‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 73 sur 262 · MUSCLES DE L\ CUISSE · texte numérisé non relu

MUSCLES DE L\ CUISSE

On les a divisés eii Irois régions secondaires qui sont : la région crurale antérieun ou rotulienne, la région crurale postérieure et la région crurale interne.

A. lltifjion crurale antérieure ou rotulienne.

Celle région comprend trois muscles situés en ayant du fémur : le muscle du fascù lata, le triceps crural et le grêle antérieur de la cuisse.

Préparation. — 1° Placer le sujet en première position. 2° Étudier le fascia lata immédialemem après avoir dépouillé- la région. 3° Enlever ce muscle avec le fessier superficiel, le long vaste, l demi-tendineux, le demi-membraneux, les deux adducteurs de la jambe, le pectine et les deui adducteurs de la cuisse, pour mettre à découvert les trois portions du triceps. Séparer ces troi» portions musculeuses l'une de l'autre en procédant par en haut, où l'adhérence entre elles esta pe« près nulle. Disséquer en même temps le grêle antérieur.

1° Muscle du fascia lata (fig. 3).

Synonymie : Ilio-aponiivroliriue (Gh'.).

Forme. Situation, — Muscle plat et triangulaire, situé en avant du fessier superficiel et en dehors du vaste externe.

Structure et attaches. — Il conjprencl : 1° une portion charnue flabelliforme, revêtue sur ses faces de fibres tendineuses, et attachée supérieurement sur l'angle exteniei de l'ilium; 2° une aponévrose dite fascia lata continue avec le bord inférieur de la portion charnue, et divisée bientôt en deux feuillets superposés, l'un superficiel, l'autre' profond. Celui-ci s'insinue entre le long vaste et le vaste externe, se réunit au tendoni terminal du fessier superficiel et s'insère au bord externe du fémur. Le premier, qui semble se diviser lui-même en deux lames, se répand, en dehors, sur le long vaste, . où il se confond avec l'aponévrose fessière, en dedans, sur les muscles cruraux internes, . pour s'unir à l'aponévrose fémorale. Par en bas, il se prolonge jusqu'à la rotule, surt laquelle il se fixe; il descend môme au-dessous de cet os, pour aller rejoindre l'apo-névrose terminale de la branche postérieure du long vaste.

Rapports. — En dehors, avec la peau ; en dedans, avec le vaste externe, le droitl antérieur et le psoas iliaque; en arrière, avec les fessiers superficiel et moyen. Eni avant, ce muscle répond à un paquet de ganglions lymphatiques, et reçoit sur soni aponévrose l'insertion du pannicule charnu.

Usages. — Il fléchit le fémur, en élevant le membre postérieur tout entier, et ill tend l'aponévrose qui le termine.

2° Triceps crural (1).

Muscle énorme appliqué contre la face antérieure et les faces latérales du fémur, composé de trois portions qui sont peu distinctes les unes des autres dans la plus grande partie de leur étendue, et que nous décrirons isolément sous les noms de droit antérieur, vaste externe, vaste interne.

A. Dkoit antéiueuk de la cuisse ou portion moyenne du triceps (iliorotulien de Girard) (Gg. 122, 1). — Ce muscle, enclavé entre les deux portions laté-

(1) A l'exemple de M. Cruveilhier, nous décrivons sous ce nom le triceps crural des anciens anatomistes et le droit antérieur de la -cuisse.

r.,|es du triceps, s'étend de l'angle cotyloïdien de i'iliuni à la rotule, dans une direction ôgèrcnicnt oblique d'arrière en avant et de haut en bas.

l'm-me. Stnicture. — Allongé, épais cl fusiformc, le droit antérieur on'rc, à son 'xirémité supérieure, deux branches tendineuses courtes et aplaties; sa partie moyenne est formée de libres charnues d'un rouge pâle, très-serrées les unes contre les autres, L entrecoupées de quelques intersections; son extrémité inférieure est enveloppée lar un vaste cône aponévrotique.

