‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 27 sur 262 · ÉPAULE · texte numérisé non relu

ÉPAULE

Chez les solipèdes, cette région' a pour base un seul os, le scapulum ou omoplate.

Omoplate ou Scapulum.

C'est un os plat, triangulaire et asymétrique, prolongé à son bord supérieur par un cartilage flexible, articulé, par en bas, avec l'humérus, appliqué contre le plan latéral du thorax, dans une direction oblique de haut en bas et d'ariière en avant. On y considère deux faces, trois bords et trois angles.

Faces. — La face externe est partagée, par ['épine de l'omoplate ou l'épine acromienne, en deux fosses d'inégale largeur : la fosse sus-épineuse et la fosse sous-épineuse. — L'épine est une crête très-suillanle qui parcourt la surface externe du scapulum dans toute sa longueur; très-élevée dans sa partie moyenne, qui porte un renflement rugueux appelé tubérosité de \'é[)'n\c, elle s'abaisse insensiblement à ses deux extrémités. — La fosse sus-épineuse, la plus étroite, se trouve située au-dessus ou plutôt en avant de l'épine ; elle est régulièrement concave d'un côté à l'autre et parfaitement lisse. — La fosse sous -épineuse, du double plus large que la précédente, occupe toute la surface qui s'étend derrière l'épine. On y remarque : 1° en bas et près du bord postérieur, plusieurs séries de lignes rugueuses à insertions musculaires; 2" près du col, le trou nourricier de l'os et quelques sillons vasculaires.

La face interne est excavéc dans son centre pour former une fosse dite sous-scapulaire, prolongée supérieurement par trois pointes divergentes. La pointe médiane s'étend jusqu'au bord supérieur de l'os, et sépare l'une de l'autre deux surfaces triangulaires rugueuses destinées à des implantations musculaires.

Bords. — Le supérieur est creusé d'un sillon raboteux pour recevoir le bord inféricin- du cartilage de prolongement. Celui-ci, convexe sur son bord supérieur, dépasse, en arrière, l'angle postéi-ioiir de l'os, et s'amincit graduellement en s'éloignant de son point d'attache; on le trouve prescpie toujours ossilié en partie chez les vieux chevaux. — Le bord antérieur, mince et tranchant, est convexe dans ses deux tiers

CHAI'VBAU. — 2- (5(1 il. 0

supérieurs et légèrement concave dans le reste de son étendue, plus épais et légèrement concave.

— Le postérieur csl

Angles. — Vamjle antérieur ou cervical est le plus mince des trois. — L'angle postérieur ou dorsal est épais et lubéreux. — L'angle inférieur ou humerai, le plus . volumineux, est séparé du reste de l'os par un léger rétrécissement qui constitue le col' du scapulum. On y remarque : 1° la cavité glénoïde, surface diarthrodiale ovalaire, , légèrement excavée pour recevoir la tête de l'humérus, échancrée du côté interne, et: portant, sur le pourtour externe du sourcil qui la circonscrit, un petit tubercule d'in- ■ sertion (fig. 38, 6); 2° Vapuphyse coracoïde, située en avant et à une certaine distance de la cavité glénoïde. C'est une forte éininence dans laquelle on doit distinguer deux parties : la base, gros mamelon rugueux, et le sommet, qui ligure une espèce de bec recourbé en dedans.

Structure et développejnent. — Comme tous les os larges, le scapulum csl formé de: deux lames compactes séparées par du tissu spongieux. Celui-ci, Irès-peu abondant vers-

(*) i, tubérositu de l'épine ; 2, fosse snus-épineuso ; 3, fosse sus-épineuse; 4, lioii nouiTicier ; 5,5^5, empreintos ■ linéaires pour l'insertion du court nbductelu' du bras on petit rond ; 6, tubercule servant au niOuie n?age ; 7, npojiliyse coracoide ; 8, angln dnrsnl ; 9, angle cervical j 10, cartilage de iirolnngcmcul.

(") 1, fosse soiis-sciipnlairc ; 2, surfiicc triantçUlairc antérieure ; 3. surface trianifulairc jiostérienre ; i, Imse de l'apo- • physc corncoïdc irtserliou du biceps; 5, bce de l'apophyse cnracoidc insertion du eiinico-Iinnu'rnl.

MEMIUŒS ANTÉRIEURS.

le centre des fosses sus-épineuse et sous-épincusc, où même il manque souvent complètement, se trouve surtout rc'pandu dans les angles. — Le scapulum se développe par deux noyaux d'ossification, dont un pour l'apophyse coracoïde.

BKAS.

Cette région a pour base un seul os : Vhwnérus.

Humérus.

L'humérus est un os long, pair, situé entre le scapulum et les os de l'avant-bras, dans une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière ; il offre à étudier, comme tous les os longs, un corps et deux extrém ités.

Corps. — Le corps de l'humérus semble avoir été tordu sur lui-même, de devant en dehors, par son extrémité supérieure, de dehors en avant par son extrémité opposée ; il est irrégulièrement prismatique et se divise en quatre faces. — La face antérieure, plus large en haut qu'en bas, est pourvue inférieurement et dans sa partie moyenne de quelques empreintes musculaires. — La postérieure, lisse et arrondie d'un côté à l'autre, se confond insensiblement avec les faces voisines. — Vexterne, est creusée d'une large gouttière qui l'occupe tout entière, et qui contourne l'os obliquement de haut en bas et d'arrière en avant ; c'est à elle que l'humérus doit sa torsion apparente : aussi l'appelle-t-on gouttière de torsion de l'humérus.

