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RÉGION SOUS-LOMBAIRE OU LOMBAIRE INFÉRIEDRE

Les muscles de cette région sont situés profondément à la face inférieure des vertèbres lombaires et de l'ilium, concourent à former le plafond de la cavité abdomihale, et se trouvent en rapport plus ou moins direct avec les viscères contenus dans cette cavité. Ils sont pairs et au nombre de neuf. Trois d'entre eux, qui ont reçu le riom générique de psoas , présentent un gros volume et sont maintenus par une forte iponévrose, le fascia iliaca; on les distingue en grand psoas, psoas iliaque et petit man. Un quatrième s'appelle carré des lombes. Les cinq autres, placés entre les ipopliyscs transverses des vertèbres lombaires, représentent par rapport à ces espèces le côtes fixes de véritables muscles intercostaux ; ce sont les intertransversaii^es des iombes.

I Prépnrutinn. — 1° Placer le sujet en première position ; ouvrir la cavité abdominale en abattant empiétement ses parois inférieures; vider cette cavité des viscères qu'elle contient et procéder à ■excision du diaphragme, lequel empêcherait de voir l'extrémité antérieure du grand et du petit soas. 2" Étudier en premier lieu le fascia iliaca, sa forme, ses rapports avec le long adducteur de * jambe, ses attaches, sa continuité avec le tendon du petit psoas et le feuillet rélléclii de l'aponôifose du grand oblique de l'abdomen. 3° Mettre à découvert les trois psoas en enlevant le fascia liaca, les deux adducteurs de la jambe et les trois adducteurs de la cuisse, à" Enlever les psoas ûur préparer le carré lombaire et les intertransversaires.

1" Fascia iliaca ou aponévrose lombo-iliaque (fig. 95, A).

C'est une lame fibreuse très-résistaute qui recouvre le grand psoas et le psoas iaque. Attachée, on dedaus^ sur le tendon du petit psoas, en dehors, sur l'angle et le ord externe de l'ilium, cette aponévrose, en se prolongeant en avant sur le grand soas, dégénère en tissu conjonclif. En arrière, elle s'amincit également pour accomagncr les deux muscles qu'elle recouvre jusque auprès de leur insertion au trochan- 1. Sa face externe ou inférieure reçoit en arrière l'inserlion de l'arcade crurale, et ùnne attache au long adducteur de la jambe ; dans le reste de son étendue, elle se •Ouve tapissée par le péritoine.

CBAUVEAU. — 2* édil.

20 Grand psoiis (fig. 95, 1).

Synonymie : Psoas (Bourg.). — Sous-lombo-troohantinien (Gir.).

Forme. Situation. — Long muscle aplali de dessus en dessous à son exlrémi antérieure, prisnïatique dans son milieu, terminé en cône à son extrémité postérieur appliqué sous les apophyses transverses des vertèbres lombaires.

Structure. — Ce muscle, presque entièrement charnu, est formé de faisceai d'une texture fort délicate, dirigés en arrière et d'autant plus longs qu'ils sont pl superficiels et plus internes. Ils viennent tous converger sur un tendon qui est env loppé par le muscle iliaque et qui se confond avec lui.

Attaches. — Le grand psoas s'attache : 1" par l'extrémité antérieure de ses fai ceaux charnus, sur le corps des deux dernières vertèbres dorsales et de toutes 1

Fig. 95. — Muscles des régions sous-lombaire, rotuliennc et crurale interne (*).

vertèbres lombaires, moins la dernière, et à la face inférieure des deux dernières ce et des apophyses transverses des vertèbres lombaires ; 2" par son tendon postérie au trochantin, en commun avec le psoas iliaque.

(*) grand psoas; 1', son tendon terminal; 2, petit psoas; 3, psoas iliaque; i, sa petite portion interne ; 6, ' an fascia lata; 6, droit antérieur de la cuisse ; 7, vaste interne; 8, long adducteur de la jandii-; 9, court adducU la jambe; 11, pectine; 12, grand adduct^'ur de la cuisse ; 12', petit adducleiu- de la cuisse; 13, ileuii-niembr ii, demi-tendineux.— .1, nortinn du fascia iliaca.-'B, portion du feuillet rtlléclii de l'apoiu'vrose du grand obU l'abdomen, formant l'arcane crurale. — C, tendon pubien des muscles abdominaux. — D, Origine du^ligament" fémoral. ^ i

Rapports. — En bas, avec la plèvre, le bord supérieur du diaphragme, l'aponévrose lombo-iliaqiie, qui le sépare du péritoine et des viscères abdominaux silués à la région sous-lombaire; en haut, avec les deux derniers intercostaux internes, le carré des lombes et les intertransversaires; en dedans, avec le petit psoas et la branche interne du psoas iliaque; en dehors, dans son tiers postérieur, avec la branche principale de ce dernier muscle.

