‹ Traite d'anatomie comparee des animaux domestiquesChapitre 97 sur 262 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L'APPAREIL DE LA DIGESTION · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR L'APPAREIL DE LA DIGESTION

Nous venons de considérer l'animal comme une machine composée de divers îviers ot susccpliblo de divers mouvements. Or, on conçoit sans peine que le jeu de ette machine détermine dans les organes dont elle est formée l'usure ou la décompoitioh de leurs molécules constituantes. Ces ressorts ou ces rouages animés exigent onc, pour leur entretien, l'apport incessant de nouveaux matériaux destinés à réparer enrs pertes continuelles. De là la nécessité, pour les animaux, de prendre des aliments, lesquels ils extrayent les principes réparateurs qui, i-éparlis ensuite dans tous les irganes, sont assimilés à la substance propre de ces organes.

L'appareil dans lequel s'opère ce travail de préparation et d'absorption de la matière irganisable est l'appareil digestif, l'un des plus importants parmi ceux que nous ferrons successivement venir compliquer et perfectionner la machine animale.

Cet appareil ne constitue pas, à proprement parler, un caractère essentiellement listinct de l'animalité, puisqu'il y a des animaux sans cavité digestive; mais c'est à coup sûr l'un de ses attributs les plus saillants, car les exceptions dont nous parlons sont fort peu nombreuses. Considéré chez les vertébrés, il représente un long tube, le plus souvent replié maintes fois sur lui-même, renflé de distance en distance, et pourvu sur son trajet de plusieurs organes appendiculaires qui sont, pour la plupart, de mature glanduleuse. Ce tube parcourt le corps de l'animal dans toute sa longueur, et s'ouvre à l'extérieur par deux orifices, l'un servant à l'introduction des aliments, l'autre à l'expulsion du résidu de la digestion; c'est aux deux extrémités du canal alimentaire que ces ouvertures se trouvent pratiquées.

La conformation de cet appareil n'est pas identiquement la môme chez tous les individus de l'embranchement des vertébrés; elle présente au contraire des variétés fort nombreuses, en rapport avec les habitudes et le genre de vie de ces individus, f Aussi son étude est-elle doublement intéressante : au point de vue de la zoologie pure, let à celui de l'hygiène vétérinaire, qui tire de cette élude de précieuses indications I pour le régime des animaux domestiques.

Mais cette diversité de caractères ne suffit pas pour établir des limites bien tranchées entre les conformations qu'elle distingue. Il n'y a elfeclivement qu'une forme-type pour l'appareil digestif, et c'est le même principe qui a présidé h sa création dans la série tout entière. Ainsi, quel que soit le vertébré que l'on considère, son tube alimentaire sera composé d'une suite de cavités renflées ou tubuliformes, qui se succèdent d'avant en arrière dans l'ordre suivant : la Iwc/ie, Vnrrif'rc-bnuche, \'œsop/iaf/e, Vcstomnc et Vin/estin.

Ce système de cavités se divise physiologiquement en deux sections principales : la première comprend la bouche, l'arrière-bouche et l'œsophage, c'est-à-dire les compar-

8/i,S «ONSlDfiltATlONS (lÉINK K AI.ICS SUI! L'aPPAIU'IL Dli I.A lUGI'STION.

liineiits dans lesquels s'opèrent les actes di^^eslils dits préparateurs, parce qu'ils ijréparent, en effet, les aliments subir les modilicalions qui constiluenl les pliénomènesi essentiels do la digestion; la seconde section est fornnéc par l'esloniac et l'iniesiin, oiii s'accomplissent ces derniers phénomènes.

Chacune de ces deux sections est pourvue sur son trajet d'organes annexes qui sont, chez la plupart des verlébrés ; les glandes suliuuircs, pour les cavités de la première catégorie; le foie, le puncnas el la rate, pour celles de la seconde.

En considérant la position générale de ces diverses parties, principalement dans iea mammifères et les oiseaux, on trouve que la première section du tube digestif et ses organes appetuliculaires sont logés sous la màclioire supérieure et la base du crâne, eit sous la portion cervico-lhoracique de la colonne vertébrale. La seconde section occupe,' avec ses annexes, la grande cavité abdominale.

(Ihez l'homme, ces deux sections sont distinguées en sus-diupkrogmatique et som-t diaphrar/matiques, h cause de leur situation par rapport au diaphragme.

On pourrait encore appeler, en raison de leurs usages, les parties constituantes de lal première catégorie, organes préparateurs de l'appareil digestif, et les autres, ou celles' de la portion abdominale, organes essentiels.

Ces divers organes, avec ceux qui forment les appareils respiratoire et génitoiirinaire, ont reçu le nom de viscères; et l'on appelle souvent splanchnologie la partie dei l'analomie qui s'occupe de leur étude (1).

(;es nouveaux organes difl'èrent notablement de ceux qui ont été précédemment) décrits, aussi croyons-nous devoir entrer dans quelques généralités sur leur nomenclature, leur disposition, leur forme, leur constitution, leurs caractères physiques ou chimiques. '

La nomenclature en splanchnologie ne repose sur aucune base scientifique. Le non^ des organes est tiré tantôt de leur forme {amygdales), tantôt de leurdirection [rectum), tantôt encore de leurs usages {œsopliage, glandes salivaires), de leur longueur {duodénum), du nom des analomistes qui les ont le mieux décrits {canal de Sténon, trompe' de Fallopé); tantôt, enfin, ces noms sont purement conventionnels [raté).

On distingue des organes creux et des organes pleins.

1° Les ORC.ANRS CKiLUX présentent unc cavité plus ou moins considérable, susceptible d'augmenter ou de diminuer. Aussi ces organes n'ont pas une forme ni un voluiue»' déterminés. Leur consistance varie avec leur état de plénitude ou de vacuité. Ils sont i paires ou impaires, symétriques ou asymétriques.

