DE I/APPAUEIL DIGESTIF CHEZ LES MAMMIFÈRES
(les 1
comme moyenne : pour l'iiilesiin grêle, l'i'-.C'i chez le chien. O'^MUi dans le clial; pour le gros inteslin, 1 litre dans le premier de ces animaux, 0'''-,15'4 chez le second Vinteslin grêle, suspendu à I cxlrémilc d'un mésentère semblable à celui
Soiipèdes, repose sur la pareil abdominale inférieure. 11 se distingue par l'épaisseur de sesi parois, la longueur et le nombredes villosités dont est couvertesa surface intérieure, villosités qu'on trouve même accumulées sur les plaques de Peyer. Cellesci sont au nombre (l'uiie vinginine chez le ciiien, et de cinq ou six dans le chat.
Le cœcuni m forme plus qu'un petit appendice tordu en spirale, tapissé par une muciueuse plissée 'et très folliculcuHC, chez le cliat surtout, qui olTrcau fond du cnl- (Ic-sac du viscère une véritaJ)le glande de Peyer.
Le co/o« est à peine plus gros que l'intestin grêle, et ne préseule ni bosselures, ni bandes longitudinales. Il aiVccle d;u)s son court trajet une disposition qui rappelle celle du même intestin chez l'homme. Aussi peul-ou le diviser en côlon ascendant (lig. 180, /<), côlon iransverae (fig. 180, fj) et côlon descendant (fig. 180, /). Celui-ci se continue directement avec le rectum.
Près de l'anus, ce dernier vis- \ I U \ \ cère présente sur les côtés deux
I A étroites ouvertures, qui mènent
' dans deux poches glanduleuses
remplies d'une matière brunâtre, à odeur forte et fétide. Cette matière est sécrétée par les glandules (jui tapissent la paroi intérieure de ces diverticules.
iMG. 180. — Intestin du ctiien {*).
COMPARAISON DE L'iNTESïIN DE l'hoMMK AVEC CELUI DES ANIMAUX.
On divise souvent Vintestin (p-tHe de l'homme en duodénum et intestin (jrêle proprement dit. Le duodénum a une longueur de 0"',2r> à 0"',30; il présente une dilatation à son origine, et se trouve fixé solidement à la face postérieure du foie par un
Jl ''À!!^o^!!Zi'''^""^!^'^' ;'I'J"':""': ''• ""^'^••»'; a .-ùI,,,, asue,>,l,„.t; ,,, e,U«n transverse i h, ongino ,lu
1 1.1110 , 3, iirtinr. du ihioiluiinn. ; 1, url,.re .lu gros int,..stin ; 5. arl,'.r,. Velil,; „u-.seul.-.ri.i..e.
Di; l'intestin.
(ivpli p(''riloiit''al, et à droite de la région .soii.s-loml)aire par du tissu celliilaire. Il' ilccrit un arc de cercle dans la concavité duquel se trouve logée l'extrémité droite du p iiicréas et non le Ci-ccum, comme cela s'observe chez les solipèdes. Vintestin grêle pioprenient dit est suspendu à un mésentère à peu près semblable à celui du cheval. .Sa longueur varie beaucoup {h à 8 mètres). Sa face interne offre un grand nombre de i>lis transversaux désignés sous le nom de valvules connivenles. On y trouve aussi des ■ques de Peyer, au nombre de vingt à vingt-cin(|, surtout dans la partie iléo-cœcale. ( Il à dire de particulier sur sa structure; elle est identique avec celle que nous avons décrite (fig. 181).
FiG. 181. — Artère mésentérique su|iérieure (*).
l-)ans le (fros intestin, on reconnaît le caecum, le côlon elle reclum, r.e cœcum est un petit réservoir placé dans la fosse iliaque droite dans une direction ni) peu oblique de haut en bas et de droite à gauche, il commence à l'insertion de la valvide iléo-ca;cale, possède une longueur moyenne de 0"',15, et se termine par une extrémité arrondie qui présente un mince prolongement creux de 0"',()(i en moyennes auquel on dotme le nom A' appendice cœcal ou vermicidaire. La muqueuse est orga-
( ) <;iMti' liij'iin! miinlri' li's nrtiM'us ili' rinlosliii |'li(iiiiriii,' ; un viiil, a druilc c>l imi Inis I iiili'.-l in i^ivli', ù gaiidu' l't en liaiil, ; y eji'nm avpp snii n|i[iLMiilii'i' vcrjniiMilnirc! ; 2° \i: fi'ilnii nscfiiiliiiit ; 3° le l'c'ilnii li'iuisvci'sc — I, Irniu: ili! Iii nH'Sciil(Tii|iic siipri-itMirir su ilégusennt nii-cli'ssnns du pniicrrns; 2, |iiTmii'n! ('oIuihl- ilmilf; :i, iliMixiiMiic riilii|iiiî ilhiilc; 4, cxIriMiiil.' tiTiirmnli» de In iiiésciilfi'iiIiK' siipi'nciire; limnclii! lii" riilipeiidiro ruTnl; lnniii lws il'' In
riqup i-t leurs nrcndsi..
^42 1>E r/ APPAREIL DIGESTIF CHEZ LES MAMMIFÈRES.
iiisée comme celle des animaux; la mniquc charnue oflie, de même, des fibres lisses cii'ciilaires el des libres disposées en cordons longitudinaux.
Le côlon de l'iiommo est un conduit bosselé assez régulièrement, comme le côlon flottant du cheval. Cet intestin commence dans la fosse iliaque droite, au-dessus de la valvule de Bauhin ; il monte jusqu'à la face inférieure du foie, se recourbe brusquement pour se diriger transversalement de droite à gauche, et, arrivé au voisinage de la rate, il change de direction, descend jusqu'à la fosse iliaque gauche, puis décrit l'S iliaque pour gagner la ligne médiane où il se continue par le rectum. D'après ce trajet, on divise le côlon en trois parties : la première ou côlon ascendant ; la seconde ou côlon transverse; la troisième ou côlon descendant. Sur le côlon ascendant et le côlon transverse on remarque trois séries de bosselures séparées par trois bandes char-nues longitudinales; on n'en trouve plus que deux sur le côlon descendant.
