DU CŒUR
L'histoire du cœur comprendra : 1° une vue générale de l'organe; 2° l'étude de sa conformation extérieure; 3" sa disposition intérieure; U° l'indication de sa structure; 5° la description du péricarde, cavité séreuse qui le contient; 6" un aperçu de son rôle physiologique.
1" Du cœur dans son ensemble (fig. 199, 215, 21G),
Idée (jénérale. — Le cœur, partie centrale de l'appareil circulatoire, représente une sorte de muscle creux, dont la cavité est divisée, par une épaisse cloison verticale, en deux poches parfaitement indépendantes. De ces deux poches contractiles, l'une, placée sur le trajet du sang noir, pousse ce fluide dans le poumon; l'autre, située sur le trajet du sang rouge, le chasse dans toutes les parties du corps.
^ (*) Kmpnintée nu Traité ilc physioloijic comparée des animaux domoUqucs, pai M. G. ilolln •î'éilition. Paris, 1870,
CHAUVEAU. — 2* «dit. â[^
ggjj APPAREIL DE LA CIUCULATION.
Chacune d'elles est subdivisée en deux compariimenis superposés par un étranglement circulaire, au niveau duquel existe une soupape membraneuse qui se soulève à certains moments donnés, el forme alors une cloison liorizontale complète tendue entre les deux compartiments.
Le compartiment supérieur reçoit la partie convergente ou centripète du canal san-ij f uin c'est-à-dire les veines ; on l'appelle oreillette. L'inférieur donne naissance à lak partie divergente ou centrifuge du même canal : il prend le nom de ventricule.
Les cavités du cœur se distinguent en droites ou antérieures, et en gauches ou postérieures, à cause de leur position relative. Il y a donc : une oreillette et un ventricule droits, ce sont les deux poches à sang noir ; une oreillette et un ventricule gauches, situés sur le trajet du canal à sang rouge.
Situation. Le cœur, renfermé dans un sac fibro-séreux qu'on désigne sous le
nom de péricarde, est placé dans la poitrine entre les deux lames du médiastin, enn regard des troisième, quatrième, cinquième et sixième côtes, en avant du diaphragme, qui le sépare des viscères abdominaux, au-dessus du sternum, qui semble le suppor- Zer, au-dessous de la colonne vertébrale, à laquelle il est suspendu au moyen des gros vaisseaux.
Fonne et direction. — Le cœur présente la forme d'un conoïde renversé, légèrement déprimé d'un côté à l'autre, dont l'axe, obliquement dirigé de haut en bas et t d'avant en arrière, se dévie légèrement à droite, à son extrémité supérieure.
Volume. — Sur un cheval de taille moyenne, le grand axe du cœur offre environ 26 centimètres de longueur; le diamètre antéro-postérieur, mesuré près de la base, . équivaut à 19 centimètres environ. Le diamètre latéral ne dépasse point 13 à l^i centi- ■ mètres.
Capacité. — Il est fort difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir une mesure exacte des cavités du cœur. Le raisonnement conduit à penser que les deux cœurs ont exactement la même capacité, et que cette capacité équivaut à 6 ou 7 décilitres en moyenne. Le chiffre que l'on obtient par la mensuration directe est bien plus considérable ; mais alors le cœur se trouve distendu beaucoup plus que dans l'état physiologique. %
Poids. — Le poids du cœur varie avec la taille des animaux, et partant dans des proportions considérables. Il est en moyenne de 3 kilogrammes environ.
2» Conformation extérieure du cœur (fig. 215, 216).
Le conoïde représenté par le cœur est divisé par un sillon horizontal en deux parties inégales : l'une supérieure, comprenant les oreillettes ou la inasse auriculaire; l'autre inférieure ou principale, formée par les ventricules ou masse ventriculairc .
A. Masse ventriculairc. — C'est elle qui détermine la forme conoïde du cœur, dont elle constitue la plus grande partie. Grâce au léger aplatissement qui déprime l'organe dans le sens latéral.on peut y considérer une face droite,\xm face gauche, un bord antérieur, un bord postérieur, un so?nmet, une base.
La ,ace droite, lisse et arrondie, est parcourue par un sillon vasculaire parallèle à l'axe du cœur, sillon qui partage cette face en deux sections : l'une antérieure, appartenant au venlncule droit; l'autre postérieure moins étendue, faisant partie du ventricule gauche (fig. 216).
La face gauche, disposée de la môme manière, offre également, sur la limite des deux ventricules, un sillon, dont la direction croise légèrement d'arrière en avant et
nu coEun.
de haut en bas le grand diamèlrc du cœur, et qui est beaucoup plus rapproclié du bord antérieur que du postérieur (lîg. 215).
Ces deux faces répondent, par l'intermédiaire du péricarde, aux plèvres et aux lobes pulmonaires, qui les séparent du thorax, excepté vers In partie moyenne et le sommet de l'organe, où ces faces se mettent directement en rapport avec les ])arois thoraciquos, à travers l'échancrure pratiquée au bord inférieur du poumon, échancrure qu'on sait être plus prononcée à gauche qu'à droite.
Les bords sont épais, lisses et arrondis. Vantérieur, formé par le ventricule droit, est fortement oblique de haut en bas et d'avant en arrière; il s'incline donc sur le sternum, plus ou moins, suivant les sujets.
Le bord postérieur, beaucoup moins long que l'antérieur, affecte une direction à peu près verticale. Supérieurement, il est séparé du diaphragme par le poumon; mais en bas, il est tout à fait rapproché de cette cloison musculeuse.
Le sommet, ou la pointe du cône ventriculaire, est mousse, légèrement arrondi, contourné à gauche, et formé en entier par le ventricule du cœur à sang rouge.
La base répond, à droite, en avant et en arrière, à la masse auriculaire; elle laisse
FiG. 215. — Le cœur et les principaux vaisseaux, face gauche (*).
échapper, à gauche et un peu en avant, les deux troncs artériels aorti(iue et pulmonaire.
