‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 87 sur 128 · TRONCS BRACHIAUX OU ARTÈRES AXILLAIRES · texte numérisé non relu

TRONCS BRACHIAUX OU ARTÈRES AXILLAIRES

La branche inférieure [artère acromio-thoracique, chez F homme] descend dans l'iiitorslice compris entre le masloïdo-liuniéral et le sterno-huméral, en accompagnant la veine de l'ars; elle se distribue aux deux muscles indiqués, au slernoaponévrolique et au sterno-pré-scapulaire.

7° Artère sus-scapulaire, ou scapulaire supérieure (fig. 157, 13).

Petit vaisseau légèrement flexueux qui s'échappe de l'artère axillaire, un peu avant qu'elle n'atteigne le tendon du muscle sous-scapulaire. Il se dirige en haut pour se plonger dans l'interstice compris entre ce muscle et le sus-épineux, après avoir fourni quelques divisions au sterno-pré-scapulaire Ses rameaux terminaux s'épuisent dans l'extrémité inférieure des muscles sus-épineux et sous-épineux, dans le tendon du coracoradial, et dans l'ariiculation de l'épaule.

8° Artère sous-scapulaire, ou scapulaire inférieure (Gg. 18G).

Cette artère, remarquable par son volume considérable, naît à angle droit sur l'artère axillaire, au niveau de l'interstice qui sépare du muscle sous-scapulaire l'adducteur du bras. Son origine indique la limite qu'on établit artificiellement entre le tronc brachial et l'artère humérale.

On la voit parcourir de bas en haut et d'avant en arrière l'interstice précité, en dedans du gros extenseur de l'avant-bras, et se porter jusqu'auprès de l'angle dorsal du scapulum, où elle se termine.

Dans ce trajet, elle fournit :

1° Une artère qui monte à la face interne du muscle grand dorsal, en suivant son bord inférieur, et qui jette ses rameaux dans l'épaisseur de ce muscle ainsi que dans le pannicule charnu.

2° Vartère scapulo- humé raie ou circonflexe postérieure de l'épaule, qui contourne de dedans en dehors l'articulation de l'épaule, en passant derrière cette articulation, sous le muscle gros entenseur, et qui, après avoir abandonné quelques rameaux collatéraux, arrive avec le nerf circonflexe, sous les abducteurs du bras, où elle se partage, de même que le rameau nerveux satellite, en plusieurs branches divergentes, destinées aux trois muscles déjà nommés, au fléchisseur oblique et au court extenseur de l'avant-bras, au mastoïdo-huméral et au pannicule charnu.

3" Des rameaux musculaires qui s'échappent de distance en distance sur le trajet du vaisseau, pour se diriger les uns en avanî, les autres en arrière. — Les rameaux antérieurs se portent soit en dedans, soit en dehors du scapulum, soit encore des deux côtés de cet os, dont ils embrassent le bord postérieur dans leur bifurcation ; les divisions internes rampent dans les scissures de la face profonde de l'os, jettent leurs ramuscules dans le muscle sous-scapulaire, el gagnent même le sus-épineux, ainsi que l'insertion des muscles angulaire et grand dentelé; les divisions externes traversent le gros extenseur de l'avant-bras pour se distribuer au sous-épineux, au sus-épineux et aux abducteurs du bras: l'une d'elles fournit

l'arlère nourricière de l'omoplate. — l.a^ rameaux postérieurs se plongent dans l'adducteur du bras et le gros extenseur de l'avant-bras.

s II. Branche terminale du tronc brachial, ou artère humérale (fig. ISfî, A).

Trajet. — Continuation de l'arlère axillaire, qui change de nom après avoir fourni la sous-scapulaire, l'arlère humérale décrit d'abord une légère courbe à concavité antérieure, pour descendre ensuiie presque verticalement en dedans du membre ihoracique, en croisant d'une manière oblique la direction de l'humérus, et finir au-dessus de l'extrémité inférieure de cet os par deux brandies terminales qui consliluent les artères radiales antérieure et postérieure.

Uapports. — Dans ce trajet, l'artère humérale répond : en avant, au nerf médian ou cubito-plantaire, et au bord postérieur du coraco-huméral, qu'elle longe exactement; en arrière, à la veine du bras et par son intermédiaire au nerf cubital; en dehors, au tendon commun des muscles grand dorsal et adducteur du bras, au moyen extenseur de l'avant-bras, et à l'humérus ; en dedans, à la gaîne du muscle coraco- radial, qui sépare du sterno-lrochinien l'artère du bras, et dans laquelle ce vaisseau se trouve renfermé, en commun avec sa veine satellite, les ganglions et les canaux lymphatiques du bras, ainsi qu'avec les nerfs du membre antérieur.

Branches collatérales. — Parmi ces branches, on en distingue quatre qui méritent une mention particulière : ce sont les artères pré-hunwrale, collatérale externe et collatérale interne du coude, et Vartlre principale du coraco -radial . Nous ne ferons qu'indiquer plusieurs ramuscules irréguliers qui se rendent à ce dernier muscle, au coraco-huméral, ou au moyen extenseur de l'avant-bras.

1° jWtère pré-humérale ou artère circonflexe antérieure de l'épaule. — Elle naît à angle droit, se dirige en avant, passe entre les deux branches du coracohuméral, contourne la face antérieure de l'humérus, sous la coulisse bicipitale, et se termine dans le masloïdo-huméral. Elle donne, dans son trajet, aux muscles omo-brachial et biceps, et à l'articulation de l'épaule. Parmi les rameaux articulaires, il en est un (|ui remonte en dehors sur le tendon du sousépineux, et dont les divisions s'anastomosent avec les ramuscules de la circonflexe postérieure,

2" Art!-'re collatérale externe du coude ou arti^re humérale profonde. — Très grosse branche (|ui émerge du tronc humerai, en formant avec celte artère un angle presque droit, au niveau du tendon terminal commun au grand dorsal et à l'adducteur du bras. Après un trajet fort court, elle se divise en deux branches principales : l'une envoie ses rameaux dans la masse du gros extenseur; l'autre s'engage sous ce muscle, en contournant, avec le nerf radial, le fléchisseur oblique de l'avant-bras, et se porte ainsi en-dessous du court extenseur, pour descendre ensuite, toujours avec son nerf satellite, au-devant de l'articulation du coude, où cette branche s'anastomose avec la radiale antérieure ; elle donne à tous les muscles olécranieus, moins un, le long extenseur, ainsi qu'au fléchisseur oblique de l'avantbras, et à l'extenseur antérieur du métacarpe.

3o Artère collatérale interne du coude ou artère épicondyiienne. — uloins grosse (juG la collatérale externe, celle artère prend son origine au niveau iV\

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trou nourricier de l'hiiinérus, et se porte en arrière sur la face inicnic de cet os, pour s'engager ensuite sous le muscle long extenseur de i'avant-bras, en suivant d'une manière plus ou moins flcxueuse le bord inférieur du moyen extenseur; elle descend alors derrière l'épicondyle d'abord, puis sur I'avant-bras, qu'elle parcourt de baut en bas dans toute sa longueur, sous la gaîiie aponcvrotique de cette région, entre le (lécliisseur oblique et le fléchisseur externe du métacarpe, accompagnée par la veine cubitale et le nerf de même nom, et par le tendon de la portion olécranienne du muscle perforant. Arrivée auprès du caipe, celte longue branche (1) s'anastomose par inosculation avec un rameau de l'artère radiale postérieure.

Dans son trajet anti-brachial, cette artère ne donne que des ramuscuîcs fort ténus dont l'étude inqiorte peu. Mais avant d'atteindre I'avant-bras, elle fournit : 1" l'artère nourricière de l'humérus ; 2° des rameaux articulaires; 3" des branches musciilaires plus ou moins volumineuses, pour le long extenseur de I'avant-bras surtouî, pour le moyen extenseur et le sterno-aponévroiique : celles (jui arrivent dans ce dernier muscle le traversent de part en part pour devenir sous-cutanées ; une d'entre elles accompagne la veine su[;erricielle principale de I'avant-bras, et envoie des ramuscules dans le pli du coude. — Régulières dans leur distribution, ces différentes artères présentent de nombreuses variétés d'origine, parmi lesquelles il devient difficile de distinguer la disposition la plus constante. Le dernier vaisseau signalé et l'artère nourricière de l'humérus émanent souvent du tronc humerai directement.

U"A7ière principale du muscle biceps ou coraco-radial . — Elle prend naissance un peu au-dessous ou au-dessus de la précédente, et à l'opposé, c'est-à-dire en avant, puis se divise ordinairement en deux branches, l'une ascendante, l'autre descendante, qui se plongent dans l'épaisseur du muscle.

1° AnTÈUE RADIALE ANTÉRIEURE (fïg. 187, A).

L'artère radiale antérieure (2), la moins considérable des deux branches terminales de l'humérale, se sépare à angle aigu de l'artère postérieure, au-dessus du condyle articulaire de l'humérus. Elle descend ensuite sur la face antérieure de l'articulation du coude, en s'cngagcant sous l'extrémité inférieure des muscles fléchisseurs de I'avant-bras, et sous l'extrémité supérieure de l'extenseur principal du métacarpe où elle rencontre le nerf radial ; puis elle se prolonge, en compagnie de ce nerf, sur la face antérieure du radius, en dessous du muscle extenseur antérieur des phalanges, jusqu'auprès du genou, où cette artère, devenue fort mince, se partage en plusieurs ramuscules qui se continuent sur le ligament capsulaire des articulations carpii nues , après s'être anastomosés, du côté interne, avec les divisions d'une branche fournie par la radiale postérieure, du côte externe, avec l'artère interosseuse de I'avant-bras.

Ces ramuscules terminaux de 'a radiale aiitérieurc se di.'<tiibueiif aux ailicula-

(1) C'est Varlcre cubitale, chez rhominc.

(2) Chez rhomme celte artère manque, ou j.iutol élld 30ti teiiicsciilâni dans un r.<Anustule musculaire iusipnifiaut.

lions carpiennesou aux gaînes des tendons extenseurs, et communiquent avec les interosseuses métacarpiennes dorsales.

Quant aux branches collatérales données par colle artère, elles sont fort nombreuses, et la plupart se détachent de la partie supérieure du vaisseau, c'est-à-dire vers l'articulation du coude. Elles sont destinées en partie à cette articulation, mais surtout aux masses musculaires qui la recouvrent ou l'avoisinent.

Telle est la disposition la plus habituelle de l'artère radiale antérieure ; mais cette artère est sujette à de nombreuses variétés, principaleuient dans la manière dont elle se comporte avec l'interosseuse de l'avant-bras, qui peut même suppléer le premier vaisseau dans toute la partie moyenne et inférieure de son trajet. Nous reviendrons sur ce sujet en décrivant l'artère suivante.

2" Artère radiale postérieure (fig. 158, 1 et 186, B).

Ce vaisseau (1) représente par son volume et sa direction la suite de l'artère humérale. Il descend, avec le nerf cubito-plantaire qui l'accompagne, d'abord sur le ligament interne de l'articulation huméio-radialc, derrière l'extrémité terminale du coraco-radial, puis sous le fléchisseur interne du métacarpe, son muscle satelliie ; il arrive ainsi vers l'extrémité inférieure du radius, où il se partage en deux branches terminales qui sont : le tronc commun des interosseuses métacarpiennes, cl V artère collatérale du canon.

Voici rénumération des principales branches collatérales foin nies par l'artère radiale postérieure :

1° Au niveau de l'extrémité supérieure du radius, dos rameaux articulaires, anastomosés avec les branches analogues de l'artère épicondylienne.

2" Un peu plus bas, de grosses divisions destinées aux muscles de la région anti-brachiale postérieure, (pielques-unes naissant de l'arlèic indiquée ci-après.

3" V artère interosseuse de l'avant-bras, vaisseau assez considérable qui prend son origine au même point que los précédentes, c'est-à-dire au niveau de l'arcade radio-cubitale, et qui traverse cette arcade de dedans en dehors après avoir croisé la face postérieure du radius, sous le muscle perforant, pour descendre ensuite le long du muscle extenseur latéral des phalanges, dans la gouttière formée en dehors par la réunion dos deux os de l'avant-bras. — Cette artère iiileiosseuse fournit, immédiat(;menl après sa sortie de l'arcade radio-cubitale, plusieurs branches à l'articulation du coude et aux muscles anti-brachiaux. A son extrémité terminale, elle se divise ordinairemonl en plusieurs rameaux qui se réunissent pour la plupart aux branches envoyées sur le carpe par l'artère radiale antérieure. — Il est rare qu'elle ne présente point quelques fines anastomoses avec l'une des divisions de cette dernière artère, en avant ou en dehors de raiticulalion du coude ; quelquefois elle se jette à plein canal dans ce vaisseau ; je l'ai vue, par conire, recevoir la radiale antérieure, qu'elle était chargée de suppléer en partie.

U" Plusieurs ramuscules musculaires et musculo-cutanés, sans disposition fixe, nés sur dilférents points du trajet de rartèro-nière, au-dessous des précédentes ' divisions.

[i] C'est Vartère radiale de l'homme.

TRONCS BRACHI.VIX OU AUTÈRliS AXK.LAIRES,

T)" Un rameau profond, sujet aussi à de très nombreuses variétés, prenant son origine au niveau de l'insertion radiale du perforé, descendant sur la face postérieure du radius, principalement destiné au carpe , remarquable par les anastomoses que ses divisions internes contractent avec l'artère radiale antérieure, et parcelles qui unissent parfois ses rameaux externes aux branches ultimes de l'interosseuse de l'avantbras, ou à l'artère épicondylienne (fig. 158, 2).

1° Première branche terminale de l'artère radiale postérieure, ou

TRONC COMMUN DES INTEROSSEUSES MÉTACARPIENNES (1 ) (fig. 158, !j}.