Il n'y a presque rien à dire de spécial sur le reclnm et l'anus, si ce n'est que cesdeux organes, et surtout le dernier, sont très-ridies en vaisseaux sanguins et en veinesvariqueuses, et que l'anus est séparé du rectum par de petites cavités ouvertes en avant, cavités qui se rencontrent du reste chez le chien, appelées sinus de Morgayni.
coDP d'œil général et comparatif sur la portion abdominale ou essentielle du tube digestif.
Nous avons terminé l'exposition des caractères analomiques qui distinguent la portion essentielle du canal alimentaire chez tous nos animaux domestiques. Que de: nuances cette étude ne nous a-t-elle point révélées! Récapitulons et comparons, avant i de montrer l'admirable harmonie qui lie ces variétés de disposition aux variétés d'or-ganisalion générale, de mœurs et d'instincts.
Chez les carnivores, c'est-à-dire les animaux qui se nourrissent de viande {Chien > et Chat), on a vu un estoma'c très-ample, sécrétant du suc gastrique sur toute l'éten-due de sa muqueuse, et un intestin relativement extrêmement court.
Dans les omnivores ou mammifères à régime mixte (les Cochons)', on a trouvé une petite partie de la surface intérieure de l'estomac occupée par une muqueuse inapte à sécréter du suc gastrique, et l'intestin avec une capacité relative bien plus considérable que chez les carnivores.
Chez les herbivores, c'est-à-dire les animaux qui puisent leur nourriture exclusivement dans le règne végétal {Itwninants, Rongeurs et Solipèdes), la surface préposée, à la production du suc gastrique, ou la surface stomacale proprement dite, diminuei encore singulièrement d'étendue, quoique l'estomac se dislingue chez quelques-uns de> ces animaux par son développement extraordinaire. Mais en revanche, la capacité du. tube intestinal prend des proportions considérables, et se trouve même en rapport directement inverse, dans les diverses espèces, avec l'aire de la surface gastrique. Aussi cette surface étant relativement plus étendue chez les Ruminants que dans le> Lapin, et plus encore chez cet animal que dans les Solipèdes, doit-on classer tous cesannnaux dans un ordre inverse pour le développement de la surface intestinale.
En résumé, en considérant connue surface stomacale (point de vue tout à fait rationnel) seulement les portions de la muqueuse de l'estomac organisées pour la sécrétion, du suc gastrique, on est amené à reconnaître que cette surface est on rapport inverse, àvec celle de 1 intestin, qu'elle arrive à son plus haut degré de développeme.U chez les annnaux carmvores,et qu'elle est aussi réduite que possible dans les Solipèdes, animaux' qm présenleni, par contre, un très-grand développement de la surface intestinale.
ORGANES ANNEXES DE LA PORTION ABDOMINALE DU TUBE DIGESTIF. UU'd
Il va nous être niainienant facile de inoiitrcr la raison d'être de ces remarquablcîs tlillérences, et nous la trouverons dans la nature de l'alimentation. En eflet, les Carnassiers vivent d'aliments très-subslanliels, et ils en prennent de très-grandes quantités, parce qu'ils sont exposés à des jeûnes fréquents ; il leur fallait donc un vaste estomac pour suffire à contenir les substances ingérées, et à sécréter la proportion du suc gastrique nécessaire pour transformer ces substances en matériaux assimilables. Si ces animaux ont l'intestin étroit et court, c'est parce qu'il suffit, chez eux, d'une surface peu étendue pour absorber les produits de la digestion, ceux-ci n'étant mêlés qu'à une petite quantité de substances non nutritives, et se mettant aisément en contact avec la membrane absorbante.
Quant aux herbivores, leurs aliments ne contiennent qu'une faible proportion d'éléments nutritifs, noyés dans une gangue insoluble extrêmement abondante. Ces animaux étant forcés alors d'en prendre de grandes quantités et à des intervalles lrès-rap|)rochés, l'estomac proprement dit ne peut être pour les aliments qu'un lieu de passage, qu'ils franchissent rapidement après s'être imprégnés de suc gastrique; aussi la surface qui sécrète ce fluide est-elle singulièrement réduite, parce que si elle doit fonctionner plus souvent que dans les carnivores, elle n'a pas be.soin de déployer dans un moment donné une aussi grande activité. Si, une fois sortis de l'estomac, les aliments rencontrent au contraire une vaste surface ijitestinale, c'est pour que les matériaux réparateurs dispersés au milieu de la gangue alimentaire n'échappent point à l'action absorbante de cette surface, et puissent trouver l'occasion de se mettre en contact avec elle. En effet, voyez les Ruminants : grâce à leur double mastication et à l'action triturante du feuillet, leurs aliments arrivent dans l'estomac proprement dit plus divisés, mieux atténués que dans le cheval ; la gangue, beaucoup mieux broyée, cache moins les matériaux assimilables et réparateurs ; ces matériaux sont plus facilement saisis par la surface absorbante ; et, comme conséquence nécessaire, le tube intestinal, quoique plus long que dans les Solipèdes, est loin d'offrir la même capacité.
Nous expliquerions par des considérations analogues le pourquoi de la conformalion intermédiaire du tube digestif chez les animaux omnivores.
Il y a donc une admirable corrélation entre la manière d'être du tube digestif et la nature des substances qui font la base de l'alimentation des animaux; et cette harmonie se reproduit également quand on compare l'estomac et l'intestin avec les autres appareils de l'économie, comme avec les mœurs et les instincts. Aussi tel animal qui possède un estomac ample et un étroit intestin aiu'a des dents et des griffes aiguës pour déchirer sa proie, de la force et de l'agilité pour l'atteindre, des instincts sanguinaires; tel autre qui, avec une surface stomacale très-réduite, sera pourvu d'un intestin aussi développé par sa longueur que par sa capacité, se distinguera par ses mœurs paisibles, l'absence d'ongles agressifs, et la forme en meules broyantes des principales pièces de son appareil dentaire, etc.
ORCANES ANNEXES DE LA PORTION AUDOMINAI.E DU TUIIE DIGESTIK.
