APPAREIL LACRYMAL
« Cet appareil comprend : 1° une glande sécrétant les larmes; 1" une série de canaux qui transmettent le superflu de ce liquide à l'orifice externe des cavités nasales.
1) Glande lacrymale. — Cette glande, située entre l'apophyse orbitaire et la partie supérieure du globe de l'œil, dont elle est séparée par les muscles droit supérieur et orbito-palpébral, présente une face supérieure convexe, et une face inférieure concave, pour s'accommoder à la disposition de ces parties. Elle est peu développée et formée de granulations très-ténues, réunies par un tissu cellulaire très-fin, et donnant naissance à des radicules déliées, dont la réunion forme un certain nombre de'canaux très-étroits, qui viennent s'ouvrir à la face interne de l'angle temporal des paupières, et que l'on désigne sous le nom de canaux hygrophthalmiqiiés.
» La glande lacrymale sécrète les larmes destinées à lubrifier la surface antérieure de l'œil. Ce liquide aborde à l'organe par l'angle temporal, et se porte entre les paupières et le globe, vers l'angle nasal. Sa sécrétion, qui a lieu continuellement, est activée par toutes les causes qui peuvent irriter la conjonctive, et sa nature peut changer sous les mêmes influences.
» Cette glande appartient à la catégorie des glandes en grappes ; par conséquent elle est analogue, par sa constitution, aux glandes salivaires.
» Les canaux hygrophtlialmiques ont pour parois une mince membrane fibreuse recouverte par un épiihélium cylindrique.
» Caroncule lacrymale. — On appelle ainsi un petit corps arrondi, légèrement rugueux, que l'on remarque dans l'angle nasal de l'œil, et qui n'est autre chose qu'un léger repli de la conjonctive recouvrant quelques follicules agglomérés et les bulbes de quelques poils fins, que l'on voit facilement à sa surface.
» La caroncule lacrymale est assez souvent noirâtre ou marbrée de cette couleur. On la regarde, soit comme destinée à diriger les larmes vers les points lacrymaux, soit comme servant à séparer de ce liquide les corpuscules qu'il pourrait entraîner.
» Cet organe a pour base une petite masse de tissu conjonctif au sein de laquelle on trouve des bulbes pileux et des glandules assez vokuHineux tapissés par un épiihélium
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chargé de granulalions graisseuses. Des tubes nerveux se ramilieiil autour des l)ulbus pileux.
» Points lacrymaux. — Ce sont deux petites ouvertures, situées une à chaque paupière, à peu de distance de la commissure nasale, et par lesquelles les larmes passent de la surface oculo-palpébrale dans les conduits lacrymaux.
» Conduits lacrymaux. — Ces deux petits canaux font suite aux points du niêm nom; ils sont comme eux très-étroits, et conduisent les larmes dans le sac lacrymal.
» Le conduit supérieur est plus long que l'inférieur, et gagne le sac lacrymal en arrière de celui-ci.
» La muqueuse qui tapisse les conduits lacrymaux est mince et recouverte par un épi-, thélium pavimenteux stratifié semblable à celui de la conjonctive.
» Sac lacrymal. — Ce petit réservoir, logé dans l'infundibulum qui précède k trou lacrymal de l'os de ce nom, reçoit les larmes des deux conduits lacrymaux, et les réunît pour les faire passer ensuite dans le canal lacrymal. La muqueuse qui le foruu fait suite à la précédente; elle en diffère par son épiihélium, qui est vibratile au lieu d'être pavimenteux.
» Canal lacrymal. — Les larmes que recueille le sac lacrymal passent dans le cana. de même nom, long conduit qui s'étend jusqu'à l'orifice inférieur de la narine. L; moitié environ de son trajet a lieu dans le conduit osseux de l'os lacrymal qui le pro tége, et se termine entre les deux cornets. Le reste du canal est placé sous la muqueuse nasale, vient passer à la face interne de l'aile externe de la narine, et se termina par un orifice, quelquefois double, qui semble percé à l'emporte-pièce, vers la commissure inférieure, près du point où s'établit la ligne de démarcation entre la couleui foncée de la peau et la teinte rosée de la muqueuse.