Cette branche ariérielle (fig. 158, 5) se sépare à angle très aigu de l'artère collatérale du canon. Elle descend en dedans et en arrière du carpe , accompagnée de la principale veine sous-cutanée du membre, comprise avec elle sous un fascia superficiel qui maintient ces deux vaisseaux dans une gouttière creusée sur la face extérieure de la gaîne fibreuse du carpe. Puis l'artère arrive en dedans de la tête du métacarpien interne, où on la voit s'infléchir du côté externe en passant transversalement sur l'extrémité supérieure du ligament suspenseur du boulet, entre ce ligament et la bride de renforcement qu'il fournit au tendon perforant; et elle va s'anastomoser par inosculation avec une branche descendante émanée de l'arcade superficielle qui unit, au-dessus du carpe, l'artère épicondylienne ou cubitale avec l'origine de la collatérale du canon (fig. 158, 6).

L'anastomose en anse, formée ainsi par l'artère radio -palmaire, répond exactement à V arcade palmaire profonde des animaux pentadactyles, à celle de l'homme en particulier. Nous proposerons de l'appeler encore arcade sous-carpienne, en raison de la position qu'elle occupe relativement au carpe, réservant le nom à' arcade sus-carpienne à Yarca.de palmaire superficielle , représentée par l'anastomose établie entre la collatérale du canon et l'artère épicondylienne.

Quatre branches principales émanent de cette arcade sous-

Fig. 158 C^)

(') Fig. 138. — Artères du pied niiterieiir vues en arrière (on a etilcvè les muscles et les tendons, en ri'Sfiectnnl seulement une ptirlie du tendon jierjbrnnt ; l'os du pied a été sculpté sur sa face idanlairc pour mettre h nu iunnstoniose semi-lunaire). — 1. Ailùre rudiule posleiieure. 2. Bameciu Ciiri'ifii iuno ■ mille. 5. Arcade siis-cjrpieiiiie. 4. Artère epicoiidylieiiiu- (ciiliilalej. l<. Artère laciio-palniaiie, ou Iroiic comuiua des interosseuses metacai picunes. C. Arcade sous-caipieiiue. 7,7. Arlères interosseuses mèlacarpieiines puitèrieures. 7', 7'. Artères iuterosseuses métacarpieuuus aiitèricuies. 8,8. Origine de ces iuleroseiises. !). Artère collatérale du cauon. 10. Sa branche de conimunicatioii avec les artèics interosseuses. 11. 11. Artères digitales. 12. Aiiaslomose semi-lunaire (dans l'os du pied), lô. Rameaux émergents de celte anastomose. ii. Artère uugucale plantaire formant cette arcade aiiastoniolique. I;j. Origine de Tungucale prè plantaire. 1(i. Ocigine de l'artère du coussinet plautaiie. 17. Origine du rameau antérieur du cercle coroiiaiie. 18. Kanicau postérieur du même.

;i) Ce vaisseau répond à Y artère radio-palwnire de riiommo, nom sons IcqncI nons le

i>3i DES ARTÈRES.

carpiennc : ce sont les interosseuses métacarpmim-s, ûhlmgmcs en pnstériewrs on palmaires, et en antérieures ou dorsales.

rt. — Les interosseuses postérieures naissent, l'une à droite, l'autre à gauche, au niveau de la tète des métacarpiens latéraux, descendent, chacune de leur côté, en décrivant quelques flexuosités, le long de ces os rudimentaires, dans le sillon angulaire formé par leur face interne et la face postérieure du métacarpien médian, puis se terminent au niveau de l'extrémité inférieure des os latéraux en s'anastomosant à plein canal avec une branche de la collatérale du canon. Elles fournissent quelques rameaux au ligament suspenseur du boulet, qui les recouvre, avec plusieurs artérioles tendineuses et cellulo-cuianées ; l'une d'elles donne l'artère médullaire de l'os principal du canon (fig. 158, 7).

b. — Les interosseuses antérieures naissent à peu près du même point que les précédentes, l'une en dehors, l'autre en dedans, contournent en arrière la tête des métacarpiens latéraux, et viennent se placer dans le sillon qui sépare ces os du métacarpien médian, du côté de leur face externe ou dorsale, après avoir fourni plusieurs ramuscules anastomotiques, qui font communiquer les deux artères entre elles, en avant de l'extrémité supérieure du métacarpien médian, ou avec les branches terminales de l'artère radiale antérieure et de l'interosseuse de l'avant-bras. Par leur extrémité terminale, ces deux artères s'anastomosent avec une branche de la collatérale du canon, la même qui reçoit les interosseuses postérieures (f'g. i;)8, 7,8).

Les interosseuses dorsales, quoique beaucoup plus fines que les palmaires (ce sont chez les Solipèdes des artères tout à fait rudimentaires), ne fournissent pas moins de divisions collatérales, destinées aux tendons antérieurs du métacarpe, au i)érioste, au lissu cellulaire et à la peau. Elles communiquent souvent avec les artères postérieures par des branches profondes qui traversent les ligaments inter-métacarpiens.

Variétés. — L'existence des artères interosseuses métacarpiennes, leur position et leur anastomose avec l'extrémité inférieure delà collatérale du canon, sont constantes. JJais il n'en est pas ainsi de leur origine ou de la source dont elles proviennent. Dans la description type que nous venons d'en faire, nous les avons considérées comme étant fournies toutes quatre par l'artère radio-palmaire; il faut bien dire cependant qu'une d'elles, la dorsale externe, provient souvent directement de la branche artéi'ielle qui, de V arcade sus-carpimne, descend le long du carpe pour venir concourir à former ïarcade sous-carpienne, en s'anastomosanî avec la radiopalmaire, ou bien encore d'une branche de l'interosseuse de l'avant-bras ; il faut dire aussi que ces artères métacarpiennes naissent parfois toutes quatre d'une grosse branche fournie par la collatérale du canon au niveau de l'extrémité supérieure du métacarpe, branche qui reçoit la radio-paimaire devenue rudimcntaire, et l'artère envoyée par l'arcade sus-carpienne. Nous avons même rencontré d'autres anomalies que nous ne signalerons point ici, parce qu'elles sont sans intérêt, et qu'on peut les rapporter aisément à cette dernière, en analysant convenablement leurs caractères.

désignerons quelquefois. C'est lui que Rigot a rldcrit sons la dénomination vicieuse d'artère plantaire profonde.

TKONCS BRACHIAUX û[' ARTKRES AXILI.AIRES. 535

2" Deuxième branche terminale de i.\ radiale postérieure, ou artère collatérale du CANON (1) (fig. 1S8, 9).

L'artère collatéraie du canon (fig. 158, 9) continue, par son volume et sa direction, la radiale postérieure. Elle s'engage avec les tendons fléchisseurs sous l'arcade carpienne, et descend ensuite, placée au côté interne des tendons précités, accompagnée par le nerf plantaire interne, jusqu'au-dessus du boulet, près des grands sésamoïdes, où elle se partage en deux branches qui constituent les artères digitales.

Brandies collatérales. — Nous signalerons :

1" F'rès de l'origine de l'artère, et très souvent sur la radiale postérieure ellemême, un rameau qui s'anastomose au-dessus de l'os crochu avec l'artère épicondylienne, en formant une arcade à convexité inférieure (fig. 158, 3), déjà désignée sous le nom à'arcade sus-carpiennc ou palmaire superficielle, par opposition à V arcade sous-carpienne ou palmaire profonde, source des interosseuses du métacarpe. Ce rameau fournit une on plusieurs artérioles musculaires, ordinairement anastomosées avec d'autres branches de la radiale postérieure, et une division inférieure (2) qui descend dans l'épaisseur de l'arcade carpienne, en dedans de l'os crochu, jusqu'à l'extrémité supérieure du métacarpe, oîi elle s'unit par inosculation avec la radio-palmaire, après avoir donné plusieurs rameaux carpicns, dont un principal contourne le bord inférieur de l'os sus-carpien.

2° Dans toute l'étendue du trajet, de nombreuses et fines divisions synoviales, tendineuses et cutanées.

3" Un tronc né de l'extrémité terminale du vaisseau, entre les deux artères digitales, quelquefois même sur une de celles-ci, lequel se trouve placé à la face postérieure du métacarpien principal, entre les deux branches du ligament suspcnseur du boulet, et se dirige de bas en haut pour se diviser bientôt en deux branches, anastomosées par inosculation avec les interosseuses postérieures du métacarpe, après avoir donné par côté deux autres rameaux qui contournent les bords du métacarpien médian, reçoivent les interosseuses dorsales, et se ramifient en avant du boulet, sur la face antérieure de l'os du canon, et dans l'épaisseur du ligament capsulaire de l'articulation mélacarpo-plialangienne (fig. 158, 10).

Branches terminales. — Ce sont, avons-nous dit, les artères digitales, dont la disposition répète à peu près exactement celle des mêmes vaisseaux dans le membre postérieur; aussi renvoyons-nous à la description que nous avons faite de ces vaisseaux, page 517.

(1) Cette artère, la plantaire superficielle de Rigot, représente une des branches palmaires mrlacarpiennes fournies par l'arcade palmaire superflciclle, chez riiomnie et les autres auimaux pentadactyles.

(2) Analogue à Vartère ciibilo-radiale de l'homme.

§ m. — Des artttres axillaires dans les animaux non solipèdes,

1° AniÈRES AXILLAIUES DES nCMlNANTS.

Ces vaisseaux se comportent, dans leur origine, leur trajet, leurs rapports, comme dans les animaux solipèdes.

Voici les caractères spéciaux qu'ils présentent dans leur distribution :

1° Artère dorsale. — Elle naît d'un tronc qui lui est commun avec l'artère vertébrale, et sort du thorax en passant ordinairement au-devant de la première articulation costo-vertébrale. Son rameau sous- costal procède directement du tronc précité.

2° A. cervicale supérieure. — IManque, est suppléée par un rameau de la dorsale et surtout par les divisions musculaires supérieures de la vertébrale.

3' .4. vertébrale. — Extrêmement volumineuse, se termine dans les muscles de la nuque, après avoir traversé le trou trachélien de l'axis; remar^iuable par le volume considérable de ses rameaux spinaux.

k° A. cervicale inférieure., tlioracique interne, thoraciquc externe. ■ — Ne présentent pas de particularités essentielles à connaître, si ce n'est cependant que la dernière, très volumineuse dans le bœuf, très mince dans le mouton, fournit la branche artérielle satellite de la veine de l'ars, branche née, dans les Solipèdes, de la cervicale inférieure.

5° A. sus-scapulaire. — Ce vaisseau nous a paru manquer dans le mouton, et être remplacé par des divisions de la cervicale inférieure.

6" .1. sous-scapulaire. — La branche scapulo-humérale donne la plus grande partie des rameaux destinés aux muscles brachiaux postérieurs.

1° A. humérale. — Les artères musculaires n'olTieiii (ju'un faible volume, l'humérale profonde surtout, qui estrem|)lacée en très grande partie par la branche scapulo-humérale.

8° A. radiale antérieure. — Elle se comporte à peu près conmie celle du cheval, et est sujette aussi à de fréquentes anomalies.

9" A. radiale postérieure. — Cette artère accomplit le même trajet que chez les Solipèdes. Seulement, au lieu de fournir Vartère radio-palmaire près du carpe, au point où elle devient artère collatérale du canon, elle laisse échapper ce vaisseau beaucoup plus haut, c'est-à-dire vers le tiers supérieur ou le milieu del'avantbras. Sa branche intcrossense, logée dans la gouttière profonde qui est creusée en dehors des os de cette région sur le point de juxtaposition du radius et du cubitus, se partage en deux branches vers l'extrémité inférieure de cette scissure : l'une antérieure, ramifiée sur la face dorsale du carpe, et anastomosée avec les divisions de la radiale aiitérietu'e ; l'autre postérieure, traversant l'arcade radio cubitale inférieure pour distribuer la plus grande partie de ses rameaux en arrière des articulations carpiennes.

10" A. radio -palmaire. — Née, comme on l'a vu plus haut, de l'artère radiale postérieure, vers le tiers supérieur de l'avant-bras, cette branche descend au niveau de l'extrémité supérieure du métacarpe, ensuivant, comme dans le cheval, un trajet

TRONCS BRVCniVUX OU ARTÈRES AXILLAIRES. 537

superficiel, et se termine en fournissant quatre artères interosseuses métacarpiennes, trois postérieures ou pabnnires , une antérieure (^xx dorsale. — Les interosseuses postérieures affectent une disposition fort irrégulière et très inconstante ; elles communiquent entre elles par plusieurs branches, et s'anastomosent inférieurement, soit avec les digitales latérales, soit avec la collatérale du canon, soit enfin (cas le plus ordinaire) avec une branche de ce dernier vaisseau. On distingue ces artères interosseuses en externe, moyenne et interne : les deux premières comprises entre la face postérieure du métacarpien et le ligament suspenseur du boulet ; la troisième, placée au bord interne de ce ligament, plus considérable que les autres, et représentant par son volume et sa direction la suite de l'artère radio-palmaire. — Quant à Y interosseuse antérieure, elle traverse un trou de l'extrémité supérieure du métacarpien, arrive ainsi sur la face dorsale de l'os, et se partage en deux branches : l'une ascendante, remontant sur le ligament capsulaire des articulations carpiennes, où elle s'anastomose avec les divisions des artères radiale antérieure et interosseuse de l'avant-bras; l'aiUre descendante. logée dans la scissure antérieure de l'os métacarpien, et s'abouchant avec un rameau perforant de l'artère collatérale du canon, rameau (|ui traverse l'ouverture percée vers l'extrémité inférieure de la diaphyse osseuse. — Si l'on cherche à se rendre compte de la signification de ces artères interosseuses par rapport aux éléments qui composent le pied des ruminants, on arrive à reconnaître aisément : dans l'artère postérieure médiane, l'interosseuse palmaire des deux grands doigts ; dans les artères postérieures latérales, les interosseuses palmaires intermédiaires à ces doigts médians et aux doigts latéraux rudimentaires représentés par les ergots ; dans l'artère unique antérieure, l'interosseuse dorsale des deux grands doigts. On prouverait môme, à l'aide d'un examen plus minutieux, l'existence des interosseuses dorsales correspondant aux interosseuses palmaires latérales.

