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SQUELETTE

Art. I. — Du squelette.

L'ensemble des os considérés dans leurs rapports naturels constitue le squelette. 11 suffit, pour préparer le squelette d'un animal quelconque, de débarrasser les os des parties molles qui les entourent. Le squelette sera dit naturel si l'on respecté dans cette opération les ligaments qui réunissent naturellement les diverses pièces osseuses. Il s'appellera squelette artificiel si les ligaments ont été détruits et qu'il ait été nécessaire de les remplacer par des liens étrangers à l'organisation, comme des fils de fer ou de laiton.

Le squelette se divise en tronc et en membres.

ijb tronc offre à étudier sur la ligne médiane le rachis ou la colonne vertébrale, tige flexueuse qui mesure toute la longueur de l'animal et qui se compose d'une série de pièces distinctes articulées tes unes à la suite des autres. — Cette lige supporte antérieurement la tête, renflement pyramidal qui résulte lui-même de l'assemblage d'un grand nombre de petits os. — De chaque côté de la partie moyenne du rachis, on voit se détacher les arcs osseux qui ont reçu le nom de côtes, et qui viennent s'appuyer directement ou indirectement, par leur extrémité inférieure, sur un os unique appelé sternum. Ces arcs osseux circonscrivent ainsi le thorax, cavité spacieuse destinée à loger les principaux organes de la respiration et de la circulation.

Les membres, au nombre de quatre, deux antérieurs H deux postérieurs, sont les appendices qui supportent le tronc. Chacun d'eux représente une colonne brisée en plusieurs rayons qui s'appuient les uns sur les autres, en formant généralement des angles plus ou moins ouverts. — Les membres antérieurs sont décomposés chacun en quatre régions principales : Vépaule, appliquée contre la partie antérieure du thorax ; le bras, qui succède à l'épaule ; Yavant-bras et le pied. — Les membres postérieurs comprennent également quatre régions : la hanche, qui est articulée avec la partie postérieure du rachis; la cuisse, la jambe ot le pied postérieur.

Chez les oiseaux, les membres postérieurs seuls remplissent le rôle de colonnes de soutien. Les membres antérieurs, conformés pour le vol, constituent les ailes.

Le nombre des os qui entrent dans la composition du squelette de nos animaux domestiques arrivés à l'âge adulte varie d'une espèce à l'autre. Ils so répartissent dans les régions que nous venons de reconnaître au tronc et aux membres de lu manière indiquée par le tableau suivant :

DES rt.«.

Colonne vertébrale (3)

TtHe (4)

Tborai

Epaule . . .

Bras

Avant-bras. .

Pied antérieur Manche. . . .

Cuisse. . . .

Jambe, ....

Pied postérieur. . . /

Régions doubles.

'OLIPp.DES (!)

Ruminants.

Porc.

Chien (2).

Art. II. — Principes généraux applicables a l'étude de tous les os (5).

La description d'un os, quel qu'il soit, comprend l'indication de son nom, de sa situation, de sa direction, de sa (orme, des particularités qu'il présente à sa surface, de sa structure et de son mode de développement.

NOM. — La nomenclature ostéologique ne repose sur aucune base capable de lui imprimer un cachet méthodique. Ainsi, on trouve des os qui tirent leur nom de leur forme (exemple : le péroné); d'autres, de leur ressemblance avec des objets connus (le tibia, le vomer). Quelques uns l'empruntent à leur position (les côtes), ou à leurs usages (l'axis, le pariétal). Plusieurs tentatives ont été essayées pour ramener la nomenclature des os à des règles plus précises et plus uniformes; mais les nouvelles dénominations qui ont été proposées n'ont pas été sanctionnées par l'usage.

Situation. — La situation d'un os doit être envisagée de deux manières : 1* relativement au plan médian du corps ; 2° relativement aux autres parties du squelette.

