‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 145 sur 262 · DIFFÉRENCES DU COEUR · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCES DU COEUR

Le vaisseau du membre qui représente l'arti-re axillaire des animaux carnassiers se décompose ici en deux parties : Yartère sous-clavière et Vartère axillaii'e.

L'artère sous-ciavièro n'a pas la même origine du côté droit et du côté gauche ; en effet à droite, elle part de l'aorte par un tronc qui est commun aussi a la carotide du même côté, c'estii-dire le tronc brachio-céphalique ; taudis qu'à gauche elle se détache isolément de la partie la plus reculée de la crosse aortique. Les vaisseaux sous-claviers s'étendent jusqu'au bord inférieur des clavicules ; ils fournissent sept branches collatérales importantes qui sont représentées dans les animaux domestiques, ce sont :

1^ L'artère vertébrale située dans les trous trachéliens des vertèbres cervicales jusqu'à l'axis ; là, elle s'anastomose, comme chez les Solipèdes, avec un rameau de la carotide ; elle pénètre dans le canal rachidien par le trou de la lame de l'atlas et s'unit, sur la face inférieure du bulbe, avec le vaisseau du côté opposé, pour former le tronc basilaire, tronc qui, dans le Cheval, provient de l'artère cérébro-spinale de l'occipitale.

2" La thyroïdienne inférieure dont on retrouve l'origine et quelques branches dans le rameau ascendant (cervicale ascendante) de l'artère cervicale inférieure du Cheval.

3° Vartère mammaire interne se divisant en deux branches au niveau de l'appendice xiphoïde du sternum.

h° Vartère intercostale supérieure dont nous voyons l'analogue, sur les Solipèdes, dans le rameau sous-costal de la dorsale.

5° Vartère sus-scapulaire qui existe avec la même disposition dans toutes les espèces.

Fie. 230. — Artères de l'avant-bras de l'homme (d'après Bourgery) (*).

(*) A, artère Imraérale ; II, artnre radiale; C, artère railinin ml poignot; D, nrlèro cubitale; K, arctido pnlmaire snperliciclle ; F, artère iiiterossense postérieure ; G, arfôro iiitci'nsselise antériouru an moment où. elle se met en rapport avec la face profonde du muscle llécliisseur profond oii elle donne le rameau du nerf médian.

612 DES AKTÈRES.

6" La cervicale transvcnc représentée par les branches extra-lhoraci(iues de l'artère dorsale.

7° La cervicale profonde répondant à la cervicale supérieure du Cheval.

L'artûi-c axîUairc OU portion extra-lhoraciquc du tronc sous-clavier s'étend jusqu'au bord externe du muscle pectoral où elle se continue par l'artère humérale. On voit naître de l'axillaire : Vartère acromio-thoracique rappelant la branche descendante de l'arlt-re cervicale inférieure des grands quadrupèdes ; la mammaire externe ; Vartèi-e scapulaire inférieure ou sotis-scapulaire ; la circonflexe postérieure et la circonflexe antérieure, branches de la précédente chez les Solipèdes.

Artère immcraic. — Cette artère mesure la dislance qui existe entre le bord externe du' muscle pectoral et le pli du coude; à ce niveau, elle se partage en deux branches terminales : la cubitale et la radiale.

Elle donne dans son trajet plusieurs rameaux musculaires, puis une collatérale externe et une collatérale interne du coude. Dans le tiers inférieur du bas, l'artère humérale est comprise entre l'humérus, le brachial antérieur et le bord interne du biceps; aussi, pendant la flexion et surtout la flexion active et forcée de l'avant-bras sur le bras, chez les sujets vigoureux, la circulation est-elle arrêtée dans les vaisseaux de la main.

L'artère radiale de l'homme est représentée, chez le Cheval, par l'artère radiale postérieure. Elle se dirige de haut en bas et un peu de dehors en dedans, en supposant la main en état de pronation ; elle traverse le carpe en face du trapèze et du scaphoïde, au fond de la tabatière anatomiquc, puis elle décrit, au-dessous des tendons fléchisseurs des phalanges, Varcade palmaire profonde, et vient enfin s'anastomoser avec un rameau de la cubitale, au niveau de l'éminence hypothénar. Elle fournil sur sa longueur des branches musculaires: V artère transverse antérieure du carpe; l'artère radio-palmaire qui se porte en dehors et s'unit avec un rameau de la cubitale pour former Y arcade palmaire superficielle ; la dorsale du pouce ; l'artère transverse dorsale du carpe qui concourt à la formation de Varcade dorsale du carpe, tronc d'origine des rameaux interosseux do7'saux.

L'artère cubitale, figurée, chez les Solipèdes, par la radiale antérieure, se porte de haut en bajj et de dedans en dehors; elle est d'abord couverte par les muscles grand pronateur, grand et petit palmaires et fléchisseur superficiel ; plus bas, elle n'est plus protégée que par l'aponévrose anlibrachiale et la peau. Sur la face antérieure du carpe, elle passe en dedans du pisiforme et s'anastomose avec l'artère radio-palmaire, d'où résulte l'arcade palmaire superficielle. Elle donne naissance à deux artères récurrentes qui montent recevoir les vaisseaux collatéraux du coude, puis à un tronc qui se voit dans les animaux et qui se divise en interosseuse antérieure et interosseuse postérieure.

Les trois arcades qui existent au voisinage du carpe et dont nous avons fait connaître la constitution se distribuent de la manière suivante :

L'arcade palmaire superficielle est située à la surface des tendons fléchisseurs ; elle émet, de sa convexité, quatre à cinq branches métacarpiennes : la première gagne le bord externe du petit doigt où elle forme la collatérale externe de cet organe; les quatre autres sont logées dans les espaces interosseux ; quand elles atteignent la racine des doigts, elles se bifurquent et constituent les artères collatérales externes ou internes des cinq doigis. L'arcade palmaire profonde fournit des branches articulaires au poignet, des branches perforantes qui traversent les espaces interosseux pour se jeter dans les mlerosseuses dorsales; ïhh interosseuses palmaires qui s'unissent aux inter-

ARTÈBES CAUOTIDES PUIMITIVES. 613

Dssoiisos'siiperliciellcs avnnl leur division en branches collalérales. Enfin, ['arcade dorsidr du carpe abandonne des vaisseaux interosscux dorsaux i\n\ i-eçoivenl des lilets

FiG. 240. — Arcade palmaire profonde de l'homme (*).

perforants en haut et en bas du métacarpe et s'épuisent dans les articulations et la peau des doigts.

Art. VII. — Artères carotides primitives (fig. 237, \h \ 242, 1).

Ces denx vaisseaux naissent de l'artère axillaire droite, à peu de distance de son origine, i)ar un tronc commun, le tronc céphaligiic, qui se détache à angle irèsaign, et se dirige en avant sous la face inférieure de la trachée, au-dessus de la ve.ne cave antérieure, pour se terminer, vers l'entrée de la poitrine, par une bifurcation qui commence les deux carotides primitives.

Chacune de ces artères monte ensuite, au milieu d'un tissu cellulaire abondant quoique dense, le long du tube trachéal, d'abord en-dessous de ce conduit, puis sur le côté, et enfin un peu en arrière de son plan latéral. La carotide arrive ainsi près du larynx et de la poche gutturale, où elle se divise en trois branches.

(*) i, artère cubitale ; 2, artère radiale; 3, arlrrp radio-palmaire coiipiv. ; 4,, nreuile pnlinaire pror.niiU- ; G, art.M-e collnlitrnle eslf-rnt- du roiuli- ; fi, coIliiti'Tnli! extPrno de l'indi'X, vi'nnnt ici de l'nrcndc palmaire proroihir ; 7, mir unnstomnse de l'aron.le snperiicielle ; 8, 8, 8, 8, branches infùnciiros do l'arcnde profonde mi iiUiMvissensfii- anlerionres .illiuil se jeter dans les eollalérales des doigts, an niveau du la liHe dc!S niélaearpn;ns ; 9, rann;au articulaire desluiu u 1 urticuUlion radio-carpienne; 10, branelie profonde d«i la eubitale. (Heniinis et Uoueliard.)

Dans ce trajet, ce vaisseau, indépetidaniment des connexions qu'il entrelient avec la (radiée, alfiicle encore les rapports suivants :

Sur toute son étendue, il est accom|)agné par le cordon i[m résulte de la réunion du nerf pneumogastrique avec la portion cervicale de la chaîne sympathique, et par le nerf récurrent : celui-ci placé en-dessous ou on avant du vaisseau, dont il se trouve ahscz éloigné dans la partie inférieure de l'encolure; le premier situé au-dessus ou en arrière, et directement accolé à l'artère.

La carotide primitive répond encore : en arrière, dans ses deux tiers supérieurs, aux muscles long du cou et grand droit antérieur de la tête ; en dehors, au scalène vers l'extrémité inférieure du cou, et au muscle omoplat-hyoïdien ([ui sépare l'artère de la jugulaire dans la partie moyenne et supérieure de l'encolure. Mais en bas, c'est-à-dire en arrivant près de l'entrée de la poitrine, ces deux vaisseaux se metteut en rapport direct, la veine en dessous , l'artère en dessus.

On notera encore que les ganglions de l'entrée de la poitrine sont aussi en contact avec les carotides, et que l'artère gauche répond de plus au canal œsophagien.

Branches collatérales. — Les artères fournies par la carotide primitive sur son trajet sont assez nombreuses, mais d'un diamètre trop peu considérable pour que leur émission successive fasse varier sensiblement le calibre de l'artère dont elles émanent; aussi les carotides représentent- elles, à peu de chose près, depuis leur origine jusqu'à leur terminaison, deux tubes assez régulièrement cylindriques. Ces branches collatérales sont destinées, soit aux muscles de la région cervicale, soit à l'œsophage et à la trachée. Deux d'entre elles vont nous occuper d'une manière toute spéciale. Ce sont les artères thyro-laryngienne et thyroïdieime accessoire.