(^es organes sont au nombre de trois : deux glandes, le foie et le pancréas, qui versent dans l'intestin grêle deux fluides particuliers, la bi/e et le sur pancréatique ; et un organe glandiforme, la raie, remarquable par ses nombreuses connexions vasculaires avec difi"érents organes de l'appareil digestif, et qui n)érile, à ce titre, d'être éludiée avec cet appareil, quoiqu'il .soit au moins dotileiix, sinon (oui à fait improbable, (lu'elle joue un rôle dans la digestion.
/,/,/, l)K L APPAULIL D[GESTIF CHliZ. LliS MAMMIFÈBES,
■Pri!i)(ir/ilin}>. — On pourra iiisément étiidifir ces trois organes après avoir enlevé la masse intestinale, il'après le procédé indiqué page /lOS. Pour examiner plus facilement les divers détails de Ipur iirsiinisalion. il sera bon ensuite de délacher ces viscères l'u masse avec le diaphragme el les leins, el d'élaler le tout sur une table.
■1" Du foie (fig. 182, ISf)).
Siluatinn. Direction. — Cet ovgime est situé dans la cavité abdominale, à droite de la région diaphragmatique, dans une direction oblique d(! haut en bas et do droite à gauche.
Poids. — Le poids du foie sain, chez un cheval de taille moyenne, est de 4'"'-, 320. .
forme et surface crtérieure. — Débarrassé de toutes ses connexions avec les orga-nés voisins, et étudié dans sa forme extérieure, il se montre aplati d'avant en arrière, irrégulièrement allongé en ellipse, épais dans son centre, et aminci sur ses bords, qui sont découpés de manière à diviser l'organe en trois lobes principaux. Cette configuration permet de lui reconnaître deux faces et une circonférence.
l a face antérieure est convexe, parfaitement lisse, et creusée d'une scissure large et profonde, qui se trouve formée par le passage de la veine cave postérieure. Cette scissnre s'étend directement d'arrière en avant, en croisant i:n peu par conséquent la direction générale du foie ; on y remarque, près du point où la veine cave quitte le foie pour traverser le diaphragiiie, les ouvertures béantes des principales veines sushépatiques; la face postérieure est également lisse et convexe, et pré.sente aussi uni sillon, par lequel pénètrent dans le foie la veine porte, l'artère et les nerfs hépatiques, et par où s'échappent les canaux biliaires. Ce sillon, un peu concave à gauche, suit eu définiiive la direction du foie, c'est-à-dire qu'il marche obliquement de haut en bas, d'arrière en avant et de droite à gauche.
La circonférence peut se décomposer en un bord supérieur ou gauche, et un hord ' inférieur ou droit, réunis aux deux extrémités de l'ellipse que représente le foie. — Le hoi-d supérieur présente, en procédant de droite à gauche : 1" l'insertion du ligament du lobe droit ; 2" l'origine de la scissure de la veine cave; 3^ une échancrure qu' répond à l'irsophagc ; /i° l'insertion du ligament gauche. — Le bord inférieur est comme tranchant, et offre deux écliancrures profondes qui partagent le foie en trois lobes : un supérieur ou droit, un inférieur ou gauche, et un intermédiaii'e. Le lobe choit estgéné- • ralement le moyen en volume, et porte comme appendice, tout à fait en haut, du côté de sa face postérieure, un petit lobule secondaire, qui a la forme d'une pyramide triangulaire, et dont la base répond à l'entrée de la scissure de la veine porte, c'est le lolmle de Spigel ou lobule porte. Le lobe gauche est presque constamment le plus gros. Le lobe moyen, toujours le plus petit des trois, est découpé lui-même par des échancrures secondaires en plusieurs languettes ou lobules.
Rapports. — En considérant l'organe en position pour l'étude de ses rapports généraux, on trouve que la face antérieure est appliquée contre le diaphragme, disposition qui augmente sa convexité en diminuant celle de la face postérieure, et que celle-ci est en rapport avec l'estomac, le duodénum et la courbure diaphragmatique du colon. Quant aux connexions propres à chaque lobe du viscère, voici ce que l'obsorvalion révèle à ce sujet : r Le lobe moyen répond au centre même de la portion aponevroitque du diaphragme; 2" le lobe gauche touche la partie gauche et inférieure de cette aponévrose, et se prolonge sur le point " correspondant de la bande charnue perq)hcrique du mu.scle ; 3- le lobe droit ost en contact avec la partie supérieure cl.
droite de ce muscle ; son bord Hiinérifm- rr>iiri.n u . i •. . - - r
louche le rem droit : le pancréas s applique
sur sa bnse, du côté de la face i)osiériem-e.
OUr.AINliS ANNIÏXl'S DK LA PORTION ABnOMUNALL DU TUIJU DlGtSTIF. )
Moi/i'its ile fixiti: — l.e foie est suspoiulii à la paroi .s(ms-loini)aiie tlo rabdoiiion par L> ^ros troncs vascuiaircs qui pciiôtroiil dans lc.« scissures de l'organe; il est fixé de
plus il la face postérieure du diaphragme par ([uatrc liens particuliers. I/"imi de ces liens se porte de la face antérieure dvi foie sur le centre phrénique, et semble destiné à s'opposer aux déplacements de totalité ; les trois autres sont all'ectés à chaque lobe en particulier.
A. Le lùjameat do la face antérieure du foie c()m|irend deux séries de libres aponévrotiques fort courtes, qui, des deux bords du sillon de la veine cave, vont se lixor sur la face postérieure du centre phrénique. l.e périloine se replie sur elles de chaipie côté, pour se porter du diaphragme sur le foie'. L'adhérence de ces libres aux parois
I 1, lobe jçiinulii' ilu i'nic; 2, I"1m; iii.ijeii ; 11, ilrnil ; 4, L'^lurnni' ; .l, ilimiIrMiiuii ; 0, |imiiimtii- ; 7, iiimm Ii lu
i-ainil |iiinerc!iitiqii(; ui;i.'(.'S9rru'e ; 8, voinc porte ; U, l uti^ ; Id, iciiis ; 11,11, iiivIfMcs ; Isi, rci'Ullii \Vi, iiui li.' ubdijini iiiili;; li, vuiiic: cjuvc [lustéi iemc.
^ii6 DE l'api'auetl digestif chez les mammifèhes.
