DES
1" Radio* (Og. 33, 34).
Fig, 33 (♦).
Os long, pair, situé dans une direction verticale, entre l'humérus et la première rangée des os du carpe, divisé en un corps et deux extrémités.
Corps. — Légèrement recourbé en arc et déprimé d'avant en arrière, il présente à étudier deux faces et deux bords. — La face antérieure est convexe et parfaitement lisse. — La postérieure, un peu concave d'une extrémité à l'autre, offre : l°près du bord externe, une surface triangulaire, garnie d'aspérités, allongée verticalement, très étroite, commençant vers le quart supérieur de l'os, pour se terminer par une pointe effilée, vers le quart inférieur ; cette surface se met en rapport avec la face antérieure du cubitus, par l'intermédiaire d'un ligament inter-osseux, déjà complètement ossifié avant que l'animal soit arrivé a l'âge adulte ; 2" plus haut, une large coulisse transverse fort peu profonde, concourant a former l'arcade radio- cubitale, et présentant, près du point où elle touche la surface précédente, le trou nourricier de l'os ; 3° près du bord interne et vers le tiers inférieur, une éminence d'insertion allongée verticalement et peu saillante. — Les deux bords, l'un externe, l'autre interne, sont épais et arrondis ; ils établissent une transition insensible entre les faces.
Extrémités. — La supérieure est plus grosse que l'inférieure. On y remarque : 1° une surface articulaire, allongée d'un côté à l'autre, concave d'avant en arrière, plus large en dedans qu'en dehors, moulée sur la surface articulaire de l'extrémité inférieure de l'humérus ; aussi présente-t-elle : en dehors, une double gorge qui reçoit les deux lèvres de la trochlée numérale ; au milieu, un relief antéro- postérieur reçu dans la gorge médiane ; en dedans, une cavité glénoïde répondant au condyle ; — 2" la tubérosité externe, placée en dehors, à l'extrémité du grand diamètre de la surface articulaire ; elle est proéminente et bien détachée ; — 3° la tubérosité interne (1), gros mamelon très rugueux, déprimé, qu'on trouve en dedans et en avant de la cavité glénoïde; — U° un peu plus bas et du même côté, une forte empreinte musculaire et ligamenteuse, séparée de ta précédente tubérosité par une coulisse transversale destinée au passaged'une branche tendineuse ; 5° Y apophyse coronoïde (2), petite éminence conique au sommet de laquelle se ter-
(') Fig. 53. — Os de Pavant-bras vus par leur face externe. — 1 . Tubérosité bicipitale. 2. Tubérosité terne et supérieure du radius. 3. Coulisse pour le passage du tendon de l'extenseur latéral des 4. Coulisse pour le passage du tendon de l'extenseur antérieur des phalanges. S. Bec de l'olccrfine.
de l'olécrune. 7. Arcade radio cubitule.
(1) Tubérosité bicipitale chez l'homme.
(2) Chez l'homme, elle appartient au cubitus. >,
es.
mine, en avant, le relief médian de la surfoce articulaire ;— 6°deux facettes diarthrodiales allongées transversalement, sculptées sur le pourtour postérieur de la grande surface articulaire, avec laquelle elles se confondent par leur bord supérieur ; elles répondent à de semblables facettes du cubitus ; — 7° au-dessous d'elles, une surface rugueuse qui s'étend jusqu'à l'arcade radio-cubitale, et qui se met en rapport avec une surface analogue du même os, par l'intermédiaire d'un ligament inter-osseux ; chez le cheval, ce ligament s'ossifie rarement.
^extrémité inférieure, aplatie d'avant en arrière, présente : 1° en bas, une surface articulaire allongée transversalement, assez irrégulière, répondant aux quatre os de la rangée supérieure du carpe ; — 2° sur les côtés, deux tubérosités à insertions ligamenteuses, l'une interne, saillante et bieu circonscrite, l'autre externe, creusée d'une scissure verticale dans laquelle passe un tendon (fig. 33, 3); — 3°en avant, trois coulisses de glissemerft (fig. 34, 2, 3, U) : l'externe, la plus large, est verticale de même que la médiane; l'interne, la plus étroite, est oblique en bas et en dedans; — 4" eu arrière, une forte crête transversale qui surmonte la surface articulaire et sert à des insertions ligamenteuses. ,
Structure et développement, — Le radius est un os très compacte qui se développe par trois noyaux d'ossification, un pour le corps et deux pour les extrémités.
Différences. — (Voyez le Cubitus.)
2' Cubitus (fig. 33).
C'est un os allongé, asymétrique, en forme de pyramide triangulaire renversée, appliqué contre la face postérieure du radius avec lequel il est soudé chez les solipèdes adultes ; il offre à décrire une partie moyenne et deux extrémités.
Partie moyenne. — On y considère trois faces plus larges en haut qu'en bas,
(rois bords qui viennent se réunir à l'extrémité inférieure de l'os. — La face externe est lisse et à peu près plane. — Vinteme est également lisse et légèrement eicavée. — Vantérieure est conformée pour répondre au radius, et présente des particularités analogues à celles que nous avons signalées en arrière de ce dernier os. Ainsi on y trouve, en procédant de haut en bas : 1° deux petites facettes diarihrodiales (1) ; 2° uue surface rugueuse ; 3° une coulisse transversale pour la for» ration de l'arcade radio-cubitale ; U° une surface triangulaire parsemée de rugosités qui occupent le reste de l'os jusqu'à l'extrémité inférieure. — Les bords latéraux, externe et interne, sont tranchants, et se mettent, comme la face antérieure, en rapport avec le radius. — Le bord postérieur est concave, arrondi et plus épais que les deux autres.
Extrémités. — V extrémité supérieure comprend tout ce qui dépasse la surface articulaire du radius. Elle constitue une énorme apophyse nommée olécrâne, aplatie d'un côté à l'autre, et présentant : 1° une face externe, légèrement convexe ; 2« une face interne, excavée ; 3° un bord antérieur, mince et tranchant supérieurement, échancré en bas pour former la cavité sigmoïde (2), surface articulaire
(1) Elles représentent la petite cavité sigmoïde de l'homme. 12) