DES MUSCLES STRIÉS EN GÉNÉRAL
Dans ce premier paragraphe on envisagera, d'une manière générale, le volume, la iituaiion, la forme, la direction, les attaches, les rapports et le nom des muscles de i'appareil locomoteur.
A. Volume. — Rien n'est si variable que le volume respectif des muscles extérieurs. Quelle différence, en effet, entre le scapulo-humôral grêle et le long vaste ou l'ilioipinal; et que de nuances intermédiaires entre ces trois points de comparaison! Il y a Jonc des muscles très-grands, grands, moyens, petits et très-petits.
Quant au poids de la masse totale de ces organes, il varie suivant l'espèce, l'âge, le sexe et l'état de santé; mais, en prenant une moyenne générale, on trouve qu'il représente près de la moitié du poids total du corps.
B. Situation. — Nous n'avons pas besoin d'insister beaucoup pour faire comoreiidre que la connaissance de la situation des muscles est une des premières notions I acquérir sur la disposition de ces organes.
Elle peut, comme celle des os, être envisagée de deux manières :
1" Par rapport au pAan médian du corps, d'où la division des muscles en pairs et
impairs. Ces derniers, fort peu nombreux, sont loin d'offrir la symétrie qui existe dans
tes os de même sorte, témoin le diaphragme. 2° Pur rapport à d'autres organes, comme les os et les muscles environnants.
C. Forme. — Sous le rapport de leur forme absolue, les muscles se divisent, ainsi que les os, eu longs, larges et courts.
Muscles longs. — Ces muscles se rencontrent surtout dans les membres. Pourvus :i'un axe principal auquel on peut rapporter l'effet de leur contraction, ils présentent Kinc partie moyenne ordinairement renflée, et deux extrémités d'inégale grosseur : la fplus volumineuse, toujours tournée en haut, est désignée métaphoriquement sous le fiom de tète, l'autre porte celui de queue. Ils sont le plus souvent fusifonnes, quelque- '<iis ioniques, rarement cijUndriques, prismatiques ou aplatis en minces bandelettes.
11 est une espèce particulière de muscles longs qui n'a aucune analogie que l'appaii'ence extérieure avec celle des mascles des membres. Ce sont ceux couchés au-dessous
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et surloul au-dessus de l'épine. Quoique simples au premier coup d'œii, ces muscles présentent autant de faisceaux distincts qu'il y a de vertèbres. Le transversairej épineux, etc., représente bien un faisceau allongé comme le couturier, etc., mais lai structure de ce faisceau n'a rien de commun avec celle de ce dernier muscle : c'es* une suite de petits faisceaux, qui ont chacun leur origine et leur terminaison distinctes^ et qui ne paraissent confondus en un seul muscle que parce qu'ils soul juxtaposés. « (BlGHAT, Analomie générale.)
Muscles larges. — Les muscles larges, c'est-à-dire ceux qui ont deux axes principaux, s'étalent sous la peau, ou autour des grandes cavités du tronc, qu'ils concoureni à fermer et à séparer l'une de l'autre. Il en est d'elliptiques, de quadrilatères, de triant gulaires, de trapézoïdes, etc.
Muscles courts. — On les trouve principalement autour des os courts, ou à la périphérie des articulations qui sout cachées profondément sous d'énormes masses muscui laires. Quoique leur nom indique que leurs trois axes offrent à peu près les mêmes di ; mensions, il s'en trouve presque toujours un et même deux qui prédominent. On peut donc les assimiler, sous ce rapport, soit aux muscles longs, soit aux muscles larges.
B. Direction. — M. Cruveilhier fait remarquer avec raison que la direction d'au muscle est un des points les plus importants de son histoire; car elle permet de déten miner l'angle d'incidence du muscle sur son bras de levier, la puissance de son action et la nature de ses usages.
On observe, au sujet de la direction des muscles : 1" la forme de leur axe principal 2° le rapport de cet axe avec le fil à plomb; 3° sa comparaison avec l'axe des levier osseux que les muscles entourent ou qu'ils sont chargés de mouvoir.
a. Un muscle est appelé rectiligne, quand son axe principal est droit ; il est dit cur viligne ou circulaire, si cet axe décrit une courbe plus ou moins marquée ; il devieii infléchi, lorsqu'il se porte d'abord dans un sens, et qu'il se contourne ensuite sur uni poulie osseuse ou cartilagineuse pour changer de direction, c'est-à-dire quand son ax: principal est brisé en plusieurs lignes. Si le muscle olfre deux axes, il sera ou plat ot concave, ses axes pouvant être l'un et l'autre ou droits ou curvilignes."
b. Quand on rapporte la direction des muscles à celle du fil à plomb, elle est ou uen ticale, ou horizontale ou oblique, expressions qui portent en elles-mêmes leur définii tion, et dont nous n'avons pas besoin de faire connaître le sens.
c. Si l'on compare la direction dos muscles à celle des leviers osseux qu'ils entourer et qu'ils meuvent, on reconnaît qu'ils peuvent être parallèles à ces leviers ou forme avec eux des angles plus ou moins ouverts. La direction propre des os étant une foi connue, il suffit d'indiquer celle des muscles, pour établir nettement cette comparaisoii Ainsi, eu disant que les muscles de l'épaule sont, pour la plupart, obliques de haut e bas et d'arrière en avant, on enseigne que ces muscles sont parallèles au scapuluni, i que leur incidence sur l'humérus a lieu à angle droit.