{*) n, vcntriciilfl droit; li, vcnti'iciilc gaunlic ; ni'L'ilIctti; (Irnito ; </, nvuillcltc gauolio ; c, lu'tùra |iiiliii(inaira ; c', ciuinl arlrrii'l olilitijn'' ; veines (niliiinnairos ; f/, iiortu niil(''i i<!iiic ; h, nvU:va uxillaii'i! giuiclu- ; î, nrtùrc! axillniro di-oite, nu trimc bracllio-ci'plialiiiiie ; j, oi'lRine lU: l'artùrc doi sali' ; A, id. di; In cnrvinala supérieme ; /, id. do la viM'ti'biiile ; i», id. (W la c«rviralt5 iniïîrieiire ; H, id. de la tliriraci([uo inteinu ; ii, id. di; la lli(inici(iu<! Dxli'iuc- ; p, urlùi'o» carotides: 7, aorte postérieure; r, veine rave antérieure ; s, troue de la veine axillaire ; I, id. de lu tlioraeiipie irilerno ; », id. de la dorso-ecrvicale ; n, veine eave postérieure ; ii', oinlj(niclinri^ des veines sns-lié|iali(jnes et diaplirai;inaticples ; .r, veine flZygos; y, canal llioraeioue ; î, emlionclinre île ce vaisseau, placée vers l'iirigiiu! de la veine eiive anlérioure. — 1, artère cardia<pie droite ; 2, artère «ardiaipie ganclie ; 3, branche auriCTilo-vcntrieulaire de cette dernière ; i, sa lirauclie ventricnlaire ; 5, veine cardiaque.
\PPAKIilL Dli LA CinCULATlON.
B Masse aiii-ieuiaîrc. — Allongée d'avaiil eii arrière, disposée en croissant audessus du côté droit de la base des ventricules, étranglée dans sa partie moyenne, sui la lin)ite des deux oreillettes, la niasse auriculaire présente à étudier trois faces, deuj
extrémités et une base.
La face supérieure est divisée, par un étranglement moyen, en deux sections con vexes qui répondent chacune à une oreillette. La section antérieure ou droite offr
l'insertion des veines cave antérieur et azygos ; la postérieure ou gauche celle des veines pulmonaires. La tra chée, les bronches et l'artère pulmo naire passent au-dessus de cette fac (fig. 215, 216).
La face droite, la plus étendue dan le sens anléro-poslérieur, se divis comme la précédente, et est disposé d'une manière analogue. La partie droite ou antérieure reçoit, en arrière et en bas, l'insertion des veines cave postérieure, coronaire et bronchique (fig. 216).
La face gauche, concave d'avant en arrière, embrasse les troncs arlé riels qui s'échappent de la base du cœur.
Les extrémités, l'une antérieure, l'aulrc postérieure, constituent deux' appendices détachés nommés auri- \ cules, lesquels se recourbent l'un vers l'autre en s'aplatissant de dessuson dessous. Le bord convexe de ces ■ appendices est crénelé comme la crête d'un coq, plus ou moins, suivant lessujets. Leur partie culminante s'a-vance jusqu'auprès de l'artère pulmonaire, au-dessus du tronc des vaisseaux cardia- ques (lig. 215).
La base de la masse auriculaire, opposée à la base des ventricules, s'en trouve séparée, sur sa périphérie par le sillon horizontal du cœur.
Fig, 216.
Le cœur el les principaux vaisseaux, face droite {*).
3° Conformation intérieure du cœur.
Préparation. — Il suffît de pratiquer une incision longitudinale en avant et en arrière de l'organe, pour pénétrer dans ses deux loges.
Si le cœur envisagé à l'extérieur représente un organe unique, il n'en est plus de même quand on le considère à l'iniériour. La cloison verticale qui le divise en deux ;
vS} m^^^'^u'f^CAn r'"?'"''' : .li'oile; ,/, veincavc anl.He.uT; c. voine azvgos ; A veine -
Z llL :.\ r / l"""""""-'^,^; ''. ^'ivisions ,1. V^Hi-v. jM.lmc.uire ; i, uorte po.té.-ieure j, aorte anté- ■ lôn i J ou a i/lo V n .l."iU. ; m, sa l.rand.c 'verticale ou vénUùculairc ; n, sa bl-an.-ho hor - •
DU coEUit. 533
|K)clies bilociilaires en fait réellement deux cœurs, l'un pour le sang noir, l'autre pour le sang rouge ; nous étudierons successivement ces deux cavités en commençant toutelois par le septum qui les sépare.
A. Septum cardiaque. — La partie supérieure de ce septum, placée entre les deux oreillettes, prend le nom de cloison interauriculairc. La partie inférieure constitue la cloison interventriculaire. — La première, mince et peu étendue, est traversée chez le foetus par le trou de Botal. — La seconde, épaisse de plusieurs centimètres dans son centi e, s'amincit un peu sur ses bords.
B. CoEUK A SANG NOiu. — Les dcux loges superposées qui composent cette il poche sont situées en avant et à droite : aussi les appelle-t-on indifféremment cavités > antérieures ou droites du cœur; mais elles sont plus connues sous ce dernier nom, ^quoique le premier leur convienne beaucoup mieux en anatomie vétérinaire.
Veiitrieiiie droit. — Le Ventricule droit représente un cône creux, dont la coupe
FiG. 217. — Surface interne de l'oreillette et du ventricule droits du cœur de l'iiomnie (*).
ihorizontale ressemble à un croissant, le plan postérieur de ce ventricule étant comme irefonlé dans la cavité par le ventricule gauche.
Cette cavité offre deux parois, un sommet, une base.
(*) 1 , ori-illetle droite ; 2, ventricule droit ; 3, oiiverliira ilu lu voiiie cavo supérieure.' ; niivin'tim" do In veine enve iiifi'rieiin' ; Ti, volvnle d'Kiistache ;6, fosse ovule liniiti''e |mr l'anneau de Vieusscns ; 7, oiiverlnre di' Ni grande veine coninaii'i' ; 8, valvule de Tliélif.»ins ; !), aiirienlc ; 10 l't 1 1 , valvule trieusjiide avei' li's enrdaiîi's leniliiieiix c|ni s y llxeiil ; •12, inlniiilUiuliini si; prnliin-.-i'ant l'ii liiiiit l'I iTi nvanl ■ IH. artère |pnliuiinnire ; d t ac.rle. (lieaunis el Uoueliani.)
j^3/, APPAlllilL Dli LA CIllCULATION.