Cette gouttière est séparée de la face antérieure par un bord saillant, la crête antéieure de la gouttière de torsion, crête qui vient mourir en bas au-dessus de la fossette coronoïdienne, et qui se termine, vers le tiers supérieur de l'os, par l'empreinte ou tubérosité deltoïdienne. Celle-ci est une éminence rugueuse, très-proéminente, aplatie d'avant en arrière, et renversée sur la gouttière de torsion; elle donne naissance, par son extrémité supérieure, à une ligue courbe qui se porte en arrière et va rejoindre la base de la tête articulaire. Près de l'extrémité inférieure, en arrière et en dehors, on remarque la crête postérieure de la gouttière de torsion, qui sépare cette dernière de la face postérieure de l'os. — La face interne du corps de l'humérus, arrondie d'un côté à l'antre, n'est séparée des faces antérieure et postérieure par aucune ligne de démarcation tranchée. Elle offre, vers son milieu, un mamelon déprimé, rugueux, qui reçoit l'insertion des muscles adducteur du bras ou grand rond et grand dorsal. Vers son tiers inférieur, elle présente le trou nourricier de l'os.

Extrémités. — Elles se distinguent en supérieure et en inférieure. Toutes deux sont légèrement recourbées, la première en arrière, la seconde en avant, disposition qui tend à donner à l'humérus la forme d'un S.

V extrémité supérieure, la plus volumineuse, porte Irois grosses énunences : une postérieure, une externe et l'autre interne. — La première constitue la tète de l'humérus : c'est une éminence articulaire

l'iG. 40. — Humérus vu par sa face extcruc (clieval) {*).

line.

très-peu délacliée, arrondie comme un segment de sphère, et répondant à la cavité glénoïde du scapulum, qui est trop petite pour la recevoir tout entière. — L'éniinence externe, nommée trocliiter, grand irochanter, (/rosse /«krosiVc', peut se décomposer en trois parties appelées sommet, convexité al crête àa irochiter. — I/éminence interne, le troc/lin, le petit trochanter, la petite tuhérosité, présente aussi trois parties distinctes qui, par leur position, répondent exactement aux trois régions du trochiter : ce sont autant de facettes musculaires. — Le trochiter et le irochin se trouvent séparés l'un de l'autre, en avant, par une coulisse dite bicipitale, parce qu'elle sert au glissement du tendon supérieur du muscle biceps. Cette coulisse se compose de deux gorges verticales séparées par un relief médian.

li'extrémité inférieure de l'humérus porte une surface articulaire qui répond au radius et au cubitus. Cette surface, allongée transversalement, convexe d'avant en arrière, d'un diamètre plus étendu en dedans qu'en dehors, se compose de deux trochlées séparées l'une de l'autre par un relief antéro-postérieur.

La troc/liée médiane ou interne, la plus profonde, est limitée en dedans par une sorte de condyle volumineux qui répond à la lèvre interne de la trochlée humérale de l'homme. Quant à la troc/liée extetme, elle est bordée en dehors par une lèvre peu saillante qui répond au condyle de l'humérus de l'homme.

Au-dessus et en arrière de cette surface articulaire, existe une fosse large et profonde dite olécrânienne, parce qu'elle loge le bec de l'olécrâne dans les mouvements d'extension de l'avant-bras. Elle est bordée par deux éminences dont l'interne est plus élevée que l'externe. La première représente re/^2Y;-067//ee et la seconde Vépicondyle de l'humérus de l'homme. En avant et au-dessus de la trochlée interne, on voit une autre fosse, moins spacieuse que la précédente, qui reçoit l'apophyse coronoïde, dans la flexion outrée de l'avant-bras, et qu'il serait convenable d'appeler, pour celte raison, fossette coronoïdienne. Enfin, aux extrémités de l'axe transversal de la surface articulaire inférieure, on remarque : en dehors, une excavation à insertions ligamenteuses; en dedans, une petite tuhérosité destinée au même usage (1).

Structure et développement. — L'humérus, comme tous les os longs, n'est spongieux qu'à ses extrémités. Il se développe par six points d'ossification : un qui forme le corps à lui tout seul, un pour la tête et le trochin, un autre pour le trochiter, un quatrième pour la surface articulaire inférieure, un cinquième pour l'épicoiidyhî; et le dernier, enfin, pour l'épitrochlée. Celui-ci manque quelquefois.

FiG. àl. — Humérus vu par sa face antérieure et interne (clieval) (*).

(1) Les surfaces articulaires qui recevaient, en anatomie vétérinaire, les noms de trochlée et de condyle, n'étant plus les mêmes qu'en anatomie humaine, il en résultait une fâcheuse inversion dans la situation des éminences que l'on nomme épitr ochlée et épicondyle. Aussi nous sommesnous attaché à faire disparaître ces dénominations dont le mauvais emploi était une cause d'erreui pour l'anatomie comparative.

(*) 1, empreinte deltoidienne ; 2,2, empreintes pour l'insertion du muscle omo-bracliial ; 3, empreintes musculniret de lo face interne ; 4, trou nourricier ; 5, relief médian de In coulisse bicipitale ; 6, soniniel du trochiter; 7, 8, 9, le* trois parties du troeliin ; 10, trochlée externe; 11, lèvre interne de la trochlée interne : 12. trochlée iuterne.

MEMBRES ANTÉRIiiUllS.

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