‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 77 sur 128 · ARTERE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

ARTERE PULMONAIRE

préparée à l'avance, est introduite par aspiration dans la seringue. On adapte celle-ci sur Tajutage à robinet, et l'on pousse le piston pour faire passer le contenu de l'instrument dans les canaux artériels.

Pour réussir pleiiiement son opération, on devra s'astreindre aux précautions suivantes :

1" Faire l'injection sur un animal qui vient d'être tué par effusion de sang, encore chaud par conséquent.

2" Donner au suif (si c'est du suif qu'on emploie ,et nous le conseillerons toujours) le degré de chaleur sufûsant pour que le doigt ait peine à le supporter. Plus froid, le suif se solidifie trop vite; plus chaud, il crispe les valvules sigmoïdcs, passe dans le ventricule gauche, et delà dans l'oreillette et les veines pulmonaires, accident qu'on attribue généralement à une trop forte impulsion communiquée au piston de la seringue.

3° Eviter, du reste, des efforts exagérés dans la manœuvre du pistou, quoiqu'ils ne fassent point céder les valvules sigmoïdes aussi souvent qu'on veut bien le dire.

4° Arrêter l'injection quand les artères réagissent, par leur élasticité, sur le piston, d'une manière assez vigoureuse pour le chasser d'une extrémité à l'autre du corps de pompe.

Au lieu de pousser l'injection par la carotide, ou peut encore fixer une longue canule courbe au tronc aortique lui-même, après avoir pratiqué une fenêtre sur le côté gauche de la poitrine, au niveau du cœur, par l'ablation de deux segments de côtes, et avoir incisé le péricarde avec le ventricule giiurhe pour introduire lacanule dans l'aorte Ce procédé permet d'employer, pour l'injection, du suif aussi chaud que possible, et donne ainsi de bien meilleurs résultats, car le suif peut alors pénétrer, si l'on sait se placer dans de bonnes conditions, jusqu'aux vaisseaux capillaires; on peut même, sur certains organes, forcer la matière injectée à revenir par les veines.

Mais quel que soit le procédé que l'on mette en usage, il est plusieurs parties oîi l'on ne réussit jamais à faire arriver le suif dans une injection générale : nous voulons parler des quatre extrémités. On est doue forcé de recourir à une opération spéciale |iour remplir les vaisseaux de ces extrémités. Après les avoir séparées du tronc en les sciant au-dessus du genou ou du jarret, on les laisse séjourner pendant deux heures dans un bain d'eau tenue constamment à 6U ou 70 degrés au plus, et on les injecte alors très facilement, suit par l'artère radiale postérieure, soit par la tibiale- antérieure, après avoir lié les autres artères qui présentent leur lumière ouverte sur la coupe du membre.

Si l'on voulait exécuter des injections partielles dans d'autres parties du corps, on se trouverait mieux de ne point les séparer préalablement du tronc, en se bornant à lier les vaisseaux qui pourraient établir des comnuuiications anastomoliques entre les artères à injecter et celles dont on veut éviter l'injection. Par exemple, pour les artères de la tète, il suffit de pousser le suif dans l'une des deux carotides primitives, après avoir lié l'autre au milieu du cou et les deux artères vertébrales dans l'interstice des deux portions du muscle scalène.

Il est bien entendu que toutes ces indications ne se rapportent qu'aux injections d'amphithéâtre destinées à l'étude de l'anatomie descriptive. Pour exécuter les injections qui ont pour but de remplir le système capillaire, il faut avoir recours à d'autres substances et à d'autres procédés. Bornons-nous à dire ici que ces injections s'exécutent avec des liquides froids, tels que le vernis, l'alcool, l'essence de térébenthine, tenant eu suspension des matières colorantes extrêmement fines, la gomme arabique dissoute et colorée par une matière dissoute elle-même, etc., et mieux encore les couleurs broyées à l'huile et délayées dans l'essence de térébenthine.

Dissection des artères. — Il n'y a point de règles générales à donner pour la dissection des artères.

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