Parois. — La paroi antérieure est concave ; son épaisseur, plus considérable en haut qu'en bas, équivaut à 1 5 millimètres en moyenne. — La paroi postérieure est convexe et formée par la cloison interventriculaire.
Toutes deux sont hérissées de colonnes charnues que nous commencerons par examiner d'une manière générale, parce qu'on les retrouve dans les quatre loges du cœur. Ces colonnes charnues sont de trois ordres : — les unes, appelées piliers du cœur, épaisses et courtes, fixées par leur base aux parois des ventricules, ont un sommet libre sur lequel s'implantent des cordages tendineux, qui viennent de la valvule auriculoventriculaire ; — celles de la deuxième espèce, libres dans leur partie moyenne, s'attachent par leurs deux extrémités aux parois du cœur ; — les troisièmes adhèrent dans toute leur longueur au tissu cardiaque, sur lequel elles sont comme sculptées en relief.
Dans le ventricule droit, on trouve deux colonnes de la première espèce, ou deux piliers, rarement trois : l'une sur la paroi antérieure, l'autre sur la postérieure. — Les colonnes du deuxième ordre sont au nombre de deux ou trois principales, étendues d'une paroi à l'autre, ou attachées sur deux points dilférents de la même paroi. Il en existe un nombre assez considérable de petites, entremêlées aux colonnes de la troisième espèce. — Celles-ci, abondantes surtout dans les angles de réunion des deux faces, s'entrecroisent de mille manières, et forment des aréoles en réseau d'une disposition plus ou moins compliquée.
Sommet. — Le sommet du ventricule droit ne descend pas jusqu'à la pointe du cœur; il en est distant de k centimètres environ.
Base. — Elle est percée de deux grandes ouvertures : Vorificc auriculo-ventriculaire et Vbrifice pulmonaire.
Orifice auriculo-ventriculaire. — Placé au niveau de l'étranglement qui partage le cœur droit en deux compartiments superposés, cet orifice, très-largement béant et presque régulièrement circulaire, fait communiquer ces deux compartiments, c'est-àdire l'oreillette et le ventricule. Il est pourvu d'un repli valvuleux, chargé de boucher exactement l'orifice quand le ventricuie se contracte pour chasser le sang dans le poumon, et appelé valvule tricuspide ou triglochine, à cause de sa forme. Celte valvule offre : !l ° un bord supérieur, attaché sur tout le pourtour de l'orifice auriculoventriculaire; — 2° un bord inférieur, libre, découpé en trois festons par trois profondes échancrures, et fixé aux parois ventriculaires, sur le sommet des piliers charnus principalement, au moyen de cordages tendineux qui se ramifient en arrivant à la valvule : l'un de ces festons, plus développé que les autres, est placé sur la limite de f orifice auriculo-ventriculaire et de l'orifice pulmonaire; il constitue ainsi une espèce de cloison verticale qui partage la cavité ventriculaire, vers sa base, en deux compartiments, l'un droit ou auriculaire, l'autre gauche ou artériel ; les autres festons sont appliqués sur les parois antérieure et postérieure du ventricule ; — 3° une face externe, recevant l'insertion d'un grand nombre de cordes tendineuses ; — k° une face interne, qui devient supérieure quand la valvule se relève pour boucher l'orifice, et qui constitue alors le plancher de la cavité auriculaire.
' Orifice pulmonaire. — Cet orifice représente l'embouchure de l'artère pulmonaire. Situé en avant et à gauche du précédent, sur un plan un peu plus élevé, il occupe le sommet d'une sorte d'infundibulum que forme le compartiment gauche du ventricule en se prolongeant par en haut. Il est parfaitement circulaire, plus petit que l'artère à laquelle .1 donne naissance, plus petit également que l'ouverture auriculo-ventriculaire. qm s en trouve séparée par une sorte d'éperon musculeux, sur lequel s'attache le feston principal de la valvule tricuspide.
DU COEUll. 535
L'orifice pulmonaire est garni de trois valvules, dites sic/moïdes, suspendues à l'entrée de l'artère pulmonaire, d'après une remarque fort ingénieuse, comme trois nids de pigeon réunis en triangle. Ces valvules, remarquables par une grande minceur, qui ae nuit en rien à leur solidité, présentent : un bord externe, convexe, attaché sur le pourtour de l'orifice et sur les parois de l'artère pulmonaire; un bord libre, droit quand on le tend, concave quand il est abandonné à lui-même, pourvu quelquefois dans son milieu d'un petit noyau fort dur, le nodule d'Arantiiis; une face supérieure concave; une face inférieure convexe. Les valvules sigmoïdes se relèvent et s'appliquent sur les parois du vaisseau dont elles garnissent l'entrée, quand le ventricule entre en contraclion pour envoyer le sang veineux dans le poumon. Lorsque celte contraction cesse, ( Iles s'abaissent et s'adossent les unes contre les autres, par la partie de leur face inférieure qui avoisine leur bord libre, pour s'opposer au reflux du sang dans la cavité veniricnlaire (1).
Oreillette droite. — La cavité de l'oreillette droite représente une sorte de couvercle fortement concave, qui surmonte l'orifice auriculo-ventriculaire, et est prolongé an lérieureraent par un cul-de-sac recourbé. Elle offre à étudier ce cul-de-sac antérieur, une paroi postérieure, uwa paroi externe, une paroi interne, une pjaroi supérieure ou plafond, et Vorifice auriculo-ventriculaire qui occupe en entier le plancher (le la cavité. Cet orifice ayant déjà été décrit, nous n'avons point à nous en occuper ici.
Le cul-de-sac antéiieur est creusé dans l'auricule; il est divisé, par un grand nombre de colonnes charnues de la deuxième et de la troisième espèce, en aréoles profondes d'une disposition compliquée.