Attaches. — Il prend son origine, par les deux branches de son extrémité supérieure, sur les empreintes qui surmontent en avant et en dehors le sourcil de la cavité cotyloïde. — Il se termine, par son extrémité inférieure, sur la face antérieure delà rotule.

l Rapports. — En dehors, en dedans et en arrière^ avec les deux autres portions du triceps; en avant, avec le muscle du fascia lata. Son extrémité supérieure, comprise ieutre l'iliaque et le fessier profond, se trouve séparée de la capsule coxo-fémorale par tun petit coussinet adipeux qui s'insinue entre les deux branches du muscle. Usages. — Extenseur de la jambe et fléchisseur de la cuisse.

B. Vaste EXTERNE (fig. 120, 1). — Forme. Etendue. Situation. — C'ast une tmasse musculaire épaisse et large, aplatie d'un côté à l'autre, étendue de l'extrémité isupérieure du fémur à la rotule, et située en dehors du droit antérieur.

Structure et attaches. — Les faisceaux qui composent ce muscle sont entremêlés de fortes lames tendineuses. Ils prennent leur origine sur toute la face externe du fémur et sur la moitié externe de sa face antérieure; puis ils se dirigent en avant et en bas, pour se terminer soit sur le droit antérieur, soit sur la face supérieure et le côté externe de la rotule.

Rapports. — En dehors, avec le fascia lata et le fessier superficiel ; en dedans, avec le droit antérieur, et le vaste interne, qui se confond avec lui de la manière la plus intime, excepté vers l'extrémité supérieure du fémur, où les deux muscles sont assez bien séparés; en arrière, avec le fémur et le long vaste. . Usages. — Extenseur de la jambe.

C. Vaste interne (ûg. 116, 7. — 122, 2). — Ce muscle, peu distinct du précédent dans la plus grande partie de son étendue, forme avec lui une profonde et large gouttière dans laquelle est logé le droit antérieur. Il répète, du reste, le vaste externe par <sa forme, sa structure, son étendue, ses attaches et ses usages; c'est au point que nous devons nous borner, dans la description de ce muscle, à indiquer les particularités suivantes :

Les fibres qui entrent dans sa composition partent de la face interne et de la moitié interne de la face antérieure du fémur; elles vont s'insérer, les unes sur l'enveloppe ; aponévrotique du droit antérieur, les autres sur le ligament rotulicn interne, le côté correspondant de la rotule, et sur la face supérieure du même os, en connnun avec le vaste externe.

Il répond, par sa face externe, à ce dernier nmscle et au droit antérieur; par sa face interne, à l'aponévrose crurale interne, au long adducteur de la jambe, au psoas iliaque, au pectiné, à la longue branche du grand adducteur de la cuisse.

3» Grôle antérieur (fig. 81, 11^ HO, 6).

Sunonymic : Ilio-fémoral grôle (Gir.).

l'elit muscle cylindrique, situé en avant de la capsule articulaire coxo-fémorale,

âO/l DES MUSCLES.

et accolé au faisceau fibreux qui renforce la partie antérieure de ce ligament niem-i braneux.

Il prend son origine sur l'ilium, irùs-près et en dehors de la brandie externe dul droit antérieur; il s'insinue ensuite entre les deux vastes, et se termine sur la face antérieure du fémur, par des faisceaux aponévroliqucs.

Ce muscle, compris entre les trois portions du triceps et le ligament capsulaire de l'articulation coxo -fémorale , auquel il adhère assez fortement, semble avoir poun usage de soulever ce ligament, lors des mouvements de flexion du fémur,

B. lUgion crurale postérieure.

Cette région est constituée par trois muscles situés en arrière de la cuisse ; ce sont» le long vaste, le demi- tendineux et le demi-membraneux.

Prépuration. — On placera d'abord le sujet en première position. Ensuite on abandonnerai lui-même l'un des membres postérieurs, et l'on inclinera le sujet sur le côlé correspondant à c» membre. L'aulre membre restera fixé à sa barre de soutien, la cuisse légèrement fléchie pour tendni les muscles à préparer.

