‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 20 sur 262 · DE LA TÉTE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA TÉTE EN GÉNÉRAL

De l'union de tous les os qui constituent le crâne et la face, résulte une pyramide .qnadrangulairc, à sommet renversé, qu'il importe d'étudier dans son ensemble. Nous passerons en revue successivement ses quatre faces, sa base et son sommet.

Face antérieure. — La face antérieure de la tête a pour base les pariétaux, le fron-

(*) 1,1, cxtrùmité supérii'iiri! (les us si) hmlcs ; 2, lo iMjiuli! décrit |mi' leur liord pi>sU'i'iem' ; 3,3, ces os styloides ; 4,4, l'oxtn'-initi: des coi-iii'S lliyroidiciincs ; 5, Insiirrnci' iirliculiiii'e du corps cpii r(-poud aux iiutitus branches; 6, oppeudicR anliM-ienr du corps ;7,7, petites branclu s ou cornes slylouliennes.

tal et les os nasaux. Supérieurenienl, elle s'incline en arrière et oiïre, de chaque côtr des crêtes pariétales, deux sui-facos bombées qui font partie des fosses temporales. Dans le reste de son étendue, elle représente une surface plane, qui forme la base du froni et de la partie moyenne du chanfrein. Large en haut, cette surface se rétrécit graduellement jusqu'à l'extrémité du prolongement nasal; chez les animaux bien conformés, ell( est aussi droite et aussi large que possible.

Face postérieure. — Cielte face, extrèmenient irrégulière, présente : tout à fait en haut, l'apophyse basilaire, les trous déchirés et la base de la portion tubéreuse des temporaux; puis l'espace intra-maxillaire, et, au fond de celui-ci, le corps du sphénoïde, la scissure vidienne, l'orifice supérieur du conduit sous-sphénoïdal, l'apophyse du même nom, les crêtes palatines, les ptérygoïdiens, les ouvertures gutturales des cavités nasales, séparées l'une de l'autre par le bord postérieur du vomer, la voûte du palais, les ouvertures incisives et le trou incisif.

Faces latérales. — Ou y voit : en arrière, la face externe des branches du maxillaire; en avant, une surface plus ou moins convexe, quelquefois évidée chez les vieux animaux, présentant, dans son milieu, l'orifice inférieur du conduit sus-maxillo-dentaire, et formant la base des parties latérales du chanfrein ; plus haut, la crête et l'arcade zygoniatiques, ïorbite et la fosse temporale. — Ces deux cavités, à la formation desquelles participent plusieurs os, ont été simplement indiquées jusqu'à présent; c'est ici le lieu d'en faire une mention plus détaillée.

\J orbite ou la cavité orbitaire est circonscrite à son entrée, qui est irrégulièrement circulaire, par l'apophyse orbitaire du frontal, le lacrymal, l'os malaire et le sommet de l'apophyse zygomatique. A son fond, cpji présente les hiatus maxillaire et orbitaire, elle se trouve confondue, dans le squelette, avec la fosse temporale (1). Elle est destinée à loger le globe de l'œil et les muscles qui le font mouvoir. Quelques organes accessoires de l'appareil de la vision, comme la glande lacrymale et la paupière clignotante, sont encore contenus dans cette cavité.

La fosse temporale surmonte l'orbite et s'en trouve incomplètement séparée par l'arcade orbitaire. Couchée obliquement de haut en bas et de dedans en dehors sur les côtés du crâne, la fosse temporale est ovalaire, délimitée, en dedans par la crête pariétale, en dehors par le bord antérieur et la racine longitudinale de l'apophyse zygomatique ; elle loge le muscle crotaphite.

Base ou extrémité supérieure de la tête. — Elle présente la protubérance occipitale, la tubérosité cervicale, le trou occipital, la crête et les scissures mastoïdiennes, les apophyses styloïdes de l'occipital, les échancrures slylo-condyliennes et les condyles. — Sur un plan plus inférieur et en arrière, on remarque la portion recourbée du bord postérieur du maxillaire.

