DU CANAL THORACIQUE
intercostales correspondantes, il est complètement caché par une couche épaisse de tissu graisseux, dans laquelle sont enveloppés les nombreux ganglions sous-dorsaux. Vers la cinquième vertèbre dorsale, il reçoit un gros vaisseau lymphatique provenant des ganglions énormes qui existent sur le trajel de l'œsophage, dans le médiastin postérieur, puis il croise la direction de l'aorte et de l'œsophage, passe à gauche, gagne l'entrée du thorax et s'ouvre en avant de la première côte, audessus du point de jonction de la jugulaire gauche avec la veine cave antérieure. » Les variétés qu'il présente chez le bœuf sont nombreuses et fort communes. La disposition la plus rare est celle du canal simple dans toute sa longueur, telle (pie je viens de l'indiquer et telle qu'elle existe le plus ordinairement chez les petits ruminants (lîg. J 67). Ce canal (fig. 165, A), ^^^^ i^^,^ '^
bimplc à son origine et dans la plus grande partie de son étendue, se bifur([ue souvent vers la base du cœur, ou seulement à 1 ou 2 décimètres de son insertion. De ces deux branches, l'une passe h droite de l'œsophage et de la trachée, l'autre se porte à gauche de ces parties, en suivant la direction ordinaire, et, à l'entrée du thorax, elles se terminent
soit séparément, chacune dans l'angle de réunion de la jugulaire et de l'axillaire correspondante, soit ensemble au même point, au golfe des deux veines jugulaires. » 1! ai rive ([ue l'une des branches du canal bifurqué se subdivise à son tour en deux branches plus petites, et que l'autre éprouve en même temps une semblable subdivision, de telle sorte que le tronc du canal, d'abord unique, devient double, puis quadruple, et s'abouche conséqueminent par quatre orifices distincts dans le système veineux. Si les branches du canal, au lieu de rosier isolées s'envoient des anastomoses transversales, il en résulte une complication dont les Sulipèdcs n'offrent pas d'exemples (fig. 166).
» Le canal thoraciqun est souvent double dans toute son étendue. Les deux canaux se détachent alors isolément de la citerne, suivent l'un le côté droit, l'autre le cô'é gauche de l'aorte, décrivent une arcade à convexité inférieure, au niveau de la base du cœur, sur les parties latérales de la trachée, et viennent se terminer soit très près l'un de l'autre et sur la mêine ligne transversale h la jonction des deux jugulaires, soit l'un à droite, l'autre à gauche, sur chacune de ces deux veines et non loin de leur jonction avec les axillairos (fig. 165, B).
» Lorsqu'il naît deux canaux au réservoir sous loudjaire, ils s'anastomosent (juclquefois entre eux à plusieurs reprises par des branches sinueuses et contournées en différents sens, comme le montre la figure 165, C. Puis toutes ces branches se rassemblent dans le médiastin antérieur et leconstituetU u!i canal simple (\u\, vers son insertion, se subdivise de nouveau en (]uatre branches \enant s'ouvrir isolément, deux à droite, deux à gauche, au lieu ordinaire. Celle variété est la plus remarquable et la plus compliquée de toutes celles qui s'observent chez les animaux domestiques.
(•) Fig. IGG. — Insertion du canal thovnciqiie chez le bœuf. (Einpruulce an U'rudc de pli)sio/i\:;ie comparée des animaux domestiques pur M, G. Coliu. Pans, l8i>C, l. Il, p. 77.)
606 r>ÉS LYMPHATIQUES.
» Le canal thoracique du porc, habituellement simple dans toute son étendue, se divise quelquefois à 3 à 4 centimètres de son insertion en deux branches, qui ne tardent pas à se réunir en une ampoule ovoïde ; celle-ci, après avoir reçu les vaisseaux de la tête, de l'encolure et des membres, s'ouvre vers l'extrémité de la jugulaire gauche.
u Celui du chien ressemble généralement beaucoup à ce qu'il est chez le porc. Cependant il offre parfois dans son trajet et à son insertion de très nombreuses variétés ; Rudbecky a signalé une bifurcation au-dessus du cœur, une autre bifurcation dont les branches s'anastomosent plusieurs fois entre elles. Swammerdam et Sténon ont figuré des divisions anastomotiques nombreuses et irrégulières vers le milieu d'un canal simple à son point de départ. Ces anciens auteurs ont indiqué et représenté des insertions doubles et triples de différentes formes. Enfin Bilsius a fait voir une arcade, ou plutôt un anneau très remarquable, à l'insertion du conduit et à sa jonction avec les vaisseaux lymphatiques du cou et des membres antérieurs, anneau plus ou moins analogue à celui que J'ai observé plusieurs fois sur le cheval , le porc et le chat (1). n
Des afflmntsdu canal thoracique. — Les branches lymphatiques qui viennent se jeter dans le canal thoracique sont aussi remarquables par leur nombre que par leur volume. Les unes aboutissent au réservoir sous-lombaire ; quelques rameaux s'ouvrent sur le trajet même de la grande veine blanche du thorax ; et les autres branches s'abouchent avec ce conduit près de son insertion dans le système veineux.