(le la veine cave csl exli èiiiemcnt iiiliiDc; et la veine cave elle-même élaiit pour ainsi dire soudée au tissu du foie, il résulte de cette double disposilioti que l'union de la face antérieure du viscère avec le centre phrénique est établie aussi solidement (jue possible.
B. Le lirjammt du lobe rjauchc est un large repli péritonéal enire les deux lames duquel existent quelques faisceaux de tissu fibreux blanc. Il se détache du centre aponévroiique, à gauche de l'orifice œsophagien, et s'insère sur la partie gauche du bord supérieur du foie.
. C. Le ligament du lobe droit est un repli analogue au précédent, mais beaucoup plus court, dont l'origine, placée très-haut, près de la paroi sous-lombaire, est couverte en partie par le rein droit. Il s'insère sur le bord supérieur du viscère et envoie une petite lame au lobule de Spigel. [\lais le plus souvent, ce lobule est soutenu par un frein péritonéal spécial, qui part du bord antérieur du rein.
D. Le ligament du lobe moyen est une lame séreuse falciformc et verticale, dont le boi d adhérent est attaché dans le plan médian, à peu près, sur la face postérieure du diaphragme, et même sur la paroi abdominale inférieure. H porte à son bord libre un cordon fibreux formé par l'oblitération delà veine ombilicale du fœtus. On voit ce ligament pénétrer, par sa partie supérieure, dans une échancrure secondaire du lobe moyen, et se prolonger sur la face antérieure de celui-ci jusqu'au point où la veine cave traverse le diaphragme.
Structure. — Le foie offre à étudier comme éléments de sa structure : 1° une membrane séreuse; 2° une capsule fibreuse ; '6° le tissu propre et fondamental à'è l'organe.
1° Momitranc .séreuse. — Cette membrane n'est qu'une expansion des liens péritonéaux (|ui viennent d'être décrits, et dont les deux lames, en arrivant sur l'organe, s'écarient pour se développer sur ses faces, et le tapisser entièrement, excepté dans les scissures antérieure et postérieure.
2° Capsule fibreuse ou de Glisson. — Enveloppe propre du foie, cette capsule est constituée par une membrane fibreuse fort mince, très-adhérente à la couche précédente d'une part, et au tissu du foie d'autre part. Elle pénètre dans l'intérieur de ce lissu en se repliant autour des vaisseaux logés dans la scissure postérieure. De plus, elle envoie de sa face interne une multitude de cloisons lamelleuses qui pénètrent entre les granulations hépatiques en formant à l'organe une véritable charpente. Cette capsule est bien développée, surtout chez les animaux ruminants.
3» Tissu propre du foie. — La substance propre du foie se dislingue i)ar une couleur brun bleuâtre ou violacé, dont les nuances varient beaucoup suivant les sujets. Elle est lourde, compacte, et si friable qu'elle s'écrase sous l'effort delà pression la plus modérée. Ce tissu est composé de granulations, ou lobules polyédriques, de 1 1/2 à 2 mdlimètres de diamètre, lesquelles se distinguent assez facilement les unes des autres a la surface de l'organe, à travers le péritoine, surtout quand les cloisons envoyées dans 1 intervalle de ces granulations par la capsule de Glisson .se sont hvpertrophiées sous I mnuence d'une légère irritation chronique.
Quelquefois le lobule hépatique offre une couleur uniforme dans toute son étendue; souvent 11 présente un point rouge foncé au centre avec un cercle jaune autour et un
cercle rouge interrompu circonscrivant cp\\\\ p\ «„; • i i i«
, , , , , , ' "^""ai.iivdiii ceiui-ci, qui communique alors avec le cercle
semblable des granulations voisines dè imni,\iv> r.„., ' ■ i r j i
, , ° .. "'"'''"'< 'c •» hgurer un réseau a la surface de la
glande; d autres lois on peut voir le lobule iniino ■>., ^„ . . -i •
° ^ " '"'Jii'c jaune au centre et rouge a la circonféreiioo.
ioutes ces apparences, à l'étude desnuellos mi . r - i i -
' ' ' "i-;>qiiciit.>5 on accordait autrefois beaucoup d mipor-
ORGANES ANNEXES Dli l.A POUTION AI5D0M1NALE DU TUBE DIGESTII'. Util
i.iiut\ n'oiil rien ilc lixc ol peuvent viirii'r de mille manières en se combinant les mics avec les autres. Ausiii ne doit-on leur accorder qu'une médiocre attention, et se rappeler M iilenient qu'elles sont dues à l'état de plénitude i)lus ou moins prononcé des différents \ ,iisseaux qui pénètrent à l'intérieur du lobule.
Puisque le foie se (jompose de lobules placés les uns à côté des autres, nous allons lions attacher à en décrire un; et, lorsqu'on en connaîtra bien la structure, on comiaîtra j)ar cela même la structure du foie tout entier.
Dans un lobule hépatique on trouve : 1° des cellules hépatiques; 2" des canalïcules biliaires: 3° des vaisseaux afférents; [i° un vaisseau efférent ; 5° des lymphatiques ; 6" du tissu conjonctif.
Cellules hépatiques. — Elles sont polygonales ou quelquefois arrondies; elles ont une grande ressemblance avec les éléments d'un épithélium pavimenleux. Leur diamètre varie entre 0""",Oir) et 0""",025. Elles se composent d'une mince membrane d'enveloppe et d'un contenu coloré en jaune. Celui-ci comprend : un ou deux noyaux avec nucléoles; des granulations colorées de matières biliaires; de petits amas d'une substance étudiée par Mi\I. Cl. Bernard et SchilT et appelée amidon animal; enlin des granulations graisseuses, dont le volume et la quantité varient avec l'embonpoint des sujets ou avec la période digestive pendant laquelle le foie a été enlevé pour ôtrc examiné. Les cellules hépatiques sont pincées dans les mailles du réseau formé par les vaisseaux du lobule; elles en constituent la masse principale.
Fie. 183. — Conpc {l'un lohulc hépatique, d'après Cl. Bernard (*).