Sommet. — Formé par les intermaxillaires et le corps du maxillaire supérieur, il supporte les dents incisives et représente une tubérosité plus ou moins arrondie, suivant l'âge des animaux, surmontée, en avant, par l'ouverture extérieure des cavités nasales; cette ouverture, comprise entre l'apophyse externe des os sus-maxillaires et le prolongement nasal, se trouve divisée, dans l'état frais, en deux orifices qui constituent les nasaux.

A Yintérieur, la tête renferme les fosses nasales et la boîte crânienne. Nous ferons

(1) C'est un cornet fibreux, la ffaîne oculaire, qui l'isole de cette dernière cavité chez la plupart des animaux mammifères ; elle n'a de parois osseuses complètes que dans l'homme et les quadrumanes.

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la (lescriplioii de ces cavités en même temps que celle des appareils auxquels elles iipparliennent. (Voy. l'appareil de la respiration et l'appareil do l'iimervalion.)

CAllACïKnES DIFFÉRENTIELS DE LA TKTF, DES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES.

A. Tû<e du bœuf, «lu mouton e* do la chèvre. — 1. Occipital. — L'occipital

de ces animaux ne présente pas de coudure antérieure. La tubérosité cervicale ou protubérance occipitale est obtuse et donne naissance de chaque côté aux lignes courbes supérieures; chez le mouton, ces lignes courbes sont très-saillantes et occupent le sommet de la têie.

Les apophyses styloïdes sont courtes et fortement recourbées en dedans. L'apophyse basilaire, large, courte et épaisse, porte une cannelure sur le milieu de sa face externe; cette cannelure manque quelquefois dans le mouton et la chèvre.

Les trous condyliens sont doubles, quelquefois triples: le trou supérieur n'aboutit point directement dans le crùnc, il se rend dans un vaste conduit qui s'ouvre en arrière sur le pourtour latéral du trou occipital, et qui se termine en avant par deux orifices, l'un ouvert dans le conduit pariélo-temporal, l'autre à la surface extérieure de l'os. Le trou déchiré est partagé en trou antérieur et trou postérieur, par la portion mastoïdienne, du temporal.

2. Pariétal. — Le pariétal du ^o?»/" n'occupe point la face antérieure de la tête ; il concourt avec l'occipital à former la base du chignon. Il représente une lame osseuse très-étroite, allongée transversalement, et recourbée h ses deux extrémités, qui descendent dans les fosses temporales pour aller s'appuyer sur le sphénoïde. Point de crêtes pariétales. La protubérance interne est marquée seulement par un léger relief de la lame interne de l'os; elle appartient en grande partie à l'occipital.

Le pariétal du boeuf se développe par trois noyaux d'ossification^ et le noyau médian est même primitivement divisé en deux parties latérales ; mais ces noyaux se soudent de très-bonne heure entre eux et avec la pièce antérieure de l'occipital. Une concourt point à la formation du conduit pariéto-temporal, et se creuse intérieurement de cavités qui communiquent avec les sinus frontaux.

Le pariétal du mouton et de la chèvre est relativement beaucoup plus large que celui du bœuf. Il participe à la formation du conduit pariéto-temporal et n'est pas creusé de sinus intérieurs.

3. Frontal. — Chez les ruminants, le frontal ne répond pas aux temporaux et aux palatins.

Dans le bœuf, le frontal, extrêmement développé, occupe à lui seul plus de la moitié de la face antérieure de la tête. Il se distingue surtout : 1° par sa grande épaisseur; — 2° par les chevilles osseuses coniques qui servent de support aux cornes. Ces éminences, plus ou moins longues, plus ou moins contournées, très-rugueuses, criblées de trous, et sillonnées de petites gouttières vasculaires, se détachent de chaque côté de l'os, près du sommet de la tête, et se portent en dehors. I-es apophyses qui forment les arcades orbitaires s'appuient par leur sommet sur le zygomatique. Le trou sourciller est transformé en un véritable conduit souvent nudtiple; son orifice antérieur s'ouvre dans une gouttière vasculo-ncrveuse, qui remonte vers la base des cornes et descend jusque près du bord inférieur de l'os. Entre cette gouttière et la base de l'arcade orbitairc existe la bosse frontale. Le Irou orbitaire appartient en entier au frontal. Le bord inférieur de l'os est profondément échancré dans son milieu pour recevoir les

sns-nasaux. Les sinus frontaux se prolongent dans les chevilles latérales, dans le pariétal et jusque dans l'occipital.

