‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 59 sur 262 · RÉGION DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

RÉGION DE LA TÊTE

La tête comprend un grand nombre de muscles, parmi lesquels nous décrire» seulement ceux qui recouvrent les os de la face et ceux qui meuvent la màchoiri inférieure et l'hyoïde. Les autres seront étudiés avec les appareils auxquels ils a|)paR tiennent.

MUSCLES nu TUONG.

A. Région faciale ou du chanfrein.

Cette région comprend les muscles de la ifite qui font partie, de la cliarpentc des èvros, des joues et des naseaux, c'est-à-dire tous ceux qui sont groupés autour de a l'ace proprement dite. Les auteurs sont loin d'être d'accord sur la nomenclature et la description de ces muscles. Girard en reconnaissait onze, auxquels il a donné es noms suivants : le labial, Valvéolo-labiul, le zyyomato-labial, le lacrymo-labial, e sus-naso-labial , le sus-maxillo-labial , le grand siis-maxillo-nasal , le petit susmu illo-7iasal, le naso-transversal, le maxillo-labial et le mento-labial. A ces onze fuselés, dont trois, le labial, le naso-transversal et le mento-labial, sont impairs, mous en ajouterons deux autres décrits par Bourgelat sous les noms de mitoyen anfé- ••iew et de mitoyen postérieur, muscles que Girard considérait à tort comme appartenant au labial.

1° Labial ou orbiculaire des lèvres (fig. 97, 1, 1).

Préparation. — Enlever avec les ciseaux la peau qui recouvre les deux portions de ce muscle; ijuis abattre les lèvres pour découvrir sa face interne, en excisant la muqueuse buccale et les glandules sous-jacentes à cette membrane,

L'orbiculaire, disposé en sphincter au pourtour de l'ouverture antérieure de la Douche, est regardé comme le muscle intrinsèque des lèvres, et se trouve formé de ieux portions ou faisceaux, l'un pour la lèvre supérieure, l'autre pour l'inférieure.

Fig. 97. — Muscles superficiels de la tête du cheval (*).

Réunies entre elles vers les commissures, et confondues avec le plan superficiel de l 'alvéolo-labial, qu'elles semblent continuer, ces deux portions musculeuses reçoivent ; encore une grande partie dos fibres qui appartiennent à la plupart des muscles extrinsèques, comme le sus-naso-labial et le grand sus-maxillo-nasal.

du miisclp nrliiciiliiin' (l«;s |inii|iii'Te» ; 20, 20, m-l)i'Mdnin: dus jmnpiùrns ; 21, mnssi'tcM-. ■ s __n oriffine

l'i pointfi postérieure de l'extrémité supérieure n été enlevée, ]<n<\v montrer le cervieo-nnricnliiire ' *

lu canal d« Stéuon. — C, termiaaisou de ce conduit. — D, vciue mnxillaire externe, — E, veine juguiiur».

L'olbiculaire ne prend aucune attache sur les os qui l'avoisiiicni, ses fibres composantes affectant la forme circulaire, et n'ayant, en conséquence, ni commencement ni fin, ou bien se continuant avec d'autres fibres.

La face interne du faisceau supérieur répond à une couche de glandules salivaires qui la sépare en partie de hi muqueuse buccale. L'externe, recouverte par la peau, y adhère de la manière la plus intime, et s'en trouve isolée, sur la ligne médiane, d'abord par l'expansion aponévrotique des sus-maxillo-labiaux, puis par une couche muscu lo-fibreuse analogue à celle qui forme la houppe du menton.

Par sa face interne, le faisceau inférieur répond aussi à la muqueuse buccale et à i quelques glandules salivaires. Par sa face externe, il affecte avec le tégument cutané f des rapports intimes, comme le faisceau supérieur.

Ce muscle joue le rôle d'un constricteur de l'ouverture antérieure de la bouche, et l remplit des usages complexes, soit dans la succion, soit dans là préhension des aliments, soit dans la mastication.

