DE L'APPAREIL CIRCULATOIRE CHEZ LES OISEAUX
Nous examinerons brièvement les caractères des diverses portions de l'appareil circulatoire, c'est-à-dire le cœur, les vaisseaux sanguins et les vaisseaux lymphatiques.
Article premier. — Du coeur.
Le cœur des oiseaux est situé tout à fait à l'entrée de la poitrine, sur la ligne médiane, renfermé dans \xn péricarde qui adhère à la cloison diaphragmatique postérieure et au réservoir cervical. Dans les espèces domestiques, il a la forme d'un cône aigu dont la base est surmontée d'une masse auriculaire moins nettement distincte que dans les mammifères.
A l'intérieur^ il est creusé de quatre cavités. Le ventricule droit a une forme de croissant plus prononcée que chez les Solipèdes ; aussi enveloppe-t-il, en quelque sorte, le ventricule gauche en avant et à droite ; il n'arrive pas jusqu'à la pointe da cœur. La valvule auriculaire n'est pas Iricuspide; elle présente une disposition très-remarquable, c En effet, cette soupape, au lieu d'être formée comme d'ordinaire par des languettes membraneuses dont le bord est retenu à l'aide de cordons fixés aux parois du ventricule, se compose d'une grande lame charnue qui semble être une portion delà paroi interne du ventricule, détachée de la cloison intervcntriculaire. Cette dernière est convexe, et l'orifice auriculo-vcntriculaire se trouve dans l'espace compris entre elle et la
(1) Colin, Inc. cit.
CHAUVBAO. — 2* ddil.
(3()0 APPAREIL CIRCULATOlRli OliS OISEAUX.
valvule musculaire donl il vient (l'ôlie question, de façon que, quand celle-ci vienth se coiiii aclei- au moment de la systole, elle s'applique contre celte cloison et ferme le passage (1). »
[lien de particulier à signaler sur le ventricule gauche, qui présente aussi des parois plus épaisses que le droit.
I.cs oreillettes possèdent une sorte de diverliculum ou sinus, où viennent se réunir les veines qui s'ouvrent dans chacune de ces cavités.
Art. II. — Des artères.
L'«o?'^e des gallinacés monte sous la face inférieure du poumon droit, puis se dirige briisquement en arrière, en se portant un peu de droite à gauche. Elle atteint la ligne médiane vers l'extrémité antérieure des reins et, dans celte position, elle arrive jusqu'aux vertèbres sacrées, où elle se parlage en trois branches : les artères des membres pchiens et l'artère sacrée moyenne.
Très-près de son origine, l'aorte donne naissance aux troncs brachio-céphaliques. Chez le Coq, ils méritent parfaitement ce nom, car ils donnent tous les deux des vaisseaux à l'aile et à la tête. Le droit se dirige de bas en haut et d'arrière en avant, s'inllécliil en arrière au niveau de la première côte et se continue sur la face inférieure de l'aile par Yartère Immérale. Il fournit une artère thoracique dont le volume est en rapport avec celui des muscles pectoraux; cette artère thoracique donne des branches superficielles qui forment dans la peau du venlre, avec d'autres vaisseaux, un réseau très-riche, appelé, parBarkow, rele mirabile de l'incubation. Il abandonne ensuite un tronc céphaliquc duquel partent l'artère cervicale ascendante, l'artère vertébrale et la carotide droite. Le tronc brachio-céplialique gauche présente la même distribution que le droit; une légère différence s'observe dans la direction ; il décrit une petite courbure en S pour sortir de la cavité thoracique.
Les artères carotides offrent une disposition assez curieuse. Elles naissent chacune du tronc brachial qui leur correspond; placées d'abord sur les côtés du cou, elles décrivent une courbe à convexité antérieure et viennent sur la ligne médiane en passant, la droite, au-dessus de l'œsophage, la gauche, au-dessus de la trachée. Elles restent accolées l'une à l'autre, sous le muscle long du cou, depuis l'avant-dernière jusqu'à la seconde vertèbre cervicale. Là, ces deux vaisseaux se séparent à angle aigu, connue ils s'étaient d'abord rapprochés, et atteignent l'angle de la mâchoire, où ils se loruiinent par deux branches : les artères carotide externe et carotide interne.