» Cet orifice constitue ce qu'on appelle Végout nasal.
L'épithélium de la muqueuse du canal lacrymal est vibratile dans la portioi osseuse., stratifié et pavimenteux dans la portion nasale. A sa surface, on aperçoit l'ou verture des conduits sécréteurs de quelques glandules en grappes qui sont logées dan; l'épaisseur des parois du canal.
» Dans toute son étendue, le canal lacrymal est tapissé par la continuation de 1; muqueuse du sac lacrymal. Dans les solipèdes, ce canal s'ouvre sur la surface cutané( de l'entrée de la narine. Il en résulte que, chez ces animaux, la conjonctive, avec se. dépendances, forme une muqueuse parlicuhère réellement séparée de la grande mu';i queuse gastro-pulmonaire.
» Dans l'Ane et dans le Mulet, l'orifice du canal lacrymal se trouve situé à la fac interne de l'aile externe de la narine, et non vers la commissure inférieure, comm dans le cheval. » (F. Lecoq, Extérieur du cheval, etc.)
dARACTÈRES OlFfÉRENlIELS DE L'aPPAREIL DE hk VISION DANS LES ANIMAUX AUTRES
QUE LES SOLIPÈDES
Organe essentiel de la vision. — Le globe OU bulbe de l'œil présente, chez 11 Bœuf, une forme qui se rapproche beaucoup de celle de l'œil du cheval; mais che, les petits animaux, le Chien notamment, le globe est beaucoup plus sphérique; enfin dans les Oiseaux, l'œil est fortement convexe en avant; son plus grand diamètre es le diamètre antéro-postérieur.
Sclérotique. — Cette membrane présente la même disposition dans tous nos qua drupèdes domestiques. Mais chez les oiseaux, elle possède des caractères assez eu
OlUlANliS ACCESSOlHIiS Dli LA VISION. 879
lieux. A son fond, elle a pour base une lame carlilagineuse recouverte, sur ses deux lares, par du tissu fibreux ; celte lame s'ossifie assez fréquemment autour du nerf optique, où elle forme l'anneau sclérotical postérieur. Autour de la cornée, elle présente l'anneau sclérotical aniérieur, qui est constitué par de petites écailles osseuses inibriquécs pouvant glisser les unes sur les autres, et modifier la forme du globe de l'œil.
Coriipe. — Dans le Chat et le Chien, la structure de la cornée est semblable à celle du cheval. Dans le Bteaf, le .llouton, le Porc et le Lapin, on trouverait deux membranes limitantes, une, par suite, au-dessous de l'épitliélium de la face antérieure. Chez les Oiiseaux, la membrane-limite la plus épaisse est en avant (Leydig). Choroïde. — Dans les mammifères, on remarque quelques diiïéiences légères sié-
j géant dans la coloration du tapetum. Ainsi, chez le Bœuf, le lapis est d'un vert doré qui devient bleu à la circonférence, vert doré pâle chez le Mouton, jaune doré chez le
i chat, et enfin, blanc bordé de bleu chez le chien. La choroïde des Oiseaux est uniformément noire; cetlc membrane possède, dans son fond, un réseau de fibres musculaires lisses, et, de plus, « le muscle de Crampton, qui»part de la face interne
\i de l'anneau osseux pour s'insérer à la cornée ». (Leydig.)
Iris. — Dans tous les animaux, l'iris est musculaire ; les libres contractiles sont lisses chez les mammifères, striées dans les Oiseaux. La couleur de l'iris est d'un jaune doré plus ou moins vif dans le Chien, verdàlre chez le Cliat adulte, et d'une nuance
. bleu clair dans les individus jeunes. L'ouverture pupillaire est elliptique dans le Bœui'
.( comme dans les solipèdes; elle est circulaire dans le Chien; et, chez le chat, elle
• est ronde également quand elle est très-dilatée ; mais lorsqu'elle se resserre, elle de- ' vient dliptique de haut en bas, et arrive même à ne plus représenter qu'une étroite ■ fente verticale.