A. Situation relative au plan médian du corps. — On appelle plan médian, et improprement ligne médiane, un plan fictif, vertical, passaut par le milieu du squelette qu'il divise, d'avant en arrière, en deux parties égales. — Les os peuvent être situés sur le plan médian ; dans ce cas, il n'en existe qu'un seul de chaque espèce, et on les dit impairs; ils sont encore appelés os symétriques, parce que le plan médian les partage en deux moitiés latérales exactement semblables. — Les os disposés d'une manière régulière et en double sur les côtés de la ligne médiane portent, pour cette raison, le nom d'os pairs; on les appelle aussi os asymétriques, parce que leur forme ne permet pas de les séparer, en aucun sens, en deux moitiés semblables. Par contre, un os pair présente toujours la plus parfaite symétrie avec celui du côté opposé.

B. Situation relative aux autres parties du squelette. — Indiquer la situation d'un os considéré à ce point de vue, c'est faire connaître la place qu'il occupe dans

(1) On trouve une vertèbre lombaire en moins chei l'âne et quelquefois chez le mulet.

(2) Nous n'avons point tenu compte de l'os pénien.

(3) Le sacrum compte pour un seul os, et le nombre des vertèbres coccygiennes est évalué en moyenne a 12 chez le cheval, à 16 chez le bœuf, à 14 chez le porc été 15 chez le chien.

(4) L'hyoïde compris et compté pour un seul os.

(5) Ce chapitre ne contient absolument que les détails nécessaires à connaître pour établir une méthode générale de description. Voyez, pour des renseignements plus complets, le* traités d'anntomte générale.

PRINCIPES GÉNÉRAUX APPLICABLES \ l/ÉTUDE DE TOUS LES OS. 11

la région à laquelle il appartient, et les rapporta qu'il peut avoir avec les régions voisines. Ainsi le radius est situé en avant du cubitus entre l'os du bras et le carpe.

Direction. — La direction d'un os peut ètreverticafe, horizontale ou oblique. Ainsi le scapulum est placé dans une direction oblique de haut en bas et d'arrière en avant.

Forme. — Elle est absolue ou relative.

A. Foivne absolue. — La forme absolue d'un os est celle qu'il doit au rapport existant entre ses trois dimensions : longueur, largeur et épaisseur. — a. Un o» dans lequel une des dimensions l'emporte de beaucoup sur les deux autres est un os long: exemple, le fémur. Tous les os longs sont creusés à l'intérieur d'une cavité allongée, la cavité médullaire, remplie, a l'état frais, d'un amas de graisse qui constitue la moelle. Les os longs appartiennent exclusivement aux membres. — On trouve, dans l'économie animale, des os qui leur ressemblent par leurs dimensions, mais qui manquent de cavité médullaire : exemple, les côtes. Ils diffèrent essentiellement des véritables os longs; aussi les en a-t-on distingués sous le nom d'o« allongés. — b. Un os qui offre deux dimensions beaucoup plus développées que la troisième est un os plat ou large : exemple, le pariétal. Les os de celte catégorie, dépourvus de cavité médullaire, se rencontrent dans la léte et les régions supérieures des membres — c. Un os qui présente à peu près le même développement dans toutes ses dimensions s'appelle un os court : exemple , l'astragale. Privé* comme les précédents de cavité médullaire, les os courts se trouvent dans le rachis et dans quelques régions des membres.

B. Forme relative, — Faire connaître la forme relative d'un os, c'est indiquer la ressemblance plus ou moins exacte qu'il peut avoir avec des figures géométriques ou des objets connus. Ainsi, le scapulum est un os de forme triangulaire.

Particularités extérieures des os. — Elles appellent fortement l'attention, parce qu'elles modifient la forme générale des os, et qu'elles aident singulièrement à faire reconnaître chacun d'eux parmi tous les autres. Ces particularités, véritables marques distinclives qui permettent d'établir avec précision le signalement des os, sont toujours, ou des éminences, ou des cavités. — Les éminences qui font relief à la surface des os se répartissent dans deux catégories différentes. Les unes concourent à former les articulations qui joignent les os entre eux ; on les nomme éminences articulaires, et on les distingue en éminences diarthrodiales et en éminences synarthrodiales, suivant qu'elles appartiennent a des articulations raobiles ou à des articulations immobiles. Les autres, destinées généralement aux insertions des ligaments et des muscles, sont appelées éminences d'implantation ou non articulaires.— Les cavités des os ont été divisées également en cavités articulaires et en cavités non articulaires. Les premières répondent aux éminencesde même nom dans les jointures osseuses. Les secondes servent, soit à des implantations ligamenteuses et musculaires, soit au passage de vaisseaux, de nerfs ou de tendons, etc.

