‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 124 sur 262 · UQU APPAREIL DE LA RESPIKATION CHEZ LES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

UQU APPAREIL DE LA RESPIKATION CHEZ LES MAMMIFÈRES

Le ùord supérieur, épais, arrondi et convexe, est logé dans la gouttière vertèbres costale. — L'inférieur, beaucoup plus court et plus mince, se trouve profondémeni écbancré au niveau du cœur, plus du côté gauche que du côté droit. — Le postériew est ellipsoïde et circonscrit de loules parts la face diaphragmatique, qu'il sépare des faces costale et médiastine.

Structure. — Une enveloppe séreuse extérieure, un tissu propre fondamental, des vaisseaux, des lymphatiques, des nerfs : tels sont les éléments qui entrent dans l'organisation du poumon.

Enveloppe séreuse. — Cette enveloppe n'est autre chose que la plèvre pulmo.

naire, déjà décrite.

Tissu fondamental. — Caractères physiques. — Le tissu pulmonaire se pré sente chez l'adulte avec une belle couleur rosée ; il est plus foncé chez le fœtus qui n'a point respiré. Quoique très-mou, il offre une très-grande force de résistance; on ne le déchire qu'avec difficulté. Son élasticitéest remarquable; elle concourt à l'affaissementi qu'éprouve le poumon lorsqu'on fait ^jénétrer de l'air dans les plèvres. Ce tissu estt très-léger : plongé dans l'eau, il surnage s'il est sain. Celte légèreté spécifique doit être attribuée à l'air emprisonné dans les vésicules pulmonaires. On en a la preuve dans ce qui se passe quand on insuffle le poumon d'un fœtus : plus lourd que l'eau avant cette opération, il devient alors plus léger, parce que, malgré toutes les manipulations mises en œuvre pour expulser l'air introduit dans les vésicules pulmonaires, il en reslei toujours une certaine quantité. Par contre, le poids absolu du poumon est relative ment plus considérable dans l'adulte que dans le fœtus, ce poids représentant chez le premier 1/30° de la masse totale du corps et 1/60° seulement chez le second. On peut mettre à profit la connaissance de ces faits, pour déterminer si un poumon donné provient d'un sujet qui a respiré ou d'un sujet mort avant d'être mis au monde. Si on plonge le tissu dans l'eau, on appelle cette épreuve docimasie pulmonaire hydrostatique; si on cherche le poids relatif du poumon, elle prend le nom de docimasie pul monaire à la balance.

Voilà les caractères physiques du tissu fondamental du poumon ; étudions-en main tenant les caractères anatomiques.

Caractères anatomiques. — Le tissu pulmonaire est partagé en un grand nombre de petits lobules polyédriques, par des cloisons coïljonctives qui semblent être des pro longements du chorion de la membrane séreuse extérieure ; cette segmentation en lobules est un fait d'organisation commun à tous les mammifères, mais elle se démontre plus facilement chez les uns que chez les autres : peu évidente dans les Solipèdes, et surtout chez les Carnassiers, elle se constate, au contraire, avec beaucoup plus de netteté chez les Ruminants et les Pachydermes.

L'organisation de ces lobules rappelle d'une manière frappante celle des lobules sali vaires. Chacun d'eux reçoit, en effet, un petit tuyau bronchique, et celui-ci se pro longe dans le lobule par plusieurs courtes branches terminales dites infundibula, sur lesquelles s'abouchent un certain nombre de vésicules élémentaires. En assimilant pour un moment le poumon à une glande, on voit que cet organe devrait être rangé dans la catégorie des glandes en grappe.

Pour démontrer la structure vésiculaire du poumon, on peut insufller l'organe, le soumettre a la dessiccation, et pratiquer ensuiteldes coupes sur lesquelles apparaissent les vésicules pulmonaires. Mais ce procédé a l'inconvénient d'agrandir outre mesure ces vésicules, en amincissant et en détruisant même leurs parois. Il vaut mieux avoir recours a celui-ci : laisser le poumon dans la cavité thoracique non ouverte, pousser

bu POUMON. ^95

dans le cœur droit, par la jugniaire, une injection do suif très -chaud, en employant une certaine force pour faire revenir la matière h injection de l'artère dans les veines pulmonaires; ouvrir la cavité ihoracique après refroidissement, et retirer le poumon au dehors. Celui-ci, imprégné de suif solidifié, ne s'aiïaisse plus au contact de l'air; des coupes pratiquées en différents sens montrent alors d'innombrables porosités parfaitement rondes, qui ne sont autre chose que les vésicules pulmonaires ouvertes.

On démontre bien ainsi la présence des vésicules pulmonaires; mais pour en étudier convenablement la disposition, il faut prendre le moule de ces vésicules au moyen d'une malière solidiliable coulée dans les bronches, et détruire ensuite par la niacé-

ration le tissu pulmonaire. L'alliage Darcet, employé de cette iiianière, donne souvent de fort beaux résultats. On constate alors pulmonaire, fi^rure que les vésicules pulmonaires forment dans chaque lobule des schématique (*). culs- de-sac renflés en ampoule de O^^jS à 0'""',5, de diamètre, groupés autour des infunclibida dont ils ne sont que des diverticules, et l'on voit ces infundibula communiquer avec la bronche terminale du lobule par l'intermédiaire I d'une étroite cavité centrale dans laquelle ils viennent tous s'ouvrir. ,

Tels sont les principaux détails histologiques qui concernent ce point important de l'hisloire du poumon ; nous devons les faire suivre de l'étude de la structure des vésicules pulmonaires.