Ces dispositions préliminaires étant prises, on procédera de la manière suivante : 1" On couper» en travers le court adducteur de la jambe, et l'on renversera les deux lambeaux à droite et; gauche, pour découvrir entièrement le demi-membraneux, qu'on séparera ensuite du demi-len<i dineux et du grand adducteur de la cuisse. 2" Après avoir enlevé l'aponévrose qui recouvre le lonj. vaste et le demi-tendineux, on disséquera ce dernier muscle, en circonscrivant aussi bien que pos sible ses deux insertions supérieures. 3" On préparera ensuite le long vaste, dont on isolera les deu: parties composantes, et dont on découvrira l'insertion sacro-scialique en coupant l'insertion analogut du demi-tendineux; après quoi, on enlèvera le long vaste en entier, pour étudier sa face profonde son insertion fémorale et ses rapports avec les organes sous-jacents.

1° Long vaste (fig. lli, U, 5).

Synonymie : Iscbio-tlbial externe (fiii'.). — Biceps fémoral et portiou du grand fessier de l'homme.

Volume. Situation. Etendue. Direction. ■ — Ce muscle, qui présente un volumn énorme, comme l'indique son nom, se trouve situé en arrière de la cuisse et des fessiers, et s'étend, en décrivant une courbe à concavité antérieure, de l'épine sacrée i l'extrémité supérieure de la jambe.

Forme et structure. — Il est composé de deux portions prismatiques parfailemeni distinctes dans la plus grande partie de leur étendue, accolées l'une h l'autre, et distini guées en antérieure et postérieure.

La portion antérieure du long vaste, la plus considérable des deux, est très-large h son extrémité supérieure et singulièrement rélrécio à l'extrémité opposée. Elle s^ trouve tapissée, sur sa face profonde et dans sa moitié inférieure, par une large et forte lanière tendineuse, qui dégénère en aponévrose en remontant vers l'cxlrémil supérieure du muscle. Ses fibres composantes sont d'autant plus longues qu'elles son plus postérieures; toutes partent de l'extrémité supérieure pour se rassembler sur 11 lame tendineuse.

La portion postérieure, beaucoup» plus courte que la précédente, présente dans s.> forme une disposition inverse, c'est-à-dire qu'elle est éiroile à son extrémité supérieur* et fort large par en bas. Ses fibres charnues sont attachées en partie, par leur extrc mité supérieure, sur une lame aponévrotique longitudinale, qui donne au muscl l'apparence penniforme; elles se terminent inférieurcment à une forte aponévrosréunie avec celle du fascia lata.

Attaches. — portion antérieure pre.ul son origine, par son extrémité supérieure sur l'épine sacrée, le ligament sacro-scialique, l'aponévrose d'enveloppe des muscles coccygiens et la tubérosité ischiatique. — Elle se termine : 1» sur l'empreinte circulaire siliiée derrière la crête sous-trochantérienne, par une branche fibreuse qui se (lélache du tendon profond; 2» sur la face antérieure de la rotule, en commun avec le ligament rotulien externe, par l'extrémité inférieure de ce même tendon (fig. 120, 3).

La portion ■postérieure commence supérieurement sur la crête de la tubérosité ischiatique, où elle s'unit avec l'antérieure. — Son aponévrose terminale se répand sur les muscles tibiaux, pour constituer l'aponévrose jambière, et va s'insérer à la crèle tibiale.

Rapports. — L'aponévrose fessière se prolonge sur la face externe du long vaste en augmentant d'épaisseur et en devenant plus ou moins élastique; elle adhère fortement à ce muscle, et sert même de point d'attache supérieur à un grand nombre de ses faisceaux charnus. En dedans, le long vaste répond : à l'aponévrose du fessier superficiel, qui le sépare eu grande partie du fessier principal et du trochanler; au feuillet profond du fascia lata, qui l'isole du vaste externe; à la face antérieure de la rotule, sur laquelle il glisse au moyen d'une petite bourse synoviale avant d'opérer son insertion; aux muscles externes de la jambe; aux nerfs sciatiques; au grand adducteur de la cuisse et au demi-membraneux. Le demi-tendineux est en rapport inférieurcment avec la face interne du long vaste, plus haut avec le bord postérieur de ce muscle, dont il recouvre les insertions sacro-sciatiques par son extrémité supérieure.

Usages. — Le long vaste n'agit pas de la même manière par ses deux portions; leur action est môme essentiellement distincte. Ainsi, la portion principale, tirant la rotule en dehors et le fémur en arrière, représente un abducteur du membre tout entier et un extenseur de la cuisse ; tandis que la portion postérieure détermine purement et simplement la flexion de la jambe et la tension de l'aponévrose jambière (1).

