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CHAPITRE PREMIER Appareil de la respiration chez les mammifères

Dans cet appareil, nous étudierons d'abord les organes situés en dehors de la cavité thoracique, c'est-à-dire les cavités nasales, le larynx et la trachée, puis la poitrine et l'organe qu'elle renferme ou le poumon.

A cette étude sera jointe celle de deux organes glandiformes dont les usages sont inconnus, mais qui, par leurs connexions anatomiques, se rattachent à l'appareil respiratoire : nous voulons parler du corps thyroïde et du thymus.

Ces cavités, au nombre de deux, l'une droite et l'autre gauche, offrent à étudier • leur entrée, ou les naseaux, les fosses proprement dites qui constituent ces cavités, et ! les diverticules désignés sous le nom de smws.

Préparation. — Enlever la mâchoire iiiCérieure sur trois tûtes. Pratiquer sur la première deux coupes transversales, l'une passant entre la deuxième et la troisième molaire, l'autre derrière l'arcade dentaire. Scier la seconde tête en long et verticalement, un peu sur le côté de la ligne médiane. Exécuter sur la troisième une coupe horizontale, de manière à obtenir une pièce inférieure analogue à celle qui est représentée par la figure 21 .

1° Des naseaux.

Les naseaux, ou les narines, représentent deux ouvertures latérales obloiigues, per-» cées sur la partie qu'on désigne en extérieur sous le nom de bout du nez, circonscrites par des lèvres ou ailes mobiles, disposées dans une direction oblique de haut en bas et de dehors en dedans, et légèrement courbées sur elles-mêmes de manière à présenter leur concavité du côté externe.

Les lèvres ou ailes du nez sont tapissées en dedans et en dehors par une peail mince, délicate, couverte de poils fins et courts. V externe est concave à son bord libre; V interne est convexe. — La commissure qnv réunit supérieurement ces deux lèvres forme une légère crosse recourbée en dedans. Le doigt introduit par cette commissure ne pénètre point dans la cavité nasale, mais dans la fausse narine, cul-de-sac co nique formé par la peau, lequel remonte dans l'angle rentrant compris entre le prolongement nasal et l'apophyse montante de l'intermaxillaire. Chez l'âne, la fausse narine, d'après M. Goubaux, sçrait aréolée à son fond qui remonterait au delà du sommet de l'angle rentrant formé par le prolongement nasal et l'intermaxillaire. — La commissure inférieure, large et arrondie, offre profondément un trou, quelquefois double, qui semble percé à l'emporle-pièce : c'est l'orifice inférieur du conduit lacrymal, orifice qu'on trouve, dans l'âne et le mulet, reporté sur la face profonde de l'aile externe, près de la commissure supérieure.

Structdre. — Le naseau présente dans son organisation une charpente cartilagineuse, des muscles pour le mouvoir, des téguments, des vaisseaux et des nerfs.

Charpente cartilagineuse (fig. 192). — Celle charpente est constituée par un cartilage recourbé comme une virgule et adossé, dans sa partie moyenne, à celui du côté opposé, et formant avec lui une espèce d'X. Fixé d'une manière mobile, à l'aide de courtes fibres interposées, sur l'exlrémité inférieure de la cloison médiane du nez, ce cartilage offre : une partie supérieure élargie, placée dans l'épaisseur de l'aile inlerne du naseau et recouverte par le muscle transversal du nez (fig. 192, 1); et une partie inférieure qui, après avoir passé dans la commissure d'en bas, .se prolonge en pointe mousse jusque dans l'aile externe, où elle reçoit l'insertion de plusieurs faisceaux musculeux, appartenant à l'orbiculaire des lèvres, au pyramidal du nez et au sus-naso-labial (fig. 192, 2).

Chaque aile po.ssède donc son squelette cartilagineux ; mais celui de l'aile externe est fort incomplet, puisque cette charpente est constituée seulement par l'extrémité inférieure du cartilage commun.

Ce cartilage, on le comprend, soutient les ailes du nez, empêche leur affaissement, et maintient toujours béantes les ouvertures extérieures de l'appareil respiratoire.

Fig. 192. — Cartilages du nez (*).