2" Alvéolo-labial (fig. 97, 8, 8').

Synonymie : Molaire externe et molaire interne de Bourgelat. — Buccinateur chez l'homme. '

Préparation. — Procéder à l'ablation du masséler ; disséquer la surface externe du muscle en i respectant le risorius de Sanlorini et le zygomatique, qui se confondent avec lui ; puis le fendre sur • son milieu, en partant de la commissure des lèvres ; rabattre chaque lambeau sur les mâchoires, et ; enlever la muqueuse buccale, pour étudier la face interne du muscle et les attaches du plan super- • ficiel sur les os maxillaires.

Situation. Forme. — Situé sur les côtés de la face, caché en partie par le masséler, et appliqué sur la muqueuse des joues, l'alvéolo-labial est plat, mince, allongé i dans le sens de la tête et formé de deux plans superposés.

Étendue. Structure. Attaches. — Le jolan profond^ le plus long, mais le moins ; large, plus étroit à ses extrémités que dans son milieu, se trouve formé de faisceaux charnus fortement aponévrotiques qui sont attachés, en arrière : 1° sur la tubérosité • alvéolaire; 2° sur la face externe du maxillaire supérieur, au-dessus des trois der- • nières molaires; 3» sur le bord antérieur du maxillaire inférieur, derrière la sixième molaire, en commun avec le maxillo-labial. Arrivée vers la commissure des lèvres, cette couche musculeuse semble se continuer par de petits tendons avec les fibres de ! Torbiculaire.

Le plan superficiel commence seulement vers le milieu du plan profond, dont il 1 recouvre la moitié inférieure tout entière. Ses fibres, moins tendineuses que celles de ce dernier, partent d'un raphé médian qui partage celui-ci dans sa longueur; puis: elles se dirigent les unes en avant, les autres en arrière, pour se terminer de la manière suivante : les premières s'insèrent sur la face externe du grand sus-maxillaire, au-dessus de la première dent molaire et de l'espace interdentaire supérieur; les ■ secondes s'attachent sur l'espace interdentaire inférieur lui-même.

Rapports. ~ En dehors, avec le masséter, le zygoinalo-labial, le peaucier, le grand sus-maxilio-nasal, le sus-naso-labial, le canal parotidien, qui le traverse pour pénétrer • dans la bouche, l'artère et la veine faciales; en dedans, avec la muqueuse buccale. Le. plan profond est longé et recouvert, à son bord antérieur, par les glandes molaires supérieures ; son bord postérieur est longé lui-même par les molaires inférieures, qu'il recouvre en partie. Le plan superficiel est très-nettement séparé du plan profond dans sa partie anléricure, c'est-à-dire celle qui s'attache sur le grand sus-maxillaire. En

MUSCLES DU TUONC. 233

arrière, ces deux plans adhèrent plus intimement l'un à l'autre : mais ils se trouvent néanmoins parfaitement isolés par un interstice que parcourent une ou deux grosses branches veineuses.

Usages. — Le rôle de l'alvéolo-labial est surtout relatif à la maiication : ce muscle, en ciïet, repousse sous les dents molaires les parcelles d'alimenls qui tombent en dehors des arcades alvéolaires ; mais il ne peut concourir au rapprochement des deux mâchoires, comme M. Lecoq l'a fait observer avec juste raison (1).

3° Zygomato-labial (ûg. 97, 7).

Symaymic : Portion du cutané de Uourgelat. — Grond zygomatique do rhomme.

Très-petit muscle rubané, pâle et mince; prenant naissance à la surface du masséter, près de l'épine maxillaire, par une aponévrose qui est confondue avec le peaucier; se terminant à la surface de l'alvéolo-labial, à une petite distance de la commissure des lèvres; recouvert par la peau, et recouvrant le muscle alvéolo-labial, quelquesunes des glandes molaires supérieures, des vaisseaux et des nerfs; tirant par en haut la commissure des lèvres lorsqu'il entre en contraction.