La pa7'oi postérieure répond à la cloison interauriculaire; elle est lisse et creusée ordinairement d'un cul-de-sac oblique plus ou moins profond, trace du trou de Botal. Ce cul-de-sac bordé par Vanneau de Vieussens, et appelé fosse ovale, n'est séparé de la caviié auriculaire gauche que par une mince membrane^ vestige de la valvule qui circonscrit chez le fœtus l'ouverture interauriculaire.
La paroi externe est aréolaire et percée tout à fait en arrière et en bas de deux orifices : l'un, le plus vaste, est l'embouchure de la veine cave postérieure ; l'autre, celle de la grande veine coronaire. Tous deux sont privés de valvules; mais il en existe à une petite distance dans la veine coronaire. La veine bronchique s'ouvre quelquefois isolément à côté de celle-ci.
La paroi interne est lisse.
La paroi supérieure, ou le plafond de l'oreillette, offre l'embouchure de la veine cave antérieure et celle de la veine azygos, celle-ci seule pourvue de valvules qui ne sont même point constantes. Sur cette paroi encore se remarquent, en avant, des aréoles séparées par des colonnes charnues.
L'épaisseur des parois de l'oreillette droite est rendue fort irrégulière par les reliefs sculptés sur la face interne de cette cavité. Dans quelques points, cette épaisseur atteint 1 centimètre; dans d'autres, et c'est au niveau des petits culs-de-sac formés par le fond
(I) On a répété à satiété que l'occlusion des orifices artériels résulte de la juxtaposition du /wnl lihrr; des valvules sigmoïdes ; on a même fait jouer dans celte occlusion un rôle au petit nodule que présente ce bord vers son milieu, ce nodule ayant été considéré comme chargé de boucher l'espace triangulaire central qu'interceptent alors les trois valvules. En pénétrant avec lo doigt dans l'artôre pulmonaire, chez l'animal vivant, pour explorer le jeu de ces replis membraneux, on reconnaît aisément qu'ils se mettent en contact par une grande partie de leur face convexe, et non pas seulement par leur bord libre. Cette disposition est telle qu'on réussit dilTlcilement à produire une insuffisance en maintenant avec le doigt l'une des valvules relovée contre les parois du vaisseau : les autres viennent chercher le doigt, et s'appliquent autour de hii en fermant exactement l'orifice.
des aréoles elle est tellement, réduite, quelquefois, que les parois auriculaires semblent exclusivement constituées par l'adossement des membranes séreuses externe et
interne. ■ , i
C COEUR A SANG ROUGE. — H est eucore ai)pele cœur poslerieur, et plus souvent
cœur gauche, parce qu'il est situé en arrière et h gauche du cœur à sang noir. Sa disposition générale rappelle du reste exactement celle de ce dernier réceptacle.
FiG. 218. — ^Surface interne de l'oreillette et du ventricule gauches du cœur de l'homme (*;.
Ventricule gauche. — C'est une cavité cylindro-conique dont la coupe transversale donne la figure d'un cercle irrégulier. — Ses parois atteignent 3 à /i centimètres d'épaisseur, excepté vers la pointe du cœur, où elles offrent une minceur extrême; elles sont moins réticulées que celles du ventricule droit ; on y remarque plusieurs colonnes de la deuxième espèce et deux énormes piliers charnus : l'un externe, l'autre interne, pour l'attache des tendons de la valvule auriculo-venlriculaire. — Le sommet de la cavité forme un cul-de-sac aréolaire qui occupe la pointe du cœur. — La base est percée d'un orifice auriculo-venlriculaire, et d'un orifice artériel dit aorlique. — Vorifice aùriculo-ventriculaire, exactement semblable à celui du ventricule droit, est garni d'une membrane circulaire, appelée valvule bicuspide, parce qu'elle est découpée
( ) 1, oreillette ganolie; 2, venlncul,. gancl.e ; 3, 3,4,ouveiMures îles veines pulmnnnires ; 5, empreinte (le la fosse ..vale dans I oreillette î;n..H,e (elle etnit .meux marquée sur le sujet ,,ui n servi à la nrénaration .,uelle ne lest d'Imb,-
tmle) ;0,anri(mle gauche; 7,7, valvule mitrale; 8, le ventrieule se conli -1 I - . l . . •. .
aliuutir il 1 nriliee aorli(|ne. (lleuunis et liourlinnl.)
.. ])ré|)aratiou t\ii -
iime en dessous de la valvule milrale |>o>i''
DU COKUU.
Ml plusieurs lestons, dont deux principaux, l'un antérieur, l'autre postérieur; ou encore Hilvule mitrale, parce que ces festons simulent dans leurenseinblo les deux valves d'une nitre d'évéque; le feston antérieur, le plus grand, attaché sur la liinilc des deux oriices, isole de la cavité dn ventricule un diverticulum qui répond de tous points à l'inuudibulum pulmonaire; le feston postérieur s'applique sur les parois du ventricule; 'litre les deux existent d'habitude deux festons secondaires qui portent le nombre total 1 (|uatre ; souvent il n'existe qu'un seul repli accessoire, situé du côté droit et passa- )lenient développé : la valvule est alors tricuspidc comme celle dn cœui- à sang noir. Quelquefois on trouve du côté gauche deux de ces replis l udinientaircs, c'est-à-dire ;inq festons en tout. — L'orifice aortique, ainsi nommé parce qu'il constitue l'origine Me l'artère aorte, se trouve eu avant et à gauche de l'ouverture auriculo ventriculaire, lont il n'est séparé que par un fort mince éperon musculeux, snr lequel s'attache le )ord adhérent du grand feston de la valvule mitrale. Il ne diffère en rien de l'orifice )ulmonaire et se trouve pourvu, comme lui, de trois valvules sicjmoîdes.
