AORTE PRIMITIVE
l'aorte primitive, lequel est principalement destiné à la moitié antérieure du ironc. et aux membres thoraciques.
G" Les artères, axillaires ou troncs brachiaux, provenant de la bifurcation de l'artère précédente, et se portant, par leur extrémité terminale, dans les membres de devant.
7" Les artères carotides ou les artères de la tête, émanées, par un tronc commun, du tronc brachial droit.
Art. I. — Tronc aortique ou aorte primitive.
Point de départ de toutes les artères à sang rouge, le tronc aortique procède du ventricule gauche, en se continuant avec la zone fibreuse festonnée qui circonscrit l'orifice artériel de ce ventricule. Puis il se dirige en haut et un peu en avant, se bifurque après un trajet de 5 à 6 centimètres, et donne ainsi naissance aux artères aortes antérieure et postérieure.
Son volume, inférieur à celui de ses deux branches terminales réunies, n'est pas uniforme ; le tronc présente, en effet, tout à fait à son origine et en regard des valvules sigmoïdes, trois dilatations en ampoule décrites sous le nom de sinus de raorte.
Embrassée, du côté droit, dans le croissant formé par la masse auriculaire, en rapport, du côté gauche, avec l'artère pulmonaire, qui lui est accolée au moyen d'un tissu cellulo-graisseux traversé par les nerfs cardiaques, l'aorte primitive forme avec cette dernière artère un faisceau enveloppé par le feuillet viscéral du péricarde, qui se réfléchit en gaîne autour de ces deux vaisseaux.
Deux artères collatérales sont fournies directement par le tronc aortique: ce sont les artères cardiaques ou coronaires.
Artères cardiaques ou coronaires (Gg. 147. 148).
îl existe deux artères cardiaques, l'une droite, l'autre gauche, exclusivement destinées au tissu du cœur.
L'artère cardiaque droite (fig. 167, 1 — 168, L) prend SOU origine à droite et en avant de l'aorte, au niveau du bord libre des valvules sigmoïdes, ens'échappant perpendiculairemeni, c'est-à-dire à angle droit, du Ironc artériel primitif. Elle se dirige ensuite en avant, en passant à droite de l'artère pulmonaire, sous l'auricule antérieure, puis se contourne à droite et en arrière pour se placer dans la scissure auriculo-ventriculaire, qu'elle parcourt jusqu'auprès de l'origine du sillon ventriculaire droit. Alors elle se divise eu deux branches : l'une verticale, descendant dans cette dernière scissure et s'anastomosaiit vers la pointe du cœur, qu'elle contourne en avant, avec une branche analogue de la coronaire gauche; l'autre horizontale, plus petite que la première, continuant le trajet jirimitifde l'artère dans la scissure auriculo-ventriculaire, et s'abouchant également avec l'artère du côté gauche.
L'artère cardiaque gQuclic (li g. 167, 2' na il il l'opposé de la précédenlc et
ti'èU DES ARTÈKES.
SOUS le même angle d'incidence, passe derrière Tarière pulmonaire, et se partage, sous l'auricule gaucho ou postérieure, en deux branches semblables de tous points à celles de Tarière droite. La branche verticale descend dans le sillon vcnlriculaire gauche ; la branche horizontale se loge dans le sillon coronaire ; toutes deux s'anastomosent avec les branches analogues du vaisseau opposé.
Il résulte de cette disposition que le cœur est entouré par deux cercles artériels : l'un vertical ou ventriculaire, qu'on a comparé à un méridien ; l'autre horizontal ou auriculo-ventriculaire, analogue au cercle équatorial.
Dans leur trajet, qu'elles s'accomplissent d'une manière plus ou moins flexueuse, les artères coronaires émettent un nombre assez considérable de rameaux, qui se plongent bientôt dans le tissu musculaire du cœur. Du cercle vertical partent des rameaux ventriculaires exclusivement. Du cercle horizontal émergent des branches supérieures ou auriculaires, et dos branches inférieures ou ventriculaires; il en est une, parmi celles-ci, qui, s'échappant de l'artère droite au niveau du coude que décrit cette artère sous l'auricule , se porte dans l'épaisseur du ventricule droit, en contournant Tinfundibulum pulmonaire; ses ramifications s'anastomosent avec celles d'une branche semblable de l'artère gauche, et établissent ainsi une nouvelle communication entre les deux vaisseaux.