On trouve encore quelquefois, chez les Solipèdes, un muscle qui rappelle le petif. zygomatique de l'homme : c'est un très-petit faisceau situé sous le muscle précédent, près de son extrémité supérieure. Il nous a semblé que ce petit faisceau se continue par en haut avec les fibres du lacrymal, et qu'il se perd, par en bas, à la surface de l'alvéolo-labial, un peu au-dessous du canal parotidien.

4" Lacrymo-labial ou lacrymal.

Muscle large et très-mince, situé superficiellement en dessous de l'œil ; se continuant, en avant avec le sus-naso-labial, en arrière avec le peaucier, en haut avec l'orbiculaire des paupières. Ses fibres composantes, partie charnues, partie aponévrotiques, parlent de la surface externe de l'os lacrymal et du zygomatique, se dirigent en bas et se perdent dans un fascia celluleux qui recouvre l'alvéolo-labial ; quelques-unes passent sous le zygomato-labial et forment le petit zygomatique, quand il existe. On regarde ce muscle comme étant destiné à faire froncer et trémousser la peau du larmier.

5" Sus-naso-labial (fig. 97, 3).

Synonymie : Le maxillaire de Bourgelot. — Releveur supcrfieiel dci l'aile du nez et de la lûvre supi-rieiire olicz l'homme.

Situation. Direction. Forme. Structure. — Situé sur le côté du chanfrein, dans une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière (2), le sus-naso-labial est un muscle large, aplati d'un côté à l'autre, allongé de bas en haut, aponévrotique à son extrémité supérieure, divisé iiiférieurement en deux branches inégales entre lesquelles passe le grand sus-maxillo-nasal.

Attaches. — Il prend son origine, par son aponévrose supérieure, sur le frontal et l'os nasal, en s'unissant sur la ligne médiane avec le muscle du côté opposé. — Sa branche antérieure, la plus large et la plus épaisse, se rend à l'aile externe du nez et à

ri) Loc. cil.

(2) On se rappellora que nous supposons la tôle maintenue en situation verticale.

23Zi DES MUSCLES.

la lèvre supérieure, où ses fibres se confondent avec celles de l'orbiculaire. La branche postérienre se termine à la commissure des lèvres.

Rapports. — En dehors, avec la peau; en dedans, avec le sus-maxillo -labial, la portion postérieure du petit sus-maxillo-nasal, de.s' vaisseaux et des nerfs. Sa branche postérieure recouvre le grand sus-maxillo-nasal. L'aniérieure est recouverte par ce dernier muscle.

Usages. — Il élève l'aile externe du nez, la lèvre supérieure ei la commissure dœ lèvres.

6» Sus-maxillo-labial (fig. 97, 4, 4).

Synonymie ; Releveur de la lèvro antérieui'o (Bourg.)- — Releveur propre de la lôvre Bupérieui-o chez l'homme.

Situation. Direction. Forme. Structure. — Couché verticalement sur le côté du chanfrein, en dessous du sus-naso-labial, ce muscle représente un corps charnu épais et conique, terminé inférieurement par un tendon.

Attaches. — Il s'attache^ par l'extrémité supérieure de son corps charnu, sur la surface externe du grand sus-maxillaire et du zygomatique {origine). — Son tendon terminal passe sur le transversal du nez, s'unit à celui du côté opposé, et forme avec lui une expansion aponévrotique impaire, qui se plonge par petites fibrilles dans le tissu musculo-fibreux sous-cutané de la lèvre supérieure.

Rapports. — Recouvert par le lacrymal et le sus-naso-labial, ce muscle recouvre l'os grand sus-maxillaire, le fond de la fausse narine, le petit sus-maxillo-nasal et le transversal du nez.