Oreillette gauche. — Elle forme. Comme l'oreillette droite, une sorte de couvercle m-dessus de l'orifice auriculo-ventriculaire. Lisse en arrière, en avant, en dedans et en lehors, la cavité de cette oreillette présente un cul-de-sac réticulé qui occupe l'aurinle, et une paroi supérieure, également aréolaire, percée de quatre à huit orifices, ■lubouchures des veines pulmonaires; ces orifices ne sont point garnis de valvules.
/i° Structure du cœur.
Préparatioiî. — Avant de procéder à la dissection des fibres charnues du cœur, il est indispcniable de tenir ce viscère dans l'eau bouillante pendant une demi-heure ou trois quarts d'heure. En 6 sortant de l'eau bouillante, il faut immédiatement le plonger dans l'eau Iroide pour éviter la dessiccation de la séreuse qui le recouvre. Ce feuillet doit être enlevé rapidement, puis on débarrasse les sillons, des vaisseaux, du tissu adipeux qui les remplissent et alors les fibres musculaires superficielles deviennent très-apparentes. Pour arriver au même résultat, on peut encore plonger le cœur dans du vinaigre ou dans l'acide azotique étendu. Pour isoler les ventricules l'un de l'autre et des fibres unitives, on peut suivre le procédé ci-dessous : Après avoir enlevé la masse auriculaire et disséqué les anneaux fibreux, on incise les fibres unitives, autour de ces anneaux, a\ec la pointe du scalpel, en ayant soin de limiter l'instrument afin qu'il n'entame pas les fibres propres; puis à i'aide de l'ongle ou du manche du scalpel, on suit la limite plus ou moins arlilicielle de ces deux séries de plans charnus en décrivant une spire; les vaisseaux qui traversent les parois du cœur 'iont autant de petits obstacles qu'il faut détruire avec l'instrument tranchant. On opère de la même iaçon dans l'épaisseur de la cloison interventriculaire pour séparer les deux sacs formés par les fibres propres.
Le tissu musculeux qui forme le cœur s'appuie sur une charpenie fibreuse disposée en anneaux au pourtour des orifices auriculo-venlriculaires et artériels ; il reçoit des faisseaux et des nerfs ; tapissé, sur la face interne des cavités intérieures de l'organe, t)ar deux séreuses indépendantes, il est enveloppé extérieurement d'une membrane de même nature. Chmyente annulaire, tissu musculaire propre, vaisseaux et nerfs, tuniques séreusès : tels sont donc les éléments qui entrent dans l'organisation du cœur.
A. Anneaux fibreux. — Encore appelés zones fibreuses du cœur, ces anneaux «ont au nombre de quatre, un pour chacun des orifices percés à la base de la masse ventriculaire. Ils représentent pour les fibres musculaires du cœur les leviers osseux sur lesquels naissent et .se terminent les fibres des muscles de l'appareil locomoteur.
Les deux zones artérielles constituent deux anneaux complets, non pas disposés circnlairement au pourtour des orifices pulmonaire et aorlique, mais divisés en trois festons réguliers à concavité supérieure et interne, qui répondent à l'insertion des trois valvules sigmoïdes. Ces zones se continuent par leur contour supérieur et externe avec les
parois (les artères, dont elles ne se distingneni, du reste, que par leur couleur blan( gris et leur peu d'extensibilité, le tissu artériel étant jaune et très-élastique. Leur contour inlerne et inférieur envoie trois minces prolongements dans la duplicaluK séreuse des valvules sigmoides.
FiG. 219. — Anneaux fibro-cartilagineux auriculo-ventriculaires, d'après Parchappe (').
Les zones auriculo-ventriculaires n'entourent point complètement les orifices qu'elles circonscrivent : ce sont des tendons aplatis, brillants, nacrés, adossés Tun contre l'autre au niveau de la cloison interventriculaire et contre l'anneau aortique, lesquels tendons se contournent à droite et à gauche autour des orifices auriculoventriculaires, mais sans se joindre tout à fait par leurs extrémités, qui se perdent par plusieurs fibrilles dans le tissu musculaire des ventricules. Par en haut, ces zones donnent attache aux fibres charnues des oreillettes; par en bas, aux faisceaux ventriculaires. Leur bord interne et inférieur se prolonge dans les valvules mitrale et tricuspide, et se continue, par l'intermédiaire de ces valvules, avec les cordages tendineux fixés aux parois des ventricules. Ou voit même quelques-uns de ces cordages, les plus forts généralement, s'insérer directement sur les zones auriculo-ventriculaires.
H est à remarquer qu'on trouve constamment chez les Solipèdes, dans le point d adossement des zones aortique et auriculo-ventriculaires, un noyau cartilagineux plus ou moms développé, qui se transforme chez les grands ruminants en un os véritable.
B. Tissu MUSCULAIRE. — Le tissu musculaire dont est composée la ma.sse du cœur appartient au système de la vie organique, puisqu'il entre en contraction sans la |)ariicpaiion de la volonté. Cependant il est formé de fibres rouges striées, qui ne dilîèrent
• (*) d, arlèrfi pulmonnire : 2, bord sunniMmi,. .1,. v r n i
l'ttorte ôorrespondaut aux valvules si-Z d« R '. ."'^"'"l''.'"!;"" ! 3. «orle ; 4, valvules sigmoides ; 5, bosselures de droit ; 8, anneau fdjro-earlilnirineiix Mue),,.'-' <) „' '"■""''V;"''i'""l":yPn.ln<'nlaire gauche ; 7, orifice nurioulo-ventriculnire la ligne médiane. " ^ ' ' '''''•"•■'=«>'UlngincHX di-oi?: 10, adossement des deux anneaux sur
DU COEUn.
i es Obres miisculeiisei5 de la vie aniiTiale que par un diamètre moins considérable; ces bres possèdent aussi, comme dans la langue, des ramificalions qui les unissent entre lies; elles sont de i)lus fortement granuleuses. ; La striation des fibres musculaires du cœur, qui constitue une exception aux lois le l'organisation, peut s'expliquer jusqu'à un certain j)oint par la nature des usages 1 lévolus au tissu charnu du cœur : chargé de projeter le sang dans les arbres artériels )ar des contractions successives, brusques, instantanées, vigoureuses, cet organe n'eût I )oinl été apte, probablement, à exécuter de pareils mouvements s'il eût été composé 'le fibres organiques, puisque partout où ces fibres existent, nous les voyons entrer en iction d'une manière calme, lente et prolongée. Les ramifications qui unissent les fibres musculaires et qui les rendent en quelque sorte solidaires les unes des autres expliquent a simultanéité des mouvements des oreillettes ou des ventricules du cœur.