(•) 1, partie élnrgic qni fnrmo la bosu de l'uilo interne dn nez ; S, cxlréinité rétrécio se prolongeant dans Tnilo uxternp ; 3 bord snpôrienr ou antérieur dt lu cloi«oh.

[^^^^ APPAUEIL DE LA UlCSPlIlATION CHliZ LES MAMMIFÈBES.

Muscles. — Les muscles moteuis des ailes du nez sont tous dilatateurs chez ikjs animaux domestiques. Nous citerons : le naso-lransversal, ou transversal du nez, muscle impair placé sur la portion élargie des pièces cartilagineuses; le (jra7id sus- )ii.axillo-nusal ou pyramidal du nez, dont l'insertion terminale occupe toute i'étendiir de Taile externe ; le petit sus-maxillo-nasal, fixé par ses deux portions sur la peau la fausse narine; le mitoyen antérieur, qui se confond supérieurement avec le faisceau externe du muscle précédent, en s'attachant sur la branche inférieure de l'appendice cartilagineux du cornet maxillaire; enfin le sus-naso-labial, dont la branche antérieure s'insère en partie sur l'aile externe du naseau. Tous ces muscles ayant été décrits eu Myologie (voy. page 234), nous ne nous en occuperons pas davantage.

Téguments du naseau. — La peau qui revêt les ailes du nez à l'extérieur se replie sur leur bord libre pour tapisser leur face interne, se prolonger dans toute l'étenduede la fausse narine, et se continuer dans la fosse nasale proprement dite avec la meui-brane pituitaire. Cette peau, fine, mince, chargée de pigment colorant, souvent mar-brée par des taches de ladre, adhère intimement aux muscles qui se trouvent comprisentre ses deux feuillets, adhésion qui s'opère par l'intermédiaire d'un tissu cellulofibreux très-dense et très-résistant.

Vaisseaux et nerfs. — Le sang est apporté aux naseaux par les artères coronaires^ supérieures, nasales externes et palafo-labiales ; il revient dans les veines glosso- faciales, et se déverse en partie dans le réseau veineux de la muqueuse du nez. — Leslymphatiques, gros et abondants, reçoivent ceux de la pituitaire et se jettent dans lesganglions sous-maxillaires en passant sur les joues. — Quant aux nerfs, qui sont forti nombreux, les uns, de nature sensible, viennent de la branche maxillaire de la cin--' quième paire encéphalique; les autres, moteurs, émanent du facial.

FONCTJONS. — Les naseaux donnent entrée dans les cavités nasales à l'air qui doiti pénétrer jusqu'au poumon. Leur dilatai)ilité leur permet d'en admettre plus ou moins, , suivant les besoins de la respiration. Il est à remarquer que, chez les Solipèdes, lesnaseaux constituent la seule voie par laquelle la colonne aérienne puisse s'introduire ■ dans le tube trachéal, en raison du grand développement du voile du palais, qui s'oppose • à l'entrée de l'air par la bouche; aussi ces orifices sont-ils relativement plus larges quedans les autres animaux domestiques. Chez ceux-ci, le passage de l'air atmosphérique ■ par la cavité buccale s'elfectue au contraire très-facilement.

2° Des fosses nasales proprement dites (fig. 193, 19û).

Creusées dans l'épaisseur de la tète, au-dessus et en avant de la voûte palatine, sé-parées l'une de l'autre, dans le plan médian, par une cloison cartilagineuse qui n'existe • point dans le squelette, les fosses nasales s'étendent depuis les naseaux jusqu'à la lame ■ criblée de l'ethmoïde, dans une direction parallèle au grand axe de la tête. Leur Ion-gueur est donc exactement mesurée par celle de la face. (Voy. la figure 193 pour l'en-semble de ces cavités.)

On considère dans les fosses nasales deux parois latérales, un plafond ou une voûte, . un plancher et deux extrémités.

Parois. — Les deux parois sont Irès-rapprochécs l'une de l'autre, et d'autant plus- (pi'on les examine plus près de l'ethmoïde et du plafond de la cavité. L'espace qui les« sépare varie, du reste, suivant qu'on le mesure au niveau des cornets ou des méats.