Usages. — Il élève la lèvre supérieure, soit directement, soil de côté, suivant qu'il agit seul ou de concert avec son congénère du côté opposé.

7° Grand sus-maxillo-nasal (fig. 97, 5).

Synonymie : Pyramidal du nez (Bourg.). — Canin chez l'homme.

Situation. Direction. Forme. Structure. — Ce muscle, situé sur le côté du chanfrein, entre les deux branches du sus-naso-labial, dans une direction presque verticale, affecte la forme d'un triangle isocèle, et se trouve légèrement tendineux à son sommet..

Attaches. — Il prend son origine, par les fibres apouévroliques de son sommet, sur la face externe du maxillaire supérieur, au-dessous de l'épine. — Il se termine, par sa base, sur la peau de l'aile externe du nez, en confondant ses fibres les plus posté rieures avec celles de l'orbiculaire des lèvres.

Rapports — Eu dehors, avec la peau et la branche postérieure du sus-naso-labial;' en dedans, avec la branche anlérieure de ce dernier muscle, des vaisseaux et des nerfs..

Usages. — Il dilate l'orifice externe de la cavité nasale, en tirant en dehors l'aile externe du nez.

8° Petit sus-maxillo-nasal (fig. 97, 6, C).

Synonymie : Muscle court et muscle cutané du nez (Bourg.).

Girard a décrit, sous le nom de pciit sus-maxillo-nasal, un faisceau musculeux épai et court, qui recouvre l'apophyse externe du petit sus-maxillaire, et dont les fibr parlent soit de cet os, soit du grand sus-maxillaire, soil de la face interne du muscl sus-naso-labial, pour aller se terminer à la peau de la fausse narine et à l'appendice du cornet inférieur (voy. fig. 97, G).

MUSCLlîS DU TRONC. 235

l\igot a ratlaché à ce muscle la proiluciioii charnue décrite par Bourgelat sous le Il ,111 (le muscle court. Cette production se compose de libres courtes et transversales, ippliquées sur l'épanouissement de la cloison cartilagineuse du nez qui déborde par côté le prolongement nasal. Ces libres aboutissent, par leur extrémité la plus excentrique, sur la peau de la fausse narine et sur l'appendice du cornet supérieur (voy. fig. 97, 6)^.

Kn adoptant la description de Rigot, on trouve donc que le petit sus-maxillo nasal se compose de deux portions qui bordent l'angle rentrant formé par la grande apophyse du petit sus-maxillaire et par le prolongement nasal. Ces deux portions, l'une postérieure, l'autre antérieure, se réunissent entre elles à leur extrémité supérieure. La première semble se confondre par en bas avec le mitoyen antérieur; la seconde se continue avec le transversal du nez. En se contractant, elles concourent à la dilatation de la laiisse narine et de la cavité nasale proprement dite.

9° Naso-transversal.

Synonymie : Transversal du nez (Boiir.).

Muscle impair, court et quadrilatère, aplati d'avant en arrière, appliqué sur la poritioii élargie des cartilages du nez, et formé de fibres transversales qui se portent d'un cartilage à l'autre.

Recouvert par la peau et l'expansion aponévrotique des deux muscles releveurs de la lèvre supérieure, le transversal du nez recouvre les cartilages sur lesquels il se trouve attaché, et se confond par en bas avec l'orbiculaire des lèvres.

Chargé de rapprocher l'une de l'autre les deux ailes internes du nez, ce muscle doit être considéré comme le dilatateur par excellence des naseaux.

10° Mitoyen antérieur (Bourg.).

Synonymie : Myrtiforme de l'homme.

Bourgelat appelle mitoyen antérieur un muscle profond fixé sur la face externe du petit sus-maxillaire, au-dessus des incisives, et dont les fibres montent à la rencontre de la portion postérieure du petit sus-maxillo-nasal, pour se terminer avec celle-ci, sur l'appendice antérieur du cornet maxillaire; quelques-unes se perdent dans la lèvre. Nous le regardons comme un dilatateur de l'entrée de la fosse nasale.