Canalicitles biliaires. — Chargés de transporter au dehors la bile sécrétée à l'inlérienr du lobule hépati(|ne, les canaliculcs biliaires forment autour de lui une sorte de ceinture qui accompagne les branches interlobulaires de la veine poric. En dehors et en dedans, cette ceintm-c, abandonne de petils prolongeinQuls : les premiers la font conununi(|uer avec les caualicidcs des lobules voisins; les seconds se plongent dans la substance du lobule où ils se perdent bientôt.
(*) V ir, vniiK' linpiiliiMM.' iiilr;i|rilMil iiri' m vi.irii' KilH-lii'iniliijuc ; VI', lintiirlii! iiit(M'li)l)iiliiiri'. In vi'iiii' R, riiiiilli's ilii iT!<(!imi'ii|.illnii r' 'lu l"l.iilr; i;, ri'lliili's lic'|inll(|Uij.s j II, i,'iiiiiillcillo8 hlliiiims ; li, Irjni' iii'iitiili.' iliinsi li' liiliiilc.
Dli L'AlTAllJilL UlGESl']!'' CHEZ LES MAAIMIFÈIIES.
Les caiialiciilcs biliaires oui pour parois une membrane propre, mince el amorpiie, doublée par un épilbélium à cellules polygonales plus petites que les cellules bépaliques.
Vorigine des canalicules biliaires, à l'intérieur des lobules, constitue un point d'Iiistologie sur le(|upl on n'est pas d'accord aujourd'liui. On a cru, el quelques auteurs croient encore, que les canalicules se terminent en culs-de-sac à une très-petite distance de la péripliérie du lobule, comme cela est représenté dans la figure 183. Mais on a remarqué qu'une itijection, poussée par le canal cliolédoque, ne s'arrêtait pas près de la péripbérie du lobule, qu'elle pénétrait, au contraire, jusqu'à son centre en cheminant entre les cellules hépatiques, comme on le voit sur la figure ISi. Dès lors, on a admis que les canalicules biliaires fournissent un réseau irès-fm autour de chacun des éléments cellulaires du foie. Cependant, il se rencontre dés histologistes qui ne partagent pas celte opinion. Pouf, la réfuter, ils se basent sur ce que ces très-fins canalicules n'ont pas de parois propres ; pour eux, le prétendu réseau qu'ils formeraient serait un simple système d'espaces intercelliilaires distendus par l'injection.
Kir,. 18'i. — Structure d'un lobule hépatique (figure schématique) (*).
Vaisseaux a/férents. — Ce sont des branches de la veine porte et de l'artère hépatique. - La veine porte, après avoir pénétré à l'intérieur du foie, se divise en branches de plus en plus petites qui anisscnt par former les veines interlobulaires ou veines sous-hepaliques.
Ces vaisseaux entourent le lobule, communiquent avec les veines interlobulaires voisines et abandonnent un grand nombre de ramuscules qui pénètrent à l'intérieur du lobule, s y anastomosent, et constituent le réseau capillaire hépatique. - L'artère
') 1 , VIMMI' l|li|i|llll|lie illIrMliplMlInil i; ■ O vimiu. , •! <
: Il's nii.illiiii'us du irst'uii ; 7, arlriv l,',.,,,, „ " u ' ' ,' ■^^"l'iUairc Jn lobulu ; H, 0, ^aii.e lvm|.1.alh|nc .'nl.m-
ilus™Mnw;livcs: ■10, rMui.MuMil,. I.llln;,:. .........
Iu'i^uIl's (Mjimi;i:livcs ; 10, rniiii'lioiiiL" 'iii|'iaïnr',\',',''.''i "V'' ^''""«li^'s se rMimissaiit un nisiMin raiVilUiii-e' dû lobule ; U, IniauialkiulM Mliuiius .■apillairos disUuidu luin F i, i r Ti' ,,' f^","'"'"'" l'iliaiiv i„lnilnh„laive ; 12, 13, réseau .le.tien des ettiiulieulus biliaiics eaidlliiiius • 15 ,.„l „'i "i' ' ,'■ bijl'ali,|ues si.|.aiv,!s les unes des autres par l'iuie.:-
I l'^.'-ellulw liui.uu.iiies dans la parlkMlu lobule mU'i.ijeclù '
iiijecliuu n'a pas péi
OKGANES ANNEXES UE LA POKTION ABDOMINALE DU TUBE DIGESTIF. /l/|9
liépalique fournit des rameaux qui se niêlent aux ramifications de la veine porte dans la constitution du réseau. Les branches principales de ce dernier se dirigent toutes de la périphérie vers le centre du lobule, où elles se réunissent sur le vaisseau afférent. Il résulte de celte disposition que les cellules hépatiques, qui remplissent les espaces laissés par les vaisse.-[ux, sont placées en séries rayonnantes.
Vaisseau effévent. — Placé au centre des lobules, ce vaisseau reçoit toutes les ramilications du réseau capillaire. On l'appelle veine intr alobulaire ou veine sus-hépatique ventrale. Elle est volumineuse et se met en communication avec les autres veines intra-lobulaires.
Lymphatiques. — Dans un lobule hépatique, on rencontre des vaisseaux lymphatiques très-lins qui entourent les branches du réseau hépatique. Ils forment là ce qu'on appelle des gaines lymphatiques, c'est-à-dire des canaux dans lesquels sont inclus les vaisseaux sanguins.
Tissu conjonetif. — Le tissu conjonctif intralobulaire est très-peu abondant, le lobule étant presque entièrement composé de cellules ou de vaisseaux capillaires; cependant on en trouve quelques trabécules autour des gaîues lymphatiques. 11 existe en plus grande quantité dans les espaces interlobulaires; dans certains animaux, surtout le porc, la capsule de Glisson envoie entre ces lobules des lamelles assez épaisses de tissu conjonctif.
Appareil excrétem- (fig. 185). — Très-siuiple, chcz les animaux solipèdes, cet appareil se compose. d'un conduit nommé canal cholédoque, résultant de la réunion de plusieurs troncs logés dans la scissure postérieure du foie, troncs qui viemient et du lobe droil, et du lobe moyen, et du lobe gauche. Suivies dans l'épaisseurdu tissu hépatique, ces branches se divisent en rameaux de plus en plus ténus, qu'on voit en définitive i)rendre naissance sur la périphérie des lobules, eu se continuant avec les canalicnles biliaires qui enveloppent et pénètrent ceux-ci.