Artère thyro-iaryngîcnno (fig. 237, l/i"). — Ce vaisseau, qui répond exactement h Vartère thyroïdienne supérieure de l'homme (1), naît de la carotide primitive à quelques realimèlres de sa terminaison, c'est-à-dire un peu en arrière du larynx ou audessus du corps thyroïde, puis se porte sur ce dernier organe, dans lequel il se jette par deux branches principales qui contournent son extrémité supérieure et son boi-d antérieur, après avoir envoyé deux rameaux sur le larynx : un supérieur, destiné aussi aux parois pharyngiennes ;. un inférieur, beaucoup plus considérable, se distribuant exclusivement à l'appareil laryngien. Ce dernier passe entre le cartilage cricoïde et le bord postérieur du thyroïde; ariivé sous la face profonde de ce cartilage, il se divise en plusieurs ramuscules qui se dirigent, les uns en avant, les autres en arrière; ceuxci rampent sur le ventricule de la glotte et le nmscle ihyro-aryténoïdien pour aller se perdre dans le muscle aryténoïdien. Quant au rameau supérieur, destiné au pharynx, il donne encore au crico- aryténoïdien postérieur.

Il arrive quelquefois que l'artère thyro-laryngienne se trouve divisée, dès son origine, en deux branches bien distinctes fournissant chacune une division laryngienne et une division thyroïdienne, comme dans la figure 242, 3 (2).

Nous avons déjà fait remarquer la disproportion qui existe entre le calibre considérable des branches envoyées par cette artère dans le corps thyroïde, et le volume exigu de cet organe, nous nous bornerons donc ici au rappel de celte particularité.

(1) Nous lui aurions même donné ce nom, si nous avions pu rencontrer le véritable représenlanl de la thijroïdienne inférieure.

(2) C'est sans doule un cas de cette nature qui s'est présenté à Rigot quand il a voulu décrire le vaisseau qui nous occupe. Aussi en a-t-il fait deux artères, la thyroïdienne et la lanjngioaic. Mais ce cas, nous le répéterons, ne se rencnnlrç que par exception; et encore n'autoriserail-il pas, à supposer qu'il lui la règle, la création d'une aricre thijroïdienne et d'une nrlèrc /ari/nf/ieniie distinctes, puisque ciiuque branche du vaisseau se distribue à lu fois au larynx et au corps thyroïde.

AliTlillliS CAROTlDliS PUIMITIVES. . 615

Ar<ëre «hyroïdlennc noccsisotre (2^12, IV — 2P)G, 2). — I/origiiic (le ce Vaisseau [jiécède celle du premier. Il est beaucoup plus ])etil et pénètre dans le corps thyroïdien par l'extrémité postérieure ou inférieure de ce lobe glandiforme.

Souvent cette artère n'envoie à la thyroïde que des ramuscules excessivement ténus, et s'épuise presque enlièrement dans les muscles cervicaux (1).

BRANCiiiiS TERMiNALiiS. — Les trois branches (|ui terminent la carotide primitive .sont les «r/èm occipitale, carotide interne el carotide externe, celle-ci incomparablement plus grosse que les deux autres, lesquelles ne semblent être que des jets collatéraux du vaisseau principal. Ce sont ces ])ranches qui répandent le sang dans les diverses parties de la tête. Nous allons consacrer à leur étude trois paragraphes spéciaux ; mais nous dirons auparavant quelques mots de leur préparation.

Prépuratiûii des artères de la ti'te. — Après avoir enlevé In peau avec précaution, on disséquera il'un colé les artères su|)ernciellcs, c'est-à-dire la maxillaire extemCj la maxillo-musculaire, le tronc temporal et l'auriculaire postérieure, en ayant soin d'exciser la glande parotide pour découvrir l'origine de ces trois derniers vaisseaux. Sur le côté opposé, on préparera les artères profondes, après avoir disposé la branche du maxillaire comme dans la Préparation des muscles de LA LANGUE, et l'ait sauter les apophyses orbitaire et zygomatique, au moyen de trois traits de scie, comme dans la figure 2-'r2 sur laquelle on se guidera, du reste, pour rechercher et suivre tontes ces arlères.

ARTÈRE OCCIPITALE (flg. 2ll2, 6).

I/artèrc occipitale est un vaisseau légèrement flexueux, accolé au premier tiers de la carotide interne. Elle monte sous l'apophyse transverse de l'atlas, en passant derrière la poche gutturale, entre la glande maxillaire et les muscles droits antérieurs de la tête. Puis elle s'insinue entre le muscle petit droit latéral et l'arc inférieur de la vertèbre sus-indiquée , pour traverser le trou antérieur de cette vertèbre, et se terminer par deux branches, après avoir parcouru la courte scissure qui relie ce trou au supérieur. Dans ce triijet, l'artère occipitale est croisée en dehors par le nerf pneumogastrique, le spinal, le cordon cervical du grand sympathique, et accompagnée par les divisions de la branche inférieure de la première paire nerveuse cervicale.

Les deux branches terminales du vaisseau que nous décrivons sont les artères occifiito-musculaire et cérébro-spinale.

Les branches collatérales se présentent au nombre de trois, énumérées ci-après dans l'ordre de leur émission : \°Yartère pré-vertébrale ; 2° la mastoïdienne ; 3° Vatloïdo- ■musculaire.

Branches collatérales. — 1" Artère prévertébralc (fjg. 2/i2, 9). — La plus petite de toutes les branches émanées de l'occipitale, cette artère se détache à angle très-aigu, et se divise immédiatement en plusieurs filets, les uns musculaires, les autres méningés : les premiers passent pour la plupart entre l'articulation atloïdo-occipitale et le petit droit antérieur de la tête, et s'épuisent, soit dans ce muscle, soit dans le grand droit ; les seconds, au nombre de deux généralement, sont toujours fort grêles , et gagnent la dure-mère en pénétrant, l'un par le trou déchiré postérieur, l'autre par le trou condylien.

T Artère mastoïdienne (fig. 242, 8). — Cette artère naît à angle aigu au-dessus de la préc'''dente, et se porte vers le trou mastoïdien en ran'pant sur la surface externe de Tapophysc styloïtle de l'occipital, sous le nuiscle petit oblique de la lête. Elle s'engage ensuite dans le conrluit pariéto-lenqwral par le trou sus-iiidiqué, pour s'iinastornoscr par inosculation avec l'artère sphéno-épineuse.

(1) Nous la regardons comme l'analogue de la t/iyroïdienne moyenne de l'homme.

Dans son trajet, colio arlèrc décrii une courbe à concavité inférieure, et laisse échapper un assez grand nombre de ijranches collatérales. Parmi ces branches, il eu est qui prennent leur origine avant l'entrée d2 l'artère dans le conduit osseux qu'elle parcourt ; celles-ci sont destinées aux muscles de la nuque. D'autres naissent à l'intérieur même de ce conduit, et en sortent par les orifices dont est criblée la fosse temporale, pour se plonger dans le muscle crotaphile. Quelques ramuscules s'épuisent dans la dure- mère.

Nous avons vu l'artère mastoïdienne naître directement de la carotide primitive, et fournir une branche parotidienne.

3" Avt«>re adoïdo-iiiHScnlairc oh rétrograde (flg. 2U'2, 7). — Celte branche

n'est pas constante, et quand elle existe, elle se présente avec un volume très-variable. Elle se détache de l'occipitale sous l'apophyse transverse de l'atlas, en formant avec la branche-mère un angle droit ou môme obtus. Puis elle se dirige en arrière, traverse le ii ou inférieur de l'apophyse susdite, se place sous le muscle axoïdo-ailoïdien, et s'avance, en décrivant des (lexuosilés, à la rencontre de l'artère vertébrale, avec laquelle on la voit s'aboucher à plein canal, après avoir fourni quelques rameaux au grand oblique et aux muscles avoisinants. Cette anastomose établit donc une voie de communication collatérale entre la vertébrale elles divisions fournies par la carotide primitive; aussi ces deux artères peuvent-elles se suppléer mutuellement.

Branches terminales. — 1° Artère occipîto-musculaire (flg. 2i2, 10). - Couverte à son origine par le muscle grand oblique, l'artère occipito-musculaire se dirige transversalement en dedans, à la surface des muscles droits postérieurs, et se partage bientôt en plusieurs rameaux, les uns ascendants, les autres descendants mêlésaux divisions nerveuses de la première branche supérieure cervicale, tous destinés aux> muscles et aux téguments de la région occipitale. Les rameaux descendants s'anastomosent avec les divisions terminales de l'artère cervicale supérieure.

2° Artère céréitro>spinaic. — Celte artère pénètre dans le canal rachidien par le Irou antérieur intèrne de l'atlas, traverse la dure-mère et se divise en deux branches sous la face inférieure de la moelle. De ces deux branches, l'une, antérieure, se réunit par convergence avec la branche analogue de l'artère opposée, en arrivant vers le miheu de la longueur du bulbe, et forme ainsi le tronc basilaire; l'autre se porte en arrière, et constitue l'origine de Vartère spinale, médiane, en s'anastomosant, après un couri trajet, avec la branche correspondante de l'autre artère cérébro-spinale. Il résulte de cette distribution une sorte de losange vasculaire, située sur la face inférieure du bulbe,, qui reçoit sur son milieu les deux artères cérébro-spinales. Quelquefois on n'observe plus cette disposition régulière; les artères cérébro-spinales peuvent se réunir à l'extrémité postérieure de la losange indiquée plus haut, comme cela s'est présenté sur la pièce qui a été dessinée (fig. 241).

Tronc basilaire. — c'est un vaisseau impair qui rampe sur la face inférieure du bulbe rachidien, sous l'arachnoïde viscérale, en décrivant quelques flexuosités, et qui franchit la protubérance annulaire, pour se terminer au niveau du bord antérieur de cette partie de l'isthme encéphalique, par deux branches plus ou moins anastomotiques d'où s'échappent les deux artères cérébrales postérieures (voy. lig. lUi). Ce vaisseau fournit dans son trajet :

1" Une foule de ramuscules plexueux pénétrant dans la substance du bulbe et de la protubérance annulaire du mésocéphale, ou se distribuant aux racines des nerfs émanés du bulbe.