11" A. collatérale du canon. — Cette artère suit le même trajet que chez le cheval jusqu'au tiers ou au quart inférieur du métacarpe. Arrivée à ce point, elle abandonne, comme dans cet animal, une branche dont les divisions communiquent avec les interosseuses, et se continue par les artères digitales, au nombre de trois, une moyenne et deux latérales.

a. La branche de communication avec les interosseuses métacarpiennes naît fort souvent de la digitale interne. Elle s'insinue entre les divisions du ligament suspenseur du boulet, en remontant sur la face postérieure du métacarpien, et se partage en plusieurs rameaux, qui s'abouchent pour la plupart avec les artères précitées, ou même avec les digitales latérales, en affectant une disposition variable et compliquée qu'il est inutile de signaler ici. L'un de ces rameaux, véritable artère perforante, traverse l'extrémité inférieure de l'os du canon, et remonte dans la scissure antérieure de cet os, pour se joindre à l'interosseuse antérieure, après avoir envoyé des ramuscules sur le boulet.

h. Vartère digitale moyenne représente, par ses dimensions, la suite de l'artère collatérale du canon ; c'est donc un vaisseau très volumineux. Elle s'infléchit d'abord en arrière et en dehors pour se placer sur la face postérieure du tendon perforé, puis descend dans l'espace interdigité, en passant derrière la gaîne grande sésamoïdienne, sous la bride qui réunit les deux ergots. Arrivée au niveau de

rcxliéiiiilé inférieure de !a première phalange, elle se divise en deux artères vnguéales, une pour chaque doigt, qui s'infléchissent en avant, passent sous le iiga^ ment interne commun aux deux articulations inter-phalaugiennes, et se plongent, par le trou percé au côté interne de l'éminence pyramidale, dans le sinus intérieur de la troisième phalange, où chacun de ces vaisseaux se ramifie à la manière des artères plantaires unguéales du cheval.

Plusieurs branches collatérales, remarquables par la richesse de leurs arborisations, s'échappent de cette artère médiane des doigts et de ses divisions terminales; contentons-nous de citer les plus importantes, savoir : 1° au niveau du milieu de la première phalange, deux courtes branches transverses, l'une droite, l'autre gauche, pa.ssant sous les tendons fléchisbeurs, et allant de l'artère digitale moyenne aux artères lalérnles des doigts; 2° presque au même point, une artère iiîjpaire qui traverse d'arrière en avant l'espace interdigité pour se porter entre les deux tendons de l'extenseur commun des phalanges, d'où elle se ramifie sur la face antérieure des doigts, en remontant le long de la veine médiane antérieure, et en s'anastomosant avec une brajiche descendante de l'artère perforante qui traverse l'exlrémité inférieure du métacarpien; 3° une branche paire analogue à l'artère du coussinet plantaire du cheval, prenant sou origine sur l'extrémité terminaliï de l'artère digitale, naissant souvent de l'artère unguéale, soit d'un seul côté, soit des deux côtés à la fois, communiquant par une branche transversale avec son homologue, se dirigeant en arrière et en bas sur le bulbe du talon, où elle forme une arcade anastomotique en s'abouchant avec la digitale latérale, arcade qui laisse échapper de sa convexité, tournée en bas, un grand nombre de rameaux réliculaires destinés à la membrane kératogènc et au coussinet plantaire (1).

c. Les artores digitales latérales se distinguent en interne et eu externe. La première prend son origine au niveau du coude formé par la collatérale du canon, (juand ce vaisseau s'infléchit sur la face postérieure du tendon perforé pour devenir artère digitale médiane, le plus souvent en commun avec la branche dont les divisions s'abouchent avec les interosseuses métacarpiennes. La seconde s'échappe un peu plus loin, après avoir reçu soit un rameau de celte artère communicante, soit l'interosseuse palmaire externe; et il n'est pas rare de la voir entièrement formée par l'uiie de ces branches artérielles ou par toutes les deux à la fois. Quel que soit, du reste, leur point d'origine, les artères digitales latérales descendent sur le côté excentrique des doigts, en dehors des tendons fléchisseurs, et se terminent en s'anastomosant par inosculation avec l'artère du coussinet plantaire. Parmi les rameaux collatéraux émanés de ces artères, on doit distinguer celui qui se rend à l'ergot, et la branche transverse jetée entre chacune d'elles et la digitale médiane (2),

(1) On prouve aisémenl que les deux artères digitales des Solipèdes ne sont autre chose que cette iirlèrc nicdiaiie des doigts des lUnniiiants, lesquelles se sont séparées l'une de l'autre beaucouj) i)ius haut (pie dans ces derniers animaux. On prouve encore que les artères digit.iles latérales de ceux-ci sont représentées dans le cheval par les rameaux antérieurs de l'artère perpendiculaire.

(2) Sur plusieurs pièces, nous avons vu les digitales latérales s'arrêter à celte anastomose transversale qui les recevait tout entières.

TRONCS BRACgiAUX OU ARTÈRES AXILLAIRES. 539

2» AhTÈRES AXILLAIRES DU PORC.

Toutes deux naissent isolément de la crosse de l'aorte ; il n'y a point par conséquent d'aorte antérieure. Vartère droite, ou le tronc hrachio-cé [ikalique , prend son origine la première; h gauche vient immédiatement après.

a. Le tronc b^acldo-céphalique se dirige eu avant, sous la face inférieure de la trachée, et sort du thorax pour gagner la face interne du membre antérieur on se comportant comme dans les autres animaux.

Il fournit successivement :

4° Au niveau de la première côle et par en bas, les deux artères carotides, naissant isolément presqu'au même point.

2° Directement à l'opposé de ces deux vaisseaux, un tronc remarquable par la complication de son mode de distribution : tronc qui se dirige en haut et en arrière, sur le côté de la trachée et du muscle long du cou, traverse l'intervalle dcssecomie et troisième côtes, puis s'élève dans les muscles profonds de la région spinale du cou, pour se terminer aux environs de la nuque. Celte artère représente évidemment la cerviccde profonde ou supérieure. Presqu'à son origine, elle laisse échapper Vartère vertébrale, dont le mode de terminaison rappelle exactement celui qu'on observe dans le cheval Plus loin, elle donne naissance à Vartère dorsale, qui monte dans les muscles du garrot, après avoir passé dans le premier espace intercostal. Enfin, elle émet, avant de sortir du thorax, Vartère sous-costalc ou intercostale supérieure, placée en travers de l'extrémité supérieure des troisième, quatrième et cinquième côtes.

3" Toujours en dedans de la première côle, mais plus en avant, une volumineuse artère cervicale inférieure, divisée en plusieurs rameaux ascendants, et les deux artères thoraciques, snv le compte desquelles on ne trouve rien à dire de parliculicr.

4" En dehors du thorax, sur la face interne de l'articulation scapulo-huméraîe, les artères humérale et sous-scapulaire : la première, moins volumineuse que l'autre, présentant depuis son origine, jusqu'à la terminaison de ses rameaux dms le pied; une disposiiion qui se rappiochc', dans ses points essentiels, de celle ([u'on observe dans les Rumii)ants ; la seconde, paicourant de bas en haut l'interstice des muscles sons-scajmiaire et adducteur du bras, se partageant bientôt en deux branches terminales, dont une continue le trajet primitif du vaisseau, pendant que l'autre passe sous le sous-scapulaire pour porter ses divisions dans les muscles antérieurs externes de l'épaule, fournissant dans son trajet: 1" l'artère du grand dorsal, jetant une partie de ses ramifications dans les muscles olécrâniens; 2" un volumineux rameau qui fournit le plus grand nombre des divisions données chez le cheval parles artères humérale profonde et pré-humérale ; 3" deux rameaux articulaires, dont un représente assez bien l'artère sus-scapulaire.

b. Quant au tronc brachial gauche, il ne diffère du droit que par la disposition des artères cervicale supérieure, dorsale cl vertébrale, qui ont des origines distinctes : les deux dernières tout à fait iap|)rochées l'une de l'autre, la première fournissant la branche sous-costale.

3° Artères axii.laires des carnassiers.

Elles naissent isolément de la convexité de la crosse de l'aorle, comme dans le porc, et fournissent successivement, à part les carotides, branches spéciales du tronc brachio-céphalique :

1° Un tronc volumineux, origine commune des artères doi^sale , cervicale supérieure et sous-costale ou intercostale supérieure : la première passant entre les deux premières côtes ; la seconde en avant de la première ; la troisième en travers de la face interne des première, seconde et troisième, près de leurs cartilages de prolongement, d'où elle émet des rameaux intercostaux ascendants et descendants.

1° Vartère vertébrale, anastomosée, comme chez les Solipèdes, avec une branche rétrograde de l'occipitale ; elle supplée, en très grande partie, la cervicale supérieure, dont le volume est très faible et qui se distribue seulement à la partie postérieure du cou.

3° Vartère cervicale inférieure, donnant des rameaux pectoraux.

lx° Vartère thoracique interne, re\x\îin\xx?i\i\Q par son fort volume, et par une division superficielle, principalement destinée aux mamelles, laquelle s'abouche avec une branche analogue de la honteuse externe.

f)" Un rameau thoracique externe, dont l'origine rappelle plutôt \ artère sus-scapulaire, qm semble manquer.

6° Vartère sous-scapulaire. — Après avoir fourni ce dernier vaisseau, le tronc brachial se prolonge par l'artère humérale, que nous allons examiner dans sa disposition avec quelques détails.

Artère liiiméraie. — Placé d'abord immédiatement en arrière du muscle coraco-radial ou biceps, ce vaisseau descend ensuite sous le rond pronateui, et se divise, au niveau de l'extrémité supérieure du radius, en deux branches terminales qui sont : les artères cubitale et radiale.

Il fournit dans son trajet des branches collatérales analogues à celles qui ont été signalées dans les Solipèdes, et au nombre desquelles existe un mince rameau, trace de l'artère radiale antérieure, lequel passe sous l'extrémité terminale du biceps pour se rendre dans les muscles qui recouvrent antérieurement l'articulation du coude.

Artère cubitale. — Beaucoup plus petite que la radiale, elle laisse échapper, très près de son origine, Vartère interosseuse, qui procède parfois directement de l'humérale, et dont le calibre l'emporte toujours dans les animaux sur celui de la cubitale.

Celle-ci se dirige obliquement en dehors et en bas, en passant sous le perforant, et gagne la face inlcrne du cubital antérieur ou fléchisseur oblique du métacarpe, où l'artère s'accole au nerf cubital, pour descendre avec lui en dedans de l'os crochu et se réunir alors avec l'interosscuse postérieure ou l'une des branches terminales de ce dernier vaisseau; elle fournit dans ce trajet plusieurs rameaux musculaires ou cutanés, dont plusieurs s'anastomosent avec la collatérale interne du coude ainsi qu'avec des divisions de l'artère radiale.

TRONCS BRACHIAUX OU ARTÈRES AXILLAIRES. bM

Artère in(erosseiise. — Quant à celle artère interosseuse, elle se place entre le cubitus et le radius, sous le carré pronaleur, se prolonge ainsi jusqu'au tiers inférieur de l'avant-bras.et, se partage alors en deux branches, les artères interosseuses antérieure et postérieure, après avoir abandonné sur son parcours plusieurs rameaux, la plupart antérieurs, qui se jettent dans les muscles anti-brachiaux en traversant l'espace compris entre les deux os de l'avant-bras, les principaux s'échappant par l'arcade radio-cubitale.

VaiHère interosseuse antérieure, après avoir passé entre le cubitus et le radius, descend sur la face antérieure du carpe, où ses divisions rencontrent, en dedans, des ramuscules collatéraux de la radio-palmaire, en dehors, les arborisations d'une branche de l'interosseuse postérieure, et forment avec ces vaisseaux un ple\us à larges mailles, d'où procèdent, en définitive, plusieurs filets qui se réunissent aux artères interosseuses métacarpiennes dorsales.

Vartère interosseuse posté rieuî^e peut être regardée par son volume et sa direction comme la continuation du tronc interosseux. Après s'être dégagée do dessous le carré pronaleur, elle fournit d'abord une branche interne flexueuse anastomolicpie avec la radio-palmairo, puis plusieurs rameaux muscuio-cutanés externes, et se place alors en dedans de l'os crochu, où elle se divise en deux branches après avoir reçu l'artère cubitale : une de ces branches, la plus petite, s'anastomose par inosculation avec l'arcade |ialmaire superficielle; l'autre, plus grosse et profonde, se porte en avant des tendons fléchisseurs, sous l'aponévrose qui recouvre les muscles interosseux, en travers do l'extrémité supérieure de ces muscles, formant ainsi V arcade palmaire profonde, qui s'abouche avec un grêle filet de l'artère radiojialmaire. Cette arcade fournit, avec quelques ramuscules destinés aux muscles de la main, huit artères interosseuses métacarpiennes : quatre postérieures ou pal~ maires, qui se réunissent, par leur extrémité inférieure, avec les collatérales des doigts, après avoir donné plusieurs divisions aux muscles de la main ; quatre antérieures ou dorsales, traversant l'extrémité supérieure des espaces inter-métacarpiens à la manière Aq^ perforantes àe. l'homme, s'unissant aux branches de l'interosseuse antérieure de l'avatit-bras, et descendant ensuite dans les espaces inlcr- métacarpiens pour se joindre, au niveau des articulations métacarpo-plialangiennes, aux artères collatérales des doigls.