Paroi interne. - Elle est formée par la cloison nasale et pai faitemeni lisse.

Paroi externe. — Celle-ci, principalement constituée par le grand sus-maxillaire, .

DtS CAVIThS NASALES.

ise montre, au coiitraiie, très-anfraclueuso, partagée qu'elle est en trois méals ou Igovlttères, par les cornets, ces colonnes irrégulières appliquées sur la face interne de l'os précité.

Les cornets sont déjh connus (voy. page 53); nous rappellerons seuleuicnl les traits principaux de leur organisation. Formés chacun d'une lame osseuse roulée sur ellemême (fig. 193, 2, 3), divisés intérieurement en deux sections, l'une supérieure, qui fait partie des sinus, l'autre, inférieure, appartenant aux fosses nasales proprement

Fin. 193. — Coupe transversale de la tête, pratiquée sur un vieux cheval, montrant la disposition

des cavilés nasales et de la bouche (*).

dites, ces cornets sc^ continuent inférieureinent par une charpente fibro-cartilagi neuse qui prolonge leur section nasale jusqu'à l'orifice externe du nez. L'appendice flexible du cornet clhmoïdal est ordinairement simple, quelquefois double, et se perd avant d'atteindre les ailes du nez. Celui du cornet maxillaire est toujours bifurqué, et sa branche anléro-supérieure se continue directement avec l'extrémité supérieure de l'aile interne du naseau.

Les méats sont distingués en supérieur, moyen el inférieur^ ou en antérieur, moyen et postérieur, suivant que l'on considère la tète dans la direction verlicale ou dans la direction horizontale. — Le supérieur longe le bord correspondant du cornet clhmoïdal et se confond avec la voûte de la cavité du nez ; il se prolonge en arrière jusqu'auprès de la lame criblée de l'ethmoïde : c'est le plus étroit. — Le moyen, compris entre les deux cornels, présente, en airivant près des volutes ethmoïdales, la fente qui met tous les sinus en communication avec la fo'so nasnle. Celle fente est ordinairement étroite et disposée en ligue courbe; mais nous l'avons vue quelquefois convertie en un large trou qui permettait l'introduction du bout du doigt. C'est par ce méat aussi que

(■) \, fossn iinsiile ; 2, cornet siipcTitiir ; 3, «nriict inrùrioiir ; 4, doisoii inédiiinc du nez ; .'i, pnrlio (wnlnilc de! lu cavitr bupcnle (on l'o umiitn'ie « dessein pins niincicnsc iiuVlIn n'est réullcnient diins l'élut de; niiipnicliiMnent des deux mftclioires); 0,0, parties lalC-rnles de lu ni^me ; 7, ennpe de lu Iniijjne.

i,70 APPAREIL DE LA RESPIRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES.

le compartiment inférieur des cornets s'ouvre dans la fosse nasale, ces deux organes s'enroulant comme on sait en sens inverse l'un de l'autre.— Quant au méot inférii irr, situé sous le cornet maxillaire, il n'est point distinct du plancher de la cavité du nez. (Consulter la figure \%'\ pour la disposition des cornets et des méais sur la paroi externe du nez.)

Plafond ou voûte. — Cette voûte, formée par l'os nasal, ne représente qu'une étroite gouttière, confondue, comme il a été dit, avec le méat supérieur.

Plancher. — Plus large, mais moins long que le plafond en regard duquel il se trouve placé, il en est distant de toute la hauteur de la cloison cartilagineuse. Concave d'une paroi à l'autre, ce plancher repose sur la voûte palatine, qui sépare ainsi la bouche des cavités du nez.

Tout h fait en avant, on remarque sur cette région de la fosse nasale l'orifice du canal ou de l'organe de Jacobson, court conduit terminé en cul-de-sac au milieu de la substance cartilagineuse qui bouche l'ouverture incisive. Au fond de ce cul-de-sac aboutit un deuxième canal, plus long, plus ample, plus remarquable et non encore signalé. Celui-ci présente quelquefois le diamètre d'une plume à écrire. Il commence, par un cul-de-saCj au niveau de la deuxième dent molaire, longe d'arrière en avant le bord inférieur du vomer, où il se trouve enveloppé par une sorte de gaîne cartilagineuse, dépendance de la cloison nasale, et se termine, comme nous avons dit, après un trajet de 12 centitnèlres environ. La structure de ce conduit rappelle celle des canaux excréteurs des glandes : on trouve évidemment deux couches dans ses parois, l'une interne.

