PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DES MUSCLE8 STRIÉS
I Dans ce paragraphe, il ne .sera question que du développement des muscles, de la i'iUractilité musculaire et des usages des muscles dans l'appareil locomoteur.
DES MUSCLliS.
A. Dkveloppement des muscles. — Un rnusclc dérive d'un amas de cellules em-i bryonnniics. Chaque cellule s'allonge considérablement, en même temps que son! noyau se multiplie, pour constituer une libre musculaire. La membrane de cellule., énormément développée forme le sarcolemme; ((uant au contenu de la cellule, il de-.; vient plus dense, se divise longitudinaiement et donne naissance aux fibrilles contrac-ç liles. Enfin, lorsque les muscles sont formés, ils s'accroissent par l'augmentation eirî largeur et en épaisseur des faisceaux primitifs ou libres musculaires. '|
B. CONTRACTtLiTÉ MUSCULAIRE. — C'est la propriété que possèdent les muscles dé se raccourcir sous l'influence d'un excitant naturel ou artificiel. La contraction muscu-, laire est le phénomène qui résulte de la mise en jeu de cette propriété. Les muscles en état de contraction sont le siège de phénomènes physiques et chimiques. C'est ainsi qu'ils changent de forme et de consistance et deviennent le théâtre d'une productior relativement abondante d'acide carbonique^ de créatinine et d'acide inosique. On ; remarqué que pendant la contraction, les fibres musculaires se raccourcissaient en aug. mentant de volume, comme un tube de caoutchouc que l'on abandonnerait à lui-mênK après l'avoir étiré ; on n'observe pas le plissement en zigzag indiqué autrefois pa iMM. Prévost et Dumas.
Mais ces modificaiions physiques et chimiques, tout importantes qu'elles soient aii{ point de vue physiologique, ne doivent pas nous arrêter plus longtemps. Il impori surtout de parler du raccourcissement des muscles.
Un muscle qui se contracte se raccourcit; ses deux extrémités se rapprochent s elles sont libres, ou bien l'une d'elles se rapproche de l'autre, si cette dernière est fixé' à un point immobile. Si les extrémités d'un muscle sont attachées sur deux leviers ra^ biles, on comprend que sa contraction entraînera le déplacement de l'un d'entre eux de là, production d'un mouvement.
L'étendue du raccourcissement d'un muscle varie suivant qu'il est entièrement libi ou qu'il a une résistance à vaincre. On fixe sa limite moyenne au quart environ de longueur des fibres musculaires. D'après cela, on conçoit que le mouvement engend par la contraction un muscle sera d'autant plus grand que ses fibres seront plii longues. Du 'v-ste, dans cette appréciation, il faut tenir compte de la densité et d l'énergie de la fibre, ainsi que de l'intensité du stimulant de la contractilité.
Comme chaque fibre représente une force indé[)endante dans son action, il c résulte que l'on peut juger de la puissance d'un muscle par le nombre de ses fibre ou autrement dit, par son volume.
Les muscles sont souvent aidés, dans leur action, par des conditions mécanique telles que les dispositions des leviers sur lesquels ils agissent, la direction des fibnj musculaires par rapport à ces leviers; et, enfin, par la présence de lamelles 0U( cordes élastiques.
C. Usages des muscles. — Il y a des muscles fléc/iissews, extenseurs, abdé teurs, adducteurs, rotateurs, etc. , c'est-à-dire pour tous les mouvements dont . articulations sont le centre.
Pour déterminer le rôle ou les usages des muscles, il suffit de connaître leurs insi tions et le mode d'articulation des os qui fournissent ces insertions.
Le résultat de la contraction des muscles étant iniluencé par la forme de leur a principal, la longueur et la direction de leurs leviers, il convient d'examiner ces de*' points en peu de mots : '
1» Les muscles reclilignes ont pour effet immédiat le rapprochement des piè osseuses sur lesquelles ils s'attachent. Ce raj)prochement est ordinairement amené |
i le déplacement d'mi seul rayon, celui qui reçoit l'insertion mobile. Quelquefois, ce-
ptMulanl, les deux rayons se meuvent en mùme temps, ou bien, encore, ils sont l'un et
l'autre aiternalivement fixes et mobiles. Le premier résultat produit par un muscle curuilignc, c'est le redressement de ses
libres composantes; aprî?s quoi il peut agir sur les leviers osseux, comme les muscles : rectiiigncs, s'il n'a pas épuisé tout son pouvoir contractile. Lorsque le muscle est tout
;i fait rircidairc, il n'a d'autre action que de resserrer l'ouverture qu'il circonscrit. Quant aux muscles infléchis, on ne peut calculer leur action qu'à partir de leur
point de réflexion; ils fonctionnent comme si ce point représentait leur origine ou leur
insertion fixe.
2 ' Les puissances musculaires sont soumises aux lois statiques et dynamiques qui r!j,issent la théorie des leviers; car les rayons osseux ne sont autre chose que des iiviers mus par les muscles.
On retrouve dans l'appareil locomoteur les trois formes de leviers admises par les ^)hysiciens. Ainsi, la tête, étendue par le grand complexus, représente un levier interfixe ou du premier genre; le pied, étendu par les jumeaux de la jambe, ofl're un exemple de levier intevrésistant ou du second genre, quand le pied reste posé sur ie sol; enfin, la mâchoire inférieure élevée vers la supérieure par le muscle masséler, forme un levier interpuissant ou du troisième genre.
Il est digne de remarque que le bras de la résistance, dans les leviers osseux, est [toujours extrêmement long, circonstance qui favorise la vitesse et l'étendue du mouvement aux dépens de la force.
D'un autre côté, les muscles sont rarement perpendiculaires à leur bras de levier, du moins au commencement de leur action, seconde circonstance qui diminue encore ileur énergie.