Dans la brebis dans la chèvre, le frontal présente relativement moins d'étendue

Fjg. 24. — Têta^de bœuf (face antérieure) (*).

et de force de résistance que dans le bœuf; il n'arrive pas jusqu'au sommet de la tête, et les sinus frontaux ne se prolongent pas au delà de son bord supérieur.

h. Ethmoide. — Chez k-s ruminants, la grande volute ethmoïdale est énormément développée; elle figure très-bien un troisième cornet qui se prolonge entre les deux cornets véritables, et auquel on a donné le nom (Vanlre olfactif.

L'ethmoïde est très-étroitement emprisonné entre les os qui l'environnent, à cause du peu de développement des sinus autour de lui. Ce caractère appartient, du reste, à tous les animaux domestiques autres que les solipèdes.

5. Sphénoïde. — Chez le bœuf, les apophyses sous-sphénoïdales ou ptérygoïdes sont larges et minces. Le conduit sous-sphénoïdal manque. La selle turcique est profonde, et la saillie osseuse qui la sépare de l'apophyse basilaire est très-élevéc. Les trois conduits sus-sphénoïdaux sont convertis en un seul largement ouvert. Point d'échancrures au bord supérieur pour le passage de la carotide interne et de l'artère sphéno-épineuse. Celle qui est destinée au passage du nerf maxillaire inférieur est convertie en trou : c'est le trou ovale.

Chez le mouton, la saillie osseuse qui limite en arrière la fossette pituitaire forme une lame recourbée en avant, et prolongée, à ses extrémités, en deux pointes qui constituent les apophyses clinoïdes postérieures.

6. Tempoi^al. — Dans le bœuf, le mouton et la chèvre, la portion tubéreuse du

(*) 1 , npopliyse niustoîde ; 2, trou somcilior : 3, zygomaligHe ; i, lacrymal; 5, épine maxillaire ; 6, orifice infOrieii ilu conduit sus-maxillo-deutaire.

Dli LA TÊTE. 61

temporal se soude toujours avec la portion écaillcuse, et le sommet de l'apophyse zygomati(|ue ne s'articule qu'avec l'os malaire.

Chez le bœuf, le condyle de l'apophyse zygomatique est fort large et convexe dans tous les sens. Le conduit pariéto-temporal est très-vasie et creusé cntiùrement dans l'os temporal; son extrémité supérieure ou interne s'ouvre, au sommet du rocher, dans une excavation qui représente la cavité latérale de la protubérance pariétale du cheval; à son extrémité inférieure, il offre toujours plusieurs orifices.

L'apophyse mastoïJe, irès-saillanle, appartient à la portion écailleuse. La crête mastoïdienne est confondue avec la racine supérieure de l'apophyse zygomatique ; elle dépasse, en bas, l'apophyse mastoïde et se prolonge jusqu'à la protubérance mastoïdienne. Celle-ci est trèsvolumineuse. L'apophyse subuliforme est plus longue et plus forte que dans le cheval. Point de scissure mastoïdienne.

On remarque, dans la brebis et la chèvre, que l'apophyse mastoïde est à Fig. 25. — Tête de bélier (face antérieure) (*). peine distincte de la crête mastoïdienne.

De plus, la portion mastoïdienne de l'os ne se soude que fort tard avec le rocher.

7. Maxillaire supérieur. — Dans le bœuf, le mouton et h chèvre, l'épine maxillaire ne rejoint pas directement la crête zygomatique, c'est une ligne courbe, à concavité postérieure qui établit l'union entre ces deux parties. L'orifice inférieur du conduit sus-maxillo-deniaire ou trou sous-orbitaire est percé au-dessus de la première dent molaire. Point de scissure pour la formation du conduit palatin. La cavité du sinus est plus spacieuse que dans le cheval ; elle se prolonge (chez le bœuf seulement) entre les deux lames de la voûte palatine. Point d'alvéole pour le crochet.

8. Os intcrmaxillaire. — La partie inférieure ou pièce principale de l'os est aplatie d'avant en arrière et dépourvue d'alvéole à son bord externe. Point de trou incisif. Fente incisive fort large. Cet os, rarement soudé avec les os qui l'avoisinent, n'est point, chez les petits ruminants, articulé avec l'os nasal.