Fie. 185. — Appareil excréteur du foie du cheval (*).
'/'rajet. — A sa sortie du foie, le canal cholédoque se loge entre les lames de l'épiploon hépato-gaslrique, gagne, en montant, la |)aroi du duodénum, et la traverse à 1") centimètres environ du pylore, en s'abouchant avec le principal canal pancréatique. Les orifices de ces deux conduits sont entourés d'nn repli muqueux circulaire (ampoule de Vater), généralement très-proéminent, faisant l'oflice d'une valvule destinée à empCcher le passage des substances alimentaires dans les ouvertures qu'elle circon-
(*) 'i I"!"' Kniirlm; 9, lohn iiinyon ; 3, lolie droit ilii liiii' ; i, Inluili! fli; Spigel ; 6, In vi'Àna ciivn |«isliM'ii;iii'i' à son
7> l'oi'li'; 8, l'aiiiil i^holéiloiniu ; !), iiiuici'énliiiiu' ; 10, iiisi'i'lioii coiiiiuiim- ili; iIlmix coliilnils sur l'inlustiii t^ri-lv.
cnAijVKAL'. — 2" (dit. 30
/,50 Dli l'appareil digestif chez les iMAMMlKEllES.
scrit. Celte valvule s'acquille de son rôle à merveille, elle ne laisse même point passer r l'air qu'on insuffle dans le duodénum.
Il entre dans la structure du canal cholédoque : 1" une membrane fibreuse, dans^ laquelle certains anatoniistes croient à l'existence de fibres lisses ; 2° un épithclimn cylindrique; 3° de nombreuses (jlandulcs en grappe s'ouvranUà la surface de l'épiihélium par de très-petits orifices.
Vaisseaux et nerfs du foie. — I^es vaisseaux sanguins du foie sont l'arièrc:] hépatique, la veine porte, les veines sus-hépatiques.
Vortère hépatique, branche de la cœliaque, pénètre dans la glande |)ar la scissure postérieure, en compagnie de la veine porte et du canal cholédo(|ue. Elle se divise, dans son épaisseur, en rameaux très-fins qui se jettent dans le réseau intra-lobulairc, ou bien s'anastomosent à la surlace des cnnnlicules biliaires, ou enfin s'épuisent soiti dans la membrane séreuse, soit dans les parois de la veine porte.
La veine porte est le vaisseau fonctionnel du foie. Elle gagne cet organe par la scissure postérieure. La capsule de Glisson accompagne ses ramifications jusqu'aux lobules hépatiques, où elles forment le réseau des veines sous-hépatiques.
Les veines sus-hépatiques sont ainsi appelées parce qu'elles gagnent la face antéro-supérieure des viscères pour s'aboucher avec la veine cave postérieure. Ce sont elles qui transportent hors du foie le sang amené par la veine porte et l'artère hépatique. Ces veines résultent de l'union des veines intra-lobulaires ou sus-hépatiques centrales. Elles se creusent un passage dans le tissu hépatique avec lequel leurs parois sont immédiatement en contact, se réunissent de proche en proche, et se jettent dans la veine cave postérieure à son passage dans la scissure anléricurc du foie. Le nombre des troncs qui s'ouvrent ainsi dans ce vaisseau est assez considérable; mais la plupart sont fort petits; le principal confluent se trouve placé à l'extrémité antérieure de la scissure.
Les lymphatiques forment un beau réseau superficiel très-facile à injecter, et des réseaux profonels placés autour des vaisseaux qui pénètrent par la scissure postérieure: dans les lobules, ils sont disposés comme nous l'avons décrit plus haut. Réunis aux, lymphatiques de l'estomac, ils constituent un tronc unique qui gagne la citerne souslombaire.
Les nerfs viennent suriout du plexus solaire; le foie "en reçoit aussi du pneumogastrique et des fileis diaphragmatiques. Ils enlacent l'artère hépatique et la veine porte. Ils sont inconnus dans leur terminaison.
Fonctions. — Les considérations les plus imporlanles se rattachent à l'étude des fonctions du foie. Nous ne saurions les exposer longuement ici sans sortir de notre sujet; du reste, le jour n'est pas complètement fait autour d'elles.
Le foie est une glande biliaire et une glande glycogène.
Cette glande sécrète la bile aux dépens du sang de la veine porte (jui revient des tuniques intestinales, chargé des substances assimilables absorbées par les veines des villosités. Ce fluide subit au sein du foie des modifications qui le débarrassent de ccrlains malériaux tout en alimentant la sécrétion de la bile.
La sécrétion biliaire est donc, sous ce rapport, une sécrétion cxcrémentiliclle; mais tous ses éléments ne sont pas rejetés au dehors; quelques-uns agissent sur les matières de l'ahmentalion , d'autres sont résorbés. Il résulte des recherches les plus récentes que la bile joue un rôle dans la dépuration du sang, dans la digestion et dans la caloriication. Dans la calorificalion, par ses éléments résorbés (p,i sont irès-riclies en carbone et hydrogène, corps éminemment propres à la production de la chaleur am-male.
Le loie est aussi une glande glycogène. Celte fonction du foie a élé démontrée par
ORGANES ANNEXES DE LA PORTION AUDOMiNALE DU TUliE Dlf.ESTJF. hb\
M. Cl. Bernard. Le sucre foriui! dans le foie osi vcrsr dans le sang cl sort de l'organe parles veines sus-h^patiqucs. Il prend naissance au sein des cellules Ii6paliques, par la iransl'ormalion de la substance que nous avons indiquée plus haut, sous le nom d'amidon animal, au contact d'une sorte de diastase qui existerait aussi ;i côté d'elle à l'iiilérieur des cellules.
l'ulin, on croit aussi que le foie est un organe hématogèno ; des globules rouges seraient créés dans sa masse aux dépens de la fibrine du sang qui le traverse.
On voit, d'après ce qui vient d'être dit, que le foie fournit deux produits trcs-différeiiis : la bile et le sucre. La connaissance de ce l'ail, rapprochée de la disposition intérieure, a engagé quelques anatomistes à considérer cet organe comme deux glandes qui se pénétreraient réciproquement.
