DÉFINITION ET DIVISION DE L'ANATOMIE
Vamtomie est la science de l'organisation ; elle étudie la structure des êtres animés quand la vie les a quittés. Elle comprend deux grandes divisions : Vanatomie physiologique, qui décrit les organes sains, et Vanatomie pathologique, qui a pour objet la description des organes malades.
Vanatomie physiologique embrasse à son tour :
1° Vanatomie générale, qui s'occupe des matières ou des tissus similaires du corps animal, au point de vue de leur texture, de leurs propriétés physiques, chimiques et physiologiques, sans distinction des organes dans lesquels existent ces tissus. L'étude particulière des éléments anatomiques entrant dans la constitution des lissus reçoit le nom histologie.
1° Vanatomie descriptive, qui étudie la situation, la forme, les rapports des organes et l'arrangement relatif des divers tissus qui les composent, abstraction faite de la structure et des propriétés de ces tissus.
Si celte élude s'applique à une seule espèce, ou l'appelle anatomie spéciale. Exemple : l'anatomie de l'homme, on anthropototnie ; l'anatomie du cheval, oahippotomie.
Quand l'anatomie descriptive embrasse l'élude de l'organisation dans tout le règne animal et recherche les différences qui caractérisent le même organe ou la même série d'organes dans chaque clas.se, famille, genre ou espèce^ on la nomme anatomie comparée. Reslreinieà nos animaux domestiques, celte élude constitue Vanatomie vétérinaire.
Vanatomie philosophique ou transcendante diiïère de l'anatomie comparée en ce qu'elle signale les analogies des organes ou des appareils pour montrer la simplicité du plan de la nature dans les lois générales de l'organisnlion.
Lnfni, SI l'iinalomiu descriptive se borne à indiquer les rapports qui existent entre les divers organes d'une région, en vue surtoul du manuel opératoire et du diagnostic des maladies externes, elle prend les noms CCanatomie topographique, des régions, chirurgicale.
CIIAUVKAU - (idil. A
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALKS.
ÉNUMÉRATIOiN ET CLASSIFICATION DES ESPÈCES ANIMALES DOMESTIQUES
Ce livre a pour objet l'anatoinie v6lérinairc. Les animaux qui en font le sujet appartiennent à la classe des mammifères et à celle des oiseaux.
Les mammifères domestiques de nos climats ont des représentants dans un grand nombre d'ordres. Ainsi, on trouve parmi eux :
1" Des carnassiers, le Chat et le Chien;
T Un rongeur, le Lapin;
3° Un pachyderme, le Porc;
h" Des solipèdes ou jumenlés, le Cheval, Y Ane; le produit du baudet avec la jument, c'est-à-dire le Mulet, et celui du cheval avec l'ànosse, connu sous le nom da Bardeau; 5° Des ruminants, le Bœuf, le Mouton, la Chèvre et \e Dromadaire. Quant aux oiseaux de basse-cour, ils se rangent : 1» Dans l'ordre des gallinacés, genres Coq, Pintade, Dindon et Pigeon; 2° Dans l'ordre des palmipèdes, les Oies et les Canards.
Girard a proposé, pour les n»ammifères domestiques, une classification spéciale basée sur le nombre des doigts qui terminent chacun de leurs membres. Il établit quatre catégories : la première comprend le cheval, l'àue, le mulet et le bardeau, qui prennent le nom de monodactyles, parce que leur région digitée se compose d'un doigt unique. Dans la deuxième entrent, sous la qualification de didactyles ou bisulques, les animaux à deux doigts, c'est-à-dire le bœuf, le mouton et la chèvre. Dans la troisième, celle des tétradactyles réguliers, se trouve rangé le porc, dont chaque membre présente quatre doigts. linfm le chien et le chat, qui possèdent le plus souvent quatre doigts aux membres postérieurs et cinq aux membres antérieurs, forment la catégorie des tétradactyles irréguliers.
Nous ne suivrons point cette nomenclature, car elle est en opposition avec les lois générales de l'organisation. En effet, l'anatomie philosophique a démontré qu'il n'existe pas d'animaux véritablement mouodactyles, didactyles, etc.; tous sont matériellement ou virtuellement penladactyles.
Nous croyons donc qu'il vaut mieux s'en tenir à la classification établie par les zoologistes, parce que cette manière de faire évite toute confusion dans le langage scientifique, qui doit rester le même pour toutes les personnes qui s'occupent d'anatoniie.
Le régime, les mœurs, apportent dans l'organisation des animaux domestiques des dilîérences qui paraissent très-grandes au premier abord. En réalité, ces différences ne sont pas aussi profondes. Aussi, pour arriver à faire l'anatomie descriptive de tous ces animaux, nous ne les passerons pas en revue les uns après les autres, en donnant pour chacun d'eux la description de chaque organe. Nous prendrons un type qui, le plus habituellement, sera le cheval, et nous comparerons brièvement à ce type tous les autres sujets. Le plus souvent nous décrirons, sans quitter le cheval, tous les organes d'un appareil. Et ensuite nous étudierons les mêmes organes dans les autres espèces et en suivant le même ordre. Dans cette comparaison, les animaux seront généralement classés d'après leur valeur comme sujcis domestiques. ^lais nous ferons des
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
exceptions à cette règle créée par nos devanciers chaque fois que nous pourrons en retirer quelque l)énéfice au point de vue de la concision ou de la clarté de l'exposition.
IDÉE GÉNÉRALE SUR L'ORGANISATION DES ANIMAUX ORDRE SUIVI POUR EN ÉTUDIER LES APPAREILS
Le corps des animaux, formé par la matière organisée, renferme des liquides et des solides.
Les liquide? sont très-abondants dans l'économie animale; non-seulement ils remplissent certains systèmes de canaux ménagés |)our eux, mais ils imprègnent encore toutes les parties solides du corps. Leur importance est très-grande, car sans eux les solides organiques seraient frappés de mort; un élément privé d'humidité est un élément privé de la vie.
Ils varient dans leur nature et leur composition. A part les liquides qui imbibent les parties solides, il n'en est pas un qui soit complètement amorphe. Toujours au sein d'une liqueur tenant en dissolution de la matière organisée, on voit des éléments figurés que nous signalerons un peu plus loin. Exemple : le sang et la lymphe,
Pour étudier les solides organiques, nous allons procéder du simple au compliqué.
Éléments. — La matière organisée solide se présente sous la forme de particules plus ou moins volumineuses, mais dans tous les cas invisibles à l'œil nu, auxquelles on donne le nom à'éléme^its anatomiqiies. Ils peuvent êfcre réduits à trois principaux : la granulation, la cellule et la fibre.
Granulations. — Ce sont les plus petits éléments figurés que l'on connaisse. Les granulations peuvent être en suspension dans les liquides animaux ou libres entre les autres éléments, ou bien encore renfermées à l'intérieur des cellules. Leur nature n'est pas toujours la même : elles sont protéiques ou graisseuses. On les appelle pigmeri' tai7X'S quand elles présentent une coloration brune.
Cellules. — La cellule est l'élément anatomique par excellence.
On peut se la représenter à l'esprit par un amas microscopique d'une substance azotée, visqueuse ou légèrement granuleuse, douée d'une vitalité extrême. Souvent, au sein de ce protoplasma (on l'appelle ainsi), on ai)erçoit un noyau pourvu d'un nucléole, et, à sa périphérie, on découvre une membrane enveloppante. Il ne faut pas oublier que la membrane d'envcl()])pc, voire même le noyau, ne sont pas forcément des parties constitutives de la cellule.
La cellule vit comme l'organisme entier : elle se nourrit, grandit, se multiplie, absorbe, sécrète, se meut, etc. C'est comme un animal complet, mais un animal microscopique.
La forme de la cellule varie beaucoup ; il en est de môme de son volume, de sa nature. On a donc pu lui donner des noms différents.
