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VAISSEAUX LYMPHATIQUES DE LA TÈTE, DU COU ET DU MEMBRE ANTÉRIEUR

Ces vaisseaux se dirigent tous vers l'entrée de la poitrine, et se rassemblent sur un groupe de ganglions pré-pectoraux, qui jouent ainsi, à l'égard des lymphatiques de la partie antérieure du corps, le rôle rempli par les ganglions sous -lombaires envers les vaisseaux de la partie postérieure.

Avant d'arriver à ce point commun de convergence, ils sont interceptés sur leur trajet par d'autres glandes qui forment quatre groupes principaux : 1° lès ganglions gutturavx ou phai^ngiem; 2" les ganglions sous-maxillaires ; 3° les ganglions pré' scapulaires ; U° les ganglions brachiaux.

En étudiant l'un après l'autre ces différents groupes ganglionnaires avec leurs vaisseaux afférents et efférents, nous donnerons une idée suffisante de l'ensemble de l'appareil lymphatique dans la région qu'il nous reste à examiner.

1" Ganglions pré-pectoraux (1).

Ils forment de chaque côté de l'extrémité terminale de la jugulaire, en dedans du bord inférieur du scalène, une très-grosse masse qui se prolonge dans la poitrine, en passant sous les vaisseaux axillaires, et qui remonte à la face interne de la première côte.

On voit aboutir à ces ganglions les vaisseaux lymphatiques émergents des ganglion pré-scapulaires et axillaires, ceux qui descendent le long de la trachée avec l'artèri.' carotide primitive et qui viennent des ganglions pharyngiens, enfin la plupart de ceux qui suivent les vaisseaux thoraciqucs internes.

Ils donnent naissance à plusieurs branches courtes et volumineuses : celles des ganglions du côté droit forment par leur réunion la grande veine lymphatique; celles du côté gauche se réunissent au canal thoracique ou s'insèrent isolément à côté de celui-ci sur le sommet de la veine cave antérieure.

(1) Ce sont ceux, croyons-nous, qu'on doit regarder comme les représentants des ganglions axillaires de l'homme.

AFFLUENTS DU CANAl, THOUACIQUE.

2» Ganglions pharyngiens.

rrès-nombrcux, très-mous, lâchement unis les uns aux autres, ces ganglions sont iisposcsen une masse allongée qui occupe le plan laléial du pharynx, en dessous de a pocne gutturale, et qui se prolonge en arrière au delà môme du corps thyroïde.

Ils reçoivent tous les lymphatiques de la tète: les uns venus directement de la base W la langue, du voile du palais, des parois pharyngiennes, du larynx; les autres, luoyés par les ganglions sous-maxillaires et par un lobule logé dans l'épaisseur de la .lai'otide.

Les rameaux elTérents qui en partent sont au nombre de quatre ou cinq. Toujours w)luinineux, ces rameaux descendent le long de la trachée, quelques-uns isolément, a plupart réunis en un faisceau qui suit l'artère carotide, pourvus sur leur trajet de . Insieurs ganglions allongés, auxquels se rendent les radicules lymphatiques nées de a portion cervicale de la trachée et de l'œsophage. Ils arrrivent ainsi vers l'entrée de I l poitrine et se perdent alors dans les ganglions pré-pectoraux. Mais quelques-uns iiaversent ces ganglions sans s'y diviser, et se jettent directement à gauche, dans le 'anal ihoracique, adroite, dans la grande veine lymphatique; aussi nous a-t-ii été pos- >il)l(; d'injecter cette dernière par l'un de ces vaisseaux mis à découvert du côté droit.

3» Ganglions sous-maxillaires ou sous-glossiens.

Ils représentent une masse fusiforme située au fond de l'auge, dans l'angle rentrant compris entre le digastrique d'une part, le mylo-hyoïdien et le scapulo-hyoïdien Id'autre part, auprès et au-dessus de l'artère maxillaire externe.

On voit aboutir à ces ganglions les lymphatiques de la langue et ceux des joues, des lièvres, des naseaux, des cavités nasales. Leurs eflerents gagnent les ganglions pharyn- Igiens ou gutturaux.

4° Ganglions pré-scapulaires.

Ils forment par leur réunion une espèce de chaîne, longue de 30 centimètres au moins, placée sur le trajet de la branche ascendante de l'artère cervicale inférieure, isous la face interne du muscle mastoïdo-huméral, et descendant jusques auprès de l'insertion fixe du muscle sterno-maxillaire.