D'après eux, il y aurait dans le foie une glande en tube formée par le système des canalicules biliaires, glande chargée de la sécrétion de la bile, et une glande en réseau, constituée par les cellules hépatiques,, qui serait chargée de la production du sucre.
Cette hypothèse perd de sa valeur si l'on admet que les canalicides biliaires pénètrent entre les cellules jusqu'au centre du lobule hépatique, et que, dans cette portion profonde, ils soient dépourvus d'épithélium. Il est donc probable (|uc le sucre et la bile sont formés dans les grandes cellules hépatiques, que le premier produit passe dans les veines, pendant que le second est déversé dans les canalicules biliaires.
Chez les Solipèdes, la sécrétion et l'excrétion du fluide hépatique, quQique plus active pendant la période digestive, s'exercent d'une manière continue.
Di-veloppcmciu. — Le foie du fœtus est remarquable par son énorme développe- I ment. Il fonctionne de bonne heure, car au moment de la naissance l'inieslin est rempli par le we'cowmm, produit de la sécrétion biliaire. Nous réservons une description plus i détaillée pour le moment où nous étudierons le développement du fœtus en général.
2" Du pancréas (flg. 182).
Cet organe a la plus grande ressemblance avec les glandes salivaires par sa sii'ucture : et ses propriétés physiques; aussi l'a-l-on ai)pelé glande sulivaire abdominale.
SUuation. — Jl est situé à la région sous-lombaire, en travers de l'aorte et de la I veine cave postérieure, en avant des reins, en arrière du foie et de l'estomac. Son poids est de 0\;i75.
Forme et rapports. — Le pancréas présente une forme assez irrégulière et variable suivant les sujets. Aplatie de dessus en dessous, traversée obliquement de sa face inférieure à sa face supérieure par une ouverture qui livre passage à la veine jiorle, et qui prend le nom (['anneau du pancréas, celte glande est tantôt triangulaire, tantôt allongée d'un côté à l'autre, et incurvée sur elle-même ; c'est avec cette dernière forme que nous l'envisagerons.
Ses faces pré.sentenl l'aspect lobulé des glandes salivaires. La supérieure adhère par du tissu conjonctif à l'aorte, à la veine cave postérieure, au tronc cœliaqiie, au plexus solaire^ aux vai.sseaux spléniques, au rein et à la capsule surrénale droite; elle est tapissée par le péritoine dans une certaine partie de son étendue. Vinférieure réjwnd il la ba.se du caecum et à la quatrième portion du côlon, par l'intermédiaire d'une couche celluleuse abondante. — Le bord antérieur, convexe et ondulé, se met en rapport avec le duodénum et le cul-de-sac gauche de l'estomac. Le postérieur est fortement concave, surtout dans la partie droite, et présente ers son milieu une écliancrure qui reçoit la veine porte avant son entrée dans l'anneau. — Vextrémiié droite, la plus mince,
U5'2 DE L'APPAHEIL digestif g EZ les MAMMIFÈKES.
adhère au duodénum, et présente les canaux excréteurs de la glande. La gauche se porte vers la base de la rate, en passant entre le cul-de-sac gauche de l'estomac et le rein du même côté.
Structure. — Elle rappelle celle des glandes salivaires ; elle en diffère par son épithélium. Ainsi;, au lieu de trouver, eu dedans de la mince membrane amorphe des culs-de-sac glandulaires du pancréas, un épithélium simple polygonal, on voit un épithélium fortement granuleux qui en remplit la cavité. Le pancréas reçoit le sang des artères hépatique et grande mésentérique, et les nerfs viennent du plexus solaire. Appareil excréteur. — Le pancréas offre deux canaux excréteurs : un principal, décrit par Wirsung, dont il porte le nom, et un accessoire. Le canal de Wirsung, logé dans l'épaisseur de la glande, mais plus près de la face supérieure que de l'inférieure, comprend d'abord deux ou trois grosses branches, qui ne tardent pas à se réunir en un tronc unique ; celui-ci sort du pancréas par l'extrémité gauche de l'organe. Plus large que le conduit cholédoque, il aboutit, comme on sait, au même point sur la surface duodénale. Le canal accessoire est beaucoup plus petit ; il part du tronc principal, reçoit quelques branches sur son passage, et s'ouvre isolément dans l'intestin grêle directement en regard du canal de Wirsung.
Le canal cholédoque et le canal de Wirsung ne Ijjf ^^|. ... a traversent pas directement les parois intestinales;
^lil^^^Slw^ ^'^ '® ^^^^^ obliquement, à la manière des uretères
WM^^ dans la vessie. Ils viennent s'ouvrir au milieu
1 1 -^i d'une valvule circulaire qui constitue Vampouk
de Vater. Celle ampoule est Limitée par un pre- FiG. 186. - Coupe demi-schémaiiquc ..gp,; ,ï,„f(ueux épais; en dedans de lui, ou
de 1 ampoule de Vater du cheval ( '). i i i ' j
en voit un second, plus mince, sous lequel débouche le canal cholédoque ; enfin, au fond de l'espace circonscrit par ce deuxième repli, on aperçoit, au-dessous d'une languette muqueuse flottante, l'orifice du canal de Wirsung. Telle est la disposition de l'ampoule de Vaier du cheval; on en prendra peut-être une meilleure idée en jetant les yeux sur la figure 186.
FOKCTiONS. — Le fluide sécrété par le pancréas jouit, d'après les belles recherches de M. Cl. Bernard, de la propriété d'émulsioniicr les graisses et de les rendre absorbables.
3« De la rate (fig. 182),
La rate s'éloigne des glandes, non-seulement par l'absence de canal excréteur, mais encore par les autres détails de son organisation. On la considère maintenant comme un ganglion vasculnire dont les usages ne sont point encore déterminés d'une manière précise.
Situation. — Elle est située dans la région diaphragmalique, tout près de l'hypochondre gauche, et comme suspendue à la région sous-lombaire, ainsi qu'à la grande courbure de l'estomac.
Forme. Direction. Rapports. - La rate offre la forme d'une faux, obliquement du-igée de haut en bas et d'arrière en avant. On y considère deux faces, deux bords, une pointe.