Pour bien étudier ce petit muscle, il faut relever la lèvre supérieure, et enlever la muqueuse qui la tapisse. On pourra le disséquer en même temps que les attaches osseuses du plan superficiel de l'alvéolo-Iabial.

11" Maxillo-labial (fig. 97, 9).

Synonyviie : Abaisseur de In lèvre inférieure (Iligot). — Dépeudiiuec du liiiceinuteur df l'Iionimi'.

Situation. Direction. Forme. Structure. — Ce muscle, situé le long du bord inférieur do l'alvéoIo-labial, dont il suit la direction, forme un faisceau étroit et long, terminé inférieuromcnt par un tendon épanoui.

Attaches. — l'Tar son extrémité supérieure, au bord antérieur du maxillaire inférieur, çn commun avec le plan profond de l'alvéolo-Iabial {insertion fixé) ; — 2" par son tendon terminal, à la peau de la lèvre inférieure {insertion mobile).

Rapports. — En deliors, avec le masséter et la portion faciale du peaucier du cou ;

en dedans, avec l'os maxillaire ; en avant, avec le muscle alvéolo-labial, auquel il es étroitement uni dans ses deux tiers supérieurs.

Usages. — Il écarte la lèvre inférieure de la supérieure, et il la tire de côlé, s'iF agit seul.

12° Mento -labial ou muscle de la houppe du menton.

Nous appellerons houppe du menton un noyau musculo-fibreux formant la base de j protubérance arrondie qui existe sous la lèvre inférieure, en avant de la barbe. G noyau impair se confond en avant avec l'orbiculaire des lèvres, et reçoit sur sa fa supérieure l'insertion des deux muscles mitoyens postérieurs.

13° Mitoyen postérieur (Bourg.).

Bourgelat a décrit sous ce nom un petit faisceau musculaire analogue en tous pointa au mitoyen antérieur. Ce petit nmscle prend son origine sur la face externe du corpdu maxillaire, en dessous delà dent mitoyenne et du coin; puis il descend dans le tiss de la lèvre pour se réunir avec celui du côté opposé, sur la face supérieure de 1 houppe du menton. Plusieurs auteurs l'ont décrit comme une dépendance de ce dernier muscle.

C'est un releveur assez énergique de la lèvre inférieure.

On suivra, pour le disséquer, la marche indiquée pour la préparation du mitoye: antérieur.

B. Région mussétérine ou temporo-maxillnire.

Région paire qui comprend cinq muscles destinés à mouvoir la mâchoire inférieure Ce sont : le masséter, le temporal ou croiaphite, le ptérygoïdien interne, leptérygoï dien externe et le digastrique.

Préparation. — 1° Étudier d'abord le digastrique et sa portion stylo-maxillaire, avec le ptéry^ goïdien interne, sur la préparation des muscles hyoïdiens^ telle qu'elle est représentée dans I figure 98. 2° Mettre à nu le ptérygoïdien externe, en enlevant sur cette même préparation l'hyoïde et ses dépendances, ainsi que les deux muscles précédemment indiqués. 3° Pour prépare le croiaphite, exciser le ptérygoïdien externe lui-même, en procédant par son bord inférieur, opé' ration qui permet de découvrir le faisceau orbitaire du croiaphite ; puis retourner la pièce, fair sauter l'apophyse orbitaire au moyen de deux traits de scie ou à l'aide du rogne-pied, et enlevé l'œil ainsi que les muscles auriculaires. ù° Disséquer le masséter en débarrassant sa surface extern du peaucier, des vaisseaux et des nerfs qui la recouvrent.

1° Masséter (fig. 97, 21, 21').

Synonymie : Zygomato-maxillaii'e (Gir.).