Il est encore digne de remarque qu'entre ces fibres on trouve si peu de tissu conjonctif nterposé, que la plupart des anatomises nient absolument l'existence de ce tissu.
La disposition des faisceaux charnus du cœur a été l'objet d'un grand nombre dè •echerches qui sont venues successivement compliquer les connaissances déjà acquises sur ce sujet. Nous allons essayer de résumer aussi simplement que possible cette disposition en l'envisageant dans les divers compartiments de l'organe.
Voici quelle est la disposition des faisceaux charnus du cœur, considérés successivement dans les ventricules et les oreillettes.
V Fibres iifes ventricules. — D'après la remarque de Winslow, on peut comparer les ventricules, au point de vue de l'arrangement des fibres qui les constituent ■essentiellement, à deux sacs musculeux inclus dans un troisième^ c'est-à-dire que Ichaque ventricule est formé de fibres musculaires propres, recouvertes extérieurement par une couche de fibres unitives qui enveiloppent en commun les deux ventricules.
a. Fibres propres des ventricules. — Elles ireprésentent dans leur ensemble, pour chaque xavité, un conoïde creux percé à ses deux extrémités : à l'extrémité supérieure, par les lorifices auriculo-ventriculaire et artériel ; à l'extrémité inférieure, par une ouverture qui I admet les fibres réfléchies de la couche commune. Toutes forment des anses attachées, par leurs extrémités, au pourtour des orifices isDpérieurs, sur les zones fibreuses^ et enroulées {)lus ou moins obliquement autour .de l'axe des ventricules. C'est de l'adossement du système gauche et du système droit ! que résulte la cloison interventriculaire.
b. Fibres unitives des ventricules. — Ces fibres sont disposées en une coque exté- I rieure, dans laquelle sont contenues les fibres propres. Elles partent des zones fibreuses I de la base du cœur, et descendent vers le sommet de l'organe : celles du côté droit, I en s'inclinant en avant; les antérieures, en suivant la direction du grand axe des ven- I iricules ; celles de la face gauche, en se dirigeant de haut en bas et d'avant en arrière ; i les postérieures, en s'cnroulant de gauche à droite autour du ventricule à sang rouge.
(*) 1, tourbillon et pertuis de la pointe; 2, auricule ; 3, ontrcr-roisiMnent iliis libres nnitivt's miléricurus l'I posli'rieurcs.
FiG. 220. — Tourbillon de la pointe du cœur, d'après Bourgery (*).
5[,() APPAREIL I)L LA CIRCULATION
Arrivées prùs de la poiiilc du cœur, elles se conlournent de gauche à diolle et d'avant' en arrière, en formant une spire innrbillonnanle, puis se réflécliissenl de bas en haul pour pénétrer dans les ventricules, par l'exlrémilé inféricnre de ceux-ci, s'élalcr dans chacun d'eux à la face inlerne du plan de fibres propres, et remonter jusqu'aux zones fibreuses de la base du cœur, sur lesquelles on les voit se terminer. Quelques-unes de ces fibres réfléchies se disposent en relief pour constituer les piliers charnus, ei gagnent les zones auriculo-ventriculaires par riiilermédiairc des cordages tendineux qui relient directement ces anneaux fibreux avec le sommet des colonnes musculeuses.
Fie. 221. — Fibres unilives postérieures du cœur et fibres fie la face postérieure des oreillettes,
d'après Bourgery (*).
Telle est la disposition générale des libres unitives des ventricules. Ces fibres forment donc un plan superficiel et un plan profond ou réfléchi, entre lesquels sont compris les faisceaux propres à chaque poche vciUriculaire.
Les fibres unitives des ventricules forment donc dans leur ensemble un huit de chiffre dont la boucle la plus petite est placée autour de la pointe du cœur. En ce point, les fibres musculaires se tassent ei laissent au centre de la boucle du huit un très-petit espace par où il est possible d'introduire un stylet dans le ventricule sans percer autre chose que les séreuses externe et interne de l'organe.
(*) 1, lihivs unitives poslrriom-os ; 2, lilires ilc l'nrcilli'lli' •Irnitn; 3, filinis ili> In vi'inp onvp iiifi-nonre.
DU COliUlt. 5/il
2" Fibres des oi-eiiiettes. — Les libres des oreillettes sont ou communes aux deux cavités, ou propres à chacune d'elles.
Les fibres unitives contitueut deux minces bandelettes, l'une droite, l'autre gauche, se portant d'une oreillette sur l'autre.
Les fibres propres se divisent en plusieurs faisceaux ; quelques-uns disposés en anneaux autour de l'orifice auriculo-ventriculaire, d'autres en anses entrecroisées, les derniers en sphincters qui entourent les embouchures des veines.
Ces fibres sont arrangées d'une telle façon, qu'en se contractant elles resserrent les oreillettes par leur plan supérieur, leurs plans latéraux et leurs extrémités, et poussent le sang vers les orifices auriculo-ventriculaires.
C. Vaisseaux et nerfs du coeur. — Le sang est apporté au tissu musculaire du cœur par deux gros vaisseaux, les artères coronaires. Elles émanent du tronc aortique, à la hauteur des valvules sigmoïdes; elles se partagent ensuite chacune en deux branches principales : l'une qui rampe dans le sillon horizontal, l'antre dans le sillon vertical du cœur. Dans leur ensemble, ces artères figurent deux cercles qui entourent le cœur en se coupant à angle droit dans le sillon auriculo-ventriculaire.