2° Usartères cérébelleusespostérieures,TmseAm sujets à de nombreuses anomalies

ARTiiUES CAUOTIDIÎS PllIMITlVliS. 617

d'origine, lesquels naisscnl ordiiiairemeiil du Uonc i)asiiaii-e à angle droil, en arrière (lu bord postérieur do la prouihcrancc, puis se porlciu en dehors, l'un à droite, l'autre à giuiclio, (Ml rampant siw la lace inférieure du bulbe, arrivent ainsi priis du bord oxierne do cet organe, et s'inllécliissent alors en arrière pour se placer sous les plexus L-lioroïdes cért-bolleux, d'où ces artères répandent leurs ramilicalions sur les parties latérales et postérieure du cervelet.

3» Les artères cérébelleuses antérieures, m nombre de deux ou trois de chaque côté, dont une principale, seule constante : ces artères, très-variables dans leur disposition, |)rennenl leur origine sur l'extrémité terminale du tronc basilaire, c'est-à-dire en avant de b protubérance, et quelquefois même sur les artères cérébrales postérieures; d'habitude réunies en faisceau, elles se dirigent en dehors et un peu en arrière, en contournant les pédoncules cérébraux, et se plongent dans la partie antérieure du cervelet.

k" Deux branches anastomosées avec l'artère carotide interne : ces branches, dont l'existence n'est pas constante, et qu'on rencontre surtout chez l'Ane, partent du tronc basilaire, en avant du" bord postérieur de la protubérance annulaire, puis traversent la dure-mère pour pénétrer dans le sinus caverneux, et se réunir aux artères carotides au niveau de leur deuxième courbure.

Artères cérébraliîs postérieures. — Elles terminent le tronc basilaire et se séparent à droite et à gauche de celui-ci en arrière du tubercule niamillaire (lig. "Iki, 11). Ces artères se dirigent d'abord en avant, reçoivent les communicantes postérieures, puis se portent de dedans en dehors et de bas en haut pour contourner les pédoncules cérébraux et gagner la fente de Bichat. Elles fournissent, sur leur trajet, une multitude de ramuscules chevelus qui pénètrent dans la substance des pédoncules. Mais les branches principales qu'elles émettent se dirigent, flexueuses, vers la grande scissure cérébrale et se terminent, soit sur l'extrémité postérieure de l'hémisphère du cerveau, soit à l'intérieur de cet hémisphère, soit dans le plexus choroïde surtout, soit même sur le cervelet. La disposition et le nombre de ces branches sont fort variables.

Artère spinale médiane. — Très-long vaisseau logé dans le sillon inférieur de la moelle épinière, et mesurant toute l'étendue de cet organe, qu'il suit d'avant eu arrière, C'est de cette artère que s'échappent les ramifications qui couvrent de leurs arborisations le tissu médullaire ou pénètrent dans l'épaisseur de ce tissu. Cette émission, qui devrait épuiser bien vite l'artère spinale médiane, ne diminue pas sensiblement le diamètre de ce vaisseau, parce qu'il reçoit sur son trajet, et des deux côtés, de nombreux filets de renforcement. On sait, en effet, que deux séries de rameaux émanés, soit des artères vertébrales, soit des intercostales, soit des lombaires, soit des sacrées latérales, pénètrent dans le canal rachidien par les trous de conjugaison. Ce sont eux qui constituent les filets de renforcement dont nous parlons. Mais en général ils ne se jettent sur la moelle qu'après s'être anastomosés entre eux, en dehors de la dure-mère, de manière à former, sur le plancher du canal vertébral, deux canaux artériels latéraux, accolés aux sinus veineux, et réunis l'un à l'autre par des anastomoses transversales, dispositions qui se montrent de la manière la plus évidente dans la région cervicale du Bteiif. (Yoy. fig. 2klx.)

ARTÈRE CAROTIDE INTERNE (flg. 242, 5, et flg. 241, 8).

L'une des branches terminales de la carotide primitive, la carotide interne, monte d'abord sous la base du crâne, en dehors des muscles droits antérieurs de la tête, et

618 DliS AUTËniiS.

s'iriflécliit on avant ponr j^'aynor lo imii ûvcWivO. Dans cvuc première partie de son trajet, elle est sontemie dans un repli particulier de la poche gutturale, longée par le ganglion cervical supérieur, accompagnée du rameau caverneux du sympaliii(pje, et croisée de diverses manières par les nerfs qui forment le plexus guttural.

FiG. 241. — Artères de l'encéphale (*).

Arrivée vers le milieu de l'hiatus occipiio-sphéuo-temporal, elle pénètre dans le sinus caverneux, et décrit à l'intérieur de cette cavité, où elle est baignée par le sang veineux, deux courbures successives et opposées : une première, dont la convexité, tournée eu avant, occupe la fossette carotidienne du sphénoïde ; une seconde, à con-

spinnlos ; 2, artère spinale u.nlia „' 's^ „ ItnC ! l'^ '"T ''"'"''^ " ^'

i, le tronc basilaire (kabUurllc.c, tJ^ârl!^sZ^Ï,l^ f"' '•"■'■^'•■•"-^l'"'»l« '•'^■^"Ite «van. ;

cérébelleuses [jostérie.ires ; G, artére's cTrc"Lell >n,„r '"■«"'S"): 5, 5. artères

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ARTÈRES CAROTIDKS PRIMITIVES. 619

vexilô postérieure, au niveau de laquelle la carolide interne reçoit une branche anastonioli((ue du ironc Uasilaire, branche volumineuse à peu près constante dans l'Ane, rare et très-grêle chez le Chevui. Après cette dernière inflexion, les deux artères carotides internes couiniuniqucnt ensemble par une très-grosse branche transversale, toujours llcxueuse, souvent réticulée, et sortent du sinus caverneux en traversant la dure-mère, pour pénétrer dans la cavité crânienne.

Ces artères se placent alors sur les côtés de la glande pituitaire, en dedans du nerf maxillaire supérieur, marchent d'arrière en avant et se terminent par deux branches avant d'atteindre le nerf optique : l'une conal'ûac ïmière communicante postérieure; l'autre se bifurque bientôt pour former les artères cérébrales moyenne et antérieure.

Artère coiuiuunicante postérieure. — Ce vaisseau s'inflécliit d'avant en arrière sur le côté de la glande pituitaire et s'anastomose en arrière de cette glande avec l'artère cérébrale postérieure.

Artère cérébrale nioycBiie. — Cette artère se sépare de la cérébrale antérieure en dehors du chiasma des nerfs optiques, se loge dans la scissure de Sylvius, qu'elle parcourt en découvrant des flexuosités, et à l'extrémité de laquelle on la voit se partager en plusieurs branches, qui rampent et se ramifient sur les faces latérale et supérieure du cerveau, branches anastomosées par leurs divisions terminales avec les artères cérébrales postérieure et antérieure.

Artère cérébrale antérieure. — Elle s'engage immédiatement au-dessus de la commissure des nerfs optiques, en se portant de dehors en dedans, et s'unit sur la ligne médiane avec l'artère opposée pour constituer un vaisseau unique. Cette artère médiane se plonge dans la scissure longitudinale du cerveau, en contournant l'extrémité antérieure du corps calleux, et se divise, après un court trajet, en deux branches, lesquelles marchent d'avant en arrière, l'une à droite, l'autre à gauche, sur la face interne des hémisphères, à une petite distance du corps calleux, jusqu'auprès de l'extrémité postérieure de cette grande commissure. Les rameaux émis par ces artères, soit sur leur trajet, soit à leur terininaison , s'anastomosent avec ceux des artères cérébrales postérieures et moyennes, ainsi qu'avec, la branche lobaire de l'artère ophthalmique.

Avant de se réunir en un tronc commun, les deux artères cérébrales antérieures reçoivent la branche méningieniie de cette même artère ophthalmique, branche dont le calibre surpasse souvent celui des artères cérébrales antérieures elles-mêmes.

ARTÈRE CAROTIDE EXTERNE (flg. 242, 12).

Cette artère doit être considérée, à cause de son volume et de sa direction, comme la continuation de la carotide primitive. Elle se dirige èn avant, arrive sur le boid postérieur de la grande branche de l'hyoïde, passe entre cet os et le muscle stylo-hyoïdien, s'infléchit alors en formant un coude tourné en avant, et monte ensuite verticalenieiu jusqu'auprès du col du condylc de l'os maxillaire, à la hauteur de l'angle postérieur.de la branche hyoïdienne. Là on la voit se bifurquer pour donner naissance à l'artère temporale superficielle et à Vartère maxillaire interne.

Dans la [)rcmière partie de son trajet^ c'est-à-dire depuis son origine jusqu'à l'os hyoïde, la carolide externe répond : en dedans, à la poche gutturale, aux nerfs glossopharyngien et laryngé supérieur; en dehors, au ventre supérieur du digastriquo et au nerf liyi)oglosse. Dans sa deuxième portion, elle est comprise entre la pociie gutturale,

la parotide, la grande branche de l'hyoïde, et le côté hiterne du bord postérieur de l'os maxillaire. -i

Les branches collatérales que cette artère fournit sont au nombre de trois principales : la g lossu- faciale, la maxillo-rausculaire et V auriculaire postérieure. Mais elle j en émet d'autres moins importantes qui se rendent à la glande maxillaire, à la poche ?j guttnrale, aux glanglions gutturaux et à la glande parotide.

1» Artère maxillaire externe, faciale ou glosso-faciale (fig. 242, 13).