Situation. Forme. Structure. — x\ppliqué conire la face externe de la branch du maxillaire, le masséter est un muscle court, large et très-épais, aplati d'un côlé i l'autre, de forme irrégulièrement quadrilatère, formé de plusieurs plans superposés dont deux principaux qui sont parfaitement distincts, près de l'arliculalion icmporomaxillaire, par la direction un peu différente de leurs fibres. Celles-ci sont entreco pées d'un nombre considérable d'intersections, et se trouvent recouvertes d'une for lame aponévrotique qui s'amincit graduellement d'avant en arrière et de haut en ba

Attaches. — Les faisceaux du masséter prennent leur insertion fixe sur la crê zygomatique. — Ils opèrent leur insertion mobile sur les empreintes qui recouvre la moitié supérieure de la branche du maxillaire.

MUSCLES DU TttONC. 237

Rapports. — Il répond, par sa face externe, à la porlion faciale du poaucicr du cou, ,ix nerfs du plexus zygomalique, à plusieurs vaisseaux artériels et veineux; par sa , e interne, au maxillaire, aux muscles alvéolo-labial et maxillo-labial, aux glandes molaires supérieures et à deux grosses branches veineuses ; par son bord inférieur, ;m canal parotidien, à l'artère et à la veine glosso-faciales ; par son bord supérieur et postérieur, à la glande parotide. Son plan profond (fig. 97, 21') répond, en avant à l'articulation temporo-maxillaire, et se confond avec le crotaphite d'une manière si iiilinie qu'il est impossible de préciser la limite réciproque des deux muscles.

Usages. — Ce muscle, élévateur par excellence de la mâchoire inférieure, joue un rôle important dans la mastication des aliments. Il agit toujours par un levier du troisième genre, la ligne moyenne qui représente la résultante de toutes ses libres-composantes passant en arrière de la dernière molaire.

2° Temporal ou crotaphite.

Sunonijmie : Tcmporo-mû-xillaire (Gir.).

Situafion. Forme. Sinœture. — Situé dans la fosse temporale, qu'il remplit et sur laquelle il se nioule^ ce muscle est aplati de dessus en dessous, entrecoupé de fortes intersections tendineuses et recouvert d'une lame aponévrotique nacrée.

Attaches. — Il prend son origine : 1° dans la fosse temporale et sur les crêtes osseuses qui la bordent; 2° par un large faisceau plus pâle que le reste du muscle, mais non discontinu d'avec lui, sur des empreintes situées en arrière de la crête qui surmonte l'hialus orbitaire. — Il se termine sur l'apophyse coronoïde et sur le bord antérieure de la branche du maxillaire.

Rapports. — Ce muscle recouvre la fosse temporale, et est recouvert par les muscles temporo-auriculaires, le cartilage scutiforme, le scuto-auriculaire interne, le coussinet graisseux situé à la base de l'oreille, et par une autre pelote adipeuse qui le sépare de la gaîne oculaire. Son faisceau profond répond, par sa face interne, aux deux ptérygoïdiens.

Usages. — Il rapproche la mâchoire inférieure de la supérieure en agissant par un levier du premier genre; mais la portion orbitaire du muscle élève le maxillaire et le tire de côté par un levier du troisième genre.

3» Ptérygoïdien interne (flg. 98, 1).

f^ynoivjmie : Poi tion dn spliéno-ma.\illa!re de Bnurgclat.

Situation. Forme. Structure. — Situé dans l'espace intra-maxillaire, à l'opposé du masséter, le plérygoïdien interne, quoique moins fort que ce dernier muscle, le rappelle assez bien par sa forme et sa structure, d'où le nom de masséter interne qui lui a été donné par Winslow.

Attaches. — 1° Sur la crête palatine et l'apophy.se sous-spliénoïdale {insertion fixe) ; — 2" dans l'excavation creusée sur la face interne de la branche du maxillaire

{insertion mobile).