La face externe est en rapport avec la portion charnue du diaphragme et moulée sur interne, un peu concave, louche le gros côlon; elle présente parfois un pclit
s ouvrir en 3, le e„„„. .„o.é.io,p. / 4. ^.n^^JT.i^'J::^, ^""^
ORGANES ANNEXES DE LA PORTION ABDOMINALE DU TUBE DIGESTIF. /l53
lobule ou les iraces d'une lobulalion. — Le bord postérieur est convexe, mince et II. nichant. V antérieur, plus épais, concave, taillé en biseau aux dépens de la face interne, se trouve creusé d'une légère scissure longitudinale, qui loge les vaisseaux et les nerfs spléniqnes; il reçoit l'insertion du grand épiploon, par lequel on a vu que la rate tient à la grande courbure de l'estomac. — La base du viscère, ou son extrémité supérieure, épaisse et large, répond au rein gauche et à l'extrémité correspondante du pancréas; elle présente l'insertion du ligament suspenseur. La pointe, ou Vextrémité inférieure, est mousse et amincie.
Poids. — Le poids moyen de la rate est de 900 grammes ; nous l'avons rencontrée (luclquefois avec des dimensions énormes, deux à trois fois le volume normal.
Moyens de fixité. — La rate est un organe flottant dont les déplacements sont bornés par un ligament suspenseur et le grand épiploon. Celui-là est un repli péritoiiéal qui procède du bord antérieur du rein gauche et de la paroi sous-lombaire, et (jui est renforcé par du tissu fibreux élastique compris entre ses deux lames. On le voit
fixer sur la base de la rate et se confondre en dedans avec le grand épiploon. Ce dernier nous est connu; on sait qu'en se portant sur le côlon, il s'attache, à son passage, sur la scissure splénique, d'où il se répand à la surface de l'organe pour eh former le revêtement séreux.
Structure. — Le tissu de la rate se présente avec une couleur bleu violacé, tirant quelquefois sur le rouge ; il est élastique, tenace, mou, cède à la pression du doigt et en garde l'empreinte. Ce tissu, enveloppé à l'extérieur par le péritoine, comprend une charpente fibreuse, h pulpe splénique, les corpuscides de Malpighi, des vaisseaux et des nerfs.
Membrane séreuse. — Elle se développe sur toute la surface de l'organe, excepté dans la scissure du bord antérieur. Sa face interne adhère de la manière la plus intime à la tunique propre de la rate. Celte membrane n'est qu'une expansion des liens séreux qui bornent les déplacements du viscère.
Charpente fibreuse. — Sous la membrane péritonéale existe une tunique fibreuse épaisse et résistante, grenue et chagrinée à sa surface extérieure, envoyant, de sa face profonde, dans l'intérieur de l'organe, une multitude de prolongements dits trabécules, ([ui s'entrecroisent en tous sens, en formant un réseau cellulaire dont les mailles étroites et multipliées contiennent les autres éléments du viscère. En malaxant un morceau de rate sous un filet d'eau, on le débarrasse de ces derniers, et la charpente fibreuse dont nous parlons apparaît alors de la manière la plus parfaite avec sa texture aréolaire. On arrive au même résultat si l'on fait passer un courant d'eau continu par l'artère splénique. M. Kôlliker a trouvé dans la tunique propre de la rate et dans ses trabécules un tissu contractile particulier, les fibres-cellules musculaires, mêlées à des faisceaux de tissu fibreux inextensible ou élastique.
Pulpe ou boue splénique. — On désigne ainsi une matière pultacée, rougeâtre, qui remplit en partie les aréoles formées par l'entrecroisement des trabécules. Elle est soutenue par un réticulum très-délicat de tissu conjonctif. Elle est formée par des éléments nombreux, qui sont : des granulations pigmentaires, des noyaux libres, de grandes cellules avec plusieurs noyaux, des éléments lymphoïdes et des globules sanguins en voie de décomposition ou de transformation ; ces globules sont libres ou enveloppés par une membrane albuminoïde.
Corpuscules de Malpighi. — (^es corpuscules sont contenus, comme la pulpe splénique, dans les mailles du réseau fibreux de la rate, et enveloppés par cette pulpe. Éparpillés sur le trajet des petites artères, ces corpuscules, visibles à l'œil nu, repré-
m L'APPAlllilL DIGESTIF CHEZ LES MAMMlFtRliS.
sonlent des petits sacs clos de toutes parts et d'une couleur blancliàtre. Les corpuscules de nialpiglii sont constitués par la tunique adventice des artères, dans lacpielle se sont accumulés en certains points dos élémenis lymphoïdes. Ils ont donc une structure analogue à celle des follicules clos.
Veines. — Les brandies veineuses de la rate aboutissent toutes à la veine splénique, logée avec l'artère correspondante dans la scissure du viscère. Suivies du côté de leur origine, on leur voit perdre peu à peu leurs membranes constituantes et aboutir à des sinus qui ne sont plus tapissés que par la couche épithéliale du vaisseau. C'est dans ces sinus ([u'aboutissent les réseaux veineux capillaires qui succèdent aux capillaires
ar
Arllres. — Elles émanent de l'artère splénique h différentes hauteurs, et se plongent dans le tissu de la rate, en gardant leur indépendance réciproque. I,e.urs raiiiusculos terminaux ne s'ouvrent point, comme on l'a di-t, dans les sinus veineux ; ces ramuscules s'é|)uisenl par des pinceaux capillaires fort déliés, qui traversent la pulpe splénicpio pour se continuer avec le réseau veineux.
Vaisseaux lijmphatiques. — On les voit et sur la surface extérieure de l'organe, et le long du trajct des vaisseaux sanguins.
Nerfs. — Ils viennent du plexus solaire et enveloppent l'artère splénique, avec laqin'lle ils pénètrent dans la rate.
FiG. 187. — structure de la rate (figure schématique) (*).
D'après ce qui a été dit plus haut sur les dispositions des artères et des veines de la rate, on. voit que les aréoles formées par les trabécules de la charpente fd)reuse renferment la pulpe splénique, mais ne sont pas des cavités mises en communication avec
l)iil|t(' s]>lr>ni<|iu' ; ' ' aine tle
m fl , , , là ,^ U.n„i„„i.,n„ de lu ,il,,illai,.o des capilluin-s ; 10, arléro; dos pi„-
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