Les premières, variables dans leur nombre et les plus grosses de toutes, soûl plus spécialement considérées comme les racines du canal thoracique. Ordinairement on en distingue trois principales avec une certaine quantité de pptiis troncs
accessoires. L'une des grosses branches se jette dans la partie postérieure de la citerne ; assez souvent double et même multiple, elle provient d'un groupe énorme de ganglions placés à la région sous-lombaire, autour de l'extrémité postérieure de l'aorte et de la veine cave abdominales, groupe ganglionnaire sur lequel se rassemblent tous les vaisseaux des membres postérieurs, du bassin, des parois
(•)Fig. 187. — Cnnal thoracique des petila ruminnnts. (Empraniéo au Traite de physiologie cam* fhiré* 4ts animaux dom»stiifues par H. U. Golia. Paris. 1880, t. II.)
Cl) Q, Cdlio, ke. cil.
I bES LYMPHATIQUES QUI ARMENT LES AFFLUENTS DU ÊaNAL THORACfôUE. 607
! abdominales et des viscères pelvi-inguinaux. Les deux autres troncs gagnent le côté gauche de la citerne et résultent de la réunion des lymphatiques qui ont leur source dans les organes digestifs abdominaux ; parmi ces lymphatiques cependant, il en est quelques-uns, appartenant aux parois de l'estomac et au parenchyme du foie et de la rate, qui abordent du côté droit la citerne sous-lombaire, et s'abouchent isolément avec ce réservoir.
Quant aux affluents que le canal ihoracique reçoit sur son trajet , ils viennent des viscères contenus dans la cavité ihoracique et des parois de cette cavité.
Ceux qui se terminent à l'extrémité antérieure du canal sont formés par les lymphatiques du membre antérieur gauche et de la moitié gauche du thorax, du diaphragme, du cou et de la tête.
Livrons-nous à un rapide examen de toutes les branches radiculaires de ces affluents.
Art. il — Des lymphatiques qui forment les affluents du canal thoracique.
^'ous diviserons en cinq groupes tes vaisseaux lymphatiques : 1° ceux du membre abdominal, du bassin, des parois abdominales et des organes pelvi-inguinaux; 2° ceux des viscères digestifs abdominaux ; o" ceux des organes contenus dans la poitrine ; 4° ceux du thorax ; 5° ceux de la tête, du cou et du membre antérieur.
§ X. — Lymphatiques du membre abdominal, du bassin, des parois abdominales et des organes pelvi-inguinaux.
Ces vaisseaux viennent tous converger vers un groupe énorme de ganglions désignés en masse sous le nom de ganglions sous-lombaires. De plus, ils présentent, sur différents points de leur trajet, d'autres groupes qui constituent les , ganglions inguinaux profonds, inguinaux superficiels , poplités , iliaques et j pré-cruraux. La description successive de ces ganglions et de leurs vaisseaux i afférents et efférents fera convenablement connaître l'appareil lymphatique dont nous avons l'étude en vue dans ce paragraphe.
1" Ganglions soL's-LOMB.\inES.
Ce groupe, (|ui occupe, ainsi que son nom l'indique, la région sous-lombairej comprend : 1° une petite masse impaire située dans le sinus de l'angle compris entre les deux artères iliaques internes, masse formée le plus souvent d'un seul gros ganglion ; 2° une autre masse logée entre les deux artères iliaques, et une troisième placée en dehors et en avant du tronc crural : ces deux dernières paires 5 3° une agglomération impaire de lobules ganglioruiaires dispersés autour de l'origine de l'artère petite mésentérique et des artères spermaiiques : ceux-ci isolés les uns des autres.
Ces différentes masses reçoivent les lymphatiques du bassin, les branches émergentes des ganglions inguinaux profonds, celles qui reviennent des ganglions iliaques, quelques raïuusculcs du rectum cl du côlon replié, cl ceux du cordon tesliculiire.
Elles sont reliées entre elles par des branches de communication, et donnent naissance à plusieurs séries de branches émergentes qui se rassemblent bientôt en un ou plusieurs troncs. Ceux-ci se jeUonidans la citerne de Fccquel.
2° Ganglions inguinaux profonds.
Ou désigne ainsi un amas considérable de lobules ganglionnaires logés sous l'aponévrose et l'arcade crurales, dans l'intersiice des muscles adducteurs de la jambe, avec les vaisseaux cruraux, en dedans desquels ces ganglions se trouvent situés.
La forme de ce groupe est allongée : il peut avoir 15 à 20 centimèlrcs de longueur, et même plus; son extrémité supérieure remonte jusqu'au niveau du bord antérieur du pubis. Il se compose de quinze à vingt lobules qui présentent rarement une couleur uniforme, les uns étant gris clairet les autres brunâtres ou presque noirs.
Les afférents sont formés par les lymphatiques superficiels qui accompagnent la veine saphène interne, lymphatiques dont on peut suivre les racines au delà du boulet, sur la région digitée, et par les vaisseaux profonds satellites de l'artère et de la veine crurales. Les efférenis se rendent aux ganglions sous-lombaires, en montant dans l'abdomen le long de l'artère et de la veine iliaques externes.