FiG. 194. -r- Coupe antéro-postérieure de la têle, montrant dans leur ensemble la bouche, l'arrière-bouche, le larynx et les cavités nasales (*).

muqueuse, très-riche en follicules et plissée longitudinalement ; l'autre externe, de nature fibreuse. Ces membranes reçoivent de nombreux vaisseaux et des divisions nerveuses émanées d'un long filet venu du ganglion sphéno-palatin, filet qui peut être suivi au côté externe du canal jusqu'auprès de l'ouverture incisive, où il se perd. Tel est l'organe de Jacobson dans son ensemble. La signification en est parfaitement inconnue.

n, cloison trniisverse ou tente du cervelet ; 18, lùvre sup^naure ; ly, K.vi'ù infî-neHre

DES CAVITÉS NASALES. Ull

Extrémités. — Vextrémité antérieure ou inférieure de la fosse nasale est consliluée ( par la narine, déjà décrite. — Vextrémité postérieure ou supérieure présente, en hiiut, un arrièro-fond occupé par les volutes ellimoïdalcs (voy,, page hl, la descripliou de ces volutes). En bas et en arrière, cette exlréaiilé communique avec la cavité l'Iiaryngienne par une ouverture ovalairc largement béante, circonscrite par le vomer I l l'os palatin : c'est là l'ouverture gutturale de la fosse nasale.

STRUCTUiiH. — Les fosses nasales offrent à étudier dans leur organisation : 1° la char-

nte osseuse au sein de laquelle sont creusées ces cavités ; 2° la cloison cartilagineuse ni les sépare l'une de l'autre; 3° la membrane pituitaire, couche muqueuse qui revêt

iirs parois.

\° chni-pento osseuse des fosses nasales. — Celte charpente comprend : 1° les - nasaux, les sus-maxillaires, le frontal et les palatins, représentant dans leur isemble un vaste tube irrégulier qui circonscrit les fosses nasales; 2° Vethmoïde,Qccuiiit le fond de cette cavité tubuleuse, et les cornets appliqués sur ses parois latérales;

le vomer, placé dans le plan médian, et servant de point d'appui à la cloison carti- -,'ineuse qui divise cette cavité unique en deux compartiments. Tous ces os ayant été étudiés déjà avec détail, nous nous bornons ici à cette simple énumération.

2" Cloison médiane du nea (fig. 193, U). ■ — Formée de Cartilage susceptible de s'ossifier, celte cloison n'est autre chose que la lame perpendiculaire de l'ethmoïde prolongée jusqu'au bout du nez. Sa forme allongée permet de lui reconnaître deux faces, deux bords et deux extrémités.

Les faces sont creusées d'une multitude de rigoles qui logent les divisions anastomotiques du magnifique plexus veineux de la membrane pituitaire.

Le bord supérieur, soudé au frontal et à la suture médiane des os nasaux, s'épanouit à droite et à gauche sur la face interne de ceux-ci, en formant deux lamelles amincies à leur bord libre^ dont la coupe est représentée dans la fig. 193. Ces lamelles sont assez larges en avant pour déborder le prolongement nasal. — Le bord inférieur est reçu dans la mortaise du vomer.

Vextrémité postérieure se continue sans délimitation précise avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. — Vextrémité antérieure, un peu moins large, porte les cartilages des nasaux. Elle se soude par en bas avec les os inter-maxillaires, et s'étale sur les ouvertures incisives en une couche épaisse qui bouche exactement ces ouvertures.

Cette cloison est recouverte d'un périchondre épais qui adhère d'une manière assez intime à la membrane pituitaire.