Artère radiale (la radiale postérieure des autres animaux). — Accolée au long fléchisseur du pouce et au perforant, cette artère suit la face interne du muscle perforé, et forme, en se recourbant en dehors pour s'unira un rameau de l'interosseuse anti-brachiale postérieure, renforcé par la cubitale, Vaixade palmaire superficielle, d'où s'échappent quatre branches palmaires ou collatérales des doigts. Oelles-ci, placées d'abord entre les tendons perforés et perforants, gagnent l'exlrémité supérieure des espaces interdigités, reçoivent à ce point les inteross uses métacarpiennes, et se comportent de la manière suivante : V interne se porte sur le pouce; la seconde (en comptant de dedans en dehors) gagne le côté concentrique de l'index; la troisième, la plus f,';osse, se divise eu deux branches (jui s'nccolenl aux grands doigls ; hdernière va au doigt externe.

5^2 DES ARTEHES.

Art. vu, — Artères cauotides primitives (fig. 157, 1-^; 159, 1).

Ces deux vaisseaux naissent de Tarière axillairc droite, à peu de distance de son origine , par un tronc commun, le tronc céphalique, qui se détache à angle très aigu, et se dirige en avant sous la face inférieure de la trachée, au-dessus de la veine cave antérieure, pour se terminer, vers l'entrée de la poitrine, par une bifurcation qui commence les deux carotides primitives.

Chacune de ces artères monte ensuite, au milieu d'un tissu cellulaire abondant quoique dense, le long du tube trachéal, d'abord eu-dessous de ce conduit, puis sur le côté, et enfin un peu en arrière de son plan latéral. La carotide arrive ainsi près du larynx et de la poche gutturale, où elle se divise en trois branches.

Dans ce trajet, ce vaisseau, indépendamment des connexioiis qu'il entrelient avec la trachée, affecte encore les rapports suivants :

Sur toute sou étendue, il esl accompagné par le cordon qui résulte de la réunion du nerf pneumo-gastrique avec la portion cervicale de la chaîne sympathiciue, et par le nerf récurrent : celui-ci placé en-dessous ou en avant du vaisseau, dont il se trouve assez éloigné dans la partie inférieure de l'encolure ; le premier situé audessus ou en arrière, et directement accolé à l'arlèrc.

La carotide primitive répond encore : eu arrière, dans ses deux tiers supérieurs, aux muscles long du cou et grand droit antérieur de la lêle; en dehors, au scalènc vers l'exlrémité iiiférieure du cou, et au muscle omoplat-liyoïdien qui sépare l'arlèrc de la jugulaiie dans la partie moyenne et supérieure de l'encolure. Mais en bas, c'est-à-dire en arrivant près de l'enlrée de la poitrine, ces deux vaisseaux se mettent en rapport direct, la veine en dessous, l'artère en dessus.

On notera encore que les ganglions de l'entrée de la poitrine sont aussi en contact avec les carotides, et que l'artère gauche répond de plus au canal œsophagien. Branches collatérales. — Les artères fournies par la carotide primitive sur son trajet sont assez nombreuses, mais d'un diamètre trop peu considérable pour que leur émission successive fasse varier sensiblement le calibre de l'artère dont elles émanent ; aussi les carotides représentent-elles, h peu de chose près, depuis leur origine jusqu'à leur terminaison, deux tubes assez régulièrement cylindriques. Ces branches collatérales sont destinées soit aux nmsclesdela région cervicale, soit à l'œsophage et à la trachée. Deux d'entre elles vont nous occuper d'une manière toute spéciale. Ce sont les artcrcs thyro- laryngienne et thyroïdienne accessoire.

Artère tliyro-iaryngienne (fig. 157, IV). — Ce vaisscau, qui répond exactement à Vartf-re thyroïdienne supérieure de l'homme (1), naît de la carotide primitive à quelques centimètres de sa terminaison, c'est-à-dire un peu en arrière du larynx ou au-dessus du corps thyroïde, puis se porte sur ce dernier organe, dans lequel il sejelte par deux branches j)rincijialcs (pii conloui'uent son extrémité supérieure et son bord antérieur, après avoir envoyé deux rameaux sur le larynx : un supérieur,

(I) Nous lui aurions niùno douué ce nom, si nous avions pu rcnconlier le véiiiable repicseutanl de la tlnjruidtenne Inféricare.

ARTÈRES CAROTIDES PRIMITIVES. 'y'\'i

destiné aussi aux parois pharyngieiînes; un inférieur, beaucoup plus considérable, se dislribuant exclusivement à l'appareil laryngien.

Il arrive quelquefois que l'artère thyro-laryngienne se trouve divisée, dès son oiigine, en deux branches bien distinctes fournissant chacune une division laryngienne et une division thyroïdienne, comme dans la figure 159, 3 (1).

Nous avons déjà fait remarquer la disproportion qui existe entre le calibre considérable des branches envoyées par celte artère dans le corps thyroïde, et le volume exigu de cet organe, nous nous bornerons donc ici au rappel de cette particularité.

Artère <S»yi«oïdîeiîne accessoire (157, iW — 159, 2). — L'originc de CC vaisseau précède celle du premier. Il est beaucoup plus petit et pénètre dans le corps thyroïdien par l'extrémité postérieure ou inférieure de ce lobe glaudiforme.

Souvent celte artère n'envoie à la thyroïde que des ramuscules excessivement ténus, et s'épuise presqu'entièrement dans les muscles cervicaux (2).

Branches terminales. — Les trois branches qui terminent la carotide primitive sont les artères occipitale, carotide interne et carotide externe, celle-ci incomparablement plus grosse que les deux autres, lesquelles ne semblent être que des jets collatéraux du vaisseau principal. Ce sont ces branches qui répandent le sang dans les diverses parties de la tête. Nous allons consacrer à leur étude trois paragraphes spéciaux ; mais nous dirons auparavant quelques mots de leur préparation.

Prc'paralion des arlères de la tête. — Après avoir enlevé la peau avec précaution, on disséquera d'un côté les artères superficielles, c'est-à-dire la maxillaire externe, la maxiilomusculaire, le tronc temporal et l'auriculaire postérieure, en ayant soin d'exciser la glande parotide pour découvrir l'origine de ces trois derniers vaisseaux. Sur le côté opposé, on préparera les artères profondes, après avoir disposé la branche du maxillaire comme dans la ligure 108 (voir la préparation des muscles de la langue) et fait sauter les apophyses orbitaire et zygonialique, au moyen de trois traits de scie, comme dans la Ogurc t59, sur laquelle on se guidera, du reste, pour rechercher et suivre toutes ces artères.

§ ï. — Artère occipitale (tig. I5tj, (i).

L'artère occipitale est un vaisseau légèrement flexueux, accolé au premier tiers de la carotide interne. Elle monte sous l'apophyse trausverse de l'atlas, en passant derrière la poche gutturale, entre la glande maxillaire et les muscles droits antérieurs de la tète. Puis elle s'insinue entre le muscle petit droit latéral et l'arc inférieur de la vertèbre sus-indiquéc, pour traverser le trou antérieur de cette vertèbre, et se terminer par deux branches, après avoir parcouru la courte scissure qui relie ce trou au supérieur. Dans ce trajet, l'artère occipiiaie est croisée en dehors par le nerf pneumo-gastricjue, le spinal, le cordon cervical du grand sympa-

(1) C'est sans doute un cas de cette nature qui s'est présenté à Uigot quand il a voulu décrire le vaisseau qui nous occupe. Aussi en a-l-il fait deux arlères, la Ihyrdidienne et la laryiifjienne. Mais ce cas, nous le répéterons, ne se rencontre que par exception; et encore n'autoriserait-il pas, à supposer qu'il fût la règle, la création d'une artère tlnjrnidicnne et d'une artère laryngienne distinctes, puisque chaque branche du vaisseau se dislribue à la fois au larynx et au corps thyroïde.

(2) Nous la regardons comme l'analogue de ia ihyruidienne moyenne *lc l'iiotiime.

5/l6 DES ARTÈRES.

thique, et accompagnée par les divisions de la branche inférieure de la première paire nerveuse cervicale.

Les deux branches terminales du vaisseau que nous décrivons sont les artères occipito-i/iusculaire et céréhro-spinale.

Les branches collatérales se présentent au nombre de trois, énumérées ci-après dans l'ordre de leur émission : 1° V artère pré-vertébrale, 2° la mastoïdienne, 3° Vatloï do-musculaire.

Branches collatérales. — 1° Artère pré-vertébrale (flg. 159, 9). — La plus petite de toutes les branches émanées de l'occipitale, cette artère se détache à angle très aigu, et se divise immédiatement en plusieurs filets, les uns musculaires, les autres méningés : les premiers passent pour la plupart entre l'ariiculation ailoïdo-occipitale et le petit droit antérieur de la tête, et s'épuisent soit dans ce muscle, soit dans le grand droit; les seconds, au nombre de deux généralement, sont toujours fort grêles, et gagnent la dure-mère en pénétrant, l'un par le trou déchiré postérieur, l'autre par le trou condylien.

2° Artère mastoïdienne (fig. 159, 8). — Celte artère naît à angle aigu audessus de la précédente, et se porte vers le trou mastoïdien en ram|)ant sur la surface externe de l'apophyse styloïde de l'occipital, sous le muscle petit oblique de la tête. Elle s'engage ensuite dans le conduit pariéio-temporal, par le trou sus-indiqué, pour s'anastomoser par inosculation avec l'artère sphéno-épineuse.

Dans son trajet, cette artère décrit une courbe à concavité inférieure, et laisse échapper un assez grand nombre de branches collatérales. Parmi ces branches, il en est qui prennent leur origine avant l'entrée de l'artère dans le conduit osseux qu'elle parcourt : celles-ci sont destinées aux muscles de la nuque. D'autres naissent à l'intérieur même de ce conduit, et en sortent par les orifices dont est criblée la fosse temporale, pour se plonger dans le muscle crotaphite. Quelques ramuscules s'épuisent dans la dure-mère.

Nous avons vu l'artère mastoïdienne naître directement de la carotide primitive, et fournir une branche parotidienne.

3" Artère atloïdo-niusctilaîre ou rétrograde (flg. 159, 7). — Cette branche n'est |)as constante, et quand elle existe, elle se présente avec un volume très variable. Elle se détache de l'occipitale sous l'apophyse transverse de l'atlas, en formant avec la branche-mère un angle droit ou même obtus. Puis elle se dirige en arrière, traverse le trou inférieur de l'apophyse susdite, se place sous le muscle axoïdo-atloïdien, et s'avance, en décrivant des flexuosilés, à la rencontre de l'artère vertébrale, avec laquelle on la voit s'aboucher à plein canal, après avoir fourni quelques rameaux au grand oblique et aux muscles avoisinanis. Cette anastomose établit donc une voie de commimicaiion collatérale entre la vertébrale et les divisions fournies par la carotide primitive; aussi ces deux artères peuvent-elles se suppléer mutuellement.

Branches terminales. — 1" Artère oceipito-museulaire (flg. 159, 10). — Couverte à son origine par le muscle grand obli(|ue, l'artère oceipito-museulaire se dirige transversalement en dedans, à la surface des muscles droits postérieurs, et se partage bientôt en plusieurs rameaux, les uns ascendants, les autres descendants, mêlés aux divisions nerveuses de la première brandie supérieure cervicale,

tous destinés aux muscles cl aux tégumenls de la région occipitale. Les rameaux descendants s'anastomosent avec les divisions terminales de l'artère cervicale supérieure.

2" Artère oérébro-spinaie. — Celte artère pénètre dans le canal rachidien par le trou antérieur interne de l'atlas, traverse la dure-mère et se divise en deux branches sous la face inférieure de la moelle. De ces deux branches, l'une antérieure se réunit par convergence avec la branche analogue de l'artère opposée, en arrivant vers le milieu de la longueur du bulbe, et forme ainsi le tronc bnsila'a'e ; l'autre se porte en arrière, et constitue l'origine de Y arthre spinale médiane, en s'anastomosant, après un court trajet, avec la branche correspondante de l'autre artère cérébro-spinale.

Tronc basilaire. — C'est un vaisseau impair qui rampe sur la face inférieure du bulbe rachidien, sous l'araclinoïde viscérale, en décrivant quelques tlexuosités, et qui franchit la protubérance annulaire, pour se terminer au niveau du bord antérieur de celte partie de l'isthme encéphalique, en s'anastomosant avec les deux artères cérébrales postérieures.

Ce vaisseau fournit dans son trajet :

1° Une foule de ramuscules plexueux pénèirant dans la substance du bulbe et de la protubérance annulaire du mésocéphale, ou se distribuant aux racines des nerfs émanés du bulbe.

2° Les artères cérébelleuses postérieures, vaisseaux sujets à de nombreuses anomalies d'origine, lesquels naissent ordinairement du tronc basilaire à angle droit, en arrière du bord postérieur de la protubérance, puis se portent en dehors, l'un à droite, l'autre à gauche, en rampant sur la face inférieure du bulbe, arrivent ainsi près du bord externe de cet organe, et s'infléchissent alors en arrière pour se placer sous les plexus choroïdes cérébelleux, d'où ces artères répandent leurs ramifications sur les parties latérales et postérieure du cervelet,

3° Les artères cérébelleuses antérieur^es , au nombre de deux ou trois de chaque côté, dont une principale, seule constante : ces artères, très variables dans leur disposition, prennent leur origine sur l'extrémité terminale du tronc basilaire, c'est-à-dire en avant de la protubérance, et quelquefois même sur les artères cérébrales postérieures; d'habitude réunies en faisceau, elles se dirigent en dehors et un peu en arrière, en contournant les pédoncules cérébraux, et se plongent dans la partie antérieure du cervelet.

Ix" Deux branches anastomosées avec l'artère carotide interne : ces l)ranches, dont l'existenco n'est pas constante, et qu'on rencontre surtout chez l'àne, partent du tronc basilaire, en avant du bord postérieur de la protubérance annulaire, puis traversent la dure-mère pour pénétrer dans le sinus caverneux, et se léunir aux artères carotides au niveau de leur deuxième courbure.