\ es autres branches collatérales que fournit l'aorte, sont : 1° les artères intercostales. Ces vaisseaux peuvent prendre naissance sur des rameaux sous-costaux parallèles à l'aorte; ainsi, chez le Coq, on trouve une intercostale comnnine descendante qui provient de la vertébrale, et une intercostale commune ascendante qui part de l'aorte au point où elle passe dans l'abdomen ; 2" le tronc cœliaque qui commence vers le milieu de la face inférieure du poumon. Il descend obliquement d'avant en arrière pour gagner la face postérieure du foie. Il se divise en plusieurs rameaux, dont trois paraissent être les principaux : un très-fin se rend à la rate; un autre, gauche ou médian, se rend au gésier en longeant le ventricule succenturié; le troisième, plus volumineux, se dirige du côté droit, donne une artériole au foie et se continue par une longue
(1) Milne Edwards, Le^.ons sur la physiologie et l'amdomie comparée de l'homme et des funmaux, t. III.
P APPAUlilL CIKCtlLATOlKlî DES OISEAUX.
brandie pancrêatico-duodénale qui aboulil à l'cxtrtMDité de l'anse que forme l'iiUostiii îison origine ; 3" la nmentériquc antérieure ou supérieure. Celte arlèro iiaîl à 1 centinà'tro environ en arrière du tronc cœliaque; elle se place dans le mésentère et se dirige on arrière en décrivant une courbe à convexité antéro-inférieure d'où partent les ranuiscules destinés à l'intoslin; h" les artères spermatiques ou ovariennes. Quand il la niésentérique inférieure ou postérieure, on la voit partir du vaisseau soussacré et atteindre, par quelques rameaux, le rectum et le cloaque.
l'n peu avant sa ternunaison en trois Iwanches, l'aorte fournit ime artère (pii croise la partie moyenne des reins pour sortir de la cavité abdominale et se répandre dans les muscles antérieurs de la cuisse, après avoir donné Vépigaslriqne. (Jelle-ci se dirige en avant sous la peau de l'abdomen et va s'anastomoser avec les ramifications de l'artère tlioracique.
Les artères des membres pelviens, c'est-à-dire les artères fémorales ou crurales, fournissent, en passant au-dessus des reins, les artères rénales, puis sorlenl du bassin par la grande écliancrure sciatique, immédiatement en arrière de l'articulation coxo- ^ fémorale. Elles se placent alors sous les muscles delà face postérieure de la cuisse, en ■ suivant les branches du plexus lombo-sacré, jusqu'à l'articulation fémoro-tibiale où . elles sont continuées par les vaisseaux poplités. Les artères poplitées abandonnent dus rameaux articulaires, l'artère médullaire du tibia et une longue branche pour les must des de la face postérieure de la jambe ; elles viennent se placer dans le sillon qui résulte de l'accolement du tibia et du péroné, et enfin traversent cet espace iiiterosseux pour I former artères tibiales antérieures.
La sacrée moyenne prolonge l'aorte dans le fond du bassin ; lorsqu'elle arrive sous • la dernière vertèbre coccygienne,, elle forme une sorte d'arcade dont les ramifications vont se répandre entre les pennes rectrices.
Art. IIL — Des veines.
On les dislingue en veines de la petite et veines de la grande circulation, comme on le fait pour les mammifères.
Les veines de la grande circulation se rassemblent en trois troncs qui s'abouchent sur l'oreillette droite du cœur ; il y a deux veines caves antérieures et une veine cave postérieure. Elles se rendent dans un compartiment particulier, sorte de sinus de , l'oroillelte.
Les veines caves antérieures rassemblent le sang des artères sous-clavières et des . artères delà tète. Les veines jugulaires qui sont leurs branches principales ne sont pas les satellites des artères carotides, comme on l'observe chez nos grands animaux domesliques. Ces veines sont situées superfidellement sur les côtés de la iradiée, tandis que i les carotides sont placées sur la ligne médiane, au-dessous du muscle long fléchisseur . du cou. Elles n'ont pas un calibre égal dans toutes les espèces; dans ce cas, la juguilaire droite est plus volumineuse que la gauche; niais on observe constamment une . anastomose transversale entre les deux jugulaires au-dessous de la base du crâne.
La veine cave postérieure ou inférieure commence au niveau, de rextrémilé anléi rieure des reins ; elle se porte en avant, traverse la partie droite du foie, reçoit les veines hépalicpies etsc jetle dans l'oreillette droite.
Parmi les branches qui la constituent, citons surtout ks veines fémorales ou crurales. iCes vaisseaux n'accompagnent i)asles arlères correspondantes ; ainsi, elles ne pénètrent pas dans le bassin en passant par la grande édiancrurc sdatique ; elles suivent un trajet