Le plus grand nombre des lymphatiques du cou, les vaisseaux du poilrail et une partie de ceux de l'épaule aboutissent à ces ganglions. Leurs efférents, courts et volumineux, se jettent dans les glandes pré-pectorales.

5" Ganglions brachiaux.

Situés sous le membre antérieur, en dedans du bras, ces ganglions se divisent en deux groupes : l'un placé près de l'arliculalion du coude, on dedans de l'extrémité inférieure de l'humérus ; l'autre disposé eu une masse discoïde derrière les vaisseaux brachiaux, près de l'insertion commune au muscle adducteur du bras et au grand dorsal.

Le premier groupe reçoit les vaisseaux du pied et de l'avant-bras, vaisseaux qui accompagnent les veines superficielles, ou qui rampent dans les interstices musculaires

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avec les artères et les veines profondes. Il envoie neuf ou dix branches flexueuses aui deuxième groupe, auquel aboutissent directement les lymphatiques du bras et de l'é-paule, et d'où émergent un certain nombre d'elTérents qui vont, en accompagnant lesi vaisseaux axillaires, se rendre aux ganglions pré-pectoraux.

Art. III. — Grande veine lymphatique.

Deuxième gros tronc de réception des vaisseaux blancs du corps, la grande veine î lymphatique part des ganglions pré-pectoraux du côté droit : elle se trouve être ainsi \ le confluent général des lymphatiques du membre antérieur droit, des régions axillaireet costale superficielle droites et de la moitié droite de la tête, du cou, du diaphragme.

FiG. 255. — La grande veine lymphatique et l'insertion du canal thoracique (*).

Ce tronc est long de 2 à 5 centimètres seulement, « Il s'ouvre habituellement à la jonction des jugulaires à côté du canal, par un orifice muni d'une double valvule semi-lunaire. Quelquefois une ou deux des branches qui concourent à le former décrivent des circonvolutions autour du tronc brachial correspondant ou de quelques-unes de ses divisions, avant de rejoindre les autres. Enfin il n'est pas rare de voir ce tronc lymphatique s'anastomoser avec le canal thoracique par des collatérales volumineuses, puis se réunir avec lui de manière à s'insérer ensemble par un orifice simple au-dessus du confluent des jugulaires. » (Colin, tome II.)

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES LYMPHATIQUES DANS LES ANIMAUX NON SOLIPÉDES.

Le système lymphatique, ganglions et vaisseaux, est plus développé dans les animaux ruminants et le porc que chez les carnassiers. Sous ce rapport, les espèces domestiques peuvent être classées dans l'ordre suivant : Bœuf, Moaton, Cheval.

Porc, Chien et Chat.

Ruminants. — « Le canal thot^acique des grands ruminants, une fois parvenu dans le thorax par une ouverture spéciale du diaphragme presque distincte de l'arcade aortique, se place au-dessus et à droite de l'aorte, entre elle et la colonne vertébrale. Là, quoique en dehors des artères intercostales correspondantes, il est complétemeiil caché par une couche épaisse de tissu graisseux, dans laquelle sont enveloppés les nombreux ganglions sous-dorsaux. Vers la cinquième vertèbre dorsale, il reçoit un gros

(■) A, canalthor»cique;B, grande veine lymphatique ou ttone lymphatique droit; C, D, anastomoses établies entre arjitionl^krTlSTl t". H. ^'*'""' P^y'^^"»'' comparée des animaux domestiques, pai- M. Colin,

GKANDE VEINE LYMPHATIQUE. 687

viiisseau lympliatique proveiiaiit des ganglions énormes qui exislciU sur le irajet de l'œsophage, dans le médiaslia poslérieur, puis il croise la direction de l'aorie et de l'œso-

FiG. 256. — Variétés du canal Ihoracique chez le bœuf (*).

phage, passe à gauche, gagne l'entrée du thorax et s'ouvre en avant de la première côte, au-dessus du point de jonction de la jugulaire gauche avec la veine cave antéirieure.