îl est des cellules arrondies, polyédriques, fusiformcs, étoilées, etc. Il en est qui ont un diamètre de 0'""',006, d'autres de O""";!.
Les cellules se imillii)li(;iit suivant plusieurs modes : 1° par division du noyau el segmentation du proloplasma à l'intérieur de la membrane d'enveloppe {7nulli/)lication endogène); 2" par clranglemcnt, i)uis division du noyau, du protoplasma et dclamem-
U COJNSIDÉUATIONS GÉNÉRALES.
hranc d'enveloppe { multiplicution par fissiparilé) ; 3" par une sorte de bourgeonncmcnlde la membrane d'enveloppe, par étranglement et séparation du bourgeon ainsi développé (gemmation) .
Un grand nombre de cellules ne restent dans cet état que temporairement. Par suite de modifications que nous ne pouvons développer ici, elles se convertissent en fibrilles ou en d'autres éléments, dans lesquels il est difficile de reconnaître la cellule.
Les autres persistent à l'état de cellules : alors elles se développent, vivent et meurent ensuite de plusieurs matiières. Tantôt elles s'usent par le contact de corps étrangers, comme à la surface de la peau; tantôt elles se liquéfient, comme dans quelqueglandes; tantôt enfin elles subissent la dégénérescence graisseuse, qui les mène insensiblement à une destruction comi)lète.
Les cellules permanentes ont été rangées sous les dénominations suivantes :
1° Hématies ou globules rouges, qui se rencontrent eu suspension dans le sang; ils sont arrondis ou elliptiques ;
2" Leucocytes ou globules blancs, qui nagent dans le sang, la lymphe, le chyle;
3° Cellules connectives, comprenant la cellule connective proprement dite, la cellule plasmatique et la cellule adipeuse ;
Zi" Cellules médullaires, formant les éléments principaux de la moelle des os (myéloplaxes et médullocelles) ;
5° Cellule cont7'actile, qui constitue la base du tissu musculaire;
6° Cellule nerveuse, qui se rencontre dans les centres encéphalo-rachidiens et dans les ganglions des systèmes cérébro-spinal et sympathique;
7° Cellule épithéliale, comprenant les cellules épitliéliales proprement dites situées à la surface de la peau et des muqueuses, et les cellules glandulaires.
Fibres-. — La fibre est un élément anatomique allongé, de dimension et dé composition variables. La fibre peut être très-fine et représentée par une seule ligne, ou bien elle est plus grosse et figurée par deux lignes plus ou moins écartées l[une de l'autre. Elle est homogène dans toute sa masse, ou bien le contenu est distinct de l'enveloppe.
La vitalité des fibres n'est pas comparable à celle des cellules. Après qu'elles sont; formées, elles ne font que se nourrir; elles ne peuvent se multiplier par elles-mêmes.
On distingue dans l'économie animale quatre espèces de fibres : la fibre connective, , la /t6re élastique, la fibre musculaire et la fibre nerveuse.
Tissus. — Les éléments que nous venons de décrire rapidement, eu se réunissant, , en se groupant de différentes façons, forment les tissus.
Quelques tissus sont constitués par une seule espèce d'éléments : ce sont les tissussimples. Exemple : les épitliéhums.
Le plus grand nombre est formé par la réunion de plusieurs éléments différents : ce sont les tissus composés. Exemple : tissu nerveux.
On remarque encore des tissus dans lesquels il existe une substance intercellulaire fondamentale, et des tissus manquant de substance intercellulaire. Ceux-ci sont peu nombreux, car les vaisseaux et les nerfs peuvent, dans certains tissus, être considéréscomme de la substance iiitcrcellulaire.
Les caractères analomiques, physico-chimiques et physiologiques des tissus répètent, on le devine sans peine, les propriétés anatomiques, physico-chimiques et physiologiques des éléments qui entrent dans leur constitution.