Csages. — Fléchisseur et rotateur en dehors de la cuisse, quand son point fixe est aux lombes, ce muscle fléchit la région lombaire, quand il prend son appui sur la cuisse. C'est donc une des puissances qui dôlerminent la voussure des reins et qui agissent, dans le cabre exagéré, pour ramener l'animal à la station quadrupède.

3° Psoas iliaque (fig. 95, 3, 4).

Synonymie : Iliaco-trocLaiitinien (Gir.^.

Forme. Situation. Direction. — C'est un très-fort muscle, épais et prismatique, incomplètement divisé par le sillon qui reçoit le tendon du grand psoas en deux portions inégales: l'une externe, considérable; l'autre interne, peu volumineuse. Ces deux portions musculeuses sont couchées à l'entrée du bassin sur la face interne de l'ilium, dans une direction oblique de haut en bas, d'avant en arrière et de dehors en i dedans.

Structure. — Il est presque entièrement charnu. Les faisceaux qui le forment sont étalés en avant, et se rassemblent en arrière, où ils deviennent légèrement fibreux, sur le tendon du grand psoas.

Attaches. — Il prend son insertion fixe sur toute la surface iliaque, sur l'angle externe de l'ilium, le ligament sacro-iliaque et la crête iléo-pectinée. —Il opère son insertion mobile au trochaniin, en commun avec le grand psoas.

Rapports. — En haut, avec l'ilium; en bas, avec le fascia iliaca et le muscle long adducteur delà jambe ou couturier; en dehors, avec le muscle du fascia lata et l'origine du droit antérieur de la cuisse, dont il est séparé par un interstice rempli de igraisse; en dedans, avec les vaisseaux cruraux. Il s'insinue pour gagner le trochaniin lentre le vaste interne et le peciiné.

Usages. — Il est fléchisseur de la cuisse, et rotateur en dehors de ce même irayon.

ti° Petit psoas (fig. 95, 2).

Synonymie : Psoas des Inmliea (Uourg.). — Sous-loinbo-imbicn, ou mieux sous-loiubo-iliul, d'upi'és Gir.

Situation. Forme. Stimcture. — Placé au côté interne du grand psoas , trèsallongé et semi-penné, ce muscle est terminé en arrière par un tendon aplati , et se Eompose de faisceaux charnus d'autant plus longs qu'ils sont plus antérieurs. Ces aisceaux se dirigent tous en arrière et en dehors pour gagner le tendon.

Attaches. — 1° Sur le corps des trois ou quatre dernières vertèbres dorsales et de loutes les vertèbres lombaires, par rcxlrémitô antérieure de ses fibres charnues; — '2° sur l'éminence iléo-pectinée et sur l'aponévrose lombo-iliaque, par l'extrémité postérieure de son tendon.

Rapports. ~ Par sa face inférieure, avec In plèvre, le bord supérieur du diaphragme, l'aorte ou la veine cave postérieure, et le nerf grand syn)palhique; par sa face supérieure, avec le grand psoas. Il est traversé, près de ses insertions vertébrales, par 'le nombreuses branches vasculaires et nerveuses.

Usages. — Il llécliil le bassin sur le rachis quand son point fixe est aux lombes. S'il prend son appui sur le bassin, il opère la voussure et l'inclinaison latérale de I, région lombaire. C'est, de plus, le muscle tenseur de l'aponévrose lombo-iliaque. ;^j>

5° Carré des lombes (fig. 96, 2).

Synonymie : Sacro-costal (Gir.).

