‹ Traité d'anatomie comparée des animaux domestiques (volume 2)Chapitre 86 sur 128 · TRONCS BR\CHIA[;X OU AKIÈRES AX(IJ,A1UES · texte numérisé non relu

TRONCS BR\CHIA[;X OU AKIÈRES AX(IJ,A1UES

l'.iinn les branches abandonnées par cette arlère saphèno sur son trajet, il faut en distinguer deux : une (|ui suit le rameau antérieur de la veine sapliène, et ilescend ainsi en avant du jarret, où elle co.nmuniqne, par ses divisions terminales, avec l'artère tarsienne; l'auire naissant un peu plus bas, s'eng.igeant sons les muscles fléchisseurs des phalanges, et s'épuisant sur le jarret par des rameaux articulaires et malléolaires. On doit voir dans celte dernière branche la trace de Vortèrc péronihe de l'homme. La saphène elle-même, considérée dans son ensemble, surtout dans sa moitié inférieure, sup|)lée la tibiale postérieure.

Artère poplitée. — Celle artère donne une branche fémoro-poplifée importante, et s'engage dans l'arcade tibio-péroiiière pour constituer Vartère tibiale antérieure, après avoir fourni des ramuscuies musculaires, rudiments de Vartèrc tibiale postérieure des autres animaux.

La tibiale antérieure, arrivée en avnnt du jarret, laisse échapper Vortère tarsienne, rameau assez volumineux, divisé pres([ue h son origine en plusieurs branches superficielles supérieures et inférieures. Puis elle continue à descelidre, traverse d'avant en arrière la partie supérieure du troisièfneespace inter-métataisien, et se termine par une arcade artérielle, placée sous les tendons fléchisseurs ; arcade d'où émergent des divisions ascendantes anastomosées avec les artères plantaires, et trois forts rameaux descendants, branches digitales qui affectent la même dispo" sition que les trois artères principales analogues, émanées de l'arcade palmaire superficielle au membre antérieur.

Art, V, — Artère aorte antérieure (fig. 157).

Cette artère, le plus petit des deux troncs qui succèdent à l'aorte primitive, est longue de 5 à 6 centimètres au plus. Elle sort du péricarde pour se placer (laiis une direction oblitjue de bas en liant et d'arrière en avant, entre les deux lames du médiasiin antérieur, au-dessus de l'auricule droite, au-dessous de la trachée, à gauche de la veine cave antérieure. Après avoir fourni quelques artérioles insit^nilianies au péricarde et au médiastin, elle se divise en deux branches qui constituent les troncs brachiaux ou \ç^ mtères axillaires.

Dans les Pachydermes, les Carnassiers et les Rongeurs, l'aorte antérieure n'existe point, et les artères axil'ains naissent directeînent du tronc aortique, vers le point d'où s'échappe l'aorte antérieure chez les autres animaux.

Art. VI. —Troncs brachiaux ou artères axillaires (fig. 157, 2, 3).

Les troncs brachiaux, branches de terminaison de l'aorte antérieure, sont distingués en gauche et en droit. Celui-ci est beaucoup plus gros que le premier, parce qu'il fournit les artères de la tète ; aussi s'appelle-t-il encore tronc hrachiocéplialigue.

Origine. — Ils se séparent l'un de l'autre à angle tout à fait aigu, le gauche sur un plan un peu plus élevé que le droit.

Trajet et direction. — Tous deux se dirigent en avant, entre les lames du raé-

(liasiin antérieur, en dessous do la tracliôo, gagnent l'entrée de la poitrine, sortent de cette cavité en contournant le hord antérieur de la première côte, sous l'insertion du scalène, puis s'infléchissent en arrière et en bas, pour se placer, l'un à droite, l'antre à gauche, à la face interne du membre antérieur, au milieu des branches nerveuses du plexus brachial, et se continuer en dedans du bras en prenant le nom d'artère huméi^ale à partir de l'interstice qui sépare le muscle sous-scapulaire de l'adducteur du bras.

Dans son trajet thoracique, le tronc gauche décrit une courbe à convexité supérieure, le droit affecte une direction sensiblement rectiligne.

Haiiports. — On reconnaît aux troncs brachiaux, pour l'élude des connexions, deux portions principales : l'une thoracique, placée dans la poitrine; l'autre axillaire, située sous le membre.

Dans leur portion thoracique, les troncs brachiaux, d'abord accolés l'un à l'autre, s'écartent légèrement en avant, pour s'appliquer sur la face interne de chacune des deux premières côtes. Ils sont accompagnés par les nerfs cardiaques, pneumo-gastriques, laryngés inférieurs, diaphragmaiiqucs, et compris, comme il a déjà été dit, entre les deux lames du médiastin antérieur. I.e droit occupe presque la ligne médiane sous la face inférieure de la trachée, à gauche et au-dessus de la veine cave antérieure. Le gauche remonte légèrement sur le côté de la trachée, et répond généralement en dedans au canal thoracique.