Elle prend son origine sur la carotide externe, au point où celle-ci se trouve engagée -î sous le muscle stylo-hoïdien ; puis elle s'infléchit immédiatement par en bas, pour descendre sur le côté du pharynx, entre le bord postérieur de la grande branche hyoïdienne et le muscle indiqué plus haut. Elle passe ensuite à proximité de l'extrémité antérieure de la glande' maxillaire, en croisant en dehors le canal de Wharton, et se dégage un peu plus bas de la situation profonde qu'elle occupe d'abord, pour en pi-endre une plus superficielle dans le fond de l'auge, où on la voit ramper à la surface du nmscle ptérygoïdien interne, en se dirigeant en avant vers la scissure maxillaire. L'artère contourne alors cette scissure, et monte sur la face en avant du masséler jusqu'au-dessus de l'épine maxillaire, où ce vaisseau se termine par deux petites branches.

Dans son trajet long et compliqué, la glosso-faciale décrit un demi-cercle ouvert par en haut, et se divise très-naturellement, poasr Fétude des rapports, en Lroïs portions : une profonde, une intra-maxillaire et une faciale. — La première partie on portion profonde, accompagnée dans sa moitié supéiieîjre par le nerf glosso-pharyngien, répond en dehors au masséler interne ; en dedans, à la poche guîîurslç); aa muscle hyo-pharyngien , au nerf hypoglosse, au tendon moyen du digastrique, au basioglosse, au canal de Wharton, au scapulo -hyoïdien. — La portion intramaxillaire, ou partie moyenne , longée par la veine glosso-faciale, est appliquée sur le ptérygoïdien interne et en rapport avec les ganglions sous-maxillaires. — La portion faciale ou terminale se trouve logée à son début dans la scissure maxillaire, en avant de la veine glosso-faciale et du conduit parotidien. Elle monte ensuite avec ces deux canaux le long du bord antérieur du masséter, sur le maxillo-labial et le buccinateur, en dessous du peaucier, du zygomato-labial, et des ramifications du nerf facial, qui croisent perpendiculairement la direction de l'artère.

Branches terminales. — L'artère maxillaire externe se termine par deux petits rameaux qui se séparent l'un de l'autre en formant un angle obtus, et qui se dirigent l'un en haut, l'autre en bas. Le rameau ascendant passe à la surface du releveur delà lèvre supérieure, au-dessous du muscle lacrymal, et va s'anastomoser avec les divisions d'une branche palpébrale émanée de la sus-maxillo-dentaire (fig. 242, 19). Le rameau descendant se porte vers la fausse narine et l'entrée des cavités nasales en rampant sous le muscle sus-naso-labial (fig. 242, 20).

Branches collatérales. — Ces branches sont au nombre de cinq principales : i" Y artère pharyngienne ; 2° la linguale; 3° la sublinguale, qui prennent naissance sur la première partie de l'artère glosso-faciale ; 4° la coronaire inférieure ; 5» la coronaire supérieure, émanées de la portion faciale. Il existe de plus un grand nombre de rameaux innominés, d'un intérêt secondaire, lesquels se portent aux parties environnantes, et principalement dans la glande maxillaire, les ganglions de l'auge, le masséler, les muscles et les téguments de la face : nous nous bornerons à signaler l'existence de ces dernières branches.

ARTÈRES CAIIOTIDES PKIMITIVES.

Fie. 2ài, — Artères de la tête (*).

I*) 1, artère carotide primitive ; 2, nrtéro tliyroiilienne nocessoiro ; 3,/(, nvlvre tliyro-lnryiigieiinc (divisoe ou iloiix liraiichns) ; 5, artère cnrotiile interne ; G, artère occipitale ; 7, urtùrc alloïilo-imisciilnire, ïi la sortie liii (rnn inférieur ilu Taillis; 8, artère inasloidieiiiin ; 9, artère prèvertèbrale ; 10, artère occi[iitii-miiPcnlaire ; H, cxtrèinilé terininale île la vertébrale, anastomosée à plein canal avec l'atloldn-miifciilairu ; i'i, arlère carotide externe ; i3, artère maxillaire cxteiiii: ; artère pharyngienne; 15, artère linguale ; IG, artère siihlinguale ; 17, artère cnriinaire nii laliinle intérieure ; 18, artère coronaire on laliinle supérieure ; 19, liranelic terminale siipérienre de la maxi'llaii'e externe; 20 branche lermiiiale inl'érieiiri' de la même ; 21, artère maxillo-mnsenlaire ; 22, 21!, arlère auriculaire |io.slérii'nre ; 24, ti nric lernpural superficiel ; 25, artère sons-zygoinatiqne ; 26, arlère anricnlaire antérieure ; 27, arlère maxillaire interne ; 28 artère dentaire inférieure ; 29, faisceau d'artères ptérygoidiennes ; 30, artère lympaniqiie ; 31, arlère spliéno-épinense; 32, artère temporale profonde postérieure ; 33, artère tcmpornie prol'onile antérieure ; 3t, artèi'e ophthalmiqne ; 35, ar- »ère sonrcilière ; 3G, arlèri; lacrymale ; 37, artère buccale ; 38, artère staphyline ; 30, artère ili'iilaire supérieure ; 40, rumcau orbitnire île ce vaisseau.

622 ARTiiRliS.

1" itrt.Tc piiar.Yn«i<»nnc. — (fig. 2/i2, l^i). — FJIe iiaîl (Ift la glosso-facialo, àiiiK' clislaiicc l'on variable do l'oii^ine de celle-ci, cl ([uelquefois même dans l'angle compris entre celte artère et la carotide externe. Quel que soit, du reste, son point d'émergence, elle se dirige toujours en avant, passe entre le kérato-pliaryngien et la grandie branche hyoïdienne, puis se porte, on décrivant quelques flexnosilés, vers l'apophyso' plérygoùle, sous la lame élastique ([ni recouvre le muscle ptérygo-pharyngien. Elle va; se terminer dans le voile du palais, après avoir donné sur son trajet des rameaux ascendants et descendants qui s'épuisent dans les parois du pharynx.

2° Artère iiii;;naic (fig. 2/i2, 15). — D'un voluuie aussi considérable que la. branche-mère dont elle procède, cette artère s'en détache à angle aigu, à la hauleun de l'extrémité de la côrne hyoïdienne. Elle pénètre ensuite, avec le nerf glosso-pharyngien, sous le muscle basio-glosse, en croisant la petite branche de l'hyoïde, et se prolonge jusqu'à l'extrémité de la langue, en rampant dans l'interstice compris entre le génio-glosse et le b.xsio-glosse, où ce vaisseau rencontre les rameaux des nerfs lingual et hypoglosse.

Flexueuse dans son trajet, pour se prêter à l'allongement de la langue, l'artère linguale émet un très-grand nombre de rameaux collatéraux, qui s'échappent perpendiculairement de toute la périphérie du vaisseau, mais principalement en haut, en bas et du côté interne, pour se ramifier dans les muscles et les téguments de la langue.

Parallèles entre elles, les deux artères linguales communiquent par de fins ramuscules transversaux, et s'abouchent l'une dans l'autre à leur extrémité terminale devenue très-mince.

3° Artère siibiiiiguaie (fig. 242, 16). — Cette artère prend son origine au niveau : de l'extrémité antérieure de la glande maxillaire, et parcourt d'arrière en avant la surface externe du muscle mylo-hyoïdien, qu'elle traverse ensuite vers l'extrémité postérieure de la glande sublinguale. Elle suit alors le bord inférieur de cette glande, envoie de nombreux rameaux dans son épaisseur, et se prolonge, après avoir donné quelques filets aux muscles génio-glosse et génio-hyoïdien, sur le côté du frein de la langue, où , ce vaisseau s'épuise, par de lins ramuscules, dans la muqueuse buccale.

Parmi les branches que cette artère laisse échapper avant d'atteindre la glande sublinguale, il faut diiitinguer celles qui sont destinées au muscle mylo-hyoïdien : les unes descendantes, grêles et irrégulières ; les autres ascendantes, fortes, longues et parallèles entre elles.

Parfois cette artère ne pénètre pas jusqu'à la glande sublinguale : elle reste alors dans toute son étendue en dehors du muscle mylo-hyoïdien, et va porter ces divisions terminales aux environs de la symphyse du menton. La glande reçoit dans ce cas une branche spéciale de l'artère linguale : c'est la disposition habituelle dans l'honnne, chez qui le vaisseau que nous décrivons porte le nom A'arlère sous -mentale.

U° Artère coronaire ou laliialc inférieure (fig. 242, 17). — Née de la gloSSO-

facialeà angle aigu, un peu avant l'arrivée de cette artère sur le muscle maxillo-labial, la coronaire inférieure s'engage sous ce muscle, et descend, en suivant sa direction, jusque dans le tissu de la lèvre inférieure, où elle se mêle aux ramifications du nerf iiientonnier, et où elle se termine en formant une très-fine arcade anastomotique avec le vaisseau du côté opposé.

Dans son trajet, elle donne des rameaux aux muscles buccinateur et maxillo -labial et aux tissus de la lèvre inférieure, à laquelle elle est principalement destinée.

A son passage près du trou menionnier, elle reçoit l'artère dentaire inférieure à sa sortie de ce trou.

ARTi:UUS CAUOTIDES ruiMITIVliS. 623

:')" .trloro coronaire ou I.-iliialc Nii|iérl(Mir«- (fig. 2/|2, 18). — Ccllc ci, lUoillS coiisidérablo (luo la pr^-cédeiito, souvent inOme loul à lail rudiiiiciilairc, .se détadie du tidiic principal presqu'à angle droit, an-dessiis du point d'origne du pyramidal du nez, et (|uelqnefois au-dessous de ce muscle. Celte artùre gagne ensuite la lèvre supérieui-e, avec les ran)oaux soiis-orbitaires du nerf maxillaire supérieur, en passant sous le siisiiaso-labial et le pyramidal du nez; puis elle se termine en formant une arcade par inosculation avec Tarière palalo-labiale.

l,es rameaux qu'elle émet se rendent à l'aile externe du nez et aux tissus de la lèvre supérieure. Quelques-uns se perdent dans les deux muscles déjà cités et dansl'alvéololabial.

2" Artère maxillo-musculaire (iig. 242, 21).