Le sang est entraîné hors des parois du cœur par une seule veine importante qui se jette dans l'oreillette droite; il existe aussi quelques veinules accessoires qui viennent des parois du ventricule droit. Les lymphatiques suivent les artères, cheminent sur le feuillet viscéral du péricarde et vont se jeter dans le groupe de ganglions placé près de la base du cœur.
Les nerfs du cœur fournis par le plexus cardiaque proviennent du pneumogastrique el du sympathique. Les tubes sont petits et oCTrent quelques cellules sur leur trajet. Le cœur renferme en outre un système ganglionnaire particulier sur lequel Remak a appelé l'attention. On croit qu'il existe trois ganglions dans les différents points des parois cardiaques, ganglions qui tiendraient sous leur dépendance les mouvements de l'organe.
D. Membranes séreuses du cœur. — Ces membranes sont au nombre de trois : deux internes, ou les endocardes, dont une occupe les cavités droites, et l'autre les cavités gauches; une externe, dépendance du sac fibro-séreux qui contient le cœur.
1° Séreuses internes ou endocardes. — Ces deux membranes, indépendantes comme les cavités qu'elles revêtent, s'étalent sur les parois auriculaires et ventriculaires, en recouvrant les colonnes charnues ou tendineuses attachées sur ces parois, et se prolongent dans les veines et les artères pour constituer la tunique interne de ces vaisseaux. Au niveau des orifices auriculo-ventriculaires et artériels, elles forment line dnplicature pour les valvules qui garnissent ces orifices. Ces valvules sont donc ducs à la projection d'un repli circulaire des endocardes, repli entre les deux lames duquel s'insinue un mince prolongement des zones fibreuses de la base du cœur.' Dans les valvules auriculo-ventriculaires, on retrouve encore sous la lame interne ou supérieure des fibres charnues fournies par les oreillettes.
L'endocarde du cœur droit reflète une teinic rougeatre, plus foncée dans le ventricule. Cette teinte est légèrement jaunâtre dans le cœur gauche, surtout sur les parois auriculaires, ce qu'il faut attribuer à la présence d'une légère couche de tissu fibreux jaune, qui double la face adhérente de la membrane.
2" Séreuse externe. — C'est le feuillet viscéral de la membrane interne du péricarde, dont la description suit.
Al'PARlilL Dli LA CIRCULATION.
5" Du péricarde ((ig. 199, C).
Préparation. —' Placer l'animal en deuxième position, et enlever les côtes slernales, en lesi séparant de leurs cartilages, puis en luxant les articulations costo-vertébrales. Cette prcparationi permet d'étudier la situation et la disposition générale du cœur et du péricarde. Pour examiner ai l'aise la disposition réciproque de ces deux parties, il faudra Içs extraire de la cavité thoracique eni détachant par arrachement l'insertion stcrnale du péricarde.
Le péricarde, ou la séreuse propre du cœur, est un sac meml)raneux qui renferme! ce viscère, le fixe dans la cavité thoracique, et favorise ses mouvements par le poli dei sa surface.
Ce sac est formé d'un feuillet fibreux, en dedans duquel se trouve étalée une membrane séreuse divisée en deux parties, l'une pariétale, l'autre viscérale.
Le feuillet fibi^eux du péricarde présente à peu près la forme générale du cœur. — Sa surface interne est tapissée par le feuillet pariétal de la membrane séreuse. — La> surface externe répond aux deux lames du médiastin. — Son sommet, déprimé d'uni côté à l'autre et allongé d'avant en arrière, s'attache solidement sur la face supérieure * du sternum, depuis la quatrième côte jusqu'à l'origine de l'appendice xiphoïde. — - Par sa base, il se fixe sur les gros vaisseaux qui arrivent au cœur ou qui en sortent, . en se continuant avec leur gaîne celluleuse, et envoie quelques fibres jusque sur le muscle long du cou.
La membrane séreuse du péricarde a été comparée fort heureusement, par Bicliat, à un bonnet de coton, dont la partie externe représenterait le feuillet pariétal, et la partie rentrée le feuillet viscéral 'de cette membrane. — La lame pariétale adhère de la manière la plus intime à la face interne du feuillet fibreux; on la voit se réfléchir, pour former la partie viscérale, autour des artères pulmonaire et aorte, à une ceriaine distance de leur origine, et sur les veines caves et pulmonaires. — La lame viscérale enveloppe en commun les deux troncs artériels, recouvre une petite partie des veines caves, de l'antérieure surtout, tapisse les veines pulmonaires, à leur insertion seulement, et descend ensuite sur les oreillettes et les ventricules. La face libre de cette lame se met en contact avec celle du feuillet pariétal. La face adhérente est appliquée sur le tissu du cœur ou des gros troncs vasculaires, excepté au niveau des sillons horizontal et verticaux, où la membrane séreuse repose sur les vaisseaux coronaires, et sur un amas de tissu adipeux, qu'on trouve constamment accumulé sur le trajet de ces vaisseaux.
Chez l'animal vivant, la cavité du péricarde n'est jamais remplie entièrement par le cœur, dont les mouvements sont ainsi rendus beaucoup plus libres. Du reste, comme elle .ne contient point de gaz ni une sensible proportion de liquide (1), ses parois sont immédiatement appliquées sur la surface du cœur.
Le sang arrive au péricarde par les artères médiastines. Les parois de ce sac membraneux reçoivent quelques nerfs sympathiques.
(1) Chez les chevaux en santé, l'humeur exhalée dans le péricarde est à peine suffisante pour mouiller et lubrifier la surface libre de la membrane séreuse. Mais chez les bêtes usées et affaiblies par l'âge, les privations ou la maladie, il est rare de ne point voir cette humeur accumulée en plus ou moins grande quantité. Il est bien entendu que cette constatation, pour avoir quelque valeur, doit être laite immédiatement après la mort, car l'accumulation de liquide dans les" cavités séreuses par exhalation cadavérique est un fait commun à tous les animaux, quels qu'ils soient.
nu COEUH.
6" Action da cœur.