9. Palatin. — Le palatin du bœuf, très-développé, se distingue par l'étendue considérable de la portion palatine de sa face externe. Le conduit palatin est pratiqué entièrement dans .son épaisseur. La crête palatine, très-mince et très-élevée, est formée par le bord postérieur du palatin, du ptérygoïdien et de l'apophyse sous-sphénoïdale tout à la fois. Point d'excavation pour les sinus sphénoïdaux. En revanche, toute la portion de l'os qui fait partie do la voûte palatine est creusée de cavités anfraclueuses, qui communiquent avec le sinus maxillaire du même côté. Trou nasal fort large. Dans

(•) 1 , occipital; 2, pariétal; 3, la olievillc osseiiRi! flerl (le l)asi! rt la l'orni; riontule druito ; i, l'cllc iln pùti? opposé ■ •■couverte de son étui corné ; S, trou sourciller ; 5' In gouttière qui eu descend ; 6, Incrijmal; 7, synoîimliqiw ; 8, susluisal ; 9, maj:illaire mpéricur ; 10, os intcrmaxillaire ; 10', son apophyse interne ; H, ouverture incisive.

62' DES os.

la brebis et la chèvre, les sinus maxillaires ne se prolongent pas dans leur épaisseur.

10. Ptérygoïdien. — Le ptérygoïdicn du bœuf, du mouton et de la chèvre est très-large, et bouche une ouverture que laissent entre eux le sphénoïde et le palatin.

FiG. 26. — Tète de bœuf (face postérieure) (*).

11. Zygomatique. — L'os jugal des rummants est très-développé. La crête zygomaiique n'est plus formée par le bord postérieur de l'os; elle est reportée sur la partie postérieure de la face externe, et marche parallèlement au sourcil de la cavité orbitaire. Le sonmiet est bifurqué : sa branche antérieure s'arc- boute contre le sommet de l'apophyse orbitaire du frontal; la postérieure s'articule avec le temporal.

12. Lacrymal. — Le lacrymal, beaucoup plus étendu que celui du cheval, forme, dans le fond de l'orbite, une énorme protubérance creusée à l'intérieur par le sinus maxillaire, et dont les parois sont si minces et si fragiles que le moindre choc sulTit pour en amener la rupture (dans le squelette). Il serait convenable de l'appeler protubérance lacrymale (1). Chez les petits ruminants, *Ia région inférieure de la face externe présente une dépression désignée sous le nom de fosse larmière.

(l) Girard, qui nomtne cette émînence |»'oi«6eVa«ce orèîïajVe, l'a décrite, à tort, comme appartenant ail grand sUB-maxillaire,

! >(*) A,liariétal; 1, trou occipital; 2, comlyle rie l'nccipital; 3, npmiliyso slyloîile (lu même os; 4, trous conilylieus ; 5) uiiopliy*^'' uinstoïcle ; C, protubérance uuisloitlieiHie ; 7, npopliyse subniil'nrma (lomponU); 8, s'aino liyoiilienue ; 9, Iron stylo-uuistoiiliiMi ; 10, hiatus aiiilitif externe ; dl, nriliec inféi'ieur du conduit iiariélii-lenipural ; 12, eoiulyie du ti'î»|iorul, ■13 trou déchiré ])(]stéiieur ; 14, trou ovale ; 17, apophyse siuis-sidiénoidnle ; 18, hiatus orbitaire ; lU, trou optiq\ie. — Il fruntal ; iO, trou souroilier; 21, trou orbitaire; 22, protubérance lacrynmle. — C, zygomatique ;'3,Z, ptéryijohlicti .— I l, palatin ; 24, trou nasal ; 25, urilice iidérieur du conduit palaliji. — E, maxillaire supérieur ; 20, épine maxillaire. — G, ov iaiermaxillaire ; 27, son apophyse iulerne; 28, scui apophyse externe; 2'd, miverluros incisives.

Dli LA TÊTli.