Dans leur |)orlion axillaire, les troncs brachiaux, accompagnés des troncs veineux correspondants, croisent le tendon terminal du sous-scapulaire en passant audessous de l'insertion humérale du muscle sterno-trochinien, parmi les branches du i)lexus brachial, mais embrassés plus parliculièrement par les nerfs médian, humerai antérieur et cubital.

Distribution. — Les artères axillaires laissent échapper sur leur trajet huit branches collatérales.

Quatie naissent sur la portion thoracique : trois supérieures, les artères dorsale, cei^virnlc supérieure, et vertébrale ; une inférieure, la thoracique interne.

Deux se détachent au niveau de la première côte, l'une par en bas, l'autre en avant : ce sont la thoracique externe et la cervicale supérieure.

Deux prennent leur origine sur la portion axillaire du tronc, la sus-scapulaire et la sous-scapulaire, toutes deux se portant par en haut.

Après avoir fourni ce dernier vaisseau, le tronc brachial est continué par Vartère humérale.

Indépendamment de toutes ces branches, l'artère axillaire droite donne, près de son origine, le tronc commun des deux artires carotides., dont l'étude sera faite dans un article séparé.

Prcparallon. — I,p sujet ('tanl roucti('' sur le côté flroit, on enlèvera la peau, et l'on abattra le membre antérieur gauelic pour l'aire ensuite la préparation eu deux temjis.

l'rcDiier temps. — Disséiiuer toute la portion iMlra-thoracique de Tarière axillaire gauelic et les branches eollatérales qui s'en ('■(■Iia|)pent d'.ijirès le plan de la figure l.">", eu ayant soin de laisser Tarière eervii'ale inférieure (qui a été eoupée ici pour rendre le dessin plus elair) aliénante, par son extrémilé supérieure, à la partie moyenne du masloïdo-liuméral conservée en place.

Deutihne temps. — Préparer sur le membre isolé la portion extra-lhorarique du vaisseau et toutes les artères qu'elle fournit, en jjrenant pour guides les fig. 158, 186 et 187.

TRONCS BRACniAUX OL' ARTERES AXILLAIHES. 525

§ I. — Branches collatérales des artères a.\illaircs.

1» ARTÈnE DORSALE, DORSO-MUSCULAIRE OU CERVICALE TRANSVERSE (Ëg. 157, -i).

Pi incipalemcnt destinée aux muscles du garrot, celte artère, la première fournie par le tronc bracliial, se dirige en liant, croise on dehors la trachée, le canal thoracique, l'œsophage, le grand sympathi(iue, le muscle long du cou, en clu'niinant sous le feuillet médiastin, atteint le deuxième espace intercostal, franchit cet espace, s'infléchit légèrement en arrière, et se place dans l'interstice qui sépare des muscles angulaire et grand dentelé la branche inférieure de l'ilio-spinal, où celte artère se partage en plusieurs branches divergentes. La plupart de ces branches moulent vers le bord supérieur du garrot et de l'encolure, en rampant entre l'ilio-spinal, le splénius, le petit dentelé antérieur, d'une part, le grand dentelé, le rhomboïde, le releveur propre de l'épaule, d'autre part, pour se distribuer à ces muscles et aux téguments (jui les recouvrent; l'une d'elles, la plus antérieure, marche entre le splénius et le grand complexus, parallèlement à rartèrc cervicale supérieure qui lui est antérieure, et comnmnique par ses ramuscules avec ce dernier vaisseau, ainsi qu'avec les artères vertébrale et occipito-musculnire ; celte dernière branche est quelquefois longue, volumineuse, et supplée en partie la cervicale supérieure, comme le cas s'est présenté sur la pièce qui a servi à dessiner la figure 157.

Avant de sortir du thorax, l'artère dorsale donne quelques ramuscules sans iml)ortance et Varthrc sous-costale {intercostale supérieure, chez l'homme), (iettc branche artérielle (fig. 137, 5) se recourbe en arrière, se place avec la chaîne sympathique sous les articulations vertébro-costales, contre le muscle long du cou, fournit les deuxième, troisième, quatrième artères inlercostales, avec ks rameaux spinaux correspondants, et se termine au niveau du cinquième espace inicrcostal, soit en formant l'artère qui descend dans cet espace, soit en s'anstomosant par inoscuiation avec une branche émanée de la première arière intercostale postérieure, soit en se plongeant dans les muscles spinaux. Souvent la deuxième intercostale et son rameau spinal proviennent directement de Tarière dorsale. Souvent encore, la cinquième vient de l'aorte postérieure. (To//. la paye h^d pour la description de ces artères intercostales.)