L'artère maxillo-musculaire est un vaisseau qui ne semble point avoir de représcn- I tant chez l'homme. Elle émerge de la carotide exter ne, au-dessus du point où celle-ci ■ se trouve comprise entre la grande branche de l'iiyoïdo et le muscle stylo-hyoïdien. Remarquable par l'angle très-obtus qu'elle forme, à son origine, avec le vaisseau prin- ' cipal, celle artère descend d'abord derrière le bord postérieur du maxillaire, couverte ipar la parotide. Puis elle se divise en deux branches: l'une profonde, qui se rend dans 1 le ptérygoïdien interne, après avoir fourni quelques ramuscnles aux organes environnants; et une superficielle contournant le bord postérieur du maxillaire, en se déga- . géant de dessous la parotide, au-dessus de l'insertion du sterno-maxillaire, pour se plonger dans le masséler et s'épuiser au sein de ce muscle, par plusieurs rameaux ; anastomosés avec les divisions de l'artère sous-zygomatique.

3" Artère auriculaire postérieure (fig. 242, 22),

Troisième branche collatérale de la carotide exierne, l'artère auriculaire postérieure naît à angle très-aigu, au-dessus et un peu en arrière de la précédente. Elle monte ensuite sous la glande parotide derrière la base du pavillon de l'oreille, traverse les muscles cervico-auriculaires, et s'élève jusqu'à l'extrémité du cartilage conchinien , en rampant sous la peau qui recouvre le plan postérieur de ce cartilage.

Dans son trajet elle émet plusieurs rameaux auriculaires ascendants, naissant à différentes hauteurs et couvrant la conque de leurs divisions. Parmi ces rameaux, on doit distinguer le premier (fig. 2i2, 23), qui prend son origine au niveau du tronc temporal, et qui se divise bientôt en deux branches : l'une, profonde, après avoir envoyé un très-mince filet dans l'oreille moyenne par le trou stylo-mastoïdien, passe entre le conduit auditif externe et l'apophyse mastoïde, pour s'aller plonger dans le tissu adipeux sous-conchinien et dans lè muscle sculo-auriculaire interne; l'autre, superficielle, englobée dans le tissu parotidien, se porte au côté exierne de la conque et s'enfonce à l'intérieur de ce cartilage, avec le nerf auriculaire moyen, après avoir abandonné queliques ramuscules exlériéurs.

De ces rameaux auriculaires, s'échappent en outre une multitude d'artérioles parotidienne-s.

4" Artère temporale superlicielle ou tronc temporal (fig, 242, 24).

r.'cst la plus petite des deux branches terminales de la carotide externe. Après un très-court trajet ascendant entre la parotide, la poche gutturale et le col du condylc du

l>I^S ARTiiUES.

maxillaire, on arricre duquel elle csl siuiée, celte arlère se divise en deux branches : ['uuriciilaire antérieure et la sous-zi/f/ovialû/tic.

Artère aHrieiilaîrc antérieure ((ig. 242, 26). — Ce vaisseau semble être, non ■ pas par son volume, niais a cause de sa direction, la continuation du tronc temporal. Embrassé près de soii origine par le nerf facial el la branche sous-zygomatique du nerf maxillaire inférieur, il monte derrière l'articulation temporo-maxillaire et l'apophyse sus-condylienne, en dessous delà parotide, jusque sur le muscle crotaphite, dans lequel il sujette, après avoir émis des artérioles parolidionnes, et des rameaux auriculaires, dont un pénètre à l'intérieur de la conque, pendant que les autres s'épuisent dans les muscles antérieurs de l'oreille el dans les téguments qui recouvrent ces muscles.

iVrtérc sons-zj-gomatiqiic (fig. 242, 25). — Plus considérable que l'auriculaire antérieure, celte artère se dégage de dessous la parotide en conlouruanl le bord postérieur du maxillaire, avec l'anastomose nerveuse qui donne naissance au plexus souszygoniaiiquc, et se place au-dessus de cette anastomose, au-dessous du condyle de l'os précité, en dehors de ce condyle. Là elle se termine par deux branches d'égal volume, l'une supérieure ou superficielle, l'autre inférieure ou profonde, toutes deux ramifiées dans l'épaisseur du muscle masséter, et anastomosées avec les divisions de Tarière maxillo-musculaire, ou avec les branches massétérines de la maxillaire externe.

La branche supérieure, ou l'artère transversale de la face, se porte vers le bord antérieur du. masséler en décrivant plusieurs flexuositès, et en marchant près de la crête zygoniatique. Placée d'abord h la surperficie du masséter, elle s'enfonce ensuite dans ce muscle.

La branche inférieure, ou Vartère massétérine, se plonge tout de suite parmi les faisceaux profonds du zygomato-maxillaire, et se distribue à ce muscle, en accompagnant le nerf massétérin. Près de sou origine, elle communique avec la temporale profonde postérieure par un fin raniuscule qui passe dans l'échancrure sigmoïde. Elle possède un rameau superficiel qui descend parallèlement au bord postérieur du maxillaire. Chez l'iiomme et (juelques animaux, cette artère vient de la maxillaire interne.

5" Altère maxillaire interne ou gutturo-maxillaire (fig. 2Û2, 27).

Située d'abord immédiatement en dedans du condyle maxillaire, au-dessous de l'articulation de la mâchoire, cette artère se porle du côté interne, vers l'entrée du conduit sous-spliénoïdnl, en décrivant deux courbures successives, une première à concavité postérieure, une seconde à concavité antérieure. Après s'être ainsi contournée eu la maxillaire interne parcourt d'arrière en avant le conduit sous-sphénoïdal, anive dans l'hiatus orbitaire, et gagne ensuite l'hiatus maxillaire, pour s'enfoncer dans le conduit palatin, où elle perd son nom pour prendre celui d'artère palatolabiale.

Pour l'étude des connexions, on peut diviser le trajet de cette artère en trois portions, une postérieure ou gutturale, une moyenne ou sphénoïdale, une antérieure ou sous-orbilaire. — La portion postérieure est appliquée sur la face interne du muscle plérygoïdien externe, recouverte en dedans par la poche gutturale, et croisée en dehors parle nerf maxillaire inférieur et quelques-uns des rameaux de ce nerf. — La portion moyenne se trouve enveloppée par les parois osseuses du conduit sous-sphénoïdal. — La portion antérieure franchit avec le nerf maxillaire supérieur l'espace qui sépare l'hiatus orbitaire de l'hiatus maxillaire, en rampant sur l'os i)alatin, sous un amas considérable de tissu graisseux.

ARTÈKES CAUOTIDES PlUMlTlVliS. 625

Branches collatérales. — Les artères fournies, sur son Irajel, par la maxillaire interne, sont au nombre de onze principales :

Cinq naissent sur la première partie du vaisseau : deux en bas, la dentaire inférieure g\. le groupe des pténjgoïdiennes ; trois en liant, la lympanique, la sp/iénoèpineuse, la temporale profonde postérieure.

Deux s'échappent de la portion intra-osseusc ou sphénoïdalc : ce sont la temporale profonde antérieure et Vartère opiithalmique, toutes deux supérieures.

Quatre prennent leur origine sur la troisième partie de l'artère : il y en a deux inférieures, la buccale et la staphyline, et deux supérieures, la dentaire supérieure et la nasale.

1» Artère dentaire îiiféricnrc (fig. 2^i2, 28). — Eiicore appelée niaxillo-dentaire, cette artère se détache à angle droit vers le milieu de la première courbure décrite par la maxillaire interne. Elle se dirige ensuite en avant et en bas, passe entre les deux muscles ptérygoïdiens, puis entre l'interne et l'os maxillaire, s'engage avec le nerf maxillaire inférieur dans le conduit dentaire, et le parcourt dans toute son étendue. Arrivée vers le trou mentonnier, elle se partage en deux rameaux : l'un profond^ qui continue le trajet intra-osseux du vaisseau pour aller se distribuer aux racines du crochet et des trois dents incisives ; l'autre superficiel, généralement très-grêle et même presque capillaire, sortant par le trou mentonnier, avec les branches terminales du nerf maxillaire, et s'anastomosant avec la coronaire inférieure.

Avant de pénétrer dans l'os maxillaire, cette artère fournit des divisions aux muscles plérygoïrlien interne et mylo-hyoïdien.

Dans l'intérieur du conduit maxillo-deniaire, elle abandonne des rameaux diploïques, ainsi que les artérioles destinées aux racines des dents molaires et à la membrane des alvéoles.

2° Artères ptcrygoïdicnnes (fig. 2U2, 29). — On peut dire d'une manière générale que les deux muscles ptérygoïdiens empruntent leurs artères à tous les vaisseaux qui passent auprès d'eux, mais il existe deux branches et quelquefois trois, qui leur sont plus spécialement destinées. Ces branches, ou les artères ptéry g oïdiennes proprement dites, naissent du milieu de la deuxième courbure de la maxillaire interne, soit à angle aigu, soit à angle droit, puis se plongent dans les muscles ptérygoïdiens, après un court trajet en avant et en bas sur le périslapliylin externe. Ce dernier muscle et son acolyte, le péristaphylin interne, en reçoivent aussi quelques rameaux.

3° Artère t^mpanique (fig. 2Z|2,30), — Artériole très-grêle et constante, rampant à la surface de la poche gutturale, en accompagnant le nerf lympano-lingual, et pénétrant dans la caisse du tympan par un trou situé à la base de l'apophyse styloïdienne du temporal. Cette artère abandonne des ramuscules à la paroi de la poche gutturale et au nerf trijumeau, ramuscules qui naissent souvent directement du tronc de la maxillaire interne, à côté de la tympanique.

