DE L'ENCÉPHALE
AUTICLE PUEMIEU. — |)E l.'ENCfiPIlALE DANS SON E^SB11ÎLI•:.
{.'encéphale est cette portion de l'appareil nerveux central ([iii se trouve logée dans a boîte crânienne. Il succède, sous ligne de démarcation, à la moelle épinière, dont il peut être considéré, an figuré, comme une sorte d'efllorescence.
Forme générale et constitution. — Il représente une masse ovoïde allongée d'avant en arrière et très-légèrement déprimée de dessus en dessous.
Quand on le considère par sa face supérieure ((ig. 265), on découvre d'abord, en arrière, uii pédicule blanc, prolongement de la moelle épinière, et un lobe impair do couleur grise, désigné sous ie nom de cervelet. En avant de celui-ci, se remarquent deux autres lobes sépaiés du premier pav line profonde scissure transversale dans laquelle s'enfonce la tente du cervelet; isolés l'un de l'autre sur la ligne médiane par une autre scissure non moins profonde, ces deux lobes constituent le cerceau., et sont appelés communément les hémisphères cérébraux.
En retournant l'encéphale pour en examiner la face inférieure, on voit que le pédoncule postérieur de l'organe, suite de a moelle spinale, se prolonge en dessous du cervelet, (|ui est soudé sur les parties alérales de sa face supérieure, et se plonge ensuite dans les hémisphères cérébraux, en pénétrant par leur face inférieure, derrière deux gros cordons blancs, les nerfs optiques, lesquels marquent la limite antérieure de ce prolongement (fig. 266) : on lui a donné le nom iVisthmc encéphaliqua parce qu'il représente, en elfet, un lien intermédiaire aux trois renflements qui forment la mas.se principale de l'encéphale.
La partie crânienne de la masse nerveti.se centrale se compose donc de trois appareils : Y isthme de /'encr/j^/ifl/e,' prolongement de la moelle é))inière, le cercelet cl le cerneau, lobes renflés, grelîés sur la face supérieure et l'extrémité antéri(uirc de ce pédoncule. Ces trois appareils se montrent fort bien dans leur ensemble cl dans leurs
(') 1, buUio radiiillon : 2, lobo moyen ilii norvulut; H, 3, Irtlioa lalc'i'imx ilii inT'iiio ; -1.4, lii'iiiirt|iliiM'("'8 crivlirniix ; J, scissure iiiterlolmire; 0,0, lobules ctbiiioiiUiiix.
rji^Q Dii l'axe central du système nerveux»
rapports réciproques sur la figure 271. Nous les étudierons séparément les uns après
les autres.
Volume de l' encéphale. — Contrairement à ce qui existe pour la moelle, les dimensions de l'encéphale représentent à peu près celles de la cavité qui le contient ; en eiïet, le feuillet viscéral de l'aracluioïde se trouve immédiatement appliqué sur l'enveloppe propre de la masse nerveuse, c'est-à-dire la pie-mère, partout où il n'existe point d'es- ■ paces sous-araclinoïdiens ; d'un autre côté, la cavité araclinoïdienne est pour ainsi dire nulle, et la dure-mère est comme collée sur les parois du crâne dont elle constitue, à proprement parler, le périoste interne. L'encépliale n'a donc point de place pour se mouvoir dans sa cavité de réception ; et il en résulte pour lui une immobilité presque absolue, qui coïncide justement avec celle des sutures ou des articulations crâniennes.
Poids. On peut représenter par les chiffres suivants le poids total de rencéi)luile
chez les animaux de taille ordinaire : dans le cheval 650 grammes, dans l'âne 3(i0, dans la vache ^iSO, dans le mouton et la chèvre 130, dans le porc 160, dans le chien 180, dans le chat 30, dans le lapin 10 grammes.
En comparant ces chiffres à ceux donnés pour la moelle, on reconnaît que le rapport du poids de l'axe médullaire à celui de la masse encéphalique diffère notablement dans les différents animaux; c'est chez le chien qu'il est le plus élevé, et dans le lapin qu'on le trouve le plus faible. Voici du reste ce rapport indiqué pour chaque espèce : chien, 1 : 5,14; chat, 1 : 3,75; mouton et chèvre, 1 : 2,60; âne, 1 : 2,40; porc, 1 : 2,30; cheval, 1 : 2,27; vache, 1 : 2,18 ; lapin, 1 : 2. Nous indiquons ces nombres, parce qu'on a cherché de tout temps à trouver dans la prédominance de l'encéphale la cause du développement de l'intelligence, et que la meilleure mesure de celle prédominance est justement le rapport de l'axe spinal à la masse encéphalique. On a voulu aussi mesurer cette prédominance de l'encéphale en comparant le poids de cet organe à celui du corps tout entier ; mais il suffit de jeter les yeux sur les tables dressées, dans cette vue, dans plusieurs ouvrages d'anatomie et de physiologie, pour se convaincre que cette base ■ n'a point toute la valeur désirable.
Préparation de l' encéphale. — Pour étudier l'encéphale, il faut d'abord l'extraire de la boite c crânienne, et l'on arrive à ce résultat )3ar deux procédés.
Le premier procédé consiste à ouvrir le crâne par sa voûte, à l'aide du rogne-pied et du marteau, après avoir débarrassé celle voûte de toutes les parties qui la recouvrent ou qui l'avoisinent. On excise ensuite la dure-mèie avec des ciseaux, et l'on arrive ainsi directement sur l'encéphale, . qu'on isole complètement en soulevant son extrémité postérieure, et en coupant d'arrière en avant i tous les nerfs engagés dans les trous de la base du crâne, avec la tige pituilaire, ainsi que l'exlré-milé des lobes oUactifs. Ce procédé est très-expéditif; mais il ne permet poinl de conserver la glande pituitaire, qui reste forcément incrustée dans la selle lurcique, inconvénient qu'on évitera en employant le deuxième procédé.
Pour appliquer celui-ci, on ouvre le crâne par sa base ou son plancher, après avoir séparé las tête du tronc, enlevé la mâchoire supéiieure, la langue, Thyoïde, et mis à nu les surfaces osseuses en excisant toutes les parties molles. La tête, ainsi préparée, est tenue par un aide, la voûte crânienne appuyée sur une table ou un billot. Armé du rogne-pied et du marteau, l'opérateur fait sau- ter d'abord les arcades zygomaliques et les apophyses styloïdes de l'occipital ; puis il entame pro- gressivement les condyles du même os, l'apophyse basilaire, le sphénoïde, les palatins, l'cUnnoïde; et il revient alors sur les parties latérales qu'il abat successivement de l'occipital à l'eth.-noïde. L'encéphale étant suflisamment découvert, on le débarrasse de la dure-mère comme dans le premier procédé, et on le soulève avec la main gauche pour rompre, à l'aide des ciseaux tenus dans la main droite, les adhérences qui le tiennent encore fixé à la voûte du crâne, adhérences établies principalement par les veines de l'encéphale, lesquelles vont se dégorger dans les sinus de la dure--^ mère. En fouillant ensuite avec la pointe d'un scalpel dans les fosses elhnioïdales, on en détache-: les lobes olfactifs ; et la masse nerveuse est rendue tout à fait libre. Ce procédé est d'une application r plus difficile que le premier, mais il a sur lui plusieurs avantages : non-seulement on conserve, en l'employant, la glande pituitaire, mais on obtient encore les lobes elhmo'idaux plus intacts, et l'on