Arrière spinale médiane. — Très long vaisseau logé dans le sillon inférieur de la moelle épinière, et mesurant toute l'étendue de cet organe, qu'il suit d'avant en arrière. C'est de cette artère que s'échappent les ramifications qui couvrent de leurs arborisations le tissu médullaire ou pénètrent dans l'épaisseur de ce tissu. Celte émission, qui devrait épuiser bien vile r.ulère spinale médiane, ne diminue pas sensiblement le diamèti e de ce vaisseau, parce qu'il reçoit sur son trajet, et

des deux côtés, de nombreux filets de renforcement. On sait, en effet, que deux séries de rameaux émanés soit des artères vertébrales, soit des intercostales, soit des , lombaires, soit des sacrées latérales, pénètrent dans le canal rachidien par les trous de conjugaison. Ce sont eux qui constituent les filets de renforcement dont nous parlons. Mais en général ils ne se jettent sur la moelle qu'après s'être anastomosés entre eux, en dehors de la dure-mère, de manière à former, sur le plancher du canal vertébral, deux canaux artériels latéraux, accolés aux sinus veineux, et réunis l'un à l'autre par des anastomoses transversales, disposition qui se montre de la manière la plus évidente dans la région cervicale du bœuf, et dont on pourra prendre une idée exacte en consultant la figure 161.

§ II. — Artère carotide interne (lig. 159, 5).

L'une des branches terminales de la carotide primitive, la carotide interne monte d'abord sous la base du crâne, en dehors des muscles droits antérieurs de la tête, et s'infléchit en avant pour gagner le trou déchiré. Dans cette première partie de son trajet, elle est soutenue dans un repli particulier de la poche gutturale, longée par le ganglion cervical supérieur, accompagnée du rameau caverneux du sympathique, et croisée de diverses manières par les nerfs qui forment le plexus guttural.

Arrivée vers le milieu de l'hiatus occipito-sphéno-lemporal, elle pénètre dans le sinus caverneux, et décrit à l'intérieur de cette cavité, où elle est baignée par le sang veineux, deux courbures successives et opposées : une première, dont la convexité, tournée en avant, occupe la fossette carotidienne du sphénoïde ; une seconde, à convexité postérieure, au niveau de laquelle la carotide interne reçoit une branche anastomotique du tronc basilaire, branche volumineuse à peu près constante dans l'âne, rare et très grêle chez le cheval. Après cette dernière inflexion, les deux artères carotides internes communiquent ensemble par une très grosse branche transversale, toujours flexueuse, souvent réticulée, et sortent du sinus caverneux en traversant la dure-mère, pour pénétrer dans la cavité crânienne.

Ces artères se placent alors sur les côtés de la glande pituitaire, en dedans du nerf maxillaire supérieur, marchent d'anièrc en avant et se terminent par deux branches avant d'atteindre le nerf opti(jue : l'une constitue Vartbre cérébrale postérieure ; l'autre se bifurque bieniôl pour former les artères cérébrales moyenne et antérieure .

Artère cérébrale postérieure. — Ce vaisseau s'iufléchit d'avant en arrière sur le côté de la glande pituitaire, et s'anastomose en ariière de cette glande avec celui du côté o|)posé, en formant sur les pédoncules cérébraux une aicade souvent réticulée, qui reçoit dans le milieu de sa convexité le tronc de l'artère basilaire.

Une multitude de ramuscules chevelus s'échappent de cette artère et pénètrent dans la substance des pédoncules. Mais les branches principales qu'elle émet se portent, flcxueuses, en dehors et en arrière, vers la grande fente cérébrale, et se terminent, soit sur l'extrémité postérieure de l'hémisphère du cerveau, soit à l'intérieur de cet hémisphère, dans le plexus choroïde surtout, soit même sur le cervelet, La disposition et le nombre de ces branches sont fort variables ; il en est

une ccpciidiint donl l'existence et la distribution peuvent être regardées comme constantes, c'est la plus grosse de toutes, celle qui mérite par excellence le nom d'artère cérébrale postérieure.

Artère cérébrale moyenne. — Cette artère se sépare dc la cérébrale antérieure en dehors du cliiasma des nerfs optiques, se loge dans la scissure dc Sjlvius, qu'elle parcourt en décrivant des flexuosilés, et à l'extréniiié de laquelle on la voit se partager en plusieurs branches, qui rampent et se ramifient sm* les faces latérale et supérieure du cerveau, branches anastomosées par leurs divisions terminales avec les artères cérébrales postérieure et antérieure.

Artère cérébrale antérieure. — Elle s'engage immédiatement au-dessus de la commissure des nerfs optiques, en se ponant de dehors en dedans, et s'unit sur la ligne médiane avec l'artère opposée pour constituer un vaisseau unique. Celte artère médiane se plonge dans la scissure longitudinale du cerveau, en contournant l'extrémité antérieure du corps calleux, et se divise, après un court trajet, en deux branches, lesquelles marchent d'avant en arrière, l'une à droite, l'autre à gauche, sur la face interne des hémisphères, à une petite distance du corps calleux, jusqu'auprès de l'extrémité postérieure de cette grande commissure. Les rameaux émis par ces artères, soit sur leur trajet, soit à leur terminaison, s'anastomosent avec ceux des artères cérébrales postérieures et moyennes, ainsi qu'avec la branche lobaire de l'artère ophlhalmique.

Avant de se réunir en un tronc commun, les deux artères cérébrales antérieures reçoivent la branche méningienne de cette même artère ophlhalmique, brandie dont le calibre surpasse souvent celui des artères cérébrales antérieures elles-mêmes.

g III. — Artère carotide externe (flg. 159, 12).

Cette artère doit être considérée, à cause de son volume et de sa direction , comme la continuation de la carotide primitive. Elle se dirige en avant, arrive sur le bord postérieur de la grande branche de l'hyoïde, passe entre cet os et le muscle grand kérato-hyoïdien, s'infléchit alors en formant un coude tourné en avant, et monte ensuite verticalement jusqu'auprès du col du condyle de l'os maxillaire, à la hauteur de l'angle postérieur de la branche hyoïdienne. Là on la voit se bifurquer pour donner naissance à V artère temporale superficielle et diV artère maxillaire interne.

Dans la première partie de son trajet, c'est-à-dire depuis son origine jusqu'à l'os hyoïde, la carotide externe répond : en dedans, à la poche gutturale, aux nerfs glosso-pharyngicn et laryngé supérieur; en dehors, au ventre supérieur du digastrique et au nerf bypo-glosse. Dans sa deuxième jiorlion, elle est comprise entre la poche gutturale, la parotide, la grande branche de l'hyoïde, et le côté interne du bord postérieur de l'os maxillaire.

Les branches collatérales que cette artère fournit sont au nombre de trois principales : la glosso- faciale, la niaxillo-musculaire et Y auriculaire postérieure. Mais elle en émet d'autres moins importantes qui se rendent à la glande maxillaire, à la poche gutturale, aux ganglions gutturaux et à la glande parotide.

sus DES ARTÈRES.

i" Artère maxillaire externe, faciale uu CLosso-rAciALE (fig. 159, 13).

Elle prend son origine sur la carotide exierne, an point où celle-ci se trouve engagée sous le muscle grand kérato-iiyoïdicn ; puis elles'indéchit immédiatement par en bas, pour descendre sur le côté du pharynx, entre le bord postérieur de ]a grande branche hyoïdienne et le muscle indiqué plus haut. Elle passe ensuite à proximité de l'extrémité antérieure de la glande maxillaire, en croisant en dehors le canal de Wharton, et se dégage un peu plus bas de la situation profonde qu'elle occupe d'abord, pour en prendre une plus superficielle dans le fond de l'auge, où on la voit ramper à la surface du muscle ptérjgoïdien interne, en se dirigeant en avant vers la scissure maxillaire. L'artère contourne alors cette scissure, et moule sur la face en avant du masséter jusqu'au-dessus de l'épine maxilhiire, où ce vaisseau se termine par deux petites branches.

Dans son trajet long et compliqué, la glosso-faci;ilc décrit un demi-cercle ouvert par en haut, et se divise très naturellement, pour l'élude des rapports, en trois portions : une profonde, une intra-maxillaireet une faciale. — La première partie ou portion profonde, accompagnée dans sa moitié supérieure par le nerf glossopharyngien, répond en dehors au masséter interne ; en dedans, à la poche gutturale , au muscle hyo-pharyngien , au nerf hypo-glosse , au tendon moyen du digastrique, au basio-glosse, au canal de "NVharton, au scapulo -hyoïdien. — La portion intra-maxillaire, ou partie moyenne, longée par la veine glosso- faciale, est appliquée sur le ptérygoïdien interne et en rap|)ort avec les ganglions sous-maxillaires. — La portion faciale ou terminale se trouve logée à son début dans la scissure maxillaire, en avant de la veine giosso-facialc et du conduit parotidien. Elle monte ensuite avec ces deux canaux le long du bord antérieur du masséter, <,ur le maxillo-labial et lebuccinateur, en dessous du peaucier, du zygomato-labial, et des ramifications du nerf facial, qui croisent perpendiculairement la direction de l'artère.

Branciiiîs terminales. — L'artère maxillaire externe se termine par deux petits rameaux qui se séparent l'un de l'autre en formant un angle obtus, et qui se dirigent l'un en haut, l'autre en bas. Le rameau ascendant passe à la surface du releveur de la lèvre supérieure, au-dessous du muscle lacrymal, et va s'anastomoser avec les divisions d'une branche palpébrale émanée de la sus-maxillo-dentairc /fig. 159, 19). Le rameau descendant se porte vers la fausse narine et l'entrée des cavités nasales en rampant sous le muscle sus-naso-labial (fig. 159, 20).

Branches collatérales, — Ces branches sont au nombre de cint) principales : 1" Yartère p/iari/nglenne, 2" la linguale, 3° la sublinguale, qui prennent naissance sur la première partie de l'artère glosso-faciale ; h° la coronaire inférieure, 5° la coronaire supérieure, émanées de la portion faciale. Il existe de plus un grand nombre de rameaux innominés, d'un intérêt secondaire, lesquels se portent aux parties environnantes, el principalement dans la glande maxillaire, les ganglions de l'auge, le masséter, les muscles et les téguments de la face : nous nous bornerons à signaler l'existence de ces dernières branches.

AliTFRES CAROTIDES PRIMITIVES.

l'iG. loo;*)

(*) f^'S- *J9- — Artères de la têle. — 1. Artère cnrolide primitive. 2. Artère thyroïdienne accessoire • >, 4. Altère tliyrolaryiigieiiiie 'Uivisee en deux branches . 3. Artère carotide interne. 6. Artère occipitale. 7. Artère atloiuo-raiisculuire, à la sortie du trou inférieur de l'atlas. 8. Artère mastoïdienne. 9. Artère pnverlebiale. 10. Artère occipito-musculaire. 11. Extrémité terminale de la vertébrale, anastomosée à plfin canal avec l'-itloido-musculair e. 12. Artère carotide exti'rae. lô. Artère maxillaire externe. 14. Artère pharyngienne. 15. Artère linguale. 16. Artère sublinguale. 17. Artère toionaireou labiale inférieure. 18. Artère coronaire ou labiale supérieure. 19. Branche terminale supérieure de la maxillaire externe. 20. Branche terniinale luférieure de la même. ?,1. Artère maxillo-muscnlaire. 22, 23. Artère auriculaire postérieure. ~ ' .1"°'^ temporal superficiol. 23. Artère sous-zvgomalique. 26. Artère auriculaire inférieure. 27. Artère maxilliiire interne. 28. Artère dentaire inférieure. 29. Faisceau d'artères ptérygoïdiennes. 30. Artère tympaliique. ol. Artère sphéno-épineuse. 32. Artère temporale piol'onde postérieure. 33. Artère temporale profonde antérieure. 34. Artère ophthalmique. 3j. Artère sourrilière. 36. Artère'Jacrymale. 57. Artère biirrale. 58. Artère slaphyline. 59. Artère dentaire snprrieni p. 4(». l'.ameaii ni bitaire dé ce vaisseau.

1° Artère pharyngienne [Palatine ascendante, chez riiomme) (fig. 159, 16). — Elle naît de I;i glosso-facialé^ à une distance fort variable de l'origine de celle-ci, et quelquefois même dans l'angle compris entre celte artère et la carotide externe. Quel que soit, du reste, son point d'émergence, elle se dirige toujours en avant, passe entre le kérato-pliaryngien et la grande branche hyoïdienne, puis se porte, en décrivant quelques flexuosités, vers l'apophyse ptérygoïdc, sous la lame élastique qui recouvre le muscle ptérygo-pharyngien. Elle va se terminer dans le voile du palais, après avoir donné sur son trajet des rameaux ascendants et descendants qui s'épuisent dans les parois du pharynx.

2° Artère linguale (fig. 159, 15). — D'un volume aussi considérable que la branche-mère dont elle procède, celle artère s'en détache à angle aigu, à la hauteur de l'extrérillté de la corne hyoïdienne. Elle pénètre ensuite, avec le nerf glossopharyngien, sous le muscle basio-glosse, en croisant la petite branche de l'hyoïde, et se prolonge jusqu'à l'extrémité de la langue, en rampant dans l'interstice compris entre le génio-glosse et le basio-glosse, oij ce vaisseau rencontre les rameaux des nerfs lingual et hypo-glosse.

Flexueuse dans son trajet, pour se prêter à l'allongement de !a langue, l'artère linguale émet un très grand nombre de rameaux collatéraux, qui s'échappent perpendiculairement de toute la périphérie du vaisseau, mais principalement en haut, en bas cl du côté interne, pour se ramifier dans les muscles et les téguments de la langue.

Parallèles entre elles, les deux artères linguales communiquent par de fins ramuscules transversaux, et s'abouchent l'une dans l'autre à leur extrémité terminale devenue très mince.

3" Artèi-e sublinguale (fig. 159,16). — dette artère prend son origine au niveau de l'extrémité antérieure de la glande maxillaire, et parcourt d'arrière en avant la surface externe du mUsde mylo-hyoïdien, qu'elle traverse ensuite vers l'extréniité postérieure delà glande sublinguale. Elle suit alors le bord inférieur de cette glande, envoie de nombreux rameaux dans son épaisseur, et èe prolonge, après avoir donné quelques filets aux muscles génio-glosse et génio-liyoïdien, sur le côté du frein de la langue, où ce vaisseau s'épuise, par de fins ranmscules, dans la muqueuse buccale.