Il n'y a aucune différence digne d'être signalée dans les autres parties du globe I oculaire.
Organes acce$iisoires de l'appareil de la vision. — Les organes mOteurs 61
I protecteurs de l'œil sont à peu près les mêmes dans tous les animaux.
Muscles. — Les Oiseaux ne présentent que six muscles : quatre droits et deux
!' obliques; ces deux derniers partent de la paroi antérieure de l'orbite, par conséquent*
il le grand oblique ne glisse pas sur une poulie de renvoi.
Paupières. — Disposition identique dans tous les mammifères. Chez les oiseaux, ta paupière inférieure est la plus large; elle est munie d'un muscle abaisseur parlicu-
i lier. Les paupières de ces animaux sont dépourvues de glandes de Meibomius. On dé- Crit aussi une troisième paupière qui répond au corps cligUQtant des quadrupèdes; elle est assez large pour couvrir entièrement la face antérieure de l'œil.
Glandes. — Chez les Ruminants, le Porc, les Carnassiers, le Lapin et les Oiseaux, on trouve annexée au corps clignotant la glande de Barder, glande en grappes, dont l'épithélium est graisseux chez les mammifères, cylindrique et granuleux dans les
' oiseaux. L'humeur que cette glande sécrèle, humeur épaisse et blanchâtre, est versée par un ou deux orifices sous la troisième paupière. Elle a sans doute pour usage de
I favoriser le mouvement de cet organe sur la surface de l'œil et des paupières propre-
* ment dites.
COMPAKAISON DE L'AI'I'AKEIL DE LA VISION l)E L'iIOMME AVEC CELUI DES ANIMAUX.
Organe essentiel de la vision. — Le, globc oculairc, chez l'iiommc, est à peu ; près sphériquc comme celui des carnassiers.
880 API'AUlilL DES SKNS.
La sclérotique ne présciilc rie» de particulier. La cornée possède deux membraneslimites; elle est beauconp moins ellipticiue que chez les solipèdes, La cAo? w/e comprend les mêmes zonus que celle des animaux. La zone choroïdieime est d'une teinte brune uniforme. Les procès ciliaires, au nombre de 70 à 80, sont un peu moins longs que chez le cheval ; ainsi ils ne dépassent pas, en avant, le cercle ciliaire à la face interne duquel ils adhèrent par toute l'étendue de leur bord externe. Viris offre une ouverture pupillaire constamment arrondie. La rélim présente une structure identique avec celle que nous avons déjà décrite. On voit sur la rétine de l'homme, un peu au-dessus de la papille optique, une tache circulaire ou ovale de 2 millimètres de diamètre, au centre de laquelle on aperçoit un point transparent : c'est la tache jaune avec la fosse centrale de la rétine. Au niveau de la tache jaune, le tissu de la rétine est légèrement modifié, surtout en face de la fosse centrale; en effet, on ne trouve plus que des cônes dans la couche des bâtonnets, et toutes les autres couches semblent se confondre en une seule masse granuleuse.
Rien h dire de particulier sur Vhumeur aqueuse, le cristallin et le corps vitré.
Organes accessoires de l'appareil de la vision. — La cavité Orbitaire dc l'homme est entièrement limitée par des parois osseuses; aussi ne voit-on pas chez lui de gaine fibreuse oculaire, — Les mwsc/ei' sont au nombre de six, quatre droits et deux obliques; le grand oblique présente la disposition infléchie que nous avons étudiée sur les animaux. Nous n'avons rien à signaler à propos des paupières, si ce n'est l'absence de la caroncule lacrymale, ou au moins son atrophie très-prononcée. L'appareil lacrymal n'offre aucune différence; le canal nasal s'ouvre plus ou moins haut à la surface du méat inférieur.