3° Pituitaire. — Cette membrane, désignée encore sous les noms de muqueuse olfactive, membrane de Schneider, se continue avec le tégument cutané qui tapisse la face interne des ailes du nez. Considérée d'abord sur la paroi interne de la fosse nasale, on voit la pituitaire recouvrir la cloison cartilagineuse qui forme cette paroi, puis se replier sur le plafond ainsi que sur le plancher de la cavité, pour gagner la paroi externe, qu'elle revêt en enveloppant la surface extérieure des cornets, et en s'insinuant, par le méat moyen, dans les cellules du compartiment inférieur ou antérieur de ces colonnes ostéo-cartilagineuses. La pituitaire pénètre aussi par la fente semi-circulaire de ce méat dans les sinus, pour en former le revêtement muqueux. Elle se prolonge également dans l'appareil de Jacobson. En arrière, elle se confond avec la membrane interne de la cavité pharyngienne.

Sa face profonde se trouve séparée, par le périoste ou le périchondre, des parois osseuses ou cartilagineuses sur lesquelles est étalée la membrane. Elle s'unit aux deux

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feuillets précités d'une manière d'autant plus intime que son épaisseur est moindre; néanmoins on la distingue fort bien de ces deux lames fibreuses dans toute l'étendue de la fosse nasale. Quant à la face libre, ou superficielle, elle présente de nombreux orifices glanduleux et se trouve constamment recouverte d'un mucus abondant, qui prévient la dessiccation à laquelle cette face est exposée par le passage incessant de la colonne aérienne.

Structure. — L'organisation de la pituitaire rappelle celle de toutes les muqueuses, mais elle présente quelques différences, suivant qu'on l'examine près des nasaux ou dans le fond des cavités. Aussi distingue-t-on habituellement la pituitaire en deux poions : la muqueuse olfactive qui tapisse la partie supérieure du cornet ethmoïdal ei les volutes de l'ethmoïde ; la membrane de Schneider qui recouvre les deux tiers inférieurs des cavités nasales.

Le chorion de la membrane de Schneider est épais, mou, rosé, spongieux et offre ■ peu de ténacité ; il contient dans son épaisseur un grand nombre de vaisseaux et de glandules. Ces organes sont des glandules muqueuses ou en grappe. Ils sont extrêmement abondanis dans le feuillet muqueux qui recouvre la cloison médiane du nez; ils sont assez nombreux à la face interne de l'appendice cartilagineux des cornets, mais rares ou totalement absents à la face externe de ces derniers organes. Vépithélium est vibratile, stratifié, à cellules arrondies dans la profondeur, cylindrique à la surface.

La muqueuse olfactive didère de la précédente par sa plus grande minceur, sa délicatesse, sa couleur un peu jaunâtre et la nature de son épithélium. Le chorion renferme des glandules en tubes droites ou légèrement contournées, dites glandes de Bownian. — Ij' épithélium cylindi'ique, stratifié, et très-facilement altérable; chez les animaux, il est dépourvu des cils vibraiils qui surmontent l'épithélium de la membrane de Schneider. Les cellules profondes renferment quelques granulations pigmentaires jaunâtres. Schullze y décrit des cellules olfactives, éléments fusiformes qu'il considère comme jouant un rôle dans l'exercice de l'olfaction. Ces cellules offrent deux prolongements : un profond, qui se met en relation avec les fibres du nerf olfactif; un superficiel, qui se plonge entre les cellules épithéliales et tend à se rapprocher de la surface libre de la membrane.

Les artères ophthalmique et nasale apportent le sang à la pituitaire. Il se rend ensuite dans de larges veines anastomotiques, qui forment dans la couche profonde de la membrane un magnifique plexus à mailles serrées et allongées, d'où il gagne enfin la veine satellite de l'artère nasale. Cette disposition plexueuse des vaisseaux veineux est tellement prononcée dans certains points, comme sur les appendices des cornets, qu'elle donne à la muqueuse l'aspect d'une sorte de tissu érectile. On comprend qu'en favorisant la stagnation du sang, elle prédispose aux hémorrhagies.

Les lymphatiques de la pituitaire n'ont pu être injectés pendant longtemps ni sur l'homme ni sur les animaux; aussi plusieurs anatomistes ont nié l'existence de ces vaisseaux. Cependant ils existent et forment un beau réseau superficiel sur la cloison médiane du nez, sur les corneis et les méats. Les troncs qui parlent de ce réseau se rendent aux ganglions sous-maxillaires.