Situation. Foi^me. Structure. Attaches. — Ce muscle^ compris entre les apo^

physes transverses de la] région lombaire et le grand psoas, est allongé d'avant en;

arrière, aplati de dessus en dessous e'

divisé en plusieurs faisceaux fortemen

tendineux. Le faisceau principal, situ'

tout à fait en dehors, prend sou ori-i

gine sur le ligament sacro-iliaque, prè

de l'angle du sacrum, et s'étend direc

teraent en avant pour gagner le bor

postérieur de la dernière côte, apr'

s'être attaché, par sa face supérieure

sur le sommet des apophyses transvers

des vertèbres des lombes. Les autre

faisceaux sont d'autant plus longs qu'il

sont plus antérieurs; ils partent dd

bord interne du premier, et se dirigen

obliquement en avant et en dedans

pour se fixer sur les apophyses trans

verses de la plupart des vertèbres lom-

baires et sur la face interne des deu

FiG, 96. — Muscles profonds de la région . , ..

sous-lombaire (*). dernières cotes.

Rapports. — Par sa face supérieure

avec les iniertransversaires, avec le petit muscle rétracteur de la dernière côte, et li

fascia fibreux qui unit ce muscle au petit oblique de l'abdomen. Par sa face inférieure

avec le grand psoas.

Usages. — Il tire les côtes en arrière, et incline de côté la portion lombaire d rachis.

6° Iniertransversaires des lombes (fig. 96, 2, 2).

Ce sont de Irès-peiits muscles aplatis qui remplissent les intervalles compris entr les apophyses transverses des vertèbres lombaires. Les fibres charnues qui entredans leur composition sont mêlées à des fibres tendineuses, et se portent du bpr antérieur d'une apophyse transverse au bord postérieur de l'autre.

Ces muscles répondent, par leur face supérieure, à l'ilio-spinal ; par leur face iafé rieure, au carré lombaire, ainsi qu'au grand psoas. Ils opèrent en se contractam l'inclinaison latérale de la région des lombes.

CARACTÈRES DIFFÉRENTIELS DES MUSCLES DE LA RÉGION SOUS-LOMBAIRE OU LOMBAIRE 1NFÉRIE0 DANS LES ANIMAUX AUTRES QUE LES SOLIPÈDES. ^

Dans les iSumlMants et le Porc, les muscles de celle région se rapprochent telle

(*) 1, carré lômbnire ; 2, 2, intertransversaircs; 3, petit muscle rétrnrteiir de In dernière cote (drjiendancc du pel oblique tic l'abdomen).

MUSCLES DU TUONC. 229

iiiclU de ceux des solipèdes, qu'une description spéciale serait tout h fait inutile.

Chez le Cliien, le ,/rcmd pioas est peu développé cl ne commence (|u'au niveau de la troisième ou même de la quatrième vertèbre lombaire; le psuas iliaque est trèsfaible, surtout dans sa portion externe ; il est, du reste, peu distinct du grand psoas, avec lequel il ne forme, pour ainsi dire, qu'un seul et même muscle; le petit psofls est relativement plus considérable que le grand; il ne se prolonge pas dans la cavité pectorale, et il se confond à son extrémité antérieure avec le carré lombaire; enfin, le carré des lombes est plus long et plus fort que dans tous les autres animaux.

COMPARAISON DES MUSCLES SOUS-LOMBAIRES DE L'HOMME AVEC CEUX DES ANIMAUX.

En anatomie humaine, on décrit, sous le nom de psoas et iliaque, le grand psoas ■et le psoas iliaque des animaux. Le gratid psoas de l'homme se distingue de celui Ides solipèdes, par ses insertions supérieures qui ne dépassent pas la dernière vertèbre i dorsale.

Le petit psoas manque souvent ; quand il existe, il s'attache, en haut, sur le corps ride la douzième vertèbre dorsale, en bas sur la crête iléo-pectinée.

Les intertransversaires ont été étudiés parmi les muscles du dos. Quant au carré ides lombes, rangé par les anthropotomistes dans les muscles de l'abdomen, il se divise \ assez nettement en trois séries de faisceaux : des faisceaux iléo-costaux, qui vont du :bord supérieur de l'ilium à la douzième côte; des faisceaux lombo-costaux , qui vont Ides apophyses transverses des trois ou quatre dernières vertèbres lombaires à la douzième côte, et des faisceaux z7eo-/om6f«V'es, qui vont delà crête iliaque à la face |i postérieure des apophyses transverses de toutes les vertèbres lombaires.

RÉGION COCCYGIENNE.

Cette région se compose de quatre muscles pairs préposés aux mouvements de la 1 queue : trois, xiomvaés sacro-coccygiens, sont disposés longitudinalement autour des î vertèbres coccygiennes, qu'ils enveloppent complètement; le quatrième a reçu le nom d' isch io-coccrjgien .