3" Ganglig.ns inguinaux superficiels.
Ils sont placés en avant de l'anneau inguinal, à côté du fourreau, sur le trajet de l'artère sous-cutanée abdominale, où ils figurent une |ieiiie masse allongée, longue de 7 à 8 centimètres, et composée d'une douzaine ih lobules |)rincipaux.
Leurs afférents, (jui sont très nombreux, ^iennent de la face inicrnc des cuisses, du fourreau, des bourses, et de la paroi abdominale inférieure. Les vaisseaux efférents, beaucoup plus gros, mais moins nombreux (il n'en existe (jue cin(| à six), remontent dans le canal inguinal en accompagnant l'artère houleuse externe et les branches nerveuses inguinales; ils se jettent dans les ganglions inguinaux profonds, après avoir traversé l'anneau crural en compagnie de l'artère prépubienne.
4" Ganglions poplités.
Ces ganglions représentent une très |)etile masse composée de trois à cinq lobules indépendants, situés en arrière du grand nerf scialicjue et des jumeaux de la jambe, entre le long vaste et le demi-tendineux, près de l'artère fémoro-poplilée.
Ils reçoivent quelques-uns des lymphatiques qui s'élèvent des environs du jarret et ceux qui viennent de la partie postérieure et inférieure de la fesse. Leurs efférents rejoignent les ganglions inguinaux profonds, en suivant les interstices musculaires de la cuisse.
5" Gangl'ons iliaques.
Légèrement jaunâtres et d'une consistance molle, ces ganglions, au nombre de cinq ou six, forment un groupe situé dans l'intervalle triangulaire compris entre les deux branches de l'artère circonflexe iliaque.
DES LYMPHATIQUES QUI FOUMEINT LES Al-FEL EN TS Dl' CANAL 1 IIOllACIQUE. GU9
(*) Fig. 168. — Ensemble du système lymphatique cite: Je cheval. (Empruntée au Traite de physiologie comparée des animaux domestiques fiw M, G. Colin. Paris, 18;i6, t. II, p. 80, fig. 86.)
\')iO DES LYMPHATIQUES.
Ils rcçoivciil les l)ranclies cmcrgeiitos des ganglions cruraux anlérieurs ei un çrraud nonihic des lynipliatiques profonds de la paroi abdominale. Leurs rameaux cfférents, au nomhre de quatre ou cinq, suivent l'artère circonflexe iliaque pour se rendre aux ganglions sous-lombaires.
6" Ganglions prb-cruhaux.
Placés en dedans du bord antérieur du fascia iata, sur le trajet de l'artère circonflexe iliaque, ces ganglions forment une petite masse allongée, composée d'une douzaine de lobules, serrés les uns contre les autres. A ce groupe arrivent des vaisseaux afl'érents venus de la partie antérieure et interne de la cuisse. Il donne naissance à trois ou quatre gros vaisseaux efférenls, qui remontent à la face interne du muscle du fascia Iata, en accompagnant l'artère circonflexe iliaque, et qui entrent dans la cavité abdominale, près de l'angle de la hanche, pour aller se réunir aux ganglions iliaques.
§ II. — Iiymphatiques des viscères abdominaux,
1» Ganglions ex vaisseaux lymphatiques du recti'u et du côlon flottant.
Les ganglions affectés à cette portion du tube intestinal sont : d'abord, deux ou trois lobules placés à la base de la queue et de chaque côté du sphincter ; en second lieu, une série très nombreuse de petits corps ganglionnaires situés le long de la petite courbure du viscère ; troisièmeirient quelques lobes arrondis compris entre les deux lames du mésentère et placés sur le trajet des divisions artérielles et veineuses.
Nées dans l'épaisseur des tuniques muqueuse et charnue, les radicules lymphatiques gagnent les ganglions de la petite courbure du côlon, puis s'en échappent à l'état de rameaux eflérents qui rampent en grand nombre dans le mésentère. Ces efférenls traversent (quelques-uns du moins) les glandes lymphatiques placées sur le trajet des vaisseaux sanguins, et se rassemblent, près de l'origine de l'artère mésenlérique postérieure, en plusieurs branches assez volumineuses, qui s'unissent aux divisions des ganglions sous-lombaires ou à celles du côlon replié.
2° Ganglions et vaisseaux lymphatiques du côlon replié.
On distingue sur cet énorme viscère une double chaîne de ganglions accolés aux artères coliques, et de nombreux petits lobules, disséminés, à une petite distance des ganglions principaux, sur le trajet des branches collatérales fournies |)ar ces deux vaisseaux.
Reçus d'abord, pour la plupart, par ces grains lobulaires, les lymphatiques émanés des tuniques du viscère rejoignent ensuite les ganglions principaux , d'où ils émergent en formant plusieurs grosses branches sateUites des vaisseaux coliques. Au nombre de deux ou trois seulement vers la courbure pelvienne, ces branches atteignent le chiffre de dix ou douze en arrivant près de l'origine des