Si ce muscle prend son appui sur la jambe, il fait basculer le coxal sur la tête du fémur ; il joue ainsi un rôle important dans le cabrer.

2° Demi-tendineux (fig. 114, 5).

Synonymie : Isehio-tibial moyen ou postérieur (Gir.).

.Situation. Etendue. Direction. — Ce muscle est situé en arrière du précédent et s'étend, comme lui, de l'épine sacrée à la jambe, en décrivant une courbe à convexité postérieure.

Volume. Forme. Structure. — Moins considérable que le long vaste, il est allongé de haut en bas, bifide à son extrémité supérieure, épais et prismatique, mais cependant déprimé d'un côté à l'autre. Ses libres charnues, d'un rouge pâle, sont parallèles entre elles, et suivent la direction générale du muscle ; dans leur partie moyenne, elles sont interrompues par une lame aponévrotique qui coupe le demi-tendineux obliquement ; elles se terminent inférieurcment sur une aponévrose et sur un tendon aplati avec lequel il échange quelques faisceaux.

(1) Si l'on veut bien établir un rapprochement entre la nature des usages des deux portions du long vaste, leurs rapports cl leurs attaches, on arrivera à détcrmmer aisément leurs analogues chez l'homme. I/antérieure est t,ien cerlainen.cnl une portion considérable du grand lessier, prolongée jusqu'à la rotule; la postérieure représente le biceps fémoral. CUAUVBAU. — 2* ëdit.

à 06 DES MUSCLES.

Attaches. — Ce muscle s'insère, eii haut : par une de ses branches, sur l'épine i sacrée et le ligament sacro-sciatique, en commun avec le long vaste; par l'autre branche, qui est la plus courte, sur la tubérosilé ischialique. Son aponévrose inférieure se confond avec l'aponévrose jambière ; le tendon glisse sur la face interne du tibia et gagne la crête antérieure de cet os.

Rapports. — Sa branche sacro-sciatique est recouverte par l'aponévrose fessière et recouvre le long vaste. Dans le reste de son étendue, il répond : en arrière, à celte même aponévrose; en avant, aux nerfs scialiques; en dehors, au long vaste et aux jumeaux de la jambe; en dedans, au demi-membraneux et au long adducteur de la cuisse.

Usages, — Fléchisseur de la jambe et tenseur de l'aponévrose jambière quand son point fixe est supérieur, ce muscle devient une des puissances actives du cabrer quand il prend son appui sur la jambe.

3° Demi-membraneux (fig. 122, 6).

Synonymie : Isohio-tibial interne (Gir.).

Situation. Volume. Etendue. Direction. — Situé en dedans du demi-tendineux, moins long et plus épais que celui-ci, le demi-membraneux s'étend de l'ischium à l'extrémité inférieure du fémur, et affecte une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant.

Forme. Structure, — Allongé verticalement, déprimé d'un côté à l'autre, prismatique,',épais à son bord antérieur, très-mince au contraire à son bord postérieur, volumineux à son extrémité supérieure, qui présente un petit prolongement dont la pointe remonte vers la base de la queue, rétréci et terminé par un court tendon à son extrémité inférieure, formé enfin de gros faisceaux charnus qui se rassemblent tous, par en bas, sur le tendon terminal.

Attaches. — En haut : 1° sur l'aponévrose des muscles coccygiens, par le prolongement aminci de l'extrémité supérieure; 2° sur la tubérosité ischialique et sur la face inférieure de l'ischium. — En bas, sur la peliie émineuce située en dedans du condyle interne du fémur.

Rapports. — En dedans, avec un prolongement fort mince de l'aponévrose fessière, avec le muscle ischio-caverneux et le court adducteur de la jambe; en dehors, avec le demi-tendineux, le long vaste et les nerls sciatiques; en avant, avec le grand adducteur de la cuisse, qui lui adhère assez fortement pour qu'on éprouve de la difficulté à séparer les fibres d'un muscle de celles de l'autre.

Usages. — C'est un adducteur du membre et un extenseur de la cuisse quand son point fixe est supérieur. Il devient auxiliaire des puissances qui agissent dans le cabrer lorsqu'il prend son appui sur le fémur,

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