Rapports. — Rn dehors, avec le ptérygoïdicn interne, le faisceau orbitaire du crotaphite, les nerfs maxillo-denlaire, mylo-liyoïdien et lingual, des vaisseaux artériels et veineux, et la face interne de l'os qui reçoit son insertion mobile. En dedans, avec les péristaphylins externe et interne, la poche gutturale, l'hyoïde, le grand kéralohyoïdicn, le digastrique, les nerfs hypoglosse et glosso-pharyngien, l'artère et la veine

238 DliS MUSCLES,

glosso-facialcs, les muscles kcralo-glossc el basio-glosse, l'appareil laryngo-pharyngien le canal de Siéiion cl les ganglions de l'auge.

Usages. — C'est un élévateur de la mâchoire inférieure, à laquelle il imprime u mouvement de latéralité ou de déduction très-prononcée. Si c'est le muscle gaueh qui agit, ce mouvement porte à droite l'extrémité inférieure du maxillaire; il la pous à gauche, si c'est le muscle droit.

4" ptérygnïdien externe (fig. 98, 2).

Synonymie : Portion du apliéno-maxillaire du Bourgelat.

Forme. Situation. Structure. Attaches. — Petit muscle court, très-épais, situ en dedans et en avant de l'articulation (emporo-maxillaire, formé de faisceaux peu tendineux qui partent de la face inférieure du sphénoïde et de l'apophyse sous sphénoïdale, pour se diriger en ariière et en haut, et se fixer sur le col du condyh maxillaire.

Rapports. — Eu dehors, avec le faisceau orbilaire du crolaphite et l'articulatio temporo-maxillaire. Eu dedans, avec de nombreux nerfs émanés do la branche maxil-l lai're inférieure, avec le ptérygoïdien interne et les périslaphylins.

Usages. — Quand les deux ptérygoïdicns externes agissent de concert, la mâchoir inférieure est tirée en avant. Si l'un d'eux seulement entre en contraction, la prépulsion s'accompagne d'un mouvement latéral, pendant lequel l'extrémité du maxillair se porte du côté opposé à celui que le muscle occupe.

5° Digastrique (flg. 98, 3, li).

Synonymie : Bourgelat en n fail doux muscles distincts : le digasti'ique et le stylo-maxillaire. — Girard l'a décrit sous le uooi de stylo-mnxilloire.

Forme. Structure. Situation. Direction. — Composé de deux corps charnus plus ou moins coupés d'intersections et réunis bout à bout par un tendon médian, ce muscle se trouve situé dans l'espace inlra-maxillaire, et s'étend depuis l'occipitali jusqu'auprès de la symphyse du menton, en décrivant une courbe à concavité su périeure.

Attaches. — Il prend son origine sur l'apophyse styloïde de l'occipital, par soni corps charnu supérieur. — Il se termine : 1" sur la portion recourbée du bord ])ostérieur du maxillaire par un faisceau considérable qui se détache du corps charnu supérieur (1) ; 2" sur la face interne du même os et la portion droite de son bord postérieur, par des languettes aponévrotiques qui succèdent aux fibres musculeuses du corps charnu inférieur.

Bapports. — Le ventre supérieur du muscle répond, en dehors, à la parotide et au tendon d'insertion du sterno-maxillaire; en dedans, à la poche gutturale, à In glande maxillaire, au larynx et au pharynx. Le tendon médian s'engage dans l'anneau dui grand kéralo-hyoïdien. Le ventre inférieur se trouve en rapport, en dehors, avec la branche du maxillaire; en dedans, avec le muscle mylo-hyoïdien.

Usages. — Quand ce muscle entre en contraciion, il agit à la fois sur l'hyoïde, qu'il élève, en se redressant, et sur le maxillaire, (ju'il tire en arrière en même temps qu'il l'abaisse.

(1) C'est ce faisceau que Bourgelat a déciil comme un muscle Hlislincl sous le nom de sh/lo' mnxitlaire.

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