Le cœur a pour fonction d'entretenir le mouvement circulatoire du sang par les contractions rliyllimiques des deux poches dont il est creusé. La poche droite envoie an poumon le fluide sanguin, qui revient ensuite dans la poche gauche. Celle-ci lance ce même fluide dans toutes les parties du corps, d'où il est ramené au cœur droit.
Ces contractions ont lieu simultanément dans les deux compartiments cardiaques.
En prenant le cœur au moment où il est en repos, c'est-à-dire dans l'intervalle de deux contractions, on assure que ses deux poches se remplissent rapidement du sang qui afflue par les orifices veineux. Lorsque la réplétion est suffisante, les oreillettes se resserrent légèrement en poussant une partie du fluide qu'elles renferment dans les ventricules, et ceux-ci se contractent immédiatement après, pour chasser le sang dans les arbres artériels. Ce passage du sang dans les artères est un effet nécessaire de la contraction des ventricules, parce qu'au moment de cette contraction, les valvules auriculo-ventriculaires se relèvent et empêchent ainsi le reflux du sang dans les oreillettes ; ce liquide est alors forcé de suivre la voie des orifices artériels, dont les valvules s'écartent sous l'effort impulsif communiqué aux colonnes sanguines. Quand le cœur revient au repos, ces valvules s'abaissent, empêchent le retour du sang dans les cavités ventriculaires, tandis que les valvules mitrale et tricuspide s'affaissent contre les parois de ces cavités, et permettent ainsi de nouveau le passage du sang par les orifices auriculo-ventriculaires.
On désigne par le nom de systole l'état de contraction des cavités du cœur, et par celui de diastole, le repos ou le relâchement de leur tissu. Il y a donc pour chaque révolution du cœur : 1° diastole (jénérale de l'organe, pendant laquelle se remplissent les deux cavités cardiaques par l'afflux du sang veineux; 2° systole des oreillettes, ayant pour effet d'achever la réplétion des ventricules; 3° systole des ventricules, poussant le sang dans les systèmes artériels; après quoi survient une nouvelle période de diastole générale,
CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DU COEUR DANS LES ANIMACX DOMESTIQUES AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.
Dans le Bœaf, le Mouton et la Chèvre, la masse ventriculaire du cœur est plus régulièrement conique que dans les Solipèdes; elle porte trois sillons longitudinaux dont un accessoire qui rampe derrière le ventricule.
Chez le Bœuf, on trouve dans l'épaisseur de la zone aortique deux petits os appelés os du cœur. L'un, le plus grand, est placé à droite, dans le point où l'anneau artériel s'adosse aux zones auriculo-ventriculaires; l'autre, situé à gauche, n'est peut-être iwint constant. Le premier a la forme d'un triangle incurvé à droite et à base dirigée par en haut. La face droite est appuyée contre l'orifice auriculo-ventriculairc; la face gauche est tapissée par les parois aortiques à l'origine du vaisseau. Cet os présente environ 3 centimètres de longueur.
Le cœur du Porc ressemble à celui du cheval. Sa direction est un peu plus oblique; aussi le péricarde se fixc-t-il à la fois sur le sternum, depuis la troisième côte jusqu'à l'appendice xiphoïde, et sur le diaphragme.
Dans le Chien et le Chat, le cœur n'esl plus conique comme chez le cheval; il est ovoïde, presque globuleux. Il est presque entièrement couché sur la face supérieure du sternum ; sa face antérieure est devenue inférieure, et sa pointe, dirigée en arrière,
^lill APPAREIL DE LA ClUCULATlON.
touche la face antérioure du diaphragme. Le péricarde s'attache sur le centre aponévrotiquo do celle cloison.
FiG. 222. — Cœur et gros vaisseaux de l'homme. Origine des artères du cou (*),
; 2, lunim.HKs .3 péricur.U- o «rtùl'B pnlmonulre • S aorte - 6 voine oave simt-riouro • 7
phragma.ique supérienro; 12, coronaire carSiCe Jntér emv lS ^ """"'""I'-^ '■"""V°"Pf ; 11,
IS, netr ).m.mnr,snstriq.,e. (B,a„nis et Ho,,clZl ^''"•''""l'"' l'"^'"'-'-"'''' ^ nerf pI,r,M>,c|ne;
tronc (lia-
COMSIDLKATIONS GÉNÉUALliS.
COM1>AUA1SON DU CUKl'U DE L'IIOMMI; AVKC ClCI.Ul DKS ANIMAUX.
Le cœur de l'Iioinme est ovoïde, ii pi'ii près coiiiiiie celui des Caniassiers; il ne présente pas une niasse venlriculaire aiguë à son sonunel, ainsi (pi'on le remarque dans les Solipèdos et les Ruminants.
La direction du cœur est niodiliée eu raison de raplalisscinenl anléro-poslérieur de la poitrine. Il est situé eu travers du plan médian du thorax. La face droite, chez les aniuiau.v, est devenue face antérieure et se trouve appli(|uée contre le sternum; le bord antérieur est ici le bord droit, et' lé postérieur le bord gauche.
L'organe est oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de droite à gauche; par lonséquent, roreilielle droite est située à droite du sternum, entre les troisième et ([uatrièiiie côtes, et la pointe au niveau du sixième espace intercostal gauche.
Les auricules, surtout la droite, forment des apperidices plus renflés, plus arrondis ipie dans les animaux. Les veines pulmonaires, au nombre de quati e, s'abouchent sur la face supérieure de l'oreilletlc gauche.
11 n'y a pas de différences essentielles à sigiiabir sur la conformation intérieure. Indiquons cependant la présence d'(m repli qui se porte de l'anneau de Vieussens à l'embouchure de la veine cave inférieure; c'est Va valvule d'Ëitsluche; notons aussi une valvule, dite iic Thébésms, à l'entrée de la veine coronaire.
Anneaux fibretix et fibres musculaires disposés conmie clicz le.cheval.
Le pérkurcle est uu sac conique ; mais au lieu de présenter sa base en haut, celle-ci repose sur le centre aponévrotique du "diaphragme; son'soinmct se perd sur les gros vaisseaux. Il adhère à la face postérieure du sternum. ' ' ' '
DEUXIÈME SECTION