Art. II. — Artère aorte postérieure.
Trajet. — Celte arlère, véritable continuation du tronc aortique, dont elle égale presque le volume, se dirige en haut et en arrière, en décrivant une courbe à convexité antéro-supérieure, courbe connue sous le nom de crosse de l'aorte. Elle gagne ainsi le côté gauche de la face inférieure du rachis, qu'elle atteint vers la sepiième vertèbre dorsale environ, derrière l'extrémité postérieure du muscle long du cou, et se porte ensuite directement en arrière, en suivant les corps vertébraux, toujours un peu déviée à gauche, mais en se rapprochant insensiblement du plan médian, qu'elle finit par occuper au niveau des piliers du diaphragme. L'artère traverse alors l'anneau circonscrit par ces deux piliers, pénètre dans la cavité abdominale, et se prolonge jusqu'à l'entrée du bassin, sous le corps des vertèbres, en conservant sa position médiane. Arrivée au niveau de la dernière articulation intervertébrale , l'aorte postérieure se termine par la double bifurcation d'où résultent les artères «Vmgwes externes et iliaques internes.
Rapports. — Pour faciliter Tétude des connexions, on peut diviser l'aorte postérieure en deux sections, Tune thoracique et Tautre abdominale.
a. A son origine, c'est-à-dire dans sa partie recourbée en crosse, l'aorte thora'ciÇMtf est croisée à droite par la trachée et l'œsophage; elle répond, du côté opposé, à l'artère pulmonaire et au poumon gauche. Dans le reste de son étendue, elle est comprise entre les deux lames du médiaslin postérieur et se met en rapport, par leur intermédiaire, avec les lobes pulmonaires, qui sont creusés d'une scissure pour recevoir Tarière, scissure beaucoup plus profonde sur le poumon gauche que sur le droit. Elle touche par en haut le corps des douze dernières vertèbres dorsales, et est longée à droite par la grande veine azygos et le canal thora-
AORTE POSTÉRIEURE. /iST*
cique ; souvent ce dernier est reporté à gauche, dans la totalité ou une |xiriiesen lement de son étendue.
b. L'aorte abdominale, enlacée par les nerfs abdominaux du grand sympathique, répond par en haut au corps des vcrlèbres lombaires, au tendon d'origine des piliers du diaphragme, au réservoir de Pecquet et au ligament vertébral commun inférieur; elle passe au-dessus du pancréas et du péritoine, qui revêt, par son feuillet sous-lombaire, les deux tiers postérieurs du vaisseau. Du côté droit, elle est accolée à la veine cave postérieure, qui la refoule peut-être légèrement à gauche du plan médian.
Branches collatérales. — Les artères émanées de l'aorte postérieure pendant son long trajet, forment deux catégories très naturelles: les unes sont dites /^«/'/e- ^a/é-s, parce qu'elles se distribuent aux parois des grandes cavités sphanchniques; les autres sont des branches viscérales, destinées aux organes logés dans ces cavités.
Parmi les branches pariétales, on signale :
1° Les artèt^es intercostales, fournies par l'aorte thoracique.
2° Les artères diaphragmatiques, dont l'origine est placée sur la limite des deux portions du vaisseau.
o° Les artères lombaires, et Vartère sacrée moyenne, naissant de l'aorte abdominale.
Les branches viscérales sont :
1° Le tronc broncho-œsophagien, émis par la portion thoracique de l'aorte.
2" Le tronc cœliaque, Vartère grande mésentérique, Vai^tère petite mésentérique, les artères rénales, les artères spermatiques, et les artères petites testicw laires ou utérines, qui émergent de la portion abdominale.