M" Artère sphèno-èpineiiKe on grande M»énîn<|ée (2/|2, 31). — Née à angle

oblns, à l'opposé des ptérygoïdicnnes, cette artère, appliquée contre le sphénoïde près de l'insertion temporale des muscles péristaphylins, se dirige en arrière et en haut, pénètre dans le crâne par le trou déchiré antérieur;, en dehors du nerf maxillaire inférieur, se place sous la dure-mère, et s'engage bientôt par un trou particulier dans le conduit pariéto-temporal, où elle s'anastomose par inosculalion avec l'artère mastoïdienne. Avant de pénétrer dans ce conduit, l'artère spliéno-épineuse laisse échapper une branche méningée, dont les ramifications, destinées à la dure-mère, font saillie à

CHAIIVEAU. — 2° ëllil. 40

g26 '->liS AKTEKt-b.

la face interne de cette membrane, et rampent dans de petites scissures creusées à la face interne du crâne.

Le volume de ce vaisseau est sujet aux ])lus grandes variations, il est toujours en rapport inverse avec celui de l'artère mastoïdienne.

50 Artère tenipuralc prorondc posiérîcurc (tig. , 32). — Elle naît à angle

droit immédiatement avant l'entrée de l'artère maxillaire interne dans le conduit soussphénoïdal. Puis elle monte, appli(iuée contre l'os temporal, dans le muscle crolapliite, en 'passant devant l'articulation temporo-maxillaire , qu'elle contourne pour s'inllécliir en arrière. Ce vaisseau communique avec l'artère massétérine par une fine division qui traverse l'échancrure sigmoïde de l'os maxillaire.

6° Artère temporale profomle antérieure (fig. 1^2, 33). — Née à angle droit,

comme la précédente, dans l'intérieur du conduit sous-sphénoïdal, celte artère sort par la. branche supérieure de ce conduit, s'élève contre la paroi osseuse de la fosse temporale, le long du bord antérieur du muscle crotaphite, dans lequel elle s'épuise ])resque entièrement. Elle donne quelques ramuscutes au tissu adipeux de la fosse temporale. Son extrémité terminale, qui arrive sous le muscle pariéto-auriculaire interne, se ramifie dans ce muscle et dans la peau du front.

7" Artère ophthainiique (fig. 2Zi2, 34). — Ce vaisscau se présente avcc une disposition assez singulière. Après s'être détaché de la maxillaire interne dans le conduit sous-sphénoïdal, en avant de l'artère temporale profonde antérieure avec laquelle il est parfois réuni, on le voit pénétrer, par l'hiatus orbitaire, dans le fond de la gaîne oculaire, puis entrer dans le crâne par le Irou orbitaire, après avoir décrit une anse ouverte en arrière et en bas, laquelle passe entre les umscles de l'œil, au-dessous du droit supérieur, au-dessus du nerf optique et de la gaîne formée autour de ce nerf par le droit postérieur.

Hue fois entrée dans le crâne, l'artère ophthalmique parcourt de dehors en dedans une gouttière de la fosse ethmoïdale, et se termine par deux branches : l'une méningienne, l'autre nasale.

Branches collatérales. — Dans son trajet orbitaire, l'artère ophthalmique émet de nombreuses branches collatérales qui toutes prennent naissance du côté convexe de l'anse décrite par le vaisseau. Ce sont : les artères musculaires de l'œil, ciliaires, centrale de la rétine, sourcilière et lacrymale.

Dans sa partie crânienne , elle fournit des rameaux cérébraux.

Les artères musculaires de l'œil ont une destination suffisamment indiquée par leur nom. Leur nombre et leur mode d'origine varient. On en trouve ordinairement deux principales qui naissent directement de l'artère ophthalmique el d'autres plus petites fournies par la lacrymale et la sourcilière.

Les artères ciliaires, destinées aux parties constituantes du globe de l'œil, principalement à la choroïde, aux procès ciliaires et à l'iris, représentent de longs rameaux très-ténus, émanés pour la plupart des artères musculaires.

Nous nous bornons à indiquer ici Vartère centrale de la réline. Elle sera décrite, de même que les artères ciliaires, quand nous nous occuperons de l'appareil de la vision.

Vartère sourcilière monte avec le nerf du même nom contre la paroi interne de la gaîne oculaire, pour gagner le trou sus-orbitaire, traverser cet orifice et se distribuer aux muscles fronto-sourcilier, orbiculaire des paupières, lemporo-auriculairc externe, ainsi qu'au tégument de la région frontale (fig. 242, 35).

Vartère lacrymale rampe de bas en haut et d'arrière en avant entre les muscles du

AUlliliLb GAUUJIULt) l'IilMll 1 Vlib. 627

globe et la paroi supérieure' de la gaîiie oculaire, pour aller se lerininer dans la glande lacrymale el la paupière supérieure (lig. 2/i2, 36).

Les rameaux cérvbraux tie l'artère ophllialuiique sont en nombre variable ; sou- \ eut on n'en compte qu'un seul d'un volume assez considérable. Ils se portent sur l'extrémité antérieure du lobe cérébral, et s'anastomosent avec les divisions de l'artère t é ré bra le a ii t érie u r e.

/Jmnc/ies tenninales. — La branche rjiéningienne, après avoir donné des ramuscules à la dure-mère, et particulièrement à la faux du cerveau, s'anastomose sur la ligne médiane, en bas de l'apopbyse crista-galli, avec celle du côté opposé, et se réunit ensuite à l'artère cérébrale antérieure.

Quant à la branche nasale, elle traverse la lame criblée de l'elhmoïde, et se divise en plusieurs ranmscides qui descendent, soit sur les volutes ethmoïdales, suit sur la cloison médiane du nez, où leurs ramifications figurent des pinceaux artériels d'un fort joli aspect.

8" Artère buccale (fig. 242, 37). ■ — L'artère buccale émerge à angle aigu de la maxillaire interne, 1 ou 2 centimètres en avant de l'hiatus orbitaire, puis descend obliquement entre l'os maxillaire et l'insertion supérieure du ptérygoïdien interne pour se terminer dans la partie postérieure des glandes molaires et des muscles alvéolo-labial et maxillo-labial.

Elle donne dans son trajet quelques ramuscules insignifiants aux muscles ptérygoïdiens ainsi qu'au masséler, et une longue branche adipeuse destinée au coussinet de la fosse temporale, branche qui vient quelquefois directement de l'artère maxillaire interne.

9" ilrtère stapbyline (fig. IWl, 38). — Très-grêle filet qui accompagne le nerf staphylin ou palatin postérieur dans la scissure de même nom, et qui va se jeter dans le voile du palais.

10" Artère dentaire supérieure (fig. 242, 39). — Ce vaisseau, qui prend encore le nom d'artère sus-maxillo-dentaire, s'engage dans le conduit dentaire supérieur, arrive vers son orifice inférieur ou sous-orbitaire, et se partage alors en deux minces rameaux : l'un continue le trajet du vaisseau dans l'épaisseur des os sus-maxillaires pour porter le sang artériel aux alvéoles des avant-molaires, du crochet et des dents incisives ; l'autre sort du conduit osseux avec les divisions terminales du nerf maxillaire supérieur, et communique sur le chanfrein avec un raniuscule de l'artère maxillaire externe.

Sur son parcours, l'artère dentaire supérieure émet plusieurs rameaux collatéraux : la plupart naissent à l'intérieur du canal dentaire, et se portent, soit aux alvéoles des arrière-molaires, soit au tissu des os, soit à la membrane des sinus ; — l'un d'eux {rameau orbitaire), lopins considérable de tous, s'échappe de l'artère principale avant son entrée dans le conduit sus-maxillaire, rampe sur le plancher de l'orbite, et se porte vers l'angle nasal de l'œil, d'où il descend sur le chanfrein, après avoir fourni quelques divisions à la caroncule de l'œil, au sac lacrymal et à la paupière inférieure.

1 r Artère nasale ou sphéno-palatlnc. Placée à son origine tout à fait au fond de l'hiatus maxillaire, cette artère prend naissance à angle droit, traverse le trou nasal el se partage en deux branches terminales, l'une externe, l'autre interne, qui rampent, en se ramifiant, sur les parois de la cavité du nez.

Branche terminale de la MAXILLAIHE JNXEUlNli;. — Artère palato-laltialc ou

palatine (fig. 126, 3). — Suite de la maxillaire interne, le vaisseau dont nous avons à nous occuper maintenant traverse d'abord le conduit palatin, suit [la scissure pala-

(^08 '^^S AKTEIŒS.

liiiejus(|irauprès dos incisives sii|)éi ieiiics, s'inllécliil alors en dedans, au-dessus d'une pelile languette cartilagineuse (lig. ri(i, cl se réunit sur la ligne médiane avec l'iu lère du côté opposé, en formant une arcade à concavité postérieure, d'où procède „„ tronc impair qui s'engage dans le trou incisif, percé entre les deux os interniaxillaires.

Les artères palatines fournissent dans leur trajet une série de rameaux destinés a la partie antérieure du voile du palais, aux membranes de la voûte palatine, et aux gencives des dents supérieures.

Le tronc impair qui résulte de leur anastomose se trouve après sa sortie du trou incisif, placé immédiatement sous la muqueuse buccale. Il se divise presque aussitôt en deux branches principales : l'une droite, l'autre gauche, (jui se logent dans le tissu de la lèvre supérieure, et se portent en arrière, à la rencontre des artères coronaires, avec lesquelles on les voit s'anastomoser par inosculation, après avoir fourni sur leur trajet un grand nombre de branches, destinées aux muscles ainsi qu'aux téguments de la lèvre et des naseaux.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES ARTÈRES CAROTIDES CHEZ LES ANIMAUX NON SOUPÈDES.

1» Artères carotides des carnassiers.

Chez le Chien, les carotides naissent isolément du tronc brachio-céphalique et montent sous les apophyses transverses de l'atlas, le long de la trachée, en suivant un traiet exactement semblable à celui qu'elles décrivent dans le cheval.

Parmi les rameaux collatéraux que fournissent ces deux vaisseaux, on distinguera V artère thyro-laryngienne, remarquable par son énorme calibre, son trajet descendant en avant du lobe latéral de la glande thyroïde, et sa terminaison dans l'isthme médian de cette glande.

Quant aux branches terminales de la carotide, ce sont, comme chez les Solipèdes : 1" y occipitale ; T la carotide interne; 3" la carotide externe, suite du vaisseau primitif.