Les nerfs de la pituitaire sont nombreux; ils viennent de la première paire, puis de la cinquième et du ganglion de Meckcl.

Les ramifications du nerf olfactif au sortir des trous de la lame criblée de l'ethmoïde se rendent sur la paroi interne et sur la paroi externe des cavités nasales; elles sont destinées à la muqueuse olfactive, par conséquent ne descendent pas au-dessous du tiers supérieur des cavités. Elles forment d'abord un plexus serré, et ensuite se ler-

DES CA-VITÉS NASALES. UTi

iniiient d'tuio manière (|ni n'est pas parfaitement connue. Schullze admet qu'elles se I minent sur les cellules olfactives que nous avons signalées plus liant. I.es branches qui proviennent de la cinquième paire et du ganj^lion de Meckel sont ,iirtont destinées à la membrane de Schneider; elles portent les noms de hranches ciliinoïdales du nerf palpébro-nasal et de nerf sphéno-palatin. Klles communiquent à la muqueuse du nez une sensibilité générale assez vive; on croit qu'elles sont utiles à il olfaction, qu'elles rendent plus parfaite.

3° Des sinus.

Les sinus sont des cavités très-anfractueuses, creusées dans l'épaisseur des os de la tête, sur la limite du crâne et de la face, autour des masses ethmoïdales, qu'elles enveloppent.

Ces cavités, diverticules des fosses nasales, sont paires; on en compte cinq de chaque côlé, qui sont : les sinas frontal, maxillaire supérieur, sphénoïdal, ethmoïdal el maxillaire inférieur. Les quatre premiers comn)uniquent ensemble ; le dernier est ordinairement parfaitement isolé.

Sinus frontal. — Cette cavité, située au côté interne de l'orbite, présente des parois fort irrégulières, qui sont formées par le frontal, l'os nasal, le lacrymal, l'ethmoïde et la partie supérieure du cornet ethmoïdal. Il communique avec le sinus maxillaire supérieur par une vaste ouverture percée dans une très-mince cloison osseuse. iUne épaisse lame verticale, souvent déviée à droite ou à gauche, mais toujours imperforée, sépare ce sinus de celui du côté opposé.

Sinus maxillaire supérieur. — Creusé en dessous de l'orbiie, entre le grand sus-maxillaire, le zygomatique, l'ethmoïde et le lacrymal, ce diverticulc, le plus vaste de tous, se trouve partagé en deux grands compartiments par le conduit sus-maxillodentaire, qui le traverse. Le compartiment interne constitue une sorte de bas-fond, continu avec les sinus sphénoïdaux, et présente une fente étroite qui pénètre dans le sinus ethmoïdal. Le compartiment externe est séparé, en avant, du sinus maxillaire inférieur, au moyen d'une cloison que M. Goubaux a démontré, contre les idées géné ralement admises, être imperforée à tous les âges de la vie. Il est vrai qu'il l'a trouvée si mince quelquefois, qu'elle était réduite aux deux feuillets muqueux adossés. Nous avons vu cette cloison percée d'un orifice de communication avec le sinus maxillaire inférieur. Ce compartiment offre en saillie les racines des deux dernières molaires, et se prolonge en arrière dans la protubérance maxillaire.

Sinus sphénoïdal. — Ce sinus est le i)lus petit après celui de la grande volute ethmoïdale. Formée par le sphénoïde et le palatin, cette cavité est fort irrégulière et subdivisée par des cloisons incomplètes en plusieurs compartiments, qu'on peut toujoms ramènera deux : l'un, antérieur, compris entre les lames du palatin; l'autre, postérieur, creusé dans le corps du sphénoïde. Adossé sur la ligne médiane, contre le sinus du côlé opposé, il s'en trouve séparé par une lame tourmentée, qui se perfore constamment, même chez les jeunes animaux.