Du côté droit, l'artère dorsale procède toujours d'un tronc qui est commun à cette artère et à la cervicale supérieure, disposition qui se présente quelquefois à gauche, (le tronc n'est point en rapport avec l'œsophage.

2° Artère CERVICALE slpeiheure, cervicu-mi scllaire, ou cervicale profonde (fig. Jo7, G).

Celle artère nait en avant de la précédente, .illocte les mêmes rapports dans la cavité liioiacique, sort de cette cavité eu passant entre les deux premières côtes, derrière la dernière articulation transverso-cosliilc l), se dirige en haut et en

(Ij Nous {"avons vue surlir [lur le deuxième esjinic iiiU'rco>liiI, avec l"ailèic dur>ale.

DES ARTERES.

avant, on s'engage;int sous la bianclie ii)férieme de l'ilio-spinal el sons le fçnind coniplexus, patxomt, en décrivant des flexuosilés, l'espace compris entre ci-

FiG. 157 {*J.

(*) Flg. 1.')7. — Dislribiition de l'iiorte antiiricure. — •I.Auili' ;iiilcrieurp. 2. Artère axiiluire gauche. r>. Artère axilluire droite. 4. Ai tire doisalf. ti. Aitire sous-coslale. 6 Ailère cervicale snpeiii-ui e. 7. Arlère verte'l)ialr. 8. 8'. Ai tére cervicale inférieure. 9. Origine "6 la ihoraciiiue interne. 10. 0 igiiie de l'un des ranie:iux exli'i ne- 1111 in ercostiiiix de celte aiièie. II. l'un de ses r^me. ux iiifei i' ms. 12. Ai ière tl or. ciquc «xterne. '3. Or'eine de la ms-srapuliiire. IV Altère carotide piimilive. I.t. Ar'è'e alloido-mu cu'iiire. 16. Artère Cl riiiilomusculaiie. 17. A. il.' posicr em e. - A Artère |Uil|iiona\re. — B. Tiarliee. - C. OEsophage. — D. Li-iinienl cervic.il — E. Bian.l.e supérieure dn l'ili -•] innl — F Branche inférieure du même. — G. Giaml romplixus. — H. .-plèiiins. — I. J Aponévrose d'oiiginc du splenius el du petit démêlé .inleric-nr. — K. t'otipe du giand oliliqne de lu tête. — L. Giaud droit postérieur de la tête. — M Grand • iroii ivnic'ricur. — ^, Stciuo-maxillaire, — O. P. Sterno-lrochinien et stcrno-pré-scapuliiirc renverses par en l'os.

rUONCS BRACHIAUX OU ARTÈRES AXILLAIRES. 527

dernier muscle d'une part, la branche supérieure de l'iliospinal er. le ligament cervical d'autre paît, et arrive au niveau de la deuxième vertèbre du cou, où ses divisions terminales s'anastomosent avec les rameaux de Tarière occipito-musculaire, de la vertébrale, et même avec ceux de l'artère doi-sale.

L'arière cervicale supérieure fournit dans son trajet : 1» la première artère intercostale et le premier rameau spinal ; 2" des branches fort nombreuses cjui s'épuisent dans les muscles et les téguments de la région cervicale, ainsi que dans le grand ligament qui occupe le plan médian de cette région ; parmi ces branches, il en est une plus longue que les autres qui traverse le grand complexus, pour se placer entre ce muscle et le splénius, et qui est quelquefois suppléée en grande partie par l'artère dorsale.

3° Artère vertébrale (Og. 15", 7).

Née à angle aigu de l'artère axillaire, au niveau du premier espace inlercosla!, et recouverte à son origine par le feuillet médiastin, l'artère vertébrale se porte en avant et en haut, en dedans de la première côte, en dehors de l'œsophage (1), de la trachée cl du ganglion cervical inférieur, et se place au fond de l'inierslice qui sépare les deux portions du scah-ne, avec le faisceau des branches d'origine du plexus brachial, lequel est uri peu supérieur au vaisseau. Puis elle passe sous l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale, et parcourt la série des trous trachéliens, cachée sous les muscles inter-transversaires, pour venir s'anastomoser à plein cauiil a* ec la branche rétrograde de l'artère occipitale, sur le côté de l'arliculation axoïdo-atloïdienne, au-dessous du muscle grand oblique de la tête.

