CHAPITRE IV DU SYSTÈME NERVEUX CHEZ LES OISRAUX
Parties protectrices de t.'axe cérérro-spinai,. — Les parties protectrices des centres nerveux sont les mêmes dans tons les animaux vertébrés, par conséquent nous n'aurons que peu de chose à dire à propos des oiseaux. Nous n'ajouterons rien à la description de l'étui osseux telle qu'elle a été faite à la page 125. Quant aux enveloppes ou méninges, elles sont au nombre de trois et disposées comme dans les mammifères. « On retrouve dans les oiseaux la fcaix du cerveau; elle a, dans le Dindon, la forme d'un segment de cercle ; elle s'étend du milieu de l'intervalle des ouvertures des nerfs olfactifs jusqu'à la tente du cervelet. La faux du cervelet manque; sa tente est peu étendue, soutenue par une lame osseuse, et il y a en outre deux replis particuliers, un de chaque côté, qui séparent les hémisphères d'avec les tubercules quadrijumeaux (Guvier). » Par l'absence de la faux du cervelet, les méninges des oiseaux se rapprochent donc plus de celles des solipèdes que de celles de l'homme. D'après Leydig, la faux du cerveau s'ossifie en partie chez les oiseaux.
Moelle épinière. — Dans les oiseaux, la moelle épinière est creusée à son centre d'un canal central et présente aussi, comme sur les mammifères, deux renllements : l'un cervico-dorsal et l'autre lombaire. Cet organe se prolonge jusque dans les vertèbres coccygiennes et fournit ainsi une preuve de plus contre l'asserlion de certains naturalistes qui voulaient établir un rapport constant cuire la longueur de la moelle épinière
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en arrière, et le développement do la région coccygieiine. On remarque que les deux faisceaux supérieurs de l'axe médullaire sont écartés l'un de l'autre vers le renflement, lombaire et se joignent ensuite vers la région sacrée. Ils limitent entre eux un espace ellipli lue appelé sinus rhonihoïdal, espace rempli par une subslancc conjonctive gélatineuse, transparente, qui n'est pas autre chose qu'une sorte d'efflorescence de l'épendyme du canal central.
Encéphale. — Chez le Coq, d'une taille moyenne, l'encéphale pèse environ h gr. Il comprend les trois parties que nous avons distinguées dans les mammifères.
La moelle allongée n'est pas divisée en deux sections par la protubérance annulaire, qui manque chez les oiseaux; les pédoncules cérébelleux se fixent immédiatement sur les corps restiformes. La face inférieure de l'isthme est fortement convexe en arrière; en avant, elle présente la saillie des tubercules bigéminés réunis l'un à l'autre par un cordon transversal relativement volumineux, formé par les nerfs optiques entrecroisés sur la ligne médiane. La face supérieure est déprimée au-dessous du cervelet, de façon à constituer un quatrième ventricule taillé aussi en bec de plume à écrire. En. avant de ce ventricule, on trouve les tubercules bigéminés. Au nombre de deux, ces tubercules sont volumineux, écartés l'un de l'autre supérieurement, où ils embrassent le cervelet, et saillants sur les régions latérales de la face inférieure. Ils sont creux intérieurement et mis eu communication avec l'aqueduc de Sylvius. Les couches optiques sont peu développées.
Le cervelet est h peu près réduit au lobe médian ; les lobes latéraux, situés en arrière et en bas du médian, sont très-petits et coniques. Par son extrémité antérieure, ce ganglion cérébral s'engage entre les tubercules bijumeaux et vient toucher aux hémisphères du cerveau. Le cervelet est annelé transversalement à sa surface; entre les sillons principaux existent aussi des sillons secondaires, comme dans les mammifères. La substance blanche forme à son intérieur une arborisation en rapport par le nombre de ses branches avec la simplicité de la surface de l'organe. Au centre du cervelet des oiseaux, on rencontre une petite cavité qui communique avec le quatrième ventricule.