13. Os iiasciL — Les os nasaux du bœuf ne se sondent jamais ni entre eux ni ivoc les os voisins. Leur bord externe ne répond au grand sus-maxillaire que dans une l >rt petite étendue. L'extrémité supérieure s'enfonce dans l'écliancrurc du bord inférieur du frontal. A leur extrémité inférieure, ils présentent chacun une échancrure qui la partage en doux pointes. Chez le mouton et le chèvre, le prolongement nasal est unifide, comme dans le cheval.

Co7'nels. — Chez le bœuf, le cornet ethmoïdal est fort petit et uni à l'os nasal par les deux bords de sa lame osseuse; sa cavité intérieure appartient tout entière au sinus frontal. Le cornet maxillaire, très-développé, se soude avec l'os qui lui sert de soutien encore plus lard que chez le cheval. Le feuillet osseux tpii le constitue se contourne sur lui-même en deux sens différents : d'avant en arrière, par son bord postérieur, et d'arrière en avant, par son bord antérieur. Il est fixé au grand susmaxillaire par sa partie moyenne, à l'aide d'une lame osseuse particulière, et il bouche d'une manière fort incomplète l'excavation qui concourt à former le sinus maxillaire. Aussi trouvet-on, dans le squelette, en arrière et à la base de ce cornet, une vaste ouverture fermée en totalité, dans l'état frais, par la membrane pituitaire. Le sinus maxillaire ne se prolonge pas dans son intérieur. Chez les petits ruminants, la cavité du sinus est bouchée par le cornet maxillaire d'une manière plus exacte que dans le bœuf.

■15. Vomer. — ]1 est très-large et très-mince, appuyé seulement sur la moitié inférieure de la suture médiane des maxillaires supérieurs.

16. Maxillaire supérieur. — Chez lebœuf, le mouton et la chèvre, la partie inférieure du bord postérieur du maxillaire est convexe, et ne peut reposer sur un plan horizontal par tous ses points à la fois. Le condyle est convexe dans son petit diamètre et légèrement concave dans le sens latéral. L'apophyse coronoïdeest renversée

en arrière et en dehors. Le corps ne présente point d'alvéole pour le crochet, parce qUè cette dent manque chez ces animaux. En revanche, il est creusé de huit alvéoles pour les incisives. Les deux branches de l'os ne sont jamais soudées entre elles; elles restent mobiles l'une sur l'autre pendant toute la durée de la vie.

17. Ili/oïde. — L'hyoïde des ruminants se compose toujours de sept pièces; le noyau styl()ï(li(!ii dont l'cxislcuce n'est pas constante, chez les solipèdes, ne manque jamais

FiG. 27. — Coupe médiane et verticale de la tète du bœuf (*).

1, Ir.jii noiidylii^n; 1', ni-ilipu ]io!(li'.ni!iir du 0011(11 liilrnil du l'occipital abnulissniU en «vaut dims lis conduit piiriclntetn|ponil : 2, liiiiliis aiiditif intiMT».' ; 3, Irnii divliin: uiitiM'ium' j 4, Iniii dOcliiiû |Misti'i'iciif ; 5, mVîv'v- iiili'ii-rrAidcn du

'■oiidiiit riiirii;to-tciH|Mii-nl j 0,(i, luiiii' iissi'iisi; iiirdinnu nui sr|iiiii! l'un du l'iiiiti'c les siniis l'foiilmix ; 7, ci'llc (|ni isole les «inns S|j|ii;noidaiix ; 8, cidli; i|ni i-luisoniic la poitiiiii |ialaliiii: des sinus iiiasilluii'i'S ; 9, trou Ovale ; 10, I'osscIIl' opliçini'; H, vomir; 12, (itirygoulieii ; 13, large ouverture i)iii piîiiùlru dans le aiiiiis uiaxilluiic et qui eut boueliée, dans U'tnt

frais, par la pituitairc; \K, cornet maxillaire; 15, cornet etiiinoidal; 10, grande volute etlimoidiile.

64 DES os.

dans les premiers et prend les proportions d'une seconde petite branche. L'appendice anlérieur est très-court, et ne représente plus qu'un gros mamelon.