Les diverses éminences et cavités des os ont reçu, le plus souvent, des noms particuliers tirés, tanlôtde leur forme, tantôt de leurs usages, etc. Nous trouverons l'occasion de les faire connaître, avec l'acception qui se trouve attachée à chacun d'eux, dans l'élude spéciale des os.

Quand on veut décrire les éminences et les cavités extérieures d'un os, il est essentiel de ne point les signaler au hasard en passant indifféremment des unes aux autres.

12 DBS OS.

Four éviter les dimcullés qui résulteraient de l'application d'un système aussi peu rationnel, il convient dediviser l'os que l'on veut étudier en plusieurs régicms, ûans lesquelles on recherche tour à tour les particularités extérieures qu'elles peuvent présenter.

Nous devons donner ici la marche générale a suivre pour établir les régions d'un os long, d'un os large et d'un os court. — a. Un os long se divise toujours en trois parties : un corps et deux extrémités. Le corps ou partie moyenne, ou encore diuphyse, est la partie la plus étroite de l'os. Il représente un solide géométrique qui se rapproche plus ou moins d'un prisme très allongé. On étudiera donc dans le corps d'un os long autant de facet et autant d'angles plans ou de bords que le prisme qu'il représente en offrira. Quant aux extrémités, elles ont si peu d'étendue, qu'il est inutile de les diviser en régions secondaires. — b. Un os plat aura nécessairement deux faces, des bords et des angles. — c. Un os court présente à décrire des faces en plus ou moins grand nombre, et des angles plans et saillants qui sont généralement négligés à cause de leur peu d'importance.

Structure. — Les os sont formés d'un tissu propre entouré à l'extérieur par une membrane particulière, le périoste, et pénétré à l'intérieur par de la graisse, des vaisseaux et des nerfs,

1° Tissu propre. — Le tissu propre des os se compose d'une trame de substance organique dans laquelle sont déposés des sels calcaires qui donnent à ce tissu sa dureté caractéristique. Il est facile de rendre évidente cette composition en plongeant un os quelconque dans l'acide chlorhydrique étendu d'eau. L'acide dissout les sels calcaires et respecte la trame organisée. Aussi, après quelques jours de macération, l'os est devenu flexible comme du cartilage et a perdu une partie de son poids, quoiqu'il ait conservé la même forme et le même volume. On peut faire la contrepartie de cette opération en soumettant un os à l'action du feu. Cet os est rendu alors tout à fait friable, parce qu'on a détruit sa trame organique, sans attaquer les sels calcaires qu'elle contient.

Le tissu propre d'un os est plus ou moins dense suivant les points où on le considère; de là, sa division en substance compacte et en substance spongieuse. La première, très condensée, présente des pores à peine visibles» l'œil nu ; la seconde est creusée de cellules ou plutôt d'aréoles très larges qui communiquent toutes entre elles. La substance compacte forme eu entier le corps des os longs et la couche la plus extérieure des os larges et courts ; on la retrouve ainsi dans tous les points qui supportent de violents efforts. La substance spongieuse semble destinée à donner plusde volume aux os sans augmenter leur poids : elle existe surtout aux extrémités des os longs et à l'intérieur des os courts et des os plats.

2° Périoste. — C'est une membrane fibreuse, très vasculaire, a la face interne de laquelle se produisent les couches de l'os, pendant la |>ériode d'accroissement, et qui sert à leur nutrition quand l'accroissement s'est arrêté, Elle recouvre l'os en entier, à l'exception des surfaces articulaires.