Sinus ethmoïdal. — Nous désignons sous ce nom la cavité intérieure de la grande volute ethmoïdale. Cette cavité constitue un véritable sinus, qu'une fente étroite fait toujours communiquer avec le sinus maxillaire supérieur, et non pas avec le sinus frontal, comme. nous l'avons imprimé par inattention en faisant la description de l'ethmoïde.

Sinus maxillaire inférieur. — Ce dernier diverticule est remarquable en ce

l^Tl^ APPAREIL DE LA RESPIRATION CHEZ LES MAMMIFÈRES.

qu'il ne comimmique point avec les antres, et qu'il constitue ainsi un groupe à part. ^ Creusé dans l'os grand sus-maxillaire et séparé du sinus supérieur par la cloison im-perforéedont nous avons déjà parlé, il est partagé, comme ce dernier sinus, en deux\i compariiments ; l'un interne, prolongé dans la cavité supérieure du cornet maxillaire; • l'autre externe, le plus petit, montrant les racines de la quatrième molaire, rarement celles de la iroisième. Ce sinus ue descend donc point, comme l'a prétendu Rigot, audessus des trois avant-molaires. La tête étant supposée verticale, il ne dépasse point i par en bas, dans un cheval adulte, l'extrémité de l'épine maxillaire, en avant de laquelle il faut creuser pour arriver dans son intérieur. Le sinus maxillaire infériew\ cliezi l'âne, communique avec le sinus maxillaire supérieur. « Ces deux parties du sinusi maxillaire ou les deux sinus maxillaires, dit M. Goubaux, communiquent toujours trèslargement entre eux chez l'âne. Je n'ai jamais "vu d'exception à cette observation. Celtei particularité tient à ce que la base ou l'extrémité postérieure du cornet inférieur avortée dans son développement, et ne peut pas se recourber assez pour venir rejoindre la faces interne du grand sus-maxillaire et s'y attacher. »

Orifice de communication des sinus avec la fosse nasale. — Tous lesi sinus d'un même côté communiquent avec la fosse nasale correspondante, par la fentee courbe qui a été signalée au fond du méat moyen. Cette fente pénètre dans le sinus s maxillaire supérieur, sous la cloison qui le sépare du sinus frontal; elle arrive également dans le sinus maxillaire inférieur, qui communique ainsi isolément avec la cavité nasale, , tandis que les autres diverticules s'ouvrent en commun dans cette cavité, par l'intermédiaire du sinus maxillaire supérieur.

Membrane muqueuse des sinus. — En pénétrant dans les sinus pour en tapisser ( les parois, la pituitaire devient extrêmement mince et perd sa grande vascularité. On la i trouve immédiatement appliquée sur les os, auxquels elle sert de périoste.

Développement des sinus. — Ces cavités commencent à se développer chez le foetus, et se creusent peu à peu dans l'épaisseur des os qui concourent à les former. On i les voit s'agrandir pendant toute la vie de l'animal, par l'amincissement des lames > osseuses qui les entourent ou les cloisonnent, et surtout par suite de la pousse desdents molaires supérieures, dont les racines font saillie en dedans de ces cavités. L'ap-parition du sinus maxillaire inférieur est plus tardive que celle des autres ; elle ne sur- vient cependant point vers l'âge de sept à huit ans seulement, comme l'ont prétendu i la plupart des anatomistes vétérinaires. M. Goubaux a prouvé que ce sinus existe déjà > à l'âge de six mois; sur une tête déposée depuis plusieurs années au cabinet de l'écolê ' de Lyon, tète d'un poulain de fort petite stature, âgé d'un an environ, ce sinus se montre ' déjà, dans sa partie externe, haut de k centimètres et large de 2.

Fonction des sinus. — Les sinus, diverticules des cavités nasales, ont-ils des usages qui se rattachent à ceux de ces cavités elles-mêmes? Il est probable, sinon absolument ; sûr, que non. Rien ne prouve, en effet, qu'ils aient un rôle à remplir dans la respiration ou dans l'olfaction. Ils semblent avoir pour usage exclusif de donner plus de volume > à la tête sans augmenter son poids, et de fournir ainsi de larges surfaces d'insertion aux ; muscles fixés sur cette région osseuse. On trouve en effet ces cavités d'autant plus • amples que les muscles dont nous parlons sont plus forts et plus nombreux.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES CAVITÉS NASALES DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.