B. Tôtc de dromadaire. — 1 . Occipital. — Cet OS présente une double coudure comme dans les animaux solipèdes. Par ses jwrtions antérieure et supérieure, il ressemble à l'occipital du cheval, et, à celui du bœuf, par sa portion postérieure. La crête qui constitue l'origine des crêtes pariétales, ainsi que les lignes courbes supérieures, sont minces, tranchantes et très-élevées. Les apophyses styloïdes sont courtes, larges, épaisses et articulées, par harmonie, avec la portion tubéreuse du temporal.

Les lignes courbes supérieures sont à peine marquées chez les jeunes sujets.

2. Pariétal. — Il occupe la face antérieure du crâne ; mais il est long, étroit et s'enfonce entre la portion écailleuse du temporal et du frontal, pour aller s'appuyer sur le sphénoïde. Les crêtes pariétales, minces et élevées, restent adossées l'une à l'autre dans presque toute leur longueur et ne se prolongent pas sur le frontal.

Ces crêtes n'existent pas dans le jeune âge.

La protubérance pariétale interne ressemble à celle du bœuf.

3. Frontal. — Il se rapproche beaucoup du frontal des solipèdes. La partie moyenne de la face externe représente un triangle h base large cl dont le sommet s'enfonce dans l'échancrure profonde ménagée sur le bord inférieur du pariétal. Elle est légèrement excavée sur la ligne médiane, bombée, au contraire, sur les parties latérales. — L'arcade orbitaire s'appuie sur le zygomatique, comme dans le bœuf.

Les trous sourciliers sont transformés en conduits inllexes qui viennent s'ouvrir sur la face antérieure de l'os, très-près de son milieu.

Sur la circonférence du frontal, on trouve plusieurs échancrures, dont quelquesunes concourent, avec les os voisins, à la formation de trous (trous orbitaire, nasal). On en voit deux à droite et à gauche de l'union de l'os avec les sus-nasaux et deux autres dans la cavité orbitaire. Ces trous sont fermés en partie par les os wormiens; ils s'ouvrent dans les compartiments supérieurs des cornets.

Dans le jeune dromadaire, la partie moyenne du frontal est profondément excavée; cette excavation diminue au fur et à mesure que l'animal avance en âge et que les sinus frontaux s'agrandissent.

h. Ethmoïde. — L'apophyse crista-galli est très-épaisse ; les fosses ethmoïdales sont étroites et très-profondes.

5. Sphénoïde. — Il est plus long et plus épais que celui du bœuf. Les apophyses sous-sphénoïdales ou ptérygoïdes sont étroites et très- épaisses. Trou ovale relativement petit. Les conduits optiques sont recouverts, à leur orifice inférieur, par une lamelle osseuse. La fossette optique est presque de niveau avec la fossette pituilaire.

6. Temporal. — La portion écailleuse du temporal est plus large que dans le cheval ; elle est excavée dans la partie supérieure de sa face externe. — L'apophyse zygomatique présente une base large et mince; sa surface articulaire est à peu près plane d'avant en arrière et concave d'un côté à l'autre; l'éminence sus -condylieune est trèsdéveloppée.

La partie tubéreuse est mince, étroitement emprisonnée entre l'occipital et l'écaillé temporale. Crête mastoïdienne et apophyse masioïde peu prononcées. Prolongement hyoïdien placé au fond d'une vaste gaîne osseuse.

7. Maxillaire supérieur. — Moins long et moins large que dans le cheval cl le bœuf, le sus-maxillaire du dromadaire est profondément excavé au-dessous du chanfrein et de l'orbite. L'épine maxillaire est remplacée par une saillie arrondie et lisse qui disparaît au niveau de l'orifice inférieur du conduit sus-maxillo-dcnlaire percé

oii-dessiis du sillon qui sépare la dcuxiènic de la troisième molaire. La face postérieure de l'apophyse palatine est étroite ; elle ne présente pas de scissure palatine, mais elle ollïe l'orilice du conduit palatin.

FiG. 28. — Tête de tlroniatlaire (*).

Le bord externe est creusé de sept alvéoles : deux pour les crocliels un peu isolés l'un de l'autre et séparés par l'espace interdcnlaire supérieur des cinq alvéoles destinés aux dents molaires.

La tubérosité alvéolaire est étroite et rugueuse ; elle est séparée du palatin par une profonde écliancrure, et du zygonialique par une échancrure plus petite.