3° Graisse. — Dans les os longs la graisse constitue la moelle; elle remplit tout le canal médullaire, et se prolonge même daus les cellules de la substance s|H)iigieusc. lin feuillet celluleux extrêmement lin, la membrane médullaire, entoure la moelle et envoie, à son intérieur, une multitude de prolongements lamelleux qui la partagent eu uu grand nombre de lobes et de lobules. Dans les os

PRINCIPES GÉNÉRAI X APPLICABLES A L'eTUOB DK TOUS LES OS. 13

privés de cavité médullaire, la graisse occupe, avec du tissu cellulaire eu plus ou moins grande quantité, les aréoles de la substance spongieuse.

Chez les oiseaux, tous les os contiennent primitivement de la substance médullaire. Mais cette substance disparaît bientôt chez quelques uns d'entre eux, pour Taire place à de l'air, qui arrive à leurs cavités intérieures par des prolongements particuliers des sacs aériens. Nous reviendrons sur ce sujet quand nous nous occuperons de l'appareil respiratoire des oiseaux.

h" Vaisseaux et nerfs. — Les vaisseaux artériels viennent de deux sources différentes : les uns ne sont que les capillaires du périoste qui s'insinuent dans les pores ouverts à la surface de l'os; les autres pénètrent dans l'intérieur de celui-ci par un orifice particulier, le trou nourricier \ quelquefois même par plusieurs, pour se distribuer, partie à la graisse et à sa membrane de soutien, partie au tissu osseux lui-même.

Les artères sont accompagnées par les veines; mais le plus grand nombre de ces derniers vaisseaux sortent de l'os par des trous spéciaux , fort larges, percés dans les points où la substance spongieuse est abondante , comme les extrémités des os longs. — Les lymphatiques des os ne sout pas encore connus. — Les nerfs suivent les artères dans l'intérieur de l'os, en passant par le trou nourricier. Ils semblent ne se distribuer qu'à l'enveloppe médullaire.

Développement. — Les os, avant d'arriver à l'état sous lequel ils se présentent chez l'animal adulte, parcourent plusieurs phases successives dont l'élude constitue l'un des sujets les plus importants de l'histogénie.

Ainsi , chez l'embryon très jeune, les os sont formés d'une matière muqueuse analogue à celle qui entre dans la composition de tous les autres organes.

Plus tard, ils s'imprègnent de gélatine et deviennent cartilagineux. Sous celle nouvelle forme, ils jouissent déjà d'une grande solidité, quoique le tissu qui les constitue, élastique et d'un blanc opalin, soit assez mou pour se laisser entamer par I instrument tranchant.

La substitution de la substance osseuse au tissu cartilagineux commence à s'opérer de bonne heure ; vers la fin du second mois de la conception, chez l'espèce chevaline , ce travail est en pleine activité. Il s'effectue pour chaque os de la manière suivante : Dans certains points déterminés de la masse cartilagineuse, ou *oit se développer plusieurs noyaux d'ossification qui seront le point de départ de sa transformation complète. Ces noyaux, dont l'évolution marche isolément, grossissent de jour en jour et finissent bientôt par envahir tout le cartilage. Lorsque l'animal vient au monde, tes principaux noyaux d'ossification ont à peu près complété leur développement , mais ils restent encore fort longtemps isolés les uns des autres par une couche de la matière primitive. L'ossification de celle-ci marche très lentement ; quand elle est terminée, les noyaux sout soudés ensemble de manière à ne former qu'une pièce unique, et l'os est définitivement constitué. — Les os très petits ne se développent jamais que par un seul noyau.

Il y a plusieurs parties du squelette qui ne subissent point la transformation osseuse, et qui restent le plus souvent, pendant toute la vie de l'animal, à l'étal cartilagineux. Os cartilages permanents se rencontrent daus les points où la charpente osseuse devait présenter une certaine flexibilité (exemple : le cartilage de prolongement du scapulum) et sur les surfaces articulaires.

U Des os.

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