1° Sacro-coccygiens (fig. 116,1, 2, 3).

Ces trois muscles sont renfermés, avec ceux du côté opposé, dans une gaîne aponévrotique commune qui se continue avec ks ligaments ilio-sacré inférieur et sacrosciatique. Ils commencent sur le sacrum, se dirigent en arrière parallèlement au coccyx, en diaiinuant graduellement d'épaisseur, et se décomposent en plusieurs faisceaux successifs, terminés par de petits tendons qui s'arrêtent sur chacun des os ■roccygiens. On distingue ces muscles, eu égard à leur [position, en sacro-coccygicn supérieur, sacro-cnccygien inférieur ci sncro-coccygien latéral.

A. Sacro-coccygien supérieur. — Les faisceaux qui forment ce muscle prennent leur insertion fixe, soit sur le .sommet et sur le côté des trois ou quatre dernières apophyses de l'épine sus-sacrée, soit sur les vertèbres coccygiennes elles-mêmes. Les tendons par lesquels ces faisceaux opèrent leur insertion mobile sur ces mêmes vertèbres sont toujours fort courts.

Ce muscle, recouvert par l'aponévrose coccygienne, recouvre les vertèbres qu il est destiné à mouvoir. Il répond : en dedans, au muscle analogue du côté opposé; en

^•iO DES MUSCLliS.

dehors, au sacro-coccygien laléral, cl, près de son exirémilé anléricure, à un très-, fort feuillet aponévroiique qui le sépare du transversaire épineux.

11 élève la queue directement ou de côté, suivant qu'il agit seul ou de concert avect le muscle du côté opposé. '

B. Sacro-coccygii-n inférieur. — Ce muscle est plus épais que le précédent.. Ses faisceaux consliluanis prennent leur origine sur la face inférieure du sacrum; i à partir de la troisième vertèbre, sur la face interne du ligament sacro-sciaiique et' sur les os coccygiens. Il se dédouble assez facilement en deux portions parallèles,! placées l'une à côté de l'autre, dont Bourgelat a fait deux muscles particuliers. Les; faisceaux de la portion interne s'insèrent, par leur extrémité postérieure, sur lafacei inférieure des premières vertèbres du coccyx. Ceux de la portion externe sont tousi pourvus de forts tendons superficiels destinés à presque tous les os de la queue.

Ce muscle répond : en dehors, au ligament ischialique, à l'ischio-coccygien et à l'a'ponévrose coccygienne; en dedans, au muscle du côté opposé et à l'attache coccygienne du rectum; en haut, au sacrum, aux os de la queue et au muscle latéral; en bas, au rectum et à l'aponévrose coccygienne.

Il abaisse la queue directement ou de côté,

C. Sacro-coccygien latéral. — Ce muscle peut être considéré comme Id transversaire épineux de la région coccygienne. Il est, en effet, confondu avec lë transversaire épineux du dos et des lombes, par son extrémité antérieure, et il senibld le continuer jusqu'à l'extrémité inférieure de la queue.

Les faisceaux qui le composent prennent leur origine sur les apophyses épineuses des dernières vertèbres lombaires, par l'intermédiaire du transversaire épineux, ek sur les os coccygiens. Les tendons terminaux de ces faisceaux sont profonds et pce marqués.

Il répond : en dehors, à l'exlrémilé postérieure de l'ilio-spinal, au ligament ilio< sacré inférieur, à l'aponévrose coccygienne ; en dedans, au transversaire épineux e< aux vertèbres du coccyx ; en haut, au muscle supérieur; en bas, au muscle inférieur dont il est cependant séparé par plusieurs petits faisceaux musculeux indépendants qui se portent d'une vertèbre coccygienne à l'autre.

Il opère l'inclinaison latérale de la queue.

2° Ischio-coccygien (fig-. llGj li), '

Petit muscle mince, large et triangulaire, situé contre la paroi latérale du bassin, , la face interne du ligament sacro-sciatique.

11 s'attache, par une aponévrose, sur ce ligament et sur la crête ischialique; puis i se dirige en haut pour se fixer, par ses fibres charnues, sur le côté de la dernièr' vertèbre sacrée et des deux premiers os coccygiens.

En rapport, on dehors, avec le ligament sacro-sciatique, il répond, en dedans, au sacro-coccygien latéral et au rectum.

Il abaisse en masse l'appendice caudal.

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