CONFORMATION EXTÉRIEURE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE
Idée générale. — La moelle épinière est cette portion des centres nerveux qui occupe le canal rachidien; c'est un gros cordon blanc irrégulièrement cylindrique, commençant au niveau du trou occipital, où il fait suite au bulbe rachidien, se terminant en pointe vers le tiers supérieur du canal sacré ou un peu plus en arrière, donnant naissance sur son trajet, et de chaque côté, aux racines supérieures et inférieures des nerfs du tronc.
Poids. — Sur des animaux de taille moyenne, le poids de la moelle est représenté parles chilTres approximatifs qui suivent: 300 grammes pour le cheval, 150 pour l'Ane, 220 pour la vache, 50 pour le mouton et la chèvre, 70 pour le porc, 35 pour le chien, 8 pour le chat, 5 pour le lapin.
Forme et volume. — F.e cordon médullaire est légèrement déprimé de dessus en dessous dans toute son étendue ; aussi, sur quelque point qu'on examine sa coupe transversale, on verra toujours son diamètre latéral plus grand que le vertical, et cette coupe apparaîtra régulièrement elliptique.
Son volume est loin, du reste, d'être uniforme. En suivant l'organe d'avant en arrière, on remarque d'abord qu'il présente les mêmes dimensions jusqu'à la cinquième vertèbre cervicale, et qu'entre ce point et la deuxième vertèbre du dos il forme un renneirient oblong désigné sous le nom de renflem^ant ou ùnlôe brachial. Au delà, la moelle reprend son volume primitif en diminuant peu à peu, et devient même un peu moins grosse que dans la région cervicale. Puis, vers le milieu des lombes, elle
71 Q Diî l'axe chnthal du système nerveux.
augmente de nouveau pour constituer le renflement ou bulbe crural, xjui s'étend jusqu'à l'entrée du canal sacré. Enlin, à la suite de cette dilatation, vient un prolon- "oimnl conique dont la pointé représente l'oxlréniilé terminale de la moelle.
Si l'on compare le diamètre de cet axe méd(dlaire à celui du canal rachidien, on reconnaît, connue on l'a déjà dit, que la capacité du contenant est généralement en rapport avec le volume du contenu, et que celui-là présente les plus grandes dimensions au niveau des renflements cervical et lombaire. On peut môme remarquer que la dilatation olîerle à ces deux points par le canal spinal est relativement plus considérable que ne le comporte l'excès de volume de la moelle. C'est que la mobilité du racliis, justement très-grande dans ces deux régions, commande celte diiïérence pour asstirer l'axe spinal contre toute espèce de contusions pendant les mouvements exécutés par la colonne vertébrale. Cette combinaison protectrice se retrouve même ailleurs, par exemple au niveau de l'atlas, où la mobilité est, comme on le sait, considérable, e^ dans toute l'étendue de la région cervicale, qui l'emporte, sous ce rapport, de beaucoup sur la région dorsale.
Surface extérieure de la moelle. — Cette surface recouverte par la pie-mère, présente une disposition extrêmement simple. On y remarque sur son plan supérieur et son plan inférieur, de chaque côté, la double série des racines sensitives et des racines motrices des nerfs rachidiens, racines implantées sur une même ligne longitudinale, à droite et à gauche du plan médian, et rassemblées en faisceaux en regard des trous de conjugaison du racliis.
Sur la ligne médiane régnent, dans toute la longueur de l'organe, deux sillons profonds et très-étroits, l'un supérieur, l'autre inférieur, dans lesquels s'enfonce la piemère. Quatre autres sillons ont été décrits au niveau du point d'émergence des racines nerveuses, sous les noms da sillons collatéraux, supérieur et inférieur; mais les deux supérieurs existent seuls, et même ils sont le plus souvent à peine sensibles.