Ai-<*-r« occipitale. — D'un volume peu considérable, ce vaisseau monte en avant du bord antérieur de l'apophyse transverse alloïdienne, passe dans l'échancrure pratiquée sur ce bord et se divise en deux branches : Vartère occipito-tnvsculaire et l'artère cérébro-spinale.

Dans son trajet, elle émet des rameaux musculaires analogues à ceux qui émanent de la prévericbrale chez le cheval. Elle donne encore une artère mastoïdienne, qui n'envoie qu'une fort pelile branche dans le conduit pariéto-temporal, destinée qu'elle est à peu près exclusivement aux muscles profonds de la nuque. De plus, l'occipitale laisse échapper une artère rétrograde, anastomosée à plein canal avec la vertébrale.

On retrouve donc, dans l'artère occipitale des Carnassiers, une disposition à peu près identique avec celle qui a élé décrite chez les Solipèdes.

Artère carotide interne. — Ce vaisseau gagne l'ouverturc postérieure du canal carotidien, parcourt ce conduit d'arrière en avant, décrit ensuite une anse fort curieuse qui sort du crâne par le trou carotidien (voy. page 69), puis rentre dans celle cavité après avoir reçu une branche particulière de la carotide externe. On la voit alors s'anastomoser, sur le côté de la fossette pituilairc, avec les divisions de l'arlère sphénocpineuse et les hranches rcnlr;inles de l'artère oplillialmiqne, en formant une sorte de

AUTiUlliS CAnOTJDKS PIUMITIVES. 629

plexus, trace du roseau nditurahlc des Ruiniiiaiils (H des Pacliydei incs, plexus d'où piocèdeul les arlères cérébrales.

Artère cnroiiUe c.xierne. — Colte hrauclic artérielle se leruiiiie, comuie dans les Solipèdes, par Vartère temporale superficielle et la maxillaire interne. ^ Dans son trajet^ elle fournil :

■ 1" Une artère qui représente le rameau méningé de la pré-vertébrale du Cheval, PIt qui s'élève, en décrivant des llextuosités, sur le côlé du pharynx, pour aller se joindre à l'anse carotidiemie.

2° Une artère laryngienne cnlranl dans le larynx avec le nerf supérieur de cet organe, après avoir donné des ramuscules à la glande maxillaire.

o" L'artère linguale, très-grosse branche llexueusc dont le trajet rappelle celui du nième vaisseau chez le Cheval.

lx<> Une artère faciale ou maxillaire exte^me, divisée en deux branches au-dessus de l'insertion inférieure du digastrique : l'une de ces branches, analogue peut-être à la sous-mentale de l'homme, passe en dedans de cette insertion et se prolonge jusqu'à la houppe du menton, après avoir fourni des ramuscules aux parties logées dans l'espace intra-maxillaire ; l'autre branche contourne le bord inférieur du maxillaire, en avant du masséter, et s'épuise sur la face par des rameaux ascendants et descendants, au nombre desquels on retrouve aisément les deux artères coronai^^es, et les deux arlérioles que nous avons signalées dans les Solipèdes comme rameaux terminaux du vais.seau.

5" Vartère auriculaire postérieure : celle-ci, après avoir donné des vaisseaux parotidiens et musculo-cutanés, se place sur le milieu de la face externe de la conque, et se dirige vers l'extrémité terminale du cartilage, où elle se divise en deux branches^ qui s'infléchissent en arcade et reviennent, en suivant les bords de la coî.que, vers la base de celle-ci, où elles s'anastomosent avec d'autres rameaux, soit de l'auriculaire postérieure, soit de l'antérieure, venus à leur rencontre.

Artère temporale superficielle. — Après un court trajet derrière l'articulation temporo-maxillaire, ce vaisseau se partage en deux branches :

L'une, postérieure ou auriculaire, s'anastomose avec une division de l'auriculaire postérieiire, après avoir envoyé des rameaux à l'intérieur du cartilage conchinien et fourni quelques artérioles musculo-cutanées ;

L'autre, antérieure ou temporale, se glisse sous l'aponévrose du muscle crotàphite, au-dessus du bord supérieur de l'arcade zygomatiquc, et vient contourner, en haut et en dedans, le pourtour de l'orbite, pour se terminer sur In face par des ramuscules anastomosés, soit avec la branche sous-orbitaire de l'artère dentaire supérieure, soit . avec la faciale. Dans son trajet sous-aponévi otique, cette branche donne des divisions au muscle temporal. Au-dessus de l'arcade orbitaire, elle émet plusieurs artérioles superficielles ascendantes et internes, dont une principale communique, par des ra- ! muscules, avec l'auriculaire postérieure, avec la branche auriculaire de l'artère tempoirale superficielle, et avec les ramuscules homologues du côté opposé.

Artère maxillaire interne. — Le trajet parcouru par ce vaisseau rappelle tout à fait celui qu'il accoinplit dans le Cheval. Après avoir décrit une courbure en S entre le condyle de l'os maxillaire et le muscle ptérygoïdien externe, il traverse le conduit soiLs-sphénoïdal et se dirige ensuite, en dehors du ptérygoïdien interne, vers l'hiatus maxillaire, où il est continué par Vartère dentaire supérieure.

(I. Voici les principales branches collatérales émises par ce vaisseau :

1 " ]j'artè7'e dentaire inférieure. , ^ ,

630 RES AHTÈRES.

2° Vnrtère temporale profonde postérieure, founiissanl une branche massétérme, qui traverse récliancrure siginoïde du maxillaire pour se plonger dans le muscle masséter.

3° Une (rès-fine artériole tympanique.

k" '[J artère sphéno-épineuse, presque entièrement destinée à la formation du plexus des artères cérébrales.

5° Plusieurs artères ptérygoïdiennes.

6° Vartère ophthnlmique , qui, avant d'entrer dans la fosse cthmoïdale par le trou orbitaire, donne, indépendamment des rameaux signalés dans les Solipèdes (moins la sourciiière, qui nous a paru manquer), un faisceau de branches particulières. Cellesci pénètrent dans le crâne par la grande fente spliénoïdale, en accompagnant les nerfs moteurs et sensitifsde l'œil, pour aller se joindre à la carotide interne et à l'artère sphéno-épineuse.

7° Vartère temporale profonde antérieure.

8» Une staphyline, plus volumineuse que dans le cheval.

9° Vartère palatine.

10° Une artère buccale et une a^^tère alvéolaire, dont les divisions principales se jettent dans la glande de Duvernoy.

h. Quant a h dentaire supérieure, qui termine la maxillaire interne, elle fournil, comme dans les Solipèdes, un rameau orbitaire et une branche sons-orbitaire. Celle-ci, remarquable par son volume, sort du conduit sus-maxillaire avec les nerfs sous-orbitaires, pour se joindre, sur la face et dans le tissu de la lèvre supérieure, aux divisions de l'artère maxillaire externe.

2° Artères carotides du porc.

Rien de particulier sur le trajet de ces vaisseaux, qu'on sait déjà naître isolément du tronc brachio-céphalique.

Artère occipitale. — Elle se rapproche beaucoup, dans sa distribution, de celle du Cheval ou du Chien. Voici ses branches les plus importantes : l°une très-petite artère rétrograde, anastomosée avec la vertébrale ; 2" un rameau qui monte dans les muscles de la nuque, représentant de Vartère mastoïdienne ; 3" plusieurs artérioles occipitale', qui passent avec l'artère principale parle trou antérieur de l'atlas. Cette artère s'épnse enfin d'une manière complète dans les muscles de la nuque, sans envoyer de brarche cérébro-spinale à l'intérieur du canal rachidien.

Artère carotide interne. — Ce vaisseau, après avoir fourni une grosse artère méningée, pénètre par le trou déchiré postérieur dans la cavité crânienne, et s'y divise en formant un réseau admirable, tout à fait analogue à celui des Ruminants, réseau dont on trouvera la description plus loin. Les artères cérébrales qui émergent de ce réseau ne diffèrent pas beaucoup de celles des Solipèdes; ce sont les cérébrales postérieures qui donnent naissance au tronc basilaire et . à l'origine de l'artère spinale médiane.

Artère carotide externe. — On voit celte artère passer entre les muscles ptérygoïdiens et la branche du maxillaire, en décrivant plusieurs inflexions, puis arriver dans l'hiatus maxillaire, sans présenter sur son trajet les signes d'une distinction sensible entre la carotide externe proprement dite et la branche qui succède h celle-ci, c'est-ùdire la maxillaire interne.

Parmi les branches qu'elle fournit, nous signalerons :

AUTÈRES CAUOTIDES PRIMITIVES. 631

I" L'artère linguale , plus volumineuse peut-être que dans les autres animaux.

2" Une branche analogue, par son origine du moins, à la glosso-faciale du Cheval, distribuant ses rameaux dans l'espace intra-maxillaire, surtout aux glandes salivaires l't aux ganglions lymphatiques.

:r Vnvtère auriculaire postérieure, que distinguent sa grande longueur et son volume considérable.

k" Vnrtère transversale de la face et Vartère auriculaire antériejtre, naissant iso- ItMiient l'une à côté de l'autre, avec des dimensions extrêmement exiguës. 5" Plusieurs artères temporales jwo fondes et massétérines, 6" Des rameaux ptéi'ygoïdiens.

1" Une volumineuse branche buccale.

8" Vartère opht/ialmique, concourant à la formation du réseau admirable. 9° Une petite branche orbitaire, provenant de la dentaire supérieure chez les Solipèdes et les Carnassiers.

10" Les artères nasale, palatine et dentaire supérieure.

3° Artères carotides des ruminants.

A. Dans le iflouton, qui va nous servir de type pour celte description, les artères carotides naissent par un tronc commun de l'axillaire droite, ainsi que dans les Solipèdes. Arrivées dans la région céphalique, elles fournissent, vers la partie supérieure du cou, une branche thyroïdienne et une branche laryngienne, puis laissent échapper une très- mince artère occipitale, et sont prolongées à partir de ce point par h carotide externe.