E. Attaches ou insertions. — C'est, sans contredit, la partie la plus essentiel' de l'étude des muscles ; car, avec la connaissance de leurs insertions, on détermine lev étendue, leur direction, leurs rapports mêmes et leurs usages.
On désigne, sous le nom d'attache ou insertion fixe, ou encore d'origine, le poiii du muscle qui reste le plus habituellement fixe pendant que cet organe se .raccourcili on appelle attache ou insertion mobile, ou encore terminaison, celui qui répond a levier déplacé par la contraction musculaire. On rencontre souvent des muscles dont li deux insertions sont alternativement ou fixes ou mobiles; on évitera, dans ce cas, ( désigner ces insertions par l'une ou l'autre épilhèie.
L'insertion fixe est souvent confondue avec celles d'autres muscles; l'insertion jbiie est généralement libre et indépendante.
Les muscles s'altacheiit quelquefois directement sur les os par les extrémités de us libres charnues ; mais, le plus souvent, ils se fixent sur ces leviers inertes par Ue'i inédiaire d'un tendon ou d'une aponévrose dont le volume est moins considéblc (pie celui des fibres charnues. Sans cette dernière disposition, la surface du iiek'tle n'aurait pas été sulïisamment étendue pour donner insertion à tous les jsclos extérieurs.
C'est par une sorte de fusion entre la fibre charnue ou tendineuse et le périoste :e s'établit l'union des muscles avec les leviers osseux.
F. Rapports. — L'indication des rapports des muscles complète l'idée de leur uation et se trouve d'une grande importance au point de vue chirurgical. On aura ne soin de les étudier avec toute la précision possible.
Les muscles entretiennent des rapports, soit avec la peau, soit avec les os, soit avec lutres muscles, soit avec les vaisseaux et les nerfs.
a. Il n'y a, à proprement parler, que les peauciers qui soient en contact immédiat ec la peau, comme le pannicule charnu et les muscles de la face. Les autres s'en )uvent séparés par les fascia aponévrotiques que nous décrirons comme annexes du itème nmsculaire.
L Les muscles superficiels ne répondent aux os que par leurs extrémités. Ceux isont situés profondément sont immédiatement aj^pliqués par leur corps contre les 3ces du squelette.
c. Les muscles se mettent en rapport entre eux d'une manière plus ou moins lime. Tantôt ils adhèrent fortement les uns aux autres, tantôt ils se trouvent lés par des interstices qui sont remplis de graisse et de tissu cellulaire^ et parcourus iiéralenient par des vaisseaux et des nerfs.
d. Les connexions des muscles avec ces derniers organes prennent quelquefois un ractère remarquable : c'est quand l'un d'eux accompagne comme un satellile des mes vasculaires et nerveux cachés sous sa face profonde. Il y a dans cette circonnce un fait important d'anatomie chirurgicale.
G. NoMENCLATURt;. — Avant Sylvius, les muscles n'avaient point reçu de noms •ticuliers. On les distinguait depuis Galien par lesépithètes numériques de /»remze?^, ixième, troisième, indiquant leur place et leur ordre de superposition dans les çioiis auxquelles ils appartiennent. C'est ainsi qu'ils sont désignés dans l'ouvrage iien de Ruini sur l'anatomie du cheval.
Sylvius, le premier, imposa des noms véritables aux muscles; et, son exemple étant vi par les anthropotomistes qui vinrent après lui, la nomenclature de ces organes bientôt coniplète. Du reste, aucune vue d'ensemble, aucun sentiment méthodique guidé dans leur travail Sylvius et ses successeurs : c'est tantôt à leur forme que muscles empruntent leur nom, tantôt à leur direction, à leur position, à leurs îges, etc. Bourgelat appliqua cette nomenclature au cheval, eu la modifiant dans uiconp de points.
iChaussier, frapi)é des imperfections de la nomeiiclature introduite dans la science ■ Sylvius, a cherché à lui en substituer une autre beaucoup plus philosophique, laque muscle reçut de cet analomiste un nom formé de deux mots rappelant les 'Ttions (le l'organe. Girard importa cette idée ingénieuse en analomie vétérinaire ,<it'pendanl, malgré ses avantages, celle nouvelle nomenclature n'a pu prévaloir sur iicienne, parce qu'elle cesse d'être vraie quand on rappliqu(! à l'anatomie comparée,
les mêmes muscles n'ayant pas les mêmes insertions dans toutes les espèces (Ti Nous suivrons dans cet ouvrage la nomenclature de Bourgelat à laquelle nous feroi t subir quelques changements. Riais connue les noms de Girard sont, à nos yeux, d'ii utile secours pour les élèves, nous aurons soin de les donner dans la synonymie.