DES LYMPHATIQUES

l''iG, 257. — liiserlioii du caiia cique chez le bœuf (*) .

lliora-

.) Les variétés qu'il présente chez le Bœuf sont nonibrcuscs cl fort communes. La disposition la plus rare est celle du canal simple dans toute sa longueur, toile que je viens de l'indiquer et telle qu'elle existe le i)lus ordinairen)ent chez les petits ruminants (fig. 258). Ce canal (lig. 256, A), simple à son origine et dans la plus grande partie de son étendue, se bifurque souvent vers la base (lu cœur, ou seulement à 1 ou 2 décimètres de son insertion. De ces deux brandies, l'une passe à droite de l'œsophage et de la trachée, l'autre se porte à gauche de ces parties, en suivant la direction ordinaire, et, à l'entrée du thorax, elles se terminent soit séparément, chacune dans l'angle de réunion de la jugulaire et de l'axillaire correspondante, soit ensemble au même point, au golfe des deux veines jugulaires.

I) Il arrive que l'une des deux brauches du canal bifurqué se subdivise à son tour en deux branches plus petites, et que l'autre éprouve en même temps une semblable subdivision, de telle sorte que le tronc du canal, d'abord unique, devient double, puis quadruple, et s'abouche conséquemment par quatre orifices distincts dans le système veineux. Si les branches du canal, au lieu de rester isolées s'envoient des anastomoses transversales, il en résulte une complication dont les Solipèdes n'offrent pas d'exemples (fig. 257).

a Le canal thoracique est souvent double dans toute son étendue. Les deux canaux se détachent alors isolément de la citerne, suivent l'un le côté droit, l'autre le côté gauche de l'aorte, décrivent une arcade à convexité inférieure, au niveau de la base du cœur, sur les parties latérales de la trachée, et viennent se terminer, soit très-près l'un de l'autre et sur la même ligne transversale à la jonction des deux jugulaires, soit l'un à droite, l'autre à gauche, sur chacune de ces deux veines et hdh loin de leur joiiclion avec les axillaires (fig. 256, B).

FiG. 258. — Canal thoracique des petits ruminants (**).

» Lorsqu'il naît deux canaux au réservoir sous-lombaire, ils s'anastomosent quelquefois entre eux à plusieurs reprises par des branches sinueuses et contournées en différents sens, comme le montre la fig. 256, C. Puis toutes ces branches se rassemblent dans le médiastin antérieur et reconstituent un canal simple qui, vers son insertion, se:

(*) Em[inintée »u Traité de physiologie comparée des animattx domcsliques, i.uf M. G. Cnliu, 2' i-dit. Pur" 1871, t. II. ï > 1 > .

'(**) Erapnmtée au Trailé de pliysiulogie comparée des animaux domcsliiiiief, \<ov M. G. Coiiii, 2* ùdit.Paris, 1871, 1. 11.

APPAREIL CIRGULATOIRlî DES OISEAUX. 689

subdivise de nouveau cii qu<Ttrc branches venant s'ouvrir isolément, deux à droite, deux à gauche, au heu ordinaire. Cette variété est la pUis remarquable et la pluscompli(|uéede toutes celles qui s'observent chez les animaux domestiques.

l'oiu'. — « Le canal thoracique du porc, habituellement simple dans toute son étendue, se divise quelquefois à 3 à h centimètres de son insertion en deux branches, qui ne tardent pas à se réunir en une ampoule ovoïde; celle-ci, après avoir reçu les vaisseaux de la tète, de l'encolure et des membres, s'ouvre vers l'extrémité de la jugulaire gauche. »

CARNASSIERS. — Dans le Chicu, le réservoir de Pecquet est énorme, de forme ovoïde, et se prolonge entre les piliers du diaphragme jusque dans la cavité thoracique. Le canal thoracique de cet animal « ressemble généralement beaucoup à ce qu'il est chez le porc. Cependant il offre pai fois dans son trajet et à son insertion de très-nombreuses variétés; Rudbecky a signalé une bifurcation au-dessus du cœur, une autre bifurcation dont les branches s'anastomosent plusieurs fois entre elles. Swammerdam et Sténon ont figuré des divisions anastomolifiues nombreuses et irrégulières vers le milieu d'un canal simple à son point de départ. Ces anciens auteurs ont indiqué et représenté des insertions doubles et triples de différentes formes. Enfin Bilsius a fait voir une arcade, ou plutôt un anneau très-remarquable, à l'insertion du conduit et à sa jonction avec les vaisseaux lymphatiques du cou et des membres antérieurs, anneau plus ou moins analogue à celui que j'ai observé plusieurs fois sur le cheval, le porc et le chat (1). n

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