DÉVELOPPEMENT DE L'APPAREIL GÉN1T0-UI\1NATIIE
I.e développement des organes génitaux est rapproché de celui des organes urinaires, car les appareils qu'ils forment ont quelques parties communes.
Immédiatement après la formation de l'intestin, les organes génito-urinaires sont supi)léés par les corps de ■NVoliï.
Les corps de Wolff, corps d'Oken, reins primordiaux, sont des organes à structure glandulaire, qui s'étendent en avant de la colonne vertébrale, depuis le cœur jusqu'au bassin. ^Jls .sont constitués par de petits canalicules transversaux, remplis par un liquide blanchâtre, s"aboucliant sur un canal excréteur connnun, parallèle à la colonne vertébrale, ouvert inféricurcment dans la portion de l'ailanloïde qui deviendra la vessie luinairc.
Les corps de "Wolff, placés en arrière du péritoine, sont fixés par deux replis séreux : l'un antérieur, ligament diuphragmatique du corps de Wolff; l'autre postérieur, ligament lombaire du corps de Wolff.
Ces organes fournissent un liquide analogue à l'urine ; mais leur sécrétion subit bientôt de profondes modifications. En eiïet, les corps de Wolff ne tardent pas à s'atrophier et il disparaître plus ou moins rapide(ncnt, suivant les espèces : une partie sert au développement des organes génitaux ; l'autre se déforme et donne naissance à des organes dont la signification est inconnue, tels que l'organe de RoseimUiller, très-développé chez la jument, et les canaux de Gîeriner, visibles dans la vache, la lapine.
A. Organes iii-înaircs. — On a VU plus haut comiucnt l'allantoïde dérivait de la portion terminale de l'intestin, reste à dire ici que la vessie urinairc dérive de l'allantoïde. Ce réservoir est le résultat de la dilatation de la partie aI)dominale de l'allan loïde. l'endant la vie foetale, la vessie s'étend parle canal de ro«rrt5'//e jusqu'à l'anneau oudiilical ; mais, après la naissance, l'ouraque s'oblitère et la vessie se retire dans le fond de la cavité pelvienne. Plus loin, on étudiera le dévelopi)ement du canal de l'nrèthre.
Les reins apparaissent longtemps après le corps de Woliï; ils se montrent sous la forme de deux culs-de-siic creux constitués par un refoulement de la paroi supérieure
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de la petite vésicule de l'allantoïde. Ces petits culs-de-sac se rainideiil et sont remplacés ensiiile par des bourgeons pleins, à l'intérieur desquels se développent les canalicules iirinifèrcs et les corpuscules de Malpiglii. Les reins, d'après certains observateurs, se niellraient plus tard en communication avec les uretères, qui se développeraient isolément dans le feuillet moyen du blastoderme. (Pour plus de détails, voyez livre IV, page 5! S.)
B. Organes gcnitnn^K. — Les orgaues génitaux du mâle et de la femelle présentent, au début de leur développement, les plus grandes analogies. Pendant un certain temps, il est impossible de distinguer les sexes ; aussi quel([ues auteurs proposentils d'appeler celte période de développement, état indifférent des organes génitaux. Plus tard les sexes se dessinent, et cette dernière période du développement peut être étudiée dans les organes génitaux internes et dans les organes externes.
1° Etat indifférent des organes génitaux internes. — Vers la sixième semaine, on voit apparaître sur la face inférieure et près du bord interne des corps de Wolff, un petit cordon blanchâtre qui augmente de volume en conservant à peu près la même position. Ce nouvel organe est la glande génitale, glande fixée au corps de Wolff par des replis séreux, et formée d'une tuasse de jeunes cellules soutenues par une membrane d'enveloppe.
FiG. 367. — Organes urinaires et sexuels d'un embryon de veau, d'après KiiUiker (*)•
Le développement de cette glande est accompagnée de la formation du conduit de Millier ou conduit génital, qui se montre en dedans et en avant du conduit de Wolff. Le conduit de Millier est tout d'abord une colonne cellulaire solide qui se creuse ensuite d'une cavité; il se termine en cul-de-sac à son extrémité supérieure, et s'ouvre, en bas, dans la vessie, au voisinage du conduit de Wolff.
(*) A. Embryun du scxç féminin. — \ , corps du Wolff; 2, conduit de Wolff avec le conduit de Mrtller en dedans de loi ; 3, Hiçauient lombuii'e du coips de Wollf; 4, ovaire avec ses replis poritoiiéanx supérieur et inférieur; 5, rein ; G, eupsule surrénale ; 7, cordon génital formé pnr l'union des conduits de Wolll' et des conduits de MûUer.