Les vésicules pulmonaires comprennent, dans l'organisation de leurs parois : une membrane propre; un épithéliuiu ; des vaisseaux capillaires.

l" La membrane propre est mince, homogène, et renferme des noyaux de tissu conjonctif et des fibres élastiques; elle s'adosse, par sa face externe, à la membrane propre des vésicules voisines ; sa face interne est recouverte par des cellules épi- •thélialcs.

2" L'épithélium, simple et pavimenteux, est constitué paf des cellules extrêmement minces. Il est continu partout h lui-même et avec l'épithélium de la bronche terminale. On voit, manifestement, sur des coupes bien faites, l'épithélium polyédrique qui tapisse cette dernière se changer graduellement et rapidement en épiihélium plat dans la cavité du lobule, à l'entrée des infundibula.

Z° Des vaisseaux capillaires rampent dans les parois des vésicules et sont même 'placés en saillie à leur face interne.

' Vni.s.<;enux. — Le pouniou est un organe très-vasculaire. Les nombreuses ramifications qu'il reçoit se divisent en deux ordres, savoir : les vaisseaux fonctionnels et les ;vaisseaux nutritifs.

Vaisseaux fonctionnels du poumon, — On sait que le sang revient de toutes les parties du corps par les veines, après avoir perdu, avec sa couleur rouge rutilante, les propriétés qui le rendent propre à entretenir la vie dans les tissus. Il arrive ainsi à l'intérieur du cœur droit, d'où il est chassé dans le poumon, pour être régénéré en traversant cet organe, au contact médiat de l'air. C'est V artère pulmonaire qui transporte ce fluide au sein du parenchyme du poumon; et ce sont les veines de inênu! nom {(ui le ramènent nu cœur : l'artère est divisée d'abord en deux branches, puis ramifiée, jnscpi'à passer à l'état de réseau capillaire, dans les parois des vésicules aériennes; les veines innombrables et ténues, connue les arlérioleS;, à leur origine,

j (*) 1, bronche tcrminuin ; 2, cuvilù du lubiilu ; 3, iiilliriilllmliiiii ; 1, vcsitMilu |iiiliiinimiix'.

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sont fondues à leur terminaison en quatre à huit troncs principaux, qui s'abouchent avec rorcillelte gauche du cœur.

Ces deux ordres de vaisseaux participant d'une manière nécessaire au rôle piiysiologique du poumon, comme la veine porte par rapport au foie, on les a distingués, avec raison, des autres veines ou artères de l'organe pulmonaire, en les désignant sous le nom de vaisseaux fonctionnels. Il ne faudrait cependant pas croire qu'ils sont exclus de toute espèce de participation aux actes de nutrition. De bons esprits admettent aujourd'hui que le sang de ces vaisseaux concourt à entretenir le mouvement vital dans le tissu du poumon, en commun avec le fluide nutritif charrié par les artères et les veines qu'il nous reste à signaler.

Vaisseaux nutritifs. — On désigne ainsi les divisions des artères et des veines bronchiques, dont les ramuscules terminaux s'anastomo»ent avec les capillaires des vaisseaux pulmonaires au niveau des bronches terminales.

Lymphatiques. — Ces vaisseaux se divisent en superficiels et en profonds. Les premiers forment un réseau au-dessous de la plèvre. Les seconds existent en trèsgrand nombre autour des lobules. Ils se confondent les uns avec les autres et viennent aboutir aux ganglions bronchiques.

Nerfs. — Les branches nerveuses destinées au tissu du poumon viennent de la même source que celles des tuyaux bronchiques. Elles émanent donc des nerfs pneumogastriques et du grand sympathique. Leurs ramifications accompagnent les vaisseaux pulmonaires et les bronches. Elles présentent de petits ganglions sur leur trajet.

Fonctions. ■ — Rappeler que le poumon est le siège de l'absorption de l'oxygène et de l'expulsion de l'acide carbonique du fluide nutritif, phénomènes accompagnés de la transformation du sang noir en sang rouge, et probablement de plusieurs autres métamorphoses encore douteuses ou inconnues, c'est donner sur la fonction de cet organe les seuls renseignements authentiques qu'il soit besoin de connaître ; en ajoutant toutefois que les actions moléculaires intestines, d'où résultent tous ces phénomènes, s'opèrent au sein du poumon, par le contact médiat de l'air atmosphérique introduit pendant l'inspiration dans les vésicules pulmonaires et du fluide sanguin qui traverse les parois de ces vésicules. Quant au mécanisme intime de ces actions moléculaires, nous n'avons point à nous en occuper ici.

DÉVELOPPEMENT. — Quoique le poumon soit sans activité chez le fœtus, c'est un des organes qui se développent de bonne heure. Pendant toute la durée de la vie intra-utérine, sa texture lobuleuse est beaucoup mieux marquée que dans l'adulte; et il apparaît alors exactement conformé comme les glandes en grappe. Des coupes disposées pour l'examen microscopique permettent d'observer très-nettement la présence des vésicules et leur arrangement. On connaît déjà les différences de couleur et de densité qui distinguent le tissu pulmonaire du fœtus de celui de l'adulte, signalons encore la moindre vascularité du premier; on verra, en effet, que le sang de l'artère pulmonan-c passe presque entièrement dans l'aorte postérieure par le canal artériel.

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