On ne dislingue que (|ualrc tissus fondamentaux, en se basant sur les caractères morphologiques, chimiques el physiologiques des éléments.
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En premier lieu, on doit signaler le (issicde substance conjonctive, qui, à raison de quelques caractères diU'érentiels, peut être subdivisé en : tissu gélatirifiix , tissu conjonclif, tissu élastique, tissu cartilagitieux et tissu osseux.
Arrive ensuite le tissu de cellules, formé entièrement par des cellules persistantes. Il comprend le tissu épithélial et le tissu glandulaire.
Les cellules du tissu épithélial peuvent aflecter des arrangements dilïércnts. Si elles sont disposées sur une seule rangée, il en résulte un épit hélium simple; si elles se superposent, on obtient un épiihéliiim stratifié. Suivant la forme des cellules de la couche superficielle, l'épitliélium sevapolyédriquc, pavimenteux, cylindrique ou sp/iérique. Dans certains points, ces celluïes superficielles sont garnies de cils vibratiles : l'épitliélium est dit alors vibratile.
En trgisième lieu, se place le tissu musculaire, qui peut être divisé en tissu musculaire à fibres lisses et tissu musculaire à fibres striées.
Enfin on trouve le tissu nerveux, qui se présente sous deux aspects : la substance blanche et la substance grise. La première est entièrement formée par des fibres nerveuses, la seconde par des fibres et des cellules nerveuses.
Organes. — On appelle or^/ane une agglomération de tissus ayant une forme déterminée et une fonction à remplir. Les organes sont donc constitués par les tissus, comme les tissus eux-mêmes sont constitués par les éléments anatomiques.
Tous les organes des animaux sont déposés entre deux membranes nommées 7nembranes limitantes ou tégumentaires, qui se continuent l'une avec l'autre au pourtour des ouvertures naturelles. Ce sont la peau et les muqueuses, dans la composition desquelles il entre une couche de tissu conjonclif recouverte par un épithélium.
On dislingue des organes pleins et des organes creux.
Parmi les premiers, un certain nombre remplissent le rôle de support : tels sont les organes formés par le tissu conjonclif, et en particulier les cartilages et les os.
D'autres sont chargés de produire les mouvements : ce sont les muscles sous leurs deux formes. L'action des muscles se communique directement aux organes à mouvoir, ou bien elle se transmet par l'intermédiaire d'autres organes, tels que les tendons, les aponévroses.
Les organes nerveux centraux, les nerfs proprement dits, les glandes vasculaires sanguines, appartiennent à ce groupe des organes pleins.
Quant aux organes creux, ils sont partout tapissés par la membrane légumentaire interne ou muqueuse. Exemple : le poumon, l'estomac. Signalons encore les vaisseaux formés par des membranes élastiques et contractiles disposées en canaux, dans lesquels circulent le sang et la lymphe ; et enfin les membranes séreuses, qui tapissent l'intérieur des cavités splanchniques, et la surface des organes que ces cavités renferment.
• Appareils. — Les organes sont très-nombreux dans l'économie animale; aussi, pour en faire une étude fructueuse, on a dû les classer méthodiquement d'après leurs afiinités physiologiques. On a donc rassemblé dans une même catégorie tous ceux qui sont préposés à la même finalité physiologique, et l'on a donné à celte collection le nom fï appareil.
Un appareil, c'est donc l'ensemble de tous les organes d'un animal qui coiicourcnl au même but, qui servent à l'accomplissement de la même fonction.
Nous décrirons succe.ssivemcnt, et dans l'ordre suivant, les dilTérenls appareils qui composent l'organisme :
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1° Appareil de la locomotion;
2° Appareil de la digestion;
3° Appareil de la respiration;
U° Appareil de lu dépuration urinaire;
5° Appareil de la circulation ;
6° Appareil de l'innervation;
7" Appareil des sens;
S° Appareil de la généi^ation.
Nous terminerons enfin par l'exposition abrégée de l'évolution du fœtus et de ses annexes.