Le cerveau, divisé en deux hémisphères par un sillon peu profond, a la forme d'un cœur de carte à jouer, forme qui est plus prononcée encore lorsqu'on regarde le cerveau par sa face inférieure. Les circonvolutions ont disparu sur les faces supérieures et latérales de l'organe; sur la face inférieure, on aperçoit un vestige de la scissure de Sylvius ; cette scissure se dirige obliquement d'arrière en avant et de dedans en dehors. Les lobules olfactifs, peu développés, sont placés près de la ligne médiane cl accolés l'un à l'autre. Les deux cavités ventriculaires sont confondues, car on remarque l'absence complète du corps calleux et du seplum lucidum. Le ventricule ne présente pas de portion réfléchie, par conséquent, les hippocampes, les lobules masioïdes, font défaut; les corps striés sont, au contraire, volumineux et occupent à peu près tout le plancher du ventriculeo
Nerfs crâniens. — Ils sont au nombre de douze paires comme dans les mammifères. Leur origine est analogue sinon absolument identique; les difl"érences que l'on observe, presque insignifiantes, tiennent à la disposition du pont de Varole et à la convexité de la face inférieure de l'isthme.
Nerf olfactif. — Nous avons dit, plus haut, comment il était formé à la partie antérieure des hémisphères cérébraux.
Nerf optique. — Il semble se détacher du tubercule bigeminé, et après un trèscourt trajet il s'entrecroise avec celui du côté opposé. Dans certains oiseaux, surtout.
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rapacos diurnes, les nerfs optiques sont constiiiiés par des faisceaux de Inhcs nervi'iix qui décrivent des ondulations.
Ni'vf nculo-motenr commun. Nerf pntitétiqtie. Nerf ocnlo-moleur externe. — lliiMi de particulier à signaler dans leur origine et leur disti ibution.
Nerf trijumeau. — Ce nerf se partage en trois branches principales, ainsi que nous r ivons vu dans tous los animaux domestiques. La branche ophthalmique présente un r iineau nasal, un rameau qui devient supeificiel et s'étend jusqu'il l'extrémité du bec, cl enfui un troisième fdet qui se perd au pourtour de l'orifice inférieur des cavités nasales.
Le maxillaire supérieur sort du crâne par l'orifice qui livre passage au maxillaire inférieur, rampe au-dessous de l'orbite, traverse l'os maxillaire et vient se (erminer ■ sur les côtés du bec par des filets qui rappellent les rameaux sous-orhitaires du cheval.
Le maxillaire inférieur fournit deux branches : l'une traverse le conduit dentaire et arrive jusqu'à l'extrémité de la mandibule inférieure ; l'autre se répand dans les téguments sous-cornés de la même mandibule.
Nerf facial. — Il est très-peu développé dans les oiseaux. «Il se distribue aux miiscles des mâchoires et aux petits muscles qui redressent les plumes de la tête (Cuvier). ->
Nerf g losso- pharyngien. — Rien à dire sur sa disposition.
Nerf pneumogastrique. — Ce nerf offre très-peu de différences; il est aussi étendu que chez les mammifères; ses anastomoses et ses rapports sont à peu près les mêmes. ■Seulement il n'est pas entièrement constitué à sa sortie du crâne; il présente toujours, deux ou trois filets constituants qui se rejoignent et se confondent à quelque distance de l'orifice d'émergence. Les récurrents fournissent des ramuscules au jabot.
Nerf spinal. — Il présente aussi une racine médullaire qui commence à In hauteur de la troisième vertèbre cervicale; il s'accole au nerf vague pour devenir superficiel.
Nerf hypoglosse. — Même origine que dans les animaux quadrupèdes. Au point loù il croise le pneumogastrique, il abandonne un long filât qui se dirige vers la poitrine en suivant la veine jugulaire. Sur les côtés du larynx, il se partage en deux branches : l'une se dirige en avant en passant sous la langue; l'autre afi'ectc la même direction, mais en passant sur la face supérieure de cet organe.