Parmi les branches que cette artère laisse échapper avant d'atteindre la glande sublinguale, il faut distinguer celles qui sont destinées au muscle mylo-hyoïdien : les unes descendantes, grêles et irégulières ; les autres ascendantes, fortes , longues et parallèles entre elles.

Parfois cette arlère ne péiiètre pas jusqu'à la glande sublinguale : elle reste alors dans toute son étendue en dehors du muscle mylo-hyoïdien, et va porter ses divisions terminales aux environs de la symphyse du menton. La glande reçoit dans ce cas une brandie spéciale de l'artère linguale : c'est la disposition habituelle dans l'homme, chez qui le vaisseau que nous décrivons porte le nom d'f(rthre sous-mentale.

U" Artère coronaire ou Initiale inférieure (fig. 159, 17). — Née de la glosso-faciale à angle aigu, nn peu avant l'arrivée de celle artère sur le muscle maxillo-labial, la coronaire inférieure s'engage sous ce muscle, et descend, en suivant

sa direciioii, ius(|iie dans le tissu de la lèvre inférieure, où elle se mêle aux ramifications du nerf mentonnier, et où elle se termine en formant une très fine arcade anastomotique avec le vaisseau du côté opposé.

Dans son trajet, elle donne des rameaux aux muscles buccinateur et maxiliolabial et aux tissus de la lèvre inférieure, à laquelle elle est principalement destinée.

A son passage près du trou mentonnier, elle reçoit l'artère dentaire inférieure à sa sortie de ce trou.

5" Artère coronaire ou labiale supérieure (fig. 159, 18). — Colle-ci, moins considérable ([ue la précédente, souvent môme tout à fait rudimentaire, se détache du tronc principal presqu'à angle droit, au-dessus du point d'origine du pyramidal du nez, et quelquefois au-dessous de ce muscle. Celte arlère gagne ensuite la lèvre supérieure, avec les rameaux sous-orbitaires du nerf maxillaire supérieur, en passant sous le sus-naso-labial et le pyramidal du nez ; puis elle se termine en formant une arcade par inosculation avec l'artère palato-labiale.

Les rameaux qu'elle émet se rendent à l'aile externe du nez et aux tissus de la lèvre supérieure. Quelques-uns se perdent dans les deux muscles déjà cités et dans ralvéolo-labial.

2" Artère MAXiLLO-MuscuLAiRE (fig. 159, 21).

L'artère maxillo -musculaire est un vaisseau qui ne semble point avoir de représentant chez l'homme. Elle émerge de la carotide externe, au-dessus du point où celle-ci se trouve comprise entre la grande branche de l'hyoïde et le muscle grand kérato- hyoïdien. Remarquable par l'angle très obtus qu'elle forme, à son origine, avec le vaisseau principal, cette arlère descend d'abord derrière le bord postérieur du maxillaire, couverte par la parotide. Puis elle se divise en deux branches : l'une profonde, qui se rend dans le plérygoïdien interne, après avoir fourni quelques ramuscules aux organes environnants; et une superficielle coniournant le bord postérieur du maxillaire, en se dégageant de dessous la parotide, au-dessus de l'insertion du sterno-maxillaire, pour se plonger dans le masséter et s'épuiser au sein de ce muscle, par plusieurs rameaux anastomosés avec les divisions de l'artère sous-zygomatique.

3" Artère auriculaire postérieure (Gg. 159, 22).

Troisième branche collatérale de la carotide externe, l'artère auriculaire postérieure nait à angle très aigu, au-dessus et un peu en arrière de la précédente. Elle monte ensuite sous la glande parotide derrière la base du pavillon de l'oreille, traverse les muscles cervico-auriculaires, et s'élève jusqu'à l'extrémité du cartilage conchinicn, en rampant sous la peau qui recouvre le plan postérieur de ce cartilage-

Dans son trajet, elle émet i)lusieurs rameaux auriculaires ascendants , naissant à différentes hauteurs el couvrant la conque de leurs divisions. Parmi ces rameaux, on doit distinguer le premier (fig. 159, 23), qui j)rend son origine au niveau du tronc tempoi al, et qui se divise bientôt en deux branches : l'une, profonde, après avoir envo\é im très miiice filet dans l'oreille moyenne par le trou stylo-mastoïdien, passe entre le conduit auditif externe et l'apophyse mastoïde, pcir

s'aller plonger dans le lissu adipeux soiis-conchinien et dans le muscle scutoauriculaiie interne; l'autre, superficielle, englobée dans le tissu parolidien, se porte au côté externe delà conque et s'enfonce à l'intérieur de ce cartilage, avec le nerf auriculaire moyen, après avoir abandonné quelques ramuscules extérieurs. De ces rameaux auriculaires, s'échappent eu outre une multitude d'artérioles parotidiennes.

-i" AnTÈflE TEMPORALE SUPEnPlCIEIXE OU TRONC TEMPORAL (flg. 159, 25).

C'est la plus petite des deux branches terminales de la carotide externe. Après un très court trajet ascendant entre la parotide, la poche gutturale et le col du condyle du maxillaire, en arrière duquel elle est située, cette artère se divise en deux branches : V auriculaire antérieure et la sous-zygornatique.

Artère auriculaire antérieure (fjg. 159, 26). — Ce vaisseau semble être, non pas par son volume, mais à cause de sa direction, la continuation du tronc temporal. Embrassé près de son origine par le nerf facial et la branche souszygomalique du nerf maxillaire inférieur, il monte derrière l'articulation temporomaxillaire et l'apophyse sus-condylienne, en dessous de la parotide, jusque sur le muscle crotaphite, dans lequel il se jelle, après avoir émis des artérioles parotidiennes, et des rameaux auriculaires, dont un pénètre à l'intérieur de la conque, pendant que les autres s'épuisent dans les muscles antérieurs de l'oreille et dans les téguments qui recouvrent ces muscles.

Artère sous-zy^^onjatique (fig. 159, 25). — Plus considérable que l'auricuculaire antérieure, cette artère se dégage de dessous la parotide en contournant le bord postérieur du niaxillaire, avec l'anastomose nerveuse qui donne naissance au plexus sous-zygomatique, et se place au-dessus de cette anastomose, au-dessous du condyle de l'os précité, en dehors de ce condyle. Là elle se termine par deux branches d'égal volume, l'une supérieure ou superficielle, l'autre inférieure ou profonde, toutes deux ramifiées dans l'épaisseur du muscle masséter, et anastomosées avec les divisions de l'artère maxillo-musculaire, ou avec les branches massétérines de la maxillaire externe.

La branche supérieure, ou V artère transversale de la face, se porte vers le bord antérieur du masséter en décrivant plusieurs flexuosités, et en marchant près de la crête zygomatique. Placée d'abord à la superficie du masséter, elle s'enfonce ensuite dans ce muscle.

La branche inférieure^ ou Vartère massétérine, se plonge de suite parmi les faisceaux profonds du zygomato-maxillaire, et se distribue à ce muscle, en accompagnant le nerf massétérin. Près de son origine, elle communique avec la temporale profonde postérieure par un fin ramuscule qui passe dans l'échancrure sigmoïde. Chez l'homme et quelques animaux, cette artère vient de la maxillaire interne.

5° Artèiie maxillaire interne ou gutturo-maxillaire (fig. 159, 27).

Située d'abord immédiatement en dedans du condyle maxillaire, au-dessous de l'arliculalion de la mâchoire, celle artère se porte du côté inlerne, vers l'entrée du

AUTÈRE5 CAROTIDES PRIMITIVES. 503

conduit soiis-sphénoïdal, en décrivant deux courbures successives, une première à concaviié postéiieiue, une seconde à concavité antérieure. Après s'être ainsi contournée en S, la maxillaire interne parcourt d'arrière en avant le conduit soussphénoïdal, arrive dans l'hiatus orbitaire, et gagne ensuite l'hiatus maxillaire, pour s'enfoncer dans le conduit palatin, où elle perd son nom pour prendre celui à'artf-re palatola/jiale.

Pour l'étude des connexions, on peut diviser le trajet de cette artère en trois portions, une postérieure ou gutturale, une moyenne ou sphénoïdale, une antérieure ou sous-orbitaire. — La portion postérieure est appliquée sur la face interne du muscle plérygoïdien externe, recouverte en dedans par la poche gutturale, et croisée en dehors parle nerf maxillaire inférieur et quelques-uns des rameaux de ce nerf. — La portion moyenne se trouve enveloppée par les parois osseuses du conduit sous-sphénoïdal. — La portion antérieure franchit avec le nerf maxillaire suj)érieur l'espace qui sépare l'hiatus orbitaire de l'hiatus maxillaire, en rampant sur l'os palatin, sous un amas considérable de tissu graisseux.

Branches collatérales. — Les artères fournies, sur son trajet, parla maxillaire interne sont au nombre de onze principales :

Cinq naissent sur la première partie du vaisseau : deux en bas, la dentaire inférieure et le groupe des pténjgoidiennes; trois en haut, la ttjhipanique, la Sphéno- épineuse, la temporale profonde postérieure.

Deux s'échappent de la portion intra-Ob^seuse ou sphénoïdale : ce sont la temporale profonde antérieure et Varth-e ophthatmique, toutes deux supérieures.

Quatre prennent leur origine sur la troisième partie de l'artère : il y en a deux inférieures, la buccale et la staphyline, et deux supérieures, la dentcdre supérieure et la nasale.

1" Artère dentaire inférieure (fig 159, 28). — Encore appelée maxillodentaire, cette artère se détache à angle droit vers le milieu de la première courbure décrite par la maxillaire interne. Elle se dirige ensuite en avant et en bas, passe entre les deux muscles ptérygoïdiens, puis entre l'interne et l'os maxillaire, s'engage avec le nerf maxillaire inférieur dans le conduit dentaire, et le parcourt dans toute son étendue. Arrivée vers le trou mentonnier, elle se partage en deux rameaux : l'un profond, qui continue le trajet intra-osseux du vaisseau pour aller se distribuer aux racines du crochet et des trois dents incisives ; l'autre superficiel, généralement très grêle et même presque capillaire, sortant par le trou mentonnier, avec les branches terminales du nerf maxillaire, et s'anaslomosant avec la coronaire inférieure.

Avant de pénétrer dans l'os maxillaire, cette artère fournit des divisions aux muscles ptérygoïdien interne et mylo-hyoïdicn.

Dans l'iniérieur du conduit maxillo-dentaire, elle abandonne des rameaux diploïques, ainsi que les artérioles destinées aux racines des dents molaires et à la membrane des alvéoles.

2° Artères ptér^goïdiennes (fig. 159, 29). — On peut dire d'une manière générale que les deux muscles ptérygoïdiens empruntent leurs artères à tous les vaisseaux qui passent auprès d'eux, mais il existe deux branches et quelquefois trois, qui leur sont plus spécialement destinées. Ces branches, ou les artijres pté-

rygo'idienneu propiemciU dites, naissent du milieu de la deuxième coin-bure de la maxillaire interne, soit à angle aigu, soit à angle droit, puis se plongent dans les muscles ptérygoïdiens, après un court trajet en avant et en bas sur le péristaphylin externe. Ce dernier muscle et son acolyte, le péristaphylin interne, en reçoivent aussi quelques rameaux.

3° Artère tynipaniquc (fig. 159, 30). — Artériole très grêle et constante, rampant h la surface de la poche gutturale, en accompagnant le nerf lympanolingual, et pénétrant dans la caisse du tympan par un trou situé à la base de l'apophyse styloïde du temporal. Cette artère abandonne des ramuscules à la paroi de la poche gutturale et au nerf trijumeau, ramuscules qui naissent souvent directement du tronc de la maxillaire interne, à côié de la tympanique.

h° Artère spliéno-épincuse ou grande méningée (159,31). — Née à angle obtus, à l'opposé des plérygoïdieimes, cette artère, appliquée contre le sphénoïde près de l'insertion temporale des muscles péristaphylins, se dirige en arrière et en haut, pénètre dans le crâne par le trou déchiré antérieur, en dehors du nerf maxillaire inférieur, se place sous la dure-mère, et s'engage bientôt par un trou particulier dans le conduit pariéto-temporal, où elle s'anastomose par inosculation avec l'artère mastoïdienne. Avant de pénétrer dans ce conduit, l'artère sphéno-épineuse laisse échapper une branche méningée, dont les ramifications, destinées à la duremère, font saillie à la face interne de cette membrane, et rampent dans de petite scissures creusées à la face interne du crâne.

Le volume de ce vaisseau est sujet aux plus grandes variations, il est toujours en rapport inverse avec celui de l'artère mastoïdienne.

5° Artère temporale profonde postérieure (fig. 1;)9, 32). — Elle liait ; angle droit immédiatement avant l'entrée de Tarière maxillaire interne dans I' conduit sous-sphénoïdal. Puis elle monte, appliquée contre l'os temporal , dans le muscle crotaphite, en passant devant l'articulation temporo-maxillaire, qu'elle contourne pour s'infléchir en arrière. Ce vaisseau communique avec l'artère massétérine par une fine division qui traverse l'échancrure sigmoïde de l'os maxillaire.

6' Artère temporale profonde antérieure (fig. 159, 33). — Née h angle droit, comme la précédente, dans l'intérieur du conduit sous-sphénoïdal, cette artère sort par la branche supérieure de ce conduit, s'élève contre la paroi osseuse de la fosse temporale, le long du bord antérieur du muscle crotaphite, dans lequel elle s'épuise presque entièrement. Elle donne quelques ramuscules au tissu adipeux de la fosse temporale. Son extrémité terminale, qui arrive sous le muscle pariéto-auriculaire interne, se ramifie dans ce muscle et dans la peau du front.

