‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 50 sur 262 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

L'étude des articulations des oiseaux nous arrêtera quelques instants à peine ; car lous nous bornerons à faire quelques remarques sur les jointures interverlébrables, tloïdo-occipitale et temporo-maxillaire, les seules qui présentent une conformation ont à fait spéciale et digne d'attirer l'attention.

Articulations intervertéby^ales. — La grande mobilité du cou de l'oiseau n'est pas eulement le fait de sa longueur, relativement considérable; elle est encore due au iode particulier d'articulation des vertèbres qui composent cette portion de la tige achidienne. Nous avons pu remarquer, en effet, que ces vertèbres ne s'unissent point atre elles, par leur corps, en formant une série continue d'amphiarthroses, comme ans les animaux mammifères. On trouve à la place de ces articulations mixtes de éritables diarthroses, qu'on peut rapporter au genre créé par Cruveilhier sous le cm à' articulation par emboîtement réciproque, chaque vertèbre se mettant en raport avec les vertèbres adjacentes au moyen de facettes convexes dans un sens, et oncaves dans le sens perpendiculaire au premier. Ces facettes sont recouvertes d'un artilage d'encroûtement bien manifeste; et il nous a semblé qu'au lieu de s'appliquer irectement contre les facettes opposées, lesquelles présentent une conformation préiSément inverse, elles s'en trouvent séparées par un disque fibro-cartilagineux extrêiiement mince, qui rappelle le ménisque interosseux de l'articulation temporoaaxillaire des carnassiers du genre Chat. Deux synoviales assez lâches, séparées par fitte lamelle interarticulaire , complètent la charpente de chaque articulation et favo- (sent le jeu des vertèbres les unes sur les autres. Cette disposition, qui, à notre conaissance du moins, n'a été signalée que chez le cygne, et encore d'une manière 3complète, appartient probablement à la classe des oiseaux tout entière; car nous avons rencontrée jusqu'à présent dans tous les individus qu'il nous a été permis de îumettre à notre examen.

Dans sa portion dorso-lombo-sacrée, le rachis ne forme qu'une seule pièce, par nte de la soudure des vertèbres, et ne présente point à étudier d'articulations projrement dites.

Dans la région coccygienne, la mobilité du rachis reparaît. Mais celte mobilité est , •in d'être aussi prononcée que dans la région cervicale. Aussi les vertèbres du coccyx , unissent-elles par amphiarthrose et non pas par emboîtement réciproque.

188 DES MUSCLES. l

Articulation atloïdo-occipitale. — On sait qu'il n'existe sur l'occipital qu'un seul condyle plus ou moins sphéroïdal, et qu'une caviîé impaire sur la marge antérieure du trou rachidien de l'atlas. L'articulation alloïdo-occipitale est donc une véritablë énarlhrose à mouvements Irès-variés et très-étendus ; disposition qui rend compte dd la facilité avec laquelle l'oiseau fait pivoter sa tête sur l'extrémité supérieure de sa tige cervicale.

Articulation temporo-maxillaire. — Le jeu de cette articulation oiïre ceci de par-i ticulier qu'il provoque, lors de l'écartement des maridibules, non-seulement l'abaisse-l ment de l'inférieure, mais encore l'élévation de la supérieure. Nous avons déjà faii connaître, page 126, les conditions qui rendent possible ce dernier mouvement; maiii il ne reste pas moins difficile à comprendre, parce qu'il n'existe aucune puissanc( active, c'est-à-dire aucun muscle propre à l'effectuer directement. Le mécanisme qui préside à son exécution est cependant des plus simples, et peut être exposé en quelque» j mots seulement : Ainsi, on sait que l'os carré, interposé entre le temporal et li maxillaire à la manière du ménisque interarticul;iire des animaux mammifères, s'unit! en dehors avec l'os jugal, en dedans avec le ptérygoïdien. On sait encore que celui-c s'appuie, au moyen d'une facette diarthrodiale, sur le corps du sphénoïde, et qu'i s'arc-boute contre l'extrémiié postérieure du palatin (voy. fig. 61) ; tandis que le prej mier, c'est-à-dire le zygomatique, va rejoindre directement l'os sus-maxillaire. Oii sait enfin que la mâchoire supérieure est mobile sur le crâne; en raison de la flexibilitj des cartilages ou des lamelles osseuses qui unissent ces deux parties de la tête. Nouij ajouterons que l'os carré reçoit sur son apophyse antérieure un ou deux petits musclej fixés, d'un autre côté, à la base du crâne, et que cet os peut être poussé ou pluttj tiré en avant par la contraction de ces faisceaux musculaires. Or, c'est celte poussée] transmise à la mandibule supérieure par l'intermédiaire de l'os jugal, d'une part, d| ptérygoïdien et du palatin, d'autre part, qui produit justement le mouvement d'élévc tion de cette mandibule. Rien n'est plus facile que d'en avoir la preuve; il suffit prendre une tête d'oiseau débarrassée de toutes les parties molles qui l'entourent, (1 de presser avec les doigts derrière les deux os carrés, pour remplacer l'action de leuiij muscles élévateurs : on voit alors l'extrémité interne du ptérygoïdien glisser sur l[ facette du sphénoïde et pousser devant elle l'os palatin, pendant que le zygomaiiqul agit de la môme manière sur l'os sus-maxillaire; on voit enfin se produire, par l'elTdf de cette poussée postéro-antérieure, le mouvement ascensionnel que nous nous éiiorj chargé d'expliquer.

TROISIEME SECTION

Après l'étude des leviers osseux et de leurs articulations vient la description d<i puissances chargées de les mouvoir, c'est-à-dire celle des muscles, organes fibrei'| jouissant de la propriété de se contracter sous l'action d'un stimulant.

On distingue des muscles lisses et des muscles striés, d'après les caractères de l'élf] ment anatomique qui les constitue.

Les nuiscles lisses sont soustraits à l'influence de la volonté; ils appartiennent aux ii -;iiK\s de la vie végétative. Aussi, les désigne-t-on encore sous les noms de muscles ii/''rieurs ou muscles de la vie organique.

Les muscles striés dillerent des premiers, en ce que, à l'exception du tissu charnu lu cœur, leur pouvoir contractile est immédiatement placé sous l'influence de la vo- «iilé. Ils sont surtout en rapport avec l'exécution des fonctions de relation, ce qui les .lii appeler muscles extérieurs et muscles de la vie animale. Ces muscles s'attachent Il ( sque tous sur le squelette, et représentent les agents actifs du mouvement de la !i ii |)enie osseuse : ce sera donc les seuls dont nous nous occuperons ici, dans celte iiide de Tappareil locomoteur.

Mais avaut d'entamer la description particulière de chacun d'eux, nous exposerons 1 es considérations générales relatives à leur histoire.

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