Nerfs rachidiens. — Nous n'insisterons que sur les nerfs de l'aile et du membre pelvien, les autres nerfs rachidiens ayant une disposition analogue h celle que nous lavons déjà décrite.
Plexus brachial. — Trois branches principales, la dernière paire cervicale et les deux premières dorsales, forment ce plexus dans les Paimipéd«-s ; chez les Gallinacés, on en compte quatre, les trois dernières paires cervicales et la première dorsale. Ces branches s'anastomosent sous la face profonde de l'articulation scapuio-hiunérale. Le plexus une fois constitué fournit (juelques rameaux collatéraux et se termine par deux faisceaux de branches. Le premier rameau collatéral se rend au muscle pectoral profond ; un autre se distribue dans lesmusclesqui entourent la lêlede l'humérus, ainsi que idans la capsule articulaire. Les faisceaux de branches terminales peuvent être distinigués, d'après leur position, en antérieur et postérieur. Celui-ci représente ]c brachial cutané interne et le nerf radial ; il donne des rameaux musculaires, des rameaux cutanés qui s'étendent jusqu'aux doigts qui sont placés à l'extrémité de l'aile. Le faisceau lanlérieur, plus volumineux, s'étend aussi h tout le membre où il s'épuise par des filets sensitifs et des filets moteurs; tout près de son origine, il abandonne des ramuscules lau pectoral superficiel. Ce faisceau représente le weV/jfln, le cubital et le brachial antérieur ou musculo-culané des mammifères.
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Plexus lornbo-sacré. — Uetix paires lombaires el quatre paires sacrées entrent dans la constitulion de ce plexus. Chez le Coq, il peut se diviser nettement en deux portions, l'une antérieure, l'autre postérieure, séparées par un espace assez considérable.
La 'portion antérieure se compose des branches lombaires et d'une partie de la première paire sacrée; leur fusion s'opère sur la crête osseuse très-saillante qui sépare la région lombaire du sacrum. Elle donne naissance à quatre ou cinq branches, parmi lesquelles on reconnaît irès-bien : 1° un filet pour le muscle du fascia lata; 2" un nerf crural ou fémoral; 3" un nerf saphène interne qui descend jusque sur la jambe, et W un nerf obturateur. Ce dernier, très-grêle, se dirige de haut en bas, d'avant en arrière, et se jette dans le muscle qui ferme le trou ovalaire.
La portion postérieure comprend une partie de la première paire sacrée et les trois suivantes tout entières. Ces cordons nerveux se dirigent en dehors, vers l'échancrure sciatique, où ils se réunissent; pendant ce trajet à l'intérieur du bassin, ils sont entourés par le tissu du rein. La distribution de cette portion du plexus rappelle celle que nous avons étudiée chez le cheval. Ainsi, en sortant de l'échancrure sciatique, on lui voit donner des nerfs fessiers postérieurs, des nerfs fessiers antérieurs, puis deux longues branches qui restent accolées l'une à l'autre jusqu'aux jumeaux. Ces branches sont : 1" le gimnd sciatique, avec un rameau pour les jumeaux et les muscles jambiers postérieurs; 2» le sciatique poplité externe qui, en dehors de l'extrémité supérieure de la jambe, se divise en nerf musculo-cutané et nerf tibial antérieur.
LIVIVE SEPIIEME
Parmi les nerfs dont la description vient d'être faite dans le livre précédent, ceux qui ont été désignés sous le nom de nerfs sensibles ont pour usage principal on même exclusif, avons -nous dit, de conduire à l'encéphale les excitations qui ont leur source dans le monde physique extérieur. Ces nerfs représentent donc les instruments essentiels des sensations, et les organes dans lesquels ils se rendent constituent les jipparcils des sens. Ceux-ci, admirablement disposés pour la réception des excitations cérébrales, sont au nombre de cin([ : Vappareil du sens du toucher, Vappareil du goût, {'appareil de l'odorat, Vappareil de la vision et Vappareil de l'ou'/e. Nous allons, dans une esquisse rapide, faire connaître leurs principaux caractères.