Dans tous les cas, les parois des organes creux se composent de deux ou d'un plus? grand nombre de membranes que nous allons décrire d'une manière générale.

a. La membrane la plus interne a reçu le nom de MiiMi'.UANE muquiluse, à cause du nuicus qui recouvre constamment sa surface libre. La muqueuse se continue avec la peau vers les ouvertmus naturelles; elle en présente l'organisation, aussi l'a-l-oni ajipelée encore peau intérieure, peau rentrée ou membrane iégumentaire interne.

Une membrane muqueuse comprend une couche superficielle ou Vépithélium, eti unc partie profonde qui constitue le derme ou le clior-ion.

(1) On a donne le nom de Diiwre.i (de uescur, je me nourris) aux or!,'ancs ijui concourent à la nutrition, et l'on a appelé sijlanc/motofjie (de c77).à-^/.v.v, n'srrrcs) la partie de l'anatoniic qui traite de ces organes, lu splfinchnolor/ie ainsi entendue conipreudrail donc l'étude des appareils diû;eslir, rospiratoiie, urinaire el circulatoire. Jlais la description de ce dernier appareil forme une" catéçroric à part, désignée, dans le langage de l'école, sous le nom A'am/dwtfxjic. D'un autre côté, plusieurs autours pli.cenL en splancimologie les appareils de la génération; d'autres, môme y ajoutent les appareils des sens. On est donc loin d'être (l'accord sur les limites el la délinilion de la spianclinologie : aussi, avons-nous cru devoir négliger celle expression et la dislinrtion qu'elle établit.

CONSIUÉIUTIONS lililNlillALE.S, SUli I/M'I'AIIK IL DE I.A ICSTION. 3Zj,9

LV/»V/((.'//«»i est une pcllicnlo fori iniiicc oi iacric, oiiiiôi-cment composée par. des ; ;lliilesépilliélialcs réunies par une quaiUilé presque iusigiiiliaulo de substance amorphe, •s cellules des éi)itliéliums sont aplalies ou polygonales, arrondies, cylindriques, polyéitiues ou bien présenlenl une l'orme Irès-irrcgulière. On dislingue, en raison de ces vmcii, ûca cpithéliums pauimenteux, sphérique, cijlindrifjuem conique. Si les cellules numies de petilç appendices filiformes dils cib vihratiles , Vépilhôiium reçoit le iiin de vibratilc.

Lorsque les cellules sont disposées en une seule couclie à la surface du cliorion, cpilhélium est simple; il est stratifié lorsque les cellules sont superposées sur plul urs rangs. Dans les épithéliums slralifiés, la forme des cellules n'est pas la même à la iiitacc et dans la couche profonde; on les qualifie d'après la foi nie de la couche superacielle.

Le ilermi; ou cliorion. mv.quenx répond au derme cutané, connue l'épilhélium ■épond à l'épiderme. C'est une membrane de tissu conjonctif dont l'épaisseur, l'élasli- :ité, la vascularité et la sensibilité varient avec la situation et le rôle des organes. Le ;horion est mince et à peu près dépourvu de fibres élastiques quand il est appliqué sur jue cavité à parois osseuses; il est, au contraire, épais, élastique et peu adhérent, quand 1 tapisse des organes qui, connue l'œsophage, l'estomac, l'intestin, sont susceptibles l'augmenter ou de diminuer de capacité. Les faisceaux de tissu conjonctif dans les couches profondes du derme sont assez lâchement unis les uns aux autres ; ces faiccaux je tassent davantage en se rapprochant de la surface et, quelquefois, ils forment, sous l'épithélium, un liséré amorphe appelé basement membrane.

La face sous-épithéliale du derme n'est presque jamais lisse; elle offre de petits prolongements nommés villosités ou papille.';, très-variés dans leur forme et leur volume, et des dépressions plus ou moins profondes appelées follicules. Les villosités siègent sur 'les muqueuses profondes ;, ce sont surtout des organes vasculaires et d'absorption. Les papilles se trouvent au voisinage des ouvertures naturelles; elles sont riches en nerfs et sont surtout des organes de sensibilité. Quant aux follicules, taj)issés par des cellules de l'une ou l'autre forme, ce sont exclusivement des organes de sécrétion.

b. La seconde membrane qu'on rencontre dans les parois des organes creux est de nature mnsculeuse, quelquefois cartilagineuse.

La membrane miiscaleuse cs,\. formée par des fibres lisses dont la contraction, lente, I est soustraite îi l'action de la volonté. Dans certains organes, et ce sont ceux qui avoisinent les orifices naturels, les fibres lisses sont remplacées par des fibres striées et soumises à la volonté, ou bien ces fibres striées ont les mêmes propriétés physiologiques que les fibres lisses; ex. l'œsophage.

r. Lorsque les organes sont logés dans l'une des grandes cavités splanchniques, tels que la poitrine et l'abdomen, ils possèdent une troisième membrane. C'est une lame séreuse qui tapisse d'abord la cavité splanchnique et se replie ensuite autour des organes contenus dans cette cavité, pour les envelopper d'une manière plus ou moins complète. Elle a donc une face adhérente, appli(|uée, soit contre les parois de la cavité, soit sur la surface externe des organes splanchniques, et une face libre, toujours en contact avec elle-même.

Une strcMse se compose de deux lames : une profonde, de nature conjonctive, analogue au derme mu(iueux; une su|)erlicielle, (pu n'est autre chose (|u'un épilhélium .sinq)le pavimenleux. La face libre de cet épitliélium est i>arfailemenl lisse et lidiriliccparde Va sérosité limpide pour favoriser le glissement des |)ai ti('s que la séreuse tapisse.

Page 1