1° Naseaux. — Chez le Bwsuf, les naseaux, placés de chaque côté du mufle, sont plus étroits et moins mobiles que dans le cheval.

If

Dans le Porc, le bout du nez constitue le groin, dont la surface antérieure, plane l'i orbiciilaire, oiïre les orifices externes du nez. Ce gimn, véritable organe de tact, employé par l'animal pour fouir le sol, est couvert d'une peau noirâtre ou rosée, huiiiitle, comme le mufle des grands ruminants. Il a pour base l'os du boutoir, pièce parliciilière située îi l'extrémité de la cloison nasale, entre l'épine du nez, d'une part, les piîiits sus-maxillaires, d'autre part, et enveloppée d'une coucbe de cartilage qui s'étend .iiilour des naseaux. On distingue aisément dans cet os deux moitiés symétriques qui ! ("présentent évidemment les deux pièces cartilagineuses du nez des Solipèdes.

Chez le chicn, le bout du nez forme une région saillante, chagrinée, nue, ordinairement noirâtre, humide, quelquefois divisée par un sillon médian; c'est sur cette région que se trouvent percés les naseaux, dont la forme rappelle deux virgules opposées par leur partie convexe. La charpente cartilagineuse qui soutient ces orifices n'est point constituée par des pièces isolées; ce n'est qu'une dépendance de la cloison médiane et des appendices des cornets.

Les mômes considérations s'appliquent aux narines du Chat, sauf la couleur du tégument, qui est presque toujours rosée comme les surfaces muqueuses.

2° Cavités nasales. — Les fosses nasales du Bœuf, du Mouton et de la Chèvre se distinguent par la présence d'un troisième cornet, Vantre olfactif, et par la communication qui existe entre elles, eu arrière, par-dessous le bord inférieur du vomer. On a déjà vu que, chez ces animaux, comme dans ceux dont il nous reste à parler, le canal de Jacobson traverse d'outre en outre la voûte palatine.

Chez le Porc, les fosses nasales sont longues et étroites.

Elles sont, au contraire, très-courtes dans le Chien et le Chat, et les cellules intérieures des cornets, remarquables par leur nombre et leur complication, communiquent toutes avec les fosses nasales proprement dites, sans concourir à la formation des sinus.

3° Sinus. — Chez le Bœuf, les sinus frontaux se prolongent dans les chevilles osseuses qui supportent les cornes, et jusque dans le pariétal et l'occipital; ils enveloppent donc de la manière la plus complète la partie antérieure et supérieure du crâne, en formant une double paroi à cette boîte osseuse. Ces sinus sont extrêmement diverticulés. Ils ne communiquent point avec ceux des os grands sus-maxillaires. On les voit s'ouvrir de chaque côté, dans les cavités nasales, par quatre trous ordinairement percés sous la base de la grande volute ethmoïdale. D'après Girard, trois de ces orifices mèneraient dans des compartiments spéciaux, isolés les uns des autres et groupés autour de l'orbiie, d'où le nom de sinus orbitaires, par lequel il a désigné ces diverticules des sinus frontaux.

Ce même auteur a nié la présence des sphénoïdaux; mais ils existent, quoique peu spacieux, et sont en communication avec les précédents.

Le sinus de la grande vohUe ethmoïdale se comporte comme dans le cheval.

On ne trouve qu'une paire de sinus maxillaires, sinus très-vastes, partagés en deux compartiments par une lame osseuse qui supporte à son bord supérieur le conduit SHS-maxillo-dentaire^ comme le sinus maxillaire supérieur des Solipèdes. Le compartiment externe, ou maxillaire, se prolonge dans la protubérance lacrymale; l'interne occupe l'épaisseur de la voûte palatine. Un large orifice, percé à la base du cornet maxillaire, fait communiquer ce sinus avec la fosse nasale.

Dans le Mouton ct la Chèvre, il existe une semblable disposition des sinus de la tête; mais ces cavités sont bien moins spacieuses que dans le bœuf; les sinus frontaux en particulier ne remontent point au delà du bord supérieur de l'os frontal.

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