‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 167 sur 262 · DU SYSTÈME NERVEUX EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME NERVEUX EN GÉNÉRAL

Les foiiciions dont nous venons de faire connaître les instruments suffisent à elles seules pour entretenir la nutrition, ce mouvement moléculaire et mystérieux, but ultime du jeu des organes et l'essence môme de la vie : actes locomoteurs qui perniellent à l'animai de rechercher sa nourriture et de l'introduire dans son organisme, élaboration et absorption des matériaux assimilables de la masse alimentaire au sein de la cavité digestive, circulation des Ihiides réparateurs de l'économie, dépuration et revivification de ces fluides par l'action des poumons et des reins : en faut-il, en oITct, davantage pour constituer les conditions nécessaires à la manifestation des phénomènes nutritifs?

Et cependant que l'anatomistc conçoive dans son esprit un vertébré exclusiveiiienl doué des appareils chargés d'exécuter ces fonctions, qu'il suppose à ces appareils le souffle de la vie et les propriétés dépendant de ce principe animateur, il ne réussira point à créer dans son imagination un être capable de se mouvoir, de digérer, de mettre en circulation les fluides nutritifs, de revivifier ces fluides par la respiration et la dépuration urinaire, d'exécuter en un mot tous les actes dont le concours est indispensable à l'entretien de la nutrition, l'acte vital par excellence. C'est que les tissus de cet animal, quoique possédant les propriétés organiques inhérentes à leur structure, manquent d'un excitant capable de mettre en jeu ces propriétés : de là leur inertie, car tout mouvement, de quelque nature qu'il soit, exige, pour sa réalisation, non-seulement la faculté motrice dans l'organe qui l'exécute, mais encore une cause excitatrice.

Mais donnons à cet organisme mutilé, enfanté par notre fantaisie, des cordons blancs, ramifiés en divisions extrêmement ténues dans la profondeur des instruments de la vie, et partant d'un axe central logé dans le crâne et le canal rachidien, c'est-àdire ajoutons à notre animal incomplet un appareil de l'innervation, et nous verrons apparaître comme par enchantement les premiers signes de la vie. Grâce aux propriétés particulières qui distinguent les tissus de cet appareil, et sur lesquelles nous nous étendrons plus loin, il jouera, à l'égard des propriétés des autres tissus, le rôle d'excitateur et de régulateur. Provoquées par le système nerveux, ces propriétés ne resteront plus à l'état latent, et se manifesteront par leurs résultats habituels, comme la contraction dans les muscles, l'exhalation et la sécrétion dans les membranes et les glandes; alors l'être avorté de tout à l'heurë digérera, respirera, etc. , vivra, en un mot, et sera digne de prendre rang dans le monde animé.

Là ne se bornent pointles efliets de cette transformation radicale. L'animal ainsi rendu apte au mouvement nutritif acquerra, en sus de cette ««e véçjé/afiue, apanage commun

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(le tous les êtres organisés, loiilos les atlrihiitions (1« ce qu'on est convenu d'appeler, avec Biclial, la luc animale, c'est-à-dire la seiisii)ililé, la volonté, l'instinct, l'in- ; Iclligence.

Centre perceptif qui reçoit les excitations développées à la périphérie des organes ou dans l'épaisseur de leur sui)Stance, centre excitateur qui porte le mouvement à tous les autres tissus, siég(; des facultés inslinclives et inlellectuelies, préjjosé ainsi à lapins grandiose finalité pliysiologicpie, l'appareil do l'innervation ne se présenlc-t-il pas à l'élude sous l'aspect le plus attrayant? Nous commencerons par donner succinctement une idée générale de sa conformation, de sa structure, do ses propriétés et de ses fonctions, avant d'entreprendre la description spéciale des différentes parties qui le composent.

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