CHAPITRE IV
Dli L'OEUF DES OISEAUX.
On a lu, h propos de l'ovaire des oiseaux, que les ovules fonnaieiil à peu près loule la masse de ces organes. Lorsqu'il quille la grappe ovarienne, l'œuf des oi.seaux présente les mêmes parties quo celui des mammifères ; il n'en diffère que par son énorme volume. C'est en cheminant dans l'ovidncle qu'il se revêt d'une couche épaisse d'albumine et qu'il s'envelop|)e d'une membrane blanchâtre, puis d'une cof|uille pour passer à l'état d'œuf proprement dit, tel qu'on le comprend dans le langage ordinaire. Il se compose donc alors de Vovule cl de parties accessoires.
Ovule. — On trouve dans l'ovule : 1° une membrane vùelline, plus mince propoi lionncllement que dans l'œnf des mammifères; elle est de nature (ibreusc et présente sur un point de sa surface : 2° la cicatricide [m), épaississement blanchâtre, au centre duquel existe, 3" la vésicule germinative ou de Purkinjc (/) ; L\° le jaune ou vilellus (h), qui remplit la membrane enveloppante. Dans la masse du jaune on aperçoit une apparence de cavité {i) en forme de bouteille dont le long goulot {k) viendrait s'appuyer sur la cicatricule.
Le vilellus de l'œuf des oiseaux diffère de celui des mammifères par sa composition analomique. En effet, il est cnlièremcnt coiistilué par des globules dits globules viteliins. Ces globules sont blanchâtres, au centre de l'œuf, et munis seulement de quelques noyaux; dans le reste de la masse, ces globules sont beaucoup plus volumineux et remplis d'un grand nombre de granulations qui leur donnent la couleur jaune. C'est la présence de globules vilellins clairs et à noyaux au centre de l'œuf qui a fait croire à l'existence de la cavité en forme de goulot appelée latcbra par Purkinjc.
PlG. 368. — Œuf d'oiseau, d'après de Baër (*).
Parties AcCEssoiniis. — Elles comprennent : 1" le blanc ou albumen, disposé cii trois couches de densité différente, couches qui ont été déposées autour du jaune à trois époques du trajet de l'œuf à travers l'oviducte; 2° icschalases, espèces de ligaments albumineux, roulés en spirale et rattachant le jaune à la membrane teslacée ; 3" la membrane tcstacée ou coquillière, qui présente vers le pôle obtus un dédonble-
(*1 A, |](Mo nliliis (le Va'.wl; 1), |i(Me nia;ii. — n, (:m|uillc; b, (■Iiainl)re il iiii' Comprise eiili'O deux rciilis rf, rf, île l.i ineiiibiunc tustuci'e ; c, iiieiiilnune tostac.'e ; c, c, f, albumen ..n Mmie : il «st cliiir en c, c, épais eu c, Irés-épnis i n /; .7, >j, lifjnmcnt du jauno on cli,il,ize ; /,, h, junne on vituUns ; i, k, opparunce de eavilé on forme de bouloille ii luii^ginilot; (, vûsic;ulu geiiniiialivu ; m, cicatricule.
liE L'œUF DUS OISliAUX. 975
incnl on doux lames, ciilre lesquelles se trouve : U" la chambre à air, ainsi nommée, (kl gaz qu'elle renferme; 5° la coquille, décomposable en plusieurs couches.
La membrane teslacée ou coquillière est constituée par un tissu fibroïde fortement feutré ; elle doit son opacité à l'air ([u'elle renferme dans les mailles de son tissu.
La coquille est irès-solidc, imprégnée de sels calcaires, et parcourue par un grand nombre de cavités qui viennent s'ouvrir à sa surface. Lorsqu'on l'examine altcnlivement, on remarque qu'elle présente un rellet plus on moins brillant, et dans sa masse un sable assez fin.
Landois, qui a complété les recherches de AVitticb sur l'œuf des oiseaux, distingue plusieurs couches dans la coquille ; du reste, leur nombre peut varier avec les espèces. La coquille, remplissant un rôle purement protecteur, est d'autant plus solide et compliquée, que les œufs .sont plus exposés aux intempéries.
Indépcndannnent de la membrane testacée que Landois rattache à la coquille sous le nom de couche libr.euse, cet auteur reconnaît la couche des glandes utcTines et la couche spongieuse. Celle-là est fortement imprégnée de sels calcaires et parsemée dans sa profondeur d'un grand nombre de petits corps arrondis, qui sont les restes des glandes utérines, et donnent, par leur présence, l'aspect sablé de la coque. Quant à la couche spongieuse^ elle est privée de structure et analogue au mucus solidifié.
Cette description a démontré que l'œuf des oiseaux se distingue par le volume considérable du vilellus et l'adjonction à celui-ci de parties accessoires qui donnent à l'œuf de grandes dimen.sions et une grande solidité. On comprend sans peine ces différences^ quand on songe que l'embryon doit y trouver tous les matériaux de son développement, développement qui s'opère en dehors de la mère. C'est dans le vitellus et l'albumen que le jeune sujet puisera les éléments que le mammifère va chercher dans la muqueuse utérine sur laquelle il se fixe.