7° Artère opiitiiaimique (fig. 159, 3/i). — Ce vaisseau se présente avec une disposition assez singulière. Après s'être détaché de la maxillaire interne dans le conduit sous-sphénoïdal, en avant de l'artère temporale profonde antérieure avec laquelle il est parfois réuni, on le voit pénétrer, par riiiatus orbilaire, dans le fond de la gaîne oculaire, puis entrer dans le crâne i)ar le trou orbitaire, a|)rès avoir décrit une anse ouverte en arrière et en bas, laquelle pas.se entre les muscles de l'œil, au-dessous du droit supérieur, au-dessus du nerfopiiqne et delà gaîne formée autour de ce nerf par le droit postérieur.

ARTÈRES CATOTIDES PRIMITIVES. 555

Une fois entrée dans le crâne, l'artère ophthalmique parcourt de dehors en dedans une gouttière de la fosse ethmoïdale, et se termine par deux branches : l'une ninxingiennc, l'autre ??asflA'.

Branches collatérales. — Dans son trajet orbitaire, l'artère ophthalmique émet de nombreuses branches collatérales qui toutes prennent naissance du côté convexe de l'anse décrite par le vaisseau. Ce sont : les artères musculaires de l'œil, ciliaires, centrale de la rétine, sourciiière et lacrymale.

Dans sa partie crânienne, elle fournit des rameaux cérébraux.

Les artères musculaires de l'œil ont une destination suffisamment indiquée par leur nom. Leur nombre et leur mode d'origine varient. On en trouve ordinairement deux principales qui naissent directement de l'artère ophthalmique et d'autres plus petites fournies par la lacrymale et la sourciiière,

Los artères ciliaires, destinées aux parties constituantes du globe de l'œil, principalement à la choroïde, aux procès ciliaires et à l'iris, représentent de longs rameaux très ténus, émanés pour la plupart des artères musculaires.

Nous nous bornons à indiquer ici Y artère centrale de la rétine. Elle sera décrite, de même que les artères ciliaires, (juand nous nous occuperons de l'appareil de la vision.

V artère sourciiière moniQ avecle nerf de même nom contre la paroi interne de la gaîne oculaire, pour gagner le trou sus-orbitaire, traverser cet orifice et se distribuer aux muscles fronto-sourcilier, orbiculaire des paupières, temporo- auriculaire externe, ainsi qu'au tégument de la région frontale (fig. 159, 35),

V artère lacrymale rampe de bas en haut et d'arrière en avant entre les muscles du i^lobe et la parui supérieure de la gaîne oculaire, pour aller se terminer dans la glande lacrymale et la paupière supérieure (fig. 159, 36).

Les rameaux cérébraux ûq l'artère ophthalmique sont en nombre variable; souvent on n'en compte qu'un seul d'un volume assez considérable. Ils se portent sur l'extrémité antérieure du lobe cérébial, et s'anastomosent avec les divisions de l'artère cérébrale antérieure.

Branches terminales. — La brandie méningienne , après avoir donné des ranniscules à la dure-mère et particulièrement à la faux du cerveau, s'anastomose sur la ligne médiane, en bas de l'apojjliyse crista-galli, avec celle du côté opposé, et se réunit ensuite à l'artère cérébrale antérieure.

Quant à la branche nasale, elle traverse la lame criblée de l'ethmoïde, et se divise en plusieurs ramuscules qui descendent soit sur les volutes ethmoïdales, soit sur la cloison médiane du nez, où leurs ramifications figurent des pinceaux artériels d'un fort joli aspect.

8° Artère buccale (fig, 159, 37), — L'artère buccale émerge à angle aigu de la maxillaire interne, un ou deux centimètres en avant de l'hiatus orbitaire, puis descend obliquement entre l'os maxillaire et l'insertion supérieure du ptérygoïdien interne pour se terminer dans la partie postérieure des glandes molaires et des muscles alvéolo-labial et maxillo-labial.

Elle donne dans son trajet quelques ramuscules insignifiants aux muscles piérygoïdiens ainsi qu'au masséter, et une longue branche adipeuse destinée au coussinet de la fosse temporale , branche qui vient quelquefois directement de l'artère maxillaire interne.

9° Artère staph^iiiic (fig. 159, 38). — Très grêle filet qui acconipagno le nerf stapliylin ou palatin postérieur dans la scissure de même nom, et qui vase jeter dans le voile du palais.

Il) ' Artèvc dentaire supérieure (fig. 159, 39). — Ce vaissoau, qui prend encore le nom d'artère sic^-iuaxil/o-dentaire, s'engage dans le conduit dentaire supérieur, arrive vers son orifice inférieur ou sous-orbitaire, et se partage alors en deux minces rameaux : l'un continue le trajet du vaisseau dans l'épaisseur des os sus-maxillaires pour porter le sang artériel aux alvéoles des avant-molaires, du crochet et des dents incisives ; l'autre sort du conduit osseux avec les divisions terminales du nerf maxillaire supérieur, et communique sur le clianfrein avec un ramusculede l'artère maxillaire externe.

Sur son parcours, l'artère dentaire supérieure émet plusieurs rameaux collatéraux : la plupart naissent à l'intérieur du canal dentaire, et se portent soit aux alvéoles des arrière-molaires, soit au tissu des os, soit à la membrane des sinus; — l'un d'eux (rameau orbitaire), le plus considérable de tous, s'écliappe de l'artère principale avant son entrée dans le conduit sus-maxillaire, rampe sur le plancher de l'orbite, et se porte vers l'angle nasal de l'œil, d'où il descend sur le chanfrein, après avoir fourni quelques divisions à la caroncule de l'œil, au sac lacrymal et à la paupière inférieure.

11" Artère nasale ou spliéno-palatine. — Placée à SOU origine tOUt à fait au fond de l'hiatus maxillaire, cette artère prend naissance à angle droit, traverse le trou nasal et se partage en deux branches terminales, l'une externe, l'autre interne, qui rampent, en se ramifiant, sur les parois de la cavité du nez.

Branche TEIiMINALl' de la MAXILLAIRI- interne. — Artère palato-laltiale ou palatine (fig. 91, 3). — Suite de la maxillaire interne, le vaisseau dont nous avons à nous occuper maintenant traverse d'abord le conduit palatin, suit la scissure palatine jusqu'auprès des incisives supérieures, s'infléchit alors en dedans, audessus d'une petite languette cartilagineuse (fig. 91, h), et se réunit sur la ligne médiane avec l'artère du côté opposé, en formant une arcade à concavité postérieure, d'oîi procède un tronc impair qui s'engage dans le trou incisif, percé entre les deux os petits sus-maxillaires.

Les artères palatines fournissent dans leur trajet une série de rameaux destinés à la partie antérieure du voile du palais, aux membranes de la voûte palatine, et aux gencives des dents supérieures.

Le tronc impair qui résulte de leur anastomose se trouve, après sa sortie du trou incisif, placé immédiatement sous la muqueuse buccale. Il se divise presque aussitôt en deux branches principales : l'une droite, l'autre gauche, qui se logent dans le tissu de la lèvre supérieure, et se portent en arrière, à la rencontre des artères coronaires, avec les(|uelleson les voit s'anastomoser par inosculation, après avoir fourni sur leur trajet un grand nombre de branclics, destinées aux nmscles ainsi qu'aux téguments de la lèvre et des naseaux.

<^ IV. — Des artères carotides chez les animaux non solipèdes.

l" AnTÈRES CAROTIDES DES CARNASSIERS.

Chez le cliion, les carotides unissent isolément du Ironc hracliio-céphaliqiie et nionlcnt sous les apophyses Iransverses de l'allas, le long de la trachée, en suivant un trajet exactement semblable à celui qu'elles décrivent dans le cheval.

Parmi les rameaux collatéraux que fournissent ces deux vaisseaux, on distinguera y artère thyro-lnrungienne, remarquable par son énorme calibre, son trajet descendant en avant du lobe latéral de la glande thyroïde, et sa terminaison dans l'isthme médian de cette glande.

Quant aux branches terminales de la carotide, ce sont, comme chez les Solipèdes : \°V occipitale; T la carotide interne; 2)° h carotide externe, suite du vaisseau primitif.

Artère occipitale. — D'un volume peu considérable, ce vaisseau monte en avant du bord antérieur de l'apophyse transverse alloïdienne, passe dans l'échancrure pratiquée sur ce bord et se divise en deux branches : l'artère occipito-musculaire et Vartère cérébro-spinale.

Dans son trajet, elle émet des rameaux musculaires analogues à ceux qui émanent de la pré-vertébrale chez le cheval. Elle donne encore une artère mastoïdienne, cjui n'envoie qu'une fort petite branche dans le conduit pariéto-temporal, destinée qu'elle est à peu près exclusivement aux muscles profonds de la nuque. De plus, l'occipitale laisse échapper une artère rétrograde, anastomosée à plein canal avec la vertébrale.

On retrouve donc, dans l'artère occipitale des Carnassiers, une disposition à peu près identique avec celle qui a été décrite chez les Solipèdes.

Artère carotide interne. — Ce vaisseau gagne l'ouverture postérieure du canal carotidien, parcourt ce conduit d'arrière en avant, décrit ensuite une anse fort curieuse qui sort du crâne par le trou carotidien (voir page Zi2), puis rentre dans cette cavité après avoir reçu une branche particulière de la carotide exicrne. On la voit alors s'anastomoser, sur le côté de la fossette pituitaire, avec les divisions de l'artère sphéno-épineuse et les branches rentrantes de l'artère ophthalmiquc, en formant une sorte de plexus, trace du réseau admirable des Ruminants et des Pachydermes, plexus d'où procèdent les artères cérébrales.

Artère carotide e:i:terne. — Cette branche artérielle se termine, comme dans les Solipèdes, par Yartlre temporcde superficielle et la maxillaire interne.

Dans son trajet, elle fournit :

1" Une artère qui représente le rameau méningé de la pré-vertébrale du cheval, et qui s'élève, en décrivant des llexuosités, sur le côté du pharynx, pour aller se joindre à l'anse carotidienne.

2' Une artère laripKjienne entrant dans le larynx avec le nerf supérieur de cet organe, après avoir donné des ramuscules à la glande maxillaire.

3 ' Vartère linguale, 1res grosse branche llexueuse dont le trajet rappelle celui du même vaisseau chez le cheval.

558 DES ARTERES.

U" Une (o-tcre faciale ou maxillaire externe, divisée en deux branches au- (lossus de l'insertion inférieure du digastrique : l'une de ces branches, analogue peut-être à la sous-mentale de l'Iiomme, passe en dedans de cette insertion et se prolonge jusqu'à la houppe du menton, apiès avoir fourni des ramuscules aux parlies logées dans l'espace intra-maxillaire; l'autre branche contourne le bord inférieur du maxillaire, en avant du masséter, et s'épuise sur la face par des rameaux ascendants et descendants, au nombre desquels on retrouve aisément les deux artères coronaires, et les deux artérioles que nous avons signalées dans les Solipcdcs comme rameaux terminaux du vaisseau.

5° L'artère auriculaire postérieure : ceWe-ci , après avoir donné des vaisseaux parotidiens et musculo-cutanés, se place sur le milieu de la face externe de la conque, et se dirige vers l'extrémité terminale du cartilage, où elle se divise en deux branches, qui s'infléchissent en arcade et reviennent, en suivant les bords de la conque, vers la base de celle-ci, où elles s'anastomosent avec d'autres rameaux, soit de l'auriculaire postérieure, soit de l'antérieure, venus à leur rencontre.

Artère temporale superficielle. — Après un court trajet derrière l'articulation lemporo-maxillaire, ce vaisseau se partage en deux branches :

L'une, postérieure ou auriculaire, s'anastomose avec une division de l'auriculaire postérieure, après avoir envoyé des rameaux à l'intérieur du cartilage conchinien et fourni quelques artérioles musculo-cutanées ;

L'autre, antérieure ou temporale, se glisse sous l'aponévrose du muscle crotaphite, au-dessus du bord supérieur de l'arcade zygomatique, et vient contourner, en haut et en dedans, le pourtour de l'orbite, pour se terminer sur la face par des ramuscules anastomosés soit avec la branche sous-orbitaire de l'artère dentaire supérieure, soit avec la faciale. Dans son trajet sous-aponévrotique, cette branche donne des divisions au muscle temporal. Au-dessus de l'arcade orbilaire, elle émet plusieurs artérioles superficielles ascendantes et internes, dont une principale communique, par des ramuscules, avec l'auriculaire postérieure, avec la branche auriculaire de l'artère temporale superficielle, et avec les ramuscules homologues du côté opposé.

Artère maxillaire interne. — Le trajet parcouru parce vaisseau rappelle tout à fait celui qu'il accomplit dans !e cheval. Après avoir décrit une courbure en S entre le condyle de l'os maxillaire et le muscle plérygoïdien externe, il traverse le conduit sous-sphénoïdal et se dirige ensuite, en dehors du ptérygoïdien interne, vers l'hiatus maxillaire, où il est continué par Vartère dentaire supérieure.

a. Voici les principales branches collatérales émises par ce vaisseau :

1" l'artère dentaire inférieure.

2° V artère temporale profonde postérieure, fournissant une branche massétérine, qui traverse l'échancrure sigmoïde du maxillaire pour se plonger dans le muscle masséter.

3° Une très fine urtériole tympanique .

lx° Vartère sphéno-épineuse, presque entièrement destinée à la formation du plexus des artères cérébrales.

5° Plusieurs artiires ptérijcjoïdiennes.

6" Vartère op/ithalmique, qui, avant d'entrer dans la fosse elbmoidale par le trou

orbitaire, doiino, iiulépendaiiimcnt des rameaux signalés dans les Solipèdes (moins la sourcitil'i'e, qui nous a paru manquer), un faisceau de branches particulières. Celles-ci pénètrent dans le crâne par la grande fente sphénoïdale, en accompagnant les nerfs moteurs et sensitifs de l'œil, pour aller se joindre à la carotide interne et à l'arlère sphéno-épineuse.