La carotide interne proprement dite manque; nous verrons plus loin comment elle se trouve remplacée.

Artère occipitale. — Après avoir donné quelques ramuscules aux muscles droits antérieurs de la tête et une petite branche méningée pénétrant dans le crâne parle trou déchiré postérieur, cette artère s'engage dans le trou condylien qui livre passage au nerf hypo-glosse, se place sous la dure-mère et s'infléchit en arrière pour venir s'aboucher, au niveau du trou supérieur de l'atlas, avecTextrémité antérieure du canal artériel collatéral du rachis; la branche qui résulte de cette anastomose à plein canal sort par le 'trou précité pour se distribuer dans les muscles de la nuque, où ses divisions rappellent exactement celles des artères occipito-musculaire et atloïdo-musculaire du Cheval.

En traversant le trou condylien, l'artère occipitale envoie dans le conduit pariétolemporal, par un canal osseux particulier (voy. page 59), un fort petit fdet qui se distribue à la dure-mère en s'anastomosant avec une branche de l'auriculaire postérieure.

Elle communique, après son entrée dans la cavité crânienne, avec le réseau admirable.

Artère carotide externe. — Terminé comme dans le Cheval par les artères temporale superficielle etmaxillaire interne, ce vaisseau émet sur son parcours :

1" Une artère pharyngienne, dont l'origine est presque confondue avec celle de Tartère occipitale.

2" Vartère linguale, fournissant un rameau collatéral qui représente exactement la sous-mentale ûe l'homme, et se divisant en deux branches, qui rappellent elles-mêmes la sublinguale et la ranine.

3" Une grosse division pour la glande maxillaire.

U° Vartère auriculaire postérieure, d'où procèdent : \ " l'arlériole stylo-mastoïdienne, qui pénètre dans l'aqueduc de Fallope; 2" des branches rnusculo- conclu niennes; 3" un gros rameau rappelant Vartère mastoïdienne Au Cheval : ce rameau pénètre par un petit trou percé entre l'occipital et le rocher, dans le conduit pariélo- i temporal, et s'y divise en deux branches : l'une externe, sortant de ce conduit par le I grand orifice ouvert dans la fosse temporale, et s'épuisant dans le muscle crotaphite l après s'être anastomosée avec les deux temporales profondes ; l'autre interne, artère méningée considérable, destinée principalement à la faux du cerveau et à la tente du j cervelet.

5° Une petite artère maxillo-musculaire, se ramifiant entièrement dans le ptérygoïdien interne et le peaucier.

Artère temporale superficielle. — Ce vaisseau se partage, presque à son oi-igine, en trois rameaux.

1° Un postérieur, fournissant les artères antérieures de l'oreille.

2" Un antérieur, formant la transversale de la face, et se terminant par les artères coronaires ou labiales, après avoir donné quelques ramiiscules au masséter et aux muscles du chanfrein.

3° Un médian, représentant la temjjor aie moyenne de l'homme : ce vaisseau abandonne quelques divisions au crotaphite, émet Vartère lacrymale, ainsi qu'une branche palpébrale naissant du même point que cette dernière, et se termine vers la base du crâne par deux artères particulières, qui se développent autour de la base de la corne en figurant un véritable cercle artériel, cercle d'où s'échappent dos divisions inférieures et des divisions supérieures ; celles-ci, beaucoup plus considérables, ran)paiil sur la cheville osseuse de l'appendice frontal, se distribuant à peu près exclusivement à la membrane génératrice du tissu corné, jetant cependant quelques filets dans les sinus.

Artère maxillaè^^e interne. — Elle n'a point à traverser le conduit sous-spliénoïdal, puisque ce canal osseux n'existe point.

Voici^ses principales branches de distribution :

1» Vartère dentaire inférieure, qui émet quelques ramuscules ptérygoïdicns.

2° Vartère sphéno-épinense , naissant du même point que la précédente, souvent en commun avec elle, donnant également quelques branches ptérygoïdiennes et pénétrant dans le crâne par le trou ovale pour aller concourir à la formation du réseau admirable de la manière qui sera indiquée ci-après.

3° La temporale profonde postérieure, d'où se détache une massétérine.

k° La temporale profonde antérieure.

5° La buccale, destinée principalement au masséter.

6° Vartère ophthcdmique, plus longue que dans les autres animaux, décrivant une anse avant de traverser le trou orbitaire, donnant une branche sourcilièi^e et un faisceau à'artèi^es musculaires et ciliaires. Vers le point où se détache le tronc d'origine de ce faisceau, l'artère ophthalmique présente sur son trajet la disposition fort curieuse, non encore signalée, croyons-nous, d'un véritable plexus artériel, à forme ganglionnaire, exactement disposé en principe connue celui que nous allons décrire immédiatement (fig. 2Zi2, 19).

7° Les artères génératrices du réseau admirable, au nombre de deux principales le plus ordinairement, naissant au même niveau que l'ophllialmique, traversant d'avant en arrière le conduit sus-sphénoïdal, en se ramifiant d'une manière toute spéciale pour former l'amas d'artérioles réticulaires désigné sous le nom de réseau admirable (fig. 2^13, 16).

AllTÈHES CAROTIDES PRIMITIVES. 633

Ce réseau représente une petite masse ovoïde allongée dans le sens anléro-postérii iii-, placée sous la dure-mère , sur le côté de la selle turcique, en dedans du nerf maxillaire supérieur, masse composée d'une multitude de fines divisions artérielles, anastomosées entre elles d'une manière extrêmement compliquée. Son extrémité inférieure, engagée dans le conduit sus-sphénoïdal , reçoit les artères génératrices. L'extrémité postérieure, couverte par l'aphopiiyse clinoïde, est en communication avec l'artère sphéno-épineuse, qui s'y épuise. Vers sa partie moyenne et en jiaut, les arlérioles qui le forment se reconstituent en un tronc unique tout à fait analogue à la portion intracrànionne de la carotide interne des Solipèdes (fig. 2/i3, 17), tronc qui traverse la dure-mère et se partage en trois branches : les artères cérébrales antérieure, moijenne ftt postérieure, celle-ci s'anastomosant par convergence avec l'artère homologue du côté opposé, en arrière de la glande pituitaire, pour former le tronc basilaire et l'artère spinale médiane qui fait suite à ce tronc.

Fig. 243. — Réseaux admirables du mouton vus de profil (*).

Cette disposition singulière des artères de l'encéphale mérite bien le nom de réseau admirable, sous lequel on l'a fait connaître. Si nous voulions donner de ce réseau une idée sommaire aussi exacte que facile à saisir, nous le comparerions volontiers à un ganglion lymphatique, dont les vaisseaux afférents seraient représentés par les artères génératrices avec la sphéno-épineuse, et les efférents par le tronc d'origine des artères encépaliques.

8° Puis vient la dentaire supérieure, dont la bronche orbitaii^e présente un volume considérable et se termine sur la face antérieure de la tête par de longues divisions superficielles : les unes ascendantes, anastomosées avec les rameaux inférieurs du cercle artériel situé autour de la base de la corne; les autres, descendantes, communiquant avec la branche sous-orbitaireùa même vaisseau et avec l'artère coronaire supérieure.

(■) 1, artère cnrotide ; 2, artère occipitale ; 3, arlere iini;iiale ; 4, artère maxilln-niusciiluire ; 5, artère auriculaire postérieure; (!, artère temporale superficielle; 7, artère auriculaire antérieure ; 8, artère temporale moyenne; 9, artère transversale (le la face ; 10, artère maxillaire interne; H, artère dentaire inférieure: ■12, artère sphéno-épineuse; •13, artère temporale prolonde postérieure; 14, artère temporale profonde antérieure; 15, oriiçine des artères généra-

' triées du réseau admirable; 16, réseau admirable eneéplialiqne ; 17, tronc des artères de l'enei'pbale, naissant de eiréseau admirable ; 18, artère opbtlialnMr|ne ; 19, r'éseau admirable oplitbalmii|ue ; 20, oripiiu' eninimine di's arlères de

' IVil ; 21, arlère soureilière ; 22, nrtènr bui'cnle ; 23, arlère di-nlaire supérieure ; 21, ranu'au orliilaire de eiMIe dernière;

■ 25. iirtèri' palatine ; 20, artère nasale.

9» Enfin s'écliappcnl les artère nasale elpalaline, qui lemiinent la maxillaire interne Vnrtère nasale, disposée comme dans le Cheval ; la palatine, s'épuisant tout enlièr( dans le palais.

B. Dans le Bœuf, on retrouve toutes les particularités que nous venons de fain j connaître, sauf les diiïérences ci-après signalées.

1° Un peu au-dessus de l'origine de l'artère linguale, la carotide externe donne naissance à une artère maxillaire interne, qui'contourne le bord inférieur de l'os maxillaire, en compagnie do sa veine satellite, et se termine sur le chanfrein, comme dansle Cheval, après avoir fourni les artères coronaires.

2° La maxillo -musculaire se distribue' aux deux masséiers, à l'externe aussi bien qu'à l'interne.

3" La transversale de la face ne forme point des coronaires, qui viennent de la maxillaire externe ; elle s'épuise entièrement dansle masséter.

k° V auriculaire antérieure envoie un rameau énorme dans le conduit pariéto-temporal, par l'orifice situé derrière l'apophyse sus-condylienne.

5" V artère ophtlialmiquc et les artères- (jéncratrices du réseau admirable procèdent d'nn tronc commun.

6° Quant à la disposition présentée par ce réseau lui-même, elle offre également quelques variantes. D'abord, en considérant l'ensemble qu'il représente avec celui du côté opposé, on ne trouve pas, comme dans le Mouton, deux lobes latéraux allongés, à peu

FiG. 2M. - Réseau admirable du bœuf P»'ès indépendants l'un de l'autre, mais une (vue supérieure) (*). masse circulaire entourant la selle turcique.

De plus, les artères occipitales concourent à sa formation en se rendant dans sa partie postérieure (ûg. 2hh).

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