Préparation de l'aorte postérieure et de ses branches collatérales. — Immédiatement après avoir pratiqué l'injection d'après l'un des deux procédés indiqués à la page ^80, on placera le sujet en première position, les deux membres postérieurs parfaitement étendus en arrière. Puis on ouvrira la cavité abdominale, et l'on \idera la masse intestinale, en suivant les indications déjà données pour la préparalion des intestins. Le suif s'est tout à fait solidifié pendant les manipulations nécessitées par cette partie de l'opération, et l'on peut alors procéder sans retard à la dissection. >Iais il faut auparavant enlever à droite et à gauche les parois de la cavité thoracique, en sciant les (|uatorze ou quinze dernières côtes à 15 ou 20 centimètres de leur extrémité supérieure, et les séparant ensuite du sternum par un autre trait de scie, après avoir pris toutefois la précaution de détacher l'insertion périphérique du diaphragme.
Nous recommanderons de préparer d'avant en arrière les diverses branches viscérales du vaisseau : le tronc broncho-œsophagien d'abord, puis le tronccœliaque; en troisième lieu, la grande mésentérique et les artères rénales, après avoir étalé la masse intestinale comme dans la fig. 150 ; enfin, la petite mésentérique et les tesliculaires, après avoir disposé les intestins comme dans la fig. 151.
g I. ' — Branches pariétales de l'aorte postérieure.
1° AnTÈRliS INTERCOSTALES (fig. 157).
Les artères inleicoslales, placées, comme leur nom l'indique, dans les inlervalles descôlcs, sont au nombre de dix-ïcpt paires.
Origine, trajet et distribution. — Les treize dernières émanent seules de l'aorte tlioraciqiie. La première vient de l'artère cervicale ; les trois suivantes sont fournies par un laineau spécial de l'artère dorsale.
Les intercostales aortiques s'échappent à angle droit du plan supérieur du tronc, au niveau du milieu du corps des vertèbres dorsales, en s'espaçant d'une manière régulière. Leur oiigine est d'autant plus lapprocbée du pointdc départ des artères opposées qu'elles sont plus antérieui'cs; les deux ou trois premières naissent mémo par paires d'un tronc commun.
Ces intercostales aortiques monlenl ensuite contre les corps vertébraux, en dessous de la plèvre, en croisant la direction de la chaîne nerveuse sympathique, et do plus (les artères du côté droit seulement) celle de la veine azygos et du canal ihoracique, jusqu'à l'oxtiémité supérieure des espaces intercostaux, où cesartères se divisent en deux branches : l'une inférieure ou intercostale proprement dite, Vi\u[v(i supérieure ou dorso- spinale.
Quant aux artères des quatre premiers espaces intercostaux, leurs branches inférieures et supérieures émanent isolément du tronc qui les fournit, c'est-à-dire de l'artère cervicale supérieure pour la première intercostale, et du rameau souscoslal de l'artère dorsale pour les trois suivantes.
Branche inférieure ou intercostale. — Cette branche, la plus considérable des deux, placée sous la plèvre d'abord, puis entre les deux muscles intercostaux, se loge, avec une veine et un nerf satellites, dans la scissure de la côte postérieure, et descend vers l'extrémité inférieure de l'espace intercostal , où l'artère se termine de la manière suivante : les douze ou treize premières branches s'anastomosent avec les rameaux intercostauxde l'artère thoracique interne et de sa branche asternale; les dernières se prolongent dans les muscles abdominaux, où leurs divisions communiquent avec celles des artères abdominales antérieure et postérieure, ainsi qu'avec la circonflexe iliaque.
Dans leur trajet, ces branches intercostales donnent des artérioles aux plèvres, aux côtes, aux muscles de la paroi thoracique, avec des rameaux perforants qui traversent ces muscles pour se ramifier dans la peau et le pannicule charnu, rameaux perforants qui manquent, bien entendu, au niveau de la portion de paroi pectorale couverte par le membre antérieur.
Brandie supérieure ou dorso-spinale. — Elle se dirige directement en haut, pour aller se distribuer aux muscles spinaux de la région dorsale et au tégument qui recouvre ces muscks, après avoir abandonné, en passant près du trou de conjugaison, un rameau qui pénètre par cet orifice dans le canal rachidien et qui est destiné à la moelle ainsi qu'à ses enveloppes. Branche de renforcement de l'artère