7° V artère temporale profonde antérieure.

8° Une stuphijline, plus volumineuse que dans le cheval.

9° V artère palatine.

10° Une artère buccale et une artèi^e alvéolaire^ dont les divisions principales se jettent dans la glande de Duvernoy.

b. Quant à la dentaire supérieure, qui termine la maxillaire interne, elle fournit, comme dans les Solipèdes, un rameau orbitaire et une branche sousorbitaire. Celle-ci , remarquable par son volume, sort du conduit sus-maxillaire avec les nerfs sous-orbitaires, pour se joindre, sur la face et dans le tissu de la lèvre supérieure, aux divisions de l'artère maxillaire externe.

2° Artères carotides du porc.

Rien de particulier sur le trajet de ces vaisseaux, qu'on sait déjà naîire isolément du tronc brachio-céplialique.

Artère occipifa/e. — Elle se rapproche beaucoup, dans sa distribution, de celle du cheval ou du chien. Voici ses branches les plus importantes : 1" une très petite artère rétrograde, anastomosée avec la vertébrale; 2° un rameau qui monte dans les muscles de la nuque, représentant de Vartèî'e mastoïdienne ; 3° plusieurs artérioles occipitales, qui passent avec l'artère principale par le trou antérieur de l'atlas. Celte artère s'épui.se enfin d'une manière complète dans les muscles de la nuque, sans envoyer de branche cérébro-spinale à l'intérieur du canal rachidien.

sXrtère carotide interne. — Ce vaisseau, après avoir fourni une grosse artère méningée, pénètre par le trou déchiré postérieur dans la cavité crânienne, et s'y divise en formant un réseau admirable, tout à fait analogue à celui des Ruminants, réseau dont on trouvera la description plus loin. Les artères cérébrales qui émergent de ce réseau ne diffèrent pas beaucoup de celles des Solipèdes ; ce sont les cérébrales postérieures qui donnent naissance au tionc basilaire et à l'origine de l'artère spinale médiane.

Artère carotide externe. — On voit cette artère passer entre les muscles ptérygoïdiens et la branche du maxillaire, en décrivant plusieurs inflexions , puis arriver dans l'hiatus maxillaire, sans présenter sur son trajet les signes d'une distinction sensible entre la carotide externe proprement dite et la branche qui succède à celle-ci, c'est-à-dire la maxillaire interne.

Parmi les branches qu'elle fournit, nous signalerons :

1° L'artère linguale, plus volumineuse peut-être que dans les autres animaux.

2" Une branche analogue, par son origine du moins, à la glosso-faciale du cheval , distribuant ses rameaux dans l'espace intra-maxillairc, surtout aux glandes salivaires et aux ganglions lymphatiques.

3" Vorthc auriculaire postérieure, que distinguent sa grande longueur et son volume considérable.

h" Vartère transversale de la face et Varfère auriculaire antérieure, naissant isolément l'une à côté de l'autre, avec des dimensions extrêmement exiguës.

5" Plusieurs artères tempryrales profondes et massétérines,

6» Des rameaux ptérygoïdiens.

1" Une volumineuse branche buccale.

8" Vartère ophthalmique, concourant à la formation du réseau admirable.

9° Une petite branche orbitaire, provenant de la dentaire sui)érieure chez les Solipèdes et les Carnassiers.

10'' Les artères nasale, palatine et dentaire supérieure.

3° Artères carotides des ruminants.

A. Dans le mouton, qui va nous servir de type pour celte description, les artères carotides naissent par un tronc commun de l'axillaire droite, ainsi que dans les Solipèdes. Arrivées dans la région céplialique, elles fournissent, vers la partie supérieure du cou, une branche thyroïdienne et une branche laryngienne, puis laissent échapper une très mince artère occipitale, et sont prolongées à partir de ce point par la carotide externe.

La carotide interne proprement dite manque ; nous verrons plus loin comment elle se trouve remplacée.

Artère occipitale. — Après avoir donné quelques ramuscules aux muscles droits antérieurs de la tête et une petite branche méningée pénétrant dans le crâne par le trou déchiré postérieur, cette artère s'engage dans le trou condylien qui livre passage au nerf hypo-glosse, se place sous la dure-mère et s'infléchit en arrière pour venir s'aboucher, au niveau du trou supérieur de l'atlas, avec l'extrémité antérieure du canal artériel collatéral du rachis; la branche qui résulte de cette anastomose h plein canal sort par le trou précité pour se distribuer dans les muscles de la nuque, où ses divisions rappellent exactement celles des artères occipitomusculaireet alloïdo-musculairc du cheval.

En traversant le trou condylien, l'artère occipitale envoie dans le conduit pariéto-temporal, par un canal osseux particulier (voir page 31), un fort petit fdet qui se distribue à la dure-mère en s'anastomosant avec une branche de l'auriculaire postérieure.

Elle communique, après son entrée dans la cavité crânienne, avec le réseau admirable.

Artère carotide externe. ■ — Terminé comme dans le cheval par les artères tonporale si/perficielle q\. maxillaire interne., ce vaisseau émet sur son parcours :

1° Une artère pharyngienne, dont l'origine est presque confondue avec celle do l'artère occipitale.

2" ]Jarti're linguale, fournissant un rameau collatéral qui représente exactement la sous-mentale de l'homme, et se divisant en deux branches, qui rappellent elles-mêmes la sublinguale et la raninn.

3° Une grosse division pour la glande maxillaire.

ARTÈRES CAROTIDliS PRIMITIVES. 561

W Vartère auriculaire postérieure , d'où procèdent : 1° l'arlériolc stylo-mastoïdienne, qui pénètre dans l'aqueduc de Fallope; 2° des brandies musculo-conchiniennes ; 3° un gros rameau rappellant Vartère mastoïdienne du cheval : ce rameau pénètre par un petit trou percé entre l'occipital et le rocher, dans le conduit pariéto-teuiporal, et s'y divise en deux branches : l'une externe, sortant de ce conduit par le grand orifice ouvert dans la fosse temporale, et s'épuisaot dans le muscle crolaphitc après s'être anostomosée avec les deux temporales profondes ; l'autre interne, artère méningée considérable, destinée principalement à la faux du cerveau et à la tente du cervelet.

5° Une petite artère maxillo-mv.scula.ire, se ramifiant entièrement dans le ptérygoïdien interne et le peaucier.

Artère temporale superficielle. — Ce vaisseau se partage, presque à son] origine, en trois rameaux :

1° Un postérieur, fournissant les artères antét'ieures de l'oreille.

2° Un antérieur, formant la transversale de la face, et se terminant par les artères coronaii^es ou labiales, après avoir donné quelques ramuscules au masséter et aux muscles du chanfrein.

3° Un médian, représentant la temporale moyenne de l'homme: ce vaisseau abandonne c{uelques divisions au crotaphite, émet Vartère lacrymale, ainsi qu'une branche palpébrale naissant du même point que cette dernière, et se termine vers la base du crâne par deux artères particulières, qui se développent autour de la base de la corne en figurant un véritable cercle artériel, cercle d'où s'échappent des divisions inférieures et des divisions supérieures ; celles-ci , beaucoup plus considérables, rampant sur la cheville osseuse de l'appendice frontal, se distribuant à peu près exclusivement à la membrane génératrice du tissu corné, jetant cependant quelques filets dans les sinus.

Artère maxillaire interne. — Elle n'a point à traverser le conduit sous-sphénoïdal, puisque ce canal osseux n'existe point.

Voici ses principales branches de distribution:

1° Vartère dentaire inférieure, qui émet quelques ramuscules ptérygoïdiens.

2° Vartère sphéno-épineuse, naissant du même point que la précédente, souvent en commun avec elle, donnant également quelques branches ptérygoïdiennes et pénétrant dans le crâne par le trou ovale pour aller concourir à la formation du réseau admirable de la manière qui sera indiquée ci-après.

3° La temporale profonde postérieure, d'où se détache une massétérine.

Ix" La temporale profonde antérieure.

5° La buccale, destinée principalement au masséter.

^° Vartère ophthalmique , plus longue que dans les autres animaux, décrivant une anse avant de traverser le trou orbilaire, donnant une branche sourcilière et un faisceau A'artères musculaires et ciliaires. Vers le point où se détache le tronc d'origine de ce faisceau, l'artère ophthalmique présente sur son trajet la disposition fort curieuse, non encore signalée, croyons-nous, d'un véritable plexus artériel, à forme ganglionnaire, exactement disposé en principe comme celui que nous allons décrire immédiatement (fig. 1G0,19).

7'' Les artères génératrices du réseau admirable, au nombre de deux prinri-

pales le plus ordinairement, naissant au même niveau que l'ophtlialmique, traversant d'avant en arrière le conduit sus-spliénoïdal , en se ramifiant d'une manière toute spéciale pour former l'amas d'ariérioles rcliculaires, désigné sous le nom de réseau admirable Ifv^. 160,'Ui).

Ce réseau représente une petite masse ovoïde allongée dans le sens antéro-pos-

KiG. 160 (').

léric-ur, placée sous la dure-mère, sur le côté do la selle lurcique, en dedans du nerf maxillaire supérieur, masse composée d'une multitude de fines divisions artérielles, anastomosées entre elles d'une manière extrêmement compliquée. Son extrémité inférieure, engagée dans le conduit sus-sphénoïdal , reçoit les artères génératrices. L'extrémité postérieure, couverte par l'apophyse clinoïde, est en communication avec l'artère spliéno-épineuse , qui s'y épuise. Vers sa partie moyenne et en haut, les artérioles qui le forment se reconstituent en un tronc unique tout à fait analogue à la portion inira-cràiiienne de la carotide interne des Solipèdes (fig. 160,17), tronc qui traverse la dure-mère et se partage en trois branches : les artères cérébrales antérieure, moyenne et postérieure, celle-ci s'anastomosant par convergence avec l'artère homologue du côté opposé, en arrière de la glande pituitaire, pour former le tronc basilaire et l'artère spinale médiane qui fait suite à ce tronc.

Cette disposition singulière des artères de l'encéphale mérite bien le nom de réseau admirable^ sous lequel on l'a fait connaître. Si nous voulions donner de

(•) Fig. tfiO. — Risenux odmirnhles du mouton vus de profil. — I. Arlcrc caroliile. 2. A. occipitale. 3. A. Imguule. 4. A. iiuixillo-musculciirc. 5. A. auiiculaiie poslei ieure. 6. A. temporale snpeiTicielle 1. A. auriculaire antérieure 8. A. temporale moyenne-. '.). A. transversale de la fa< e. 10. A. maxillaire interne, 11. A. deulaiie inlérieuie. 12. A. sphéno-épineuse 13. A. temporale profonde postérieure. 14. A. temporale profoii'lc aiilerieurp. I5.0iigiiie des artères gdiidralricis du réseau admirable. 10. Reseau admir..l)le encéphalique. 17. Tronc des artères de rencephale, naissant de ce reseau admirable. 18. A, ophthalmiquc. 19. Réseau admirable opiilhalmique. iO. Origine commune des artères de l'œil. 21. A. souicilière. 2-2. A. buccale. 23. A. dentaire supérieure. 2*. Rameau oibitaire de celte dernière. 25. A. palatine. 26. A. nasale.

ce réseau une idée sommaire aussi exacte que facile à saisir, nous le comparerions volontiers à un ganglion lymphatique, dont les vaisseaux afférents seraient représentés par les artères génératrices avec la sp/iéno-épineiise, et les efférents par le tri)nc d'origine des artères eiicéplialiques.

8" Puis vient la dentaire supérieure, dont la branche orbitaire présente un volume considérable et se termine sur la face antérieuic de la tcl(! par de longues divisions superficielles : les unes, ascendantes, anaslomoséesavcc les rameaux inférieurs du cercle artériel situé autour de la base de la corne ; les autres, descendantes, communiquant avec la branche soiis-orbitaire du même vaisseau et avec l'artère coronaire supérieure.

9° Enfin s'échappent les artères nasale et palatine, qui terminent la maxillaire interne : Vartère nasale, disposée comme dans le cheval; la palatine, s'épuisant tout entière dans le palais.

B. Dans le Bîo(>ur, on retrouve toutes les particularités que nous venons de faire connaîlre, sauf les différences ci-après signalées.

1° Un peu au-dessus de l'origine de l'arlère linguale, la carotide externe donne naissance à une artère maxillaire externe, qui contourne le bord inférieur de l'os maxillaire, en compagnie de sa veine satellite, et se termine sur le chanfrein, comme dans le cheval, après avoir fourni les artères coronaires,

2° La maxillo-niusculaire se distribue aux deux massélers, à l'externe aussi bien qu'à l'interne.

3" La transversale de la face ne forme point les coronaires, qui viennent de la maxillaire externe; elle s'épuise entièrement dans le masséter.

k' V auriculaire antérieure envoie un rameau énorme dans le conduit pariéto-temporal, par l'orifice situé derrière l'apophyse sus-condylienne.

5" Vartère ophthalmique et les artères génératrices du réseau admirable procèdent d'un tronc commun.

6" Quant à la disposition présentée par ce réseau lui-même, elle offre également quelques variantes. D'abord, en considérant l'ensemble qu'il représente avec celui du côté opposé, on ne trouve pas, comme dans le mouton, deux lobes latéraux allongés, à peu près indépendants l'un de l'autre, mais une masse circulaire entourant la selle turcique. De plus, les artères occipitales concourent à sa formation en se rendant dans sa partie postérieure (lig. 161).

(*; Fig. \(i\ .— Réseau admirable du ha'iif(viie supérieure). — 1. Re'senu admirable. 2. Tronc des ailétes g.■nc■^at|•ice^ du le'seau iidniirable. T., Arlèie sphi;uo-epiueii5e. 4. Troue des artères eiice'plialiqiiPS oU carotide inlerue. 5. Branches de l'occipitale se readaiit au réseau admirable. 6. Canal artériel iulra-rachidien formé pur les rameaux spinaux intervertébraux.

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