la forme générale du cœur.
— Sa surface interne est tapissée par le feuillet pariétal de la membrane séreuse.
— La surface externe répond aux deux lames du médiastin. — Son sommet, déprimé d'un côté à l'autre et allongé d'avant en arrière, s'attache solidement sur la face supérieure du sttrnum, depuis la quatrième cote jusqu'il l'origine de l'appendice xiphoïde. — Par sa base, il se fixe sur les gros vaisseaux qui arrivent au cœur ou (jui en sortent, en se continuant avec leur gaîne celluleuse, et envoie quelques fibres jusque sur le muscle long du cou.
La membrane séreuse du péricarde a été comparée fort heureusement, par Bichat, à un bonnet de coton, dont la partie externe représenterait le feuillet pariétal, et la partie rentrée le feuillet viscéral de cette membrane. — La lame pariétale adhère de la manière la plus intime à la face interne du feuillet fibreux; on la voit se réfléchir, pour former la partie viscérale, autour des artères pulmonaire et aorte, à une certaine distance de leur origine, et sur les veines caves et pulmonaires. — La lame viscérale enveloppe en commun les deux troncs artériels, recouvre une petite partie des veines caves, de l'antérieure surtout, tapisse le? veines pulmonaires, à leur insertion seulement, et descend ensuite sur les oreillettes et les ventricules. La face libre de cette lame se met en contact avec celle du feuillet pariétal. La face adhérente est appliquée sur le tissu du cœur ou des gros troncs vasculaires, excepté an niveau des sillons horizontal et verticaux, où la membrane séreu.se repose sur les vaisseaux coronaires, et sur un amas de tissu adipeux , qu'on trouve constamment accumulé sur le trajet de ces vaisseaux.
Chez l'animal vivant, la cavité du péricarde n'est jamais remplie entièrement par le cœur, dont les mouvements sont ainsi rendus beaucoup plus libres. Du reste, comme elle ne contient point de gaz ni une sensible proportion de liquide (1), ses parois sont immédiatement appliquées sur la surface du cœur.
(1) Chez les chevaux en santé, l'humeur exhalée dans le péricarde est à peine suffisante pour mouiller et lubrifier la surface libre de la membrane séreuse. Mais chez les bétes usées et alTaiblies par l'âge, les privations ou la maladie, il est rare de ne point voir cette humeur accumulée en plus ou moins grande quantité. Il est bien entendu que cette constatation, pour avoir quelque valeur, doit être faite immàlialemenl après la mort, car l'accumulation de liquide dans les cavités séreuses par exhalation cadavérique est un fait commun à tous les animaux, quels qu'ils soient.
Le sang arrive au péricarde par les artères médiastines. Les parois de ce sac membraneux reçoivent quelques nerfs sympathiques,
6° Action du cokuh.
Le cœur a pour fonction d'onlrelcnir le mouvement circulatoire du sang par les contractions rliyllmiiques des deux poches dont il est creusé. La poche droite envoie au poumon le fluide sanguin, qui revient ensuite dans la poche gauche. Celle-ci lance ce même fluide dans toutes les i)arlies du corps, d'où il est ramené au cœur droit.
Ces contractions ont lieu simultanément dansle;i deux compartiments cardiaques.
En prenant le cœur au moment où il est en repos, c'est-à-dire dans l'intervalle de deux contractions, on s'assure que ses deux poches se remplissent rtipidement du sang qui afflue par les orifices veineux. Lorsque la réplélion est suffisante, les oreillettes se resserrent légèrement en [)Oussant une partie du fluide qu'elles renferment dans les ventricules, et ceux-ci se contractent immédiatement après, pour chasser le sang dans les arbres artériels. Ce passage du sang dans les artères est un effet nécessaire de la contraction des ventricules, parce qu'au moment de cette contraction, les valvules auriculo-ventriculaires se relèvent et empêchent ainsi le reflux du sang dans les oreillettes ; ce liquide est alors forcé de suivre la voie des orifices artériels, dont les valvules s'écartent sous l'effort impulsif communiqué aux colonnes sanguines. Quand le cœur revient au repos, ces valvules s'abaissent, empêchent le retour du sang dans les cavités venlriculaires, tandis que les valvules mitrale et tricuspide .s'affaissent contre les parois de ces cavités, et permettent ainsi de nouveau le passage du sang parles orifices auriculo-ventricu- I aires.
On désigne par le nom de systole l'état de contraction des cavités du cœm-, et par celui de diastole, le repos ou le relâchement de leur tissu. Il y a donc pour chaque révolution du cœur: 1" diastole générale de l'organe, pendant laquelle se rem- ■ plissent les deux cavités cardiaques par l'afflux du sang veineux; 2° systole des oreillettes, ayant pour effet d'achever la réplétion des ventricules; 'à" systole des ventricules, poussant le sang dans les systèmes artériels; après quoi survient une nouvelle période de diastole générale.
7" Du COEUR CHEZ LES ANIMAUX DOMESTIQUES AUTRES QUE LES SOI.IPÈDES.
Il n'y a point de différences bien sensibles entre le cœur des Solipèdes et celui des autres animaux domestiques.
Chez le Rœuf, on trouve deux petits os dans répai.sseur do la zone aortique. I/un , le plus grand, est placé à droite, dans le jioint où l'anneau artériel s'adosse aux zones auriculo-venlriculaires; l'autre, situé à gauche, n'est peut-être point constant. On rencontre de plus, sur le cône ventriculaire, chez ce même animal, ainsi que dans le mouton et la Chèvre, trois sillons, dont un accessoire, qui rampe derrière le venlricule gauche.
Chez le Chien et lo chat, le cœur, beaucoup plus oblique d'avant en arrière que dans les Solipèdes, est presque couché sur la face supérieure du sternum. Aussi le péricarde se lixe-l-il par son sommet sur le centre aponévrotique du diaphragme.
Dans le Porc, le péricarde s'attache à la fois sur le sternum et le diaphragme.