Dans son trajet, cette artère laisse échapper au tiiveau de chaque espace inter-vcîlébral de nombreux rameaux qu'on peut diviser en inférieurs, supérieurs, externes et inicrnes. Les premiers se rendent principalemenldans le scalène, le long du cou, le grand droit antérieur de la tête. Les seconds , incomparablement plus forts et plus nombreux que tous les autres, sont destinés aux deux muscles complexus, au Iransversaire épineux du cou et à l'iiio-spinal ; ils s'anastomosent avec les divisions des artères cervicale supérieure et occipito-musculairc. Les rameaux externes, fort petits, se plongent dans les inter-lransversairos. Les branches internes pénètrent dans les trous de conjugaison pour aller renforcer l'arière spinale médiane.

4° Artère thoraciode interne ou mammaire interne (fig. 157, 9}.

L'artère thoracique interne émerge du tronc brachial au niveau de la première cote, et descend immédiatement le long de la face interne de cet os jusque sur le sternum en restant couverte par la plèvre. Elle s'infléchit alors en arrière, s'engage sous le nuisrle triangulaire, passe au-de.'>sus des cartilages sternaux, qu'elle croise près des articulations chondro-slernales, et arrive ainsi à la base de l'appendic xiphoïde, où elle se termine par deux branches, l'une abdominale, l'autre tliuracique, qu'on a nommées artères abdominale autérienre et aiternalc.

Dans son trajet, l'artère thoracique interne donne naissance à des rameaux col-

J) A droite, les rapports avec Tissopbage mauqueat.

latéraux, qu'on peut distinguer en supérieurs, inférieurs et externes. — Les rameaux supérieurs, toujours fort minces, vont au péricarde et au médiastin. — Les inférieurs (fig. 157, H), très gros, traversent les espaces intercostaux pour se plonger dans les muscles pectoraux, où ils rencontrent les divisions de l'artère ihoracique externe. — Les rameaux externes [Cig. 157,10) suivent les espaces intercostaux ; chacun d'eux se divise généralement en deux branches, anastomosées par inosculation avec les divisions terminales des sept premières artères intercostales.

Branches terminales de l'artère thoracique interne. — 1° Artère abdominale antérieure. — Ce vaisseau se sépare de l'artère asternale en formant avec elle un angle aigu, se dirige directement en arrière pour sortir de la poitrine en passant sous l'appendice xiphoïde, et se place sur la face supérieure du muscle droit de l'abdomen. Il se plonge ensuite dans ce muscle, après avoir donné des rameaux latéraux destinés aux parois du ventre, et s'anastomose par ses divisions terminales avec l'artère . bdominale postérieure.

2" Artère asternale. — On voit celte artère ramper en dedans du cercle cartilagineux des fausses côtes , eu croisant les dentelures du muscle traiisverse de l'abdomen, et se terminer au niveau du treizième espace intercostal, dans lequel elle remonte pour s'anastomoser avec l'artère intercostale correspondante. Elle fournit dans son trajet : des rameaux intercostaux, qui se comportent comme les branches analogues de l'artère thoracique interne; de fines ariérioles diaphragmatiques; des divisions abdominales ramifiées surtout dans le muscle transverse.

5» Artère thoracique externe, mammaire externe, ou thoracique inférieure (fig. 157, 12).

Principalement destinée aux muscles pectoraux profonds, celte artère prend son origine à angle ai<,ai, en avant et très près de la précédente, contourne le bord antérieur de la première côte, et se dirige ensuite en arrière, en se plaçant à la face interne du muscle sterno-pré-scapulaire et du muscle sierno-trochinien, dans lesquels s'épuisent les divisions collatérales et terminales du vaisseau. Elle donne un fin rameau qui accompagne la veine de l'éperon, et qui se ramifie dans le pannicule charnu.

Cette artère naît quelquefois de la sus-sternale ; son volume est sujet à de grandes variations ; nous l'avons vue manquer tout à fait.

G" Artère cervicale inférieure ou trachélo-mu&ciilaire (fig. 157, 8, 8').

Né à l'opposé des deux précédents, tantôt près de la thoracique externe, tantôt vers la mammaire interne, ce vaisseau, d'abord situé en dehors du golfe des jugulaires, en dedans du muscle stenio-pré scapulaire, au-dessus des ganglions de l'entrée de la poitrine, se divise, après un court trajet, en deux branches (pii se séparent à angle très aigu.

De ces deux branches, l'une supérieure {cervicale ascendante , chez l'hounne) monte entre le mastoïdo-buméral et le sous-scapulo-hyoïdieii, s'é|)uise dans ces deux muscles, dans les ganglions de la pointe de l'épaule, le sterno-pré-scapulaire, cl l'angulaire de romo|)laie.

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