I). Embryon plus âfir du sc:ie masculi't ; le testicule est enlevé d gauche. — 1 il 7, idem que pour la fisuro précédiMilu; 8, coniluit de Jlidler; dO, Icslieule ; 11, lipiment inl'érienr du testicule; 12, ligament supérieur du teslioule; 13, li!,'mniMit din)diro£;iiuitii|uo du corps de Wolir;'U, artère ombilicale ; 15, vessie.
C. Kmlirunn du xcxc fcminin. — 10, ligament inférieur de l'ovaire: 18, ouverture ii l'extréniilé supérieure du conduit (le Millier.
DU FOhlTUS. 973
Dcoeluppcmcnt des u)uj(ines (jênitanx internes du mâle, — Ils résiillciit des modilicaiions de la glande génitale et des conduils de Muller. — Le testicule provient de la glande qui se raccourcit et s'élargit un peu, pendant que son tissu se iransforme en canalicules séniinifères. La tête de l'épididyme est formée par la partie moyenne du cor|)s de WollV; la queue de Vépididyine, le canal déférent, le canal éjaculateur dérivcnt du conduit de Wolir. Enfin, les vésicules sérnincdcs et Vorigine de Ihirèthrc sont formées par l'exlrémiié postérieure des conduits de Millier qui s'est confondue et ouverte dans le sinus uro-génital. On appelle ainsi le canal très-court qui fait communiquer la vessie avec le cloaque.
Le testicule développé reste dans la cavité abdominale ou descend dans le trajet inguinal jusque dans les bourses. Le mécanisme de la descente du testicule ayant été expliqué à propos des organes génitaux, il est inutile d'y revenir en ce moment.
Développemênt des organes génitaux internes de la femelle. — Vovaire dérive de la glande génitale dont les éléments anatomiques se disposent de façon à former le slroma, les follicules de Graaf et les ovules. La trompe et son pavillon sont formés par la partie antérieure du conduit de Millier, dont l'extrémité présente un petit orifice linéaire. L'utérus et le vagin proviennent de la partie postérieure des conduits de Millier. Ces conduits s'accolent l'un à l'autre et finissent même par se confondre en arrière pour former un canal simple. La fusion de ces canaux répond au vagin et au corps de l'utérus ; les deux portions divergentes de ces conduits comprises entre le point de fusion et les trompes forment les cornes utérines.
L'utérus et le vagin sont d'abord placés bout à bout sans ligne de démarcation; mais vers le sixième mois le col de l'utérus commence à se dessiner.
2" Ëtat indifférent des organes génitaux externes. — L'intestin se termine par le cloaque^ cavité où viennent s'ouvrir le tube digestif et la vessie par le sinus urogénital. Celte confusion cesse assez vite par le développement d'une cloison transversale qui divise le cloaque en deux parties : Y ouverture anale et V orifice uro-génital. A l'extrémité inférieure de ce dernier orifice apparaît le tubercule génital, rudiment de la verge ou du clitoris, tubercule entouré de replis cutanés, dits replis génitaux. Le tubercule génital augmente de volume et se creuse d'un sillon qui se dirige d'arrière en avant. Jusqu'à ce moment, il est impossible de faire la distinction des sexes.
Développement des organes génitaux externes du mule. — Le sexe masculin se prononce par le développement rapide du tubercule génital, qui devient le pénis et dont l'extrémité se renfle pour constituer le gland. Le sillon génital se ferme en arrière et forme ainsi lé canal de l'urèthre. Les replis se recourbent l'iui vers l'autre au-dessous du pénis, se soudent sur la ligne médiane et donnent naissance aux bourses. Grâce à ces modifications, l'appareil digestif se sépare nettement des organes génito-urinaires, et le canal de l'urèthre se met en relation avec la vessie et les conduits excréteurs du testicule.
Développement des organes génitaux externes de la femelle. — L'état indifférent des organes génitaux donne assez facilement le type féminin. Le sinus uro-génilal forme la cavité vulvaire ou vestibule du vagin, si prononcé chez les brutes. Le tubercule génital devient le clitoris. Le sillon génital se ferme sur un point de son étendue pour constituer le périnée. Les replis génitaux forment les lèvres de la vulve. Quant aux mamelles, dépendances des organes de la génération, elles apparaissent dès le premier mois de la vie utérine.
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