8. Os intcrmaxilluire. — Par sa forme, il se rapproche beaucoup de celui des petits ruminants ; sa base est moins large et plus épaisse que chez le bœuf. Cette base est rugueuse sur sa face inférieure et creusée d'une ci-vité alvéolaire. La fente incisive est très-petite. L'apophyse externe n'atteint pas le sus-nasal.

9. Palalin. — La scissure staphyline est large et profonde; la crête palatine, trèsdéveloppée et munie à sa base de deux dépressions rugueuses. Le conduit palatin n'est pas compris dans l'os palatin ; il ne s'ouvre qu'au niveau de la deuxième molaire.

10. Ptérycjoïdicn. — I,o ptérygoïdien du dromadaire est court, large, appliqué à la face interne de l'apophyse sous-sphénoïdale et de la crête palatine. Il ne concourt pas à la formation du conduit vidien. Son extrénnté inférieure ollre une étroite et profonde scissure.

1 i . Zi/(/omalique. — Cet os est très-peu développé et comprimé d'avant en arrière.

(*; 1, r,c(M|.ilJil ; 2, (inriiHiil ; 2', <^n-ti>s (jjii'iiHuliîs ; 3, Mi-iiilli' ti'iupornli! ; i, fniiital ; i\ ti'oiis sourcilioi-s ; 5, zygoniiiliqne ; 6, ijusuiix ; 7, innxilluirc siiporicur; 7, Iroii sous-orbiluire; 8, nelil siis-maxillailc; 0, muxillnii'o iurùriour; 10 et 11, orifines (lu cuiuliiit nioxillo-iluiitaire.

CHAOVBAU. — 2« édit. I 6

Sa face antérieure, très-concave, circonscrit l'orbite en arrière; sa face postérieure surplombe de beaucoup l'os maxillaire et forme une crête zygomalique très-proéminente. Le sommet est bifurqué comme dans le bœuf.

12. Lacrymal. — Il est beaucoup plus petit que dans le cbeval; sa portion faciale surtout est presque rudimentaire. Pas de protubérance lacrymale, ni de tubercule lacrymal ; celui-ci est reporté sur l'os grand sus-maxillaire.

13. Os nasal. — Dans le dromadaire, les os propres du nez sont courts et étroits ; leur bord externe ne répond qu'au grand sus-maxillaire; leur extrémité supérieure est arrondie. A leur extrémité inférieure, ils présentent bien une échancrure qui les partage en deux pointes; mais la pointç interne est irès-petite.

1^;. Cornets. — Le cornet ethmoïdal est très-petit. Pour le reste, la disposition est la même que dans les autres animaux ruminants.

15. Vomer. — Plus large dans sa partie supérieure que chez le bœuf, il possède une portion qui se dirige en dehors pour gagnci^'la cavité de l'orbite. Par son bord inférieur, il s'appuie sur la suture médiane des palatins et des sus-maxillaires.

Maxillaire inférieur. — Les branches sont courtes et épaisses; le corps est très-allongé, l'espace interdentaire considérable. La partie droite des branches possède un bord postérieur rectiligne, comme dans le cheval ; le bord antérieur de la partie recourbée est épais, tandis que le bord postérieur est mince et tranchant. Sur leur face interne, on voit : une lamelle osseuse située en face de l'orilice supérieur du conduit

maxiilo-dentaire, et une scissure mylo-hyoïdienne.

Le condyle est convexe en avant, plan et oblique en arrière. L'apophyse coronoïde est très-forte. Au-dessous du condyle existe une apophyse séparée de celui-ci par une échancrure profonde.

La circonférence du corps est creusée de huit alvéoles : six pour les incisives, deux pour les crochets. 17. Hyoïde. — Comme dans le bœuf.

C. Tôtc du poi-c. — 1. Occipital. — Il n'est point coudé antérieurement; la saillie transversale qui représente les lignes courbes supérieures forme néanmoins, comme chez le cheval, le sommet de la tête. Cette éminence, excavée d'un côté à l'autre sur sa face postérieure, s'unit en avant avec le pariétal, qui s'arc-boute sur l'occipital à angle aigu. Point de protubérance occipitale externe proprement dite. Apophyses styloïdes très-longues et dirigées en bas.

2. Pariétal. — Le pariétal est très-épais et dépourvu de protubérance interne. Il présente deux crêtes pariétales très-marquées, qui ne se réunissent point à leur partie supérieure, et il se développe par deux noyaux d'ossification seulement.

3. Frontal. — Le frontal du porc est très-épais, mais» fort étroit. L'apophyse qui concourt à circonscrire l'orbite'

est courte et ne rejoint ni le temporal ni le zygomatique; l'arcade orbilaire ést complétée par un ligament. Le trou sourciller, disposé comme dans le bœuf, aboutit, en avant, à une gouttière qui descend jusque sur les os nasaux. Le trou orbitaire esi

(*) 1, foiiinieL (U: la ]iruliil)t'raiicf occipitale ; 2, pariétal; 3, fronlal ; A, Irou siim-cUicr ; A', la goiitliùrc (|ui eu des ccnd ; -t, a]iof]iiysc zvgnninlicjiie ; 5, zi/i/tnnnlititic ; ei, larriiiiuil ; H, einuhiits lucn iiiaiix , 7, i/raud siis-tim.rillaire, 0, orilice Inlérieiir ilii cciridnit siis-muxiliii-deiiUiire ; 8, .lus-tiasal ; 9, pclil sus-nia.r 'illuirc ou os inlirma.villnirc.

FiG. 29. — Tête de porc (face antérieure) (*).

Uli LA TÉTli.

formé par le frontal seulement. Point de mortaise pour l'union du frontal avec le sphénoïde. Enfin les sinus frontaux se prolongent dans le pariétal. Le frontal du porc s'articule avec les maxillaires supérieurs.

Zi. Splmwïde. — Le sphénoïde du porc est très-court; les apophyses sous-sphénoïdales sont extraordinairement développées et aplaties d'avant en arrière. Point de conduit sous-spliénoïdal. Selle turcique profonde, bornée en arrière par une crête très-saillante. Un seul conduit remplace le trou grand rond et la grande fente sphénoïdale, comme dans le bœuf Les ailes, peu saillantes, sont articulées par suture simple avec le frontal.

5. Temporal. — La surface articulaire du temporal rappelle celle des rongeurs; elle n'est point bornée en arrière par une éminence sus-condylienne, et, de plus, elle présente plus d'étendue dans le sens transversal. L'apophyse zygomatique est articulée avec l'os jugal par toute l'étendue de son bord postérieur. Une crête menée de l'hiatus au- 'diiif externe à la protubérance mastoïdienne remplace l'apophyse mastoïde. La crête

mastoïdienne est, comme dans le bœuf, confondue avec la racine supérieure de l'apophyse zygomatique.

La saillie formée par la protubérance mastoïdienne est énorme. Apophyse subuliforiue à peine sensible. Point de prolongement hyoïdien ni de conduit pariéto-temporal.

6. Maxillaù^e supérieur o« grand sus-maxillaire. — Chez le porc, la surface externe de cet os est évidée dans sa partie moyenne, et présente, en avant, un relief volumineux formé par l'alvéole de la dent canine. Celui-ci est creusé entièrement dans le grand sus-maxillaire. Point de tubérosité alvéolaire. Espace interdentaire très-court. Cavité pour le sinus peu développée. L'orifice inférieur du conduit palatin est percé dans la substance même du maxillaire supérieur.

7. Os intermaxillaire. — Dans le porc, l'apophyse externe du petit sus-maxillaire, très-longue et très-large à sa base, est soudée au sus-nasal dans ses deux tiers supérieurs environ. Point de trou incisif ni d'excavation pour l'alvéole du crochet. Ouvertures incisives ovalaires.

8. Palatin, — La portion palatine de la face externe est plus développée que dans le bœuf. Par contre, la portion orbitaire n'offre qu'une trèsminime étendue. La crête palatine est remplacée par une tubérosité contre laquelle s'appuient, en dehors, l'apophyse sous- sphénoïdale, en dedans, le ptérygoïdien. La réunion de ces trois parties constitue, à la face postérieure de la tête, un gros mamelon trifide fort remarquable.

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