‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 81 sur 128 · AORTE POSTÉRIEURE. A · texte numérisé non relu

AORTE POSTÉRIEURE. A

spinale médiane, ce rameau sera étudié plus au long quand nous nous occuperons de l'arlère cérébro-spinale.

Variétés d'origine. — Avant de terminer ce qui concerne les artères intercostales, nous tenons à faire remarquer qu'il existe, pour les deux premières paires aortiques, des variétés d'origine assez fréquentes. Souvent ces deux paires artérielles procèdent d'un seul et même tronc qui donne ainsi quatre branches. Souvent encore ce tronc est à la fois commun à ces quatre intercostales et aux artères bronchiques et œsophagiennes. Ce tronc est alors considérable; il est moins volumineux quand il ne comprend point les intercostales de la deuxième paire, ce qui arrive quelquefois.

2° Artères lombaires.

Au nombre de cinq ou six, ces vaisseaux ne diffèrent point, dans leur disposition générale, des artères intercostales. Même mode d'origine, même division en deux branches, même distribution. — La brandie supérieure ou lornôo-spinale, beaucoup plus considérable que l'inférieure, est destinée aux muscles et [aux téguments de la région lombaire ; elle fournit aussi un rameau destiné h la moelle. — La branche inférieure passe au-dessus du grand et du petit psoas, donne à ces muscles de nombreux ramusculcs, et se prolonge jusque dans la portion charnue du transverse de l'abdomen et du [letit oblique, où ses ramifications s'anastomosent avec celles de l'artère circonflexe iliaque.

La dernière et quelquefois aussi l'avant-dernière artère lombaire proviennent du tronc iliaque interne; les autres émergent directementde l'aorte abdominale.

3° Artères duphragmatiques.

On nomme ainsi deux ou trois petits vaisseaux qui naissent de l'aorte à son passage entre les deux piliers 'du diaphragme, auxquels sont destinés ces vaisseaux. Il n'y a qu'une artériole insignifiante pour le pilier gauche. Le droit en reçoit deux dignes d'èlre signalées, dont une, plus considérable, est seule constante; cette dernière branche envoie quelquefois des rameaux sous-pleuraux au poumon droit.

4° Artère sacrée moyenne.

Ce vaisseau manque souvent. Quand il existe, il se présente avec un volume très variable, mais toujours fort exigu. On le voit naître de l'extrémité terminale de l'aorte, dans l'angle rentrant compris entre les deux artères iliaques internes, et se porter sur la face inférieure du sacrum, otj il s'épuise par des rameaux latéraux destinés au périoste. Nous avons tenu à signaler cette artériole, parce qu'elle se présente avec un vohune assez considérable chez l'homme et quelques animaux, et qu'elle semble continuer l'arbre aortique sous la portion sacrée de la colonne vertébrale.

§ II. — Branches viscérales de l'aorte postérieure.

1° Thonc broncho-oesophagien (fig. 136, H).

Destinée au poumon, à la plèvre viscérale, au médiaslin et à l'œsophage, cette artère prend naissance, non pas comme on le dit généralement, dans la concavité de la crosse de l'aorte, mais à l'opposé, très près et à droite du tronc de la première paire des intercostales, souvent même en commun avec ces artères et avec la deuxième paire ( Voir la description des intercostales). Après s'être échappée de l'aorte, elle s'insinue entre ce tronc artériel et l'œsophage, arrive au-dessus de la bifurcation de la trachée, et se divise alors en deux branches qui constituent les artères bronchiques. Dans son court trajet, elle émet les deux artères œsophagiennes et un certain nombre de rameaux innominés.

Artères bronchiques. — La disposition de ces dcux vaisseaux est extrêmement simple ; ils pénètrent dans le poumon avec les bronches, l'un à droite, l'autre à gauche, et s'y partagent en ramifications arborescentes qui suivent les tuyaux aériens jusqu'aux lobules pulmonaires.

Artères œsophagiennes. — Ces dcux artères soiît placées dans le médiastin postérieur, l'une au-dessus, l'autre au-dessous de l'œsophage, qu'elles longent à une petite distance, d'avant en arrière, jusqu'à l'extrémité postérieure de ce conduit. — \J œsophagienne supérieure, beaucoup plus volumineuse que l'inférieure, s'abouche par inosculalion avec une branche de l'artère gastrique. Elle donne, dans son trajet, des rameaux descendants destinés à l'œsophage, et des rameaux ascendants qui se portent au médiastin. — \J œsophagienne inférieure s'anastomose également avec une branche de l'artère gastrique, le plus souvent avec celle qui a été signalée plus haut. Elle fournit aussi des divisions ascendantes et descendantes; seulement celles-ci vont au médiaslin et les premières à l'œsophage.

Rameaux innominés. — Les rameaux iunominés du tronc broncho-œsophagien ne proviennent pas tous de ce tronc directement ; il y en a toujours un certain nombre qui émergent des artères bronchiques ou œsophagiennes. Ces rameaux se distribuent surtout à la trachée, à la portion de l'œsophage qui est en rapport avec l'extrémité postérieure de ce tube cartilagineux, aux ganglions bronchiques, au médiastin, à la plèvre pulmonaire. Ceux qui ont cette dernière destination forment, à la surface du poumon, un réseau du plus bel aspect avec les divisions de la branche pleurale fournie par l'artère gastrique.

ArTÈIIE ou tronc COELIAQl'E (Cg. 149).

Cette artère naît à angle droit de la face inférieure de l'aorte, immédiatement après l'entrée de ce vaisseau dans la cavité abdominale. Après un trajet de 15 à 20 millimètres tout au plus, au milieu du |)lexus solaire, sous la face supérieuredu pancréas, ce tronc se partage en trois branches: une xwo'^QnnQyY artère gastrique : une droite, V artère hépatique; une gauche, V artère splénique.

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1° Artère gastrique) [coronaire stomachique chez l'homme (fig. 169,3). — Elle descend sur la grosse tubéiosilé de l'estomac, arrive près de l'insertion de l'œsophage et se divise alors en deux branches, qui sont : Vartère gastrique antérieure et la gastrique postérieure. La première passe en arrière et à droite de l'œsophage, et gagne, en croisant la petite courbure de l'estomac, la face antérieure du viscère, où cette artère se partage en rameaux flexueux et divergents, qui rampent sous la membrane séreuse, en se portant surtout vers le cul-de-sac gauche et autour du cardia. Le second vaisseau se distribue de la même manière à la paroi postérieure de l'organe, principalement au cul-de-sac droit.

Indépendamment de ces deux artères, le tronc gastrique donne un troisième rameau constant, qui provient souvent d'une des deux branches de ce tronc, et parfois aussi de l'artère cœliaque elle-même ou de la splénique. Ce rameau s'accole à l'œsophage en suivant le pneumogastrique droit, traverse l'ouverture du pilier droit du diaphragme pour pénétrer dans la cavité pectorale, et se divise alors en deux branches ; chacune de ces deux branches s'anastomose avec une des artères œsophagiennes, et se jette ensuite sur l'extrémité postérieure d'un lobe pulmonaire, qu'elle couvre d'une magnifique arborisation réticulaire sous-pleurale. Souvent cette artère gastro-pulmonaire s'anastomose avec l'œsophagienne supérieure seule et se porte exclusivement sur le poumon droit ; il existe alors pour le poumon gauche et l'œsophagienne inférieure une branche particulière émanée de la gastri(|ue antérieure. Il n'est pas rare de rencontrer des variétés d'autre sorte, dont nous croyons pouvoir nous dispenser de parler, puisqu'on retrouve dans ces rameaux pleuraux une disposition commune à tout le système artériel : distribution presque invariable, origine fort inconstante.

2" Artère splénique (fig. IZtO, 7). — La plus grosse des trois branches du tronc cœliaque, celte artère se dirige à gauche et en bas, accolée à sa veine satellite et à la face supérieure de l'extrémité gauche du pancréas. Elle arrive ainsi dans la scissure antérieiue de la rate, en contournant la grosse lubérosité de l'estomac, parcourt cette scissure dans toute sa longueur, et l'abandonne près de la pointe de l'organe pour se jeter dans le grand épiploon, en prenant le nom d'ortère gastro-épiplo'ique gauche.

L'artère splénique abandonne sur son trajet des branches collatérales fort nombreuses. Ce sont :

1° Des rameaux externes ou spléniques, qui se plongent presque immédiatement dans le tissu de la rate (fig. Itid).

1° Des rameaux internes ou gastriques, encore appelés vaisseaux courts chez l'homme, rameaux compris entre les deux lames de la portion spléno-gastrique du grand épiploon, et .se portant sur la grande courbure de l'estomac, où ils se partagent presque tous en deux branches : l'une qui se ramifie sur la paroi antérieure du viscère, l'autre sur la paroi postérieure. Ces vaisseaux s'anastomosent avec ceux qui sont fournis aux membranes de l'estomac par l'artère gastrique proprement dite (fig. 169, 8).

3° Des ariérioles postérieures ou épiploïques, de peu d'importance, destinées au grand épiploon (fig. 169, 9).

Artère gastro-épiploïque gauche {f\^. U9, 10). — Quant à l'artère gastro-

épiploïque gauche, elle suit la grande courbure de l'estomac, à une distance plus ou moins rapprochée, suivant l'état de répléiion du viscère, entre les deux lame

Fio. 149 (*).

du grand épiploon, et s'abouche par inosculation avec l'artère épiplo-gastrique droite. Les rameaux qu'elle abandonne sur son parcours sont descendants ou épiploïques et ascendants ou gastriques , ceux-ci exactement disposés comme les rameaux analogues émanés directement de l'artère splénique.

3" Artère hépatique (fjg. Iù9, 11). — Appliquée sur la face supérieure du pancréas et comme incrustée dans le tissu de cette glande, dont elle suit le bord antérieur, l'artère hépatique se dirige de gauche à droite, passe sous la veine cave

(*) Fig. 149, — Aorte abdominale et tronc cailiaque. — I. Aorte. 2. Tronc cœliaque. S, Artèi'e gaslrique. 4. Gaslrique poste'rioure. 5. Gaslrique antérieure, fi. Branche pleurale de l'arlère gastrique. 7. Artère splénique. 8. Rameaux gastriques, i). Rameaux épiploïques de l'arlère spU-nique. 10. Artère gaslro-épiploïque gaurhe. 10'. L'un des lameaux gaslriques de ce vaisseau. I I. \rlère hépalupie. 12. Artère pyloriqu";. 1^. Arlèi e gastroépiploïque droite. 14. Artère duolénale. 15. Tronc de la grande miisente'rique. 16. Première branche du faisceau gauche de cette artère, communiquant avec la duodéiiale. 17. Artère rénale droite. — C. Olîsophage.

E. EUomac renversé contre le foie et U face postérieure du diaphragme. — D. Duodénum. — F. F'. F". Lobes du foie. — /. Lobule de Spigel, — .V. R île. — /?, R. Reins avec les capsules surrénales s, s, — «, ii. Uretères. — G. Veine cave postérieure. — P. Veine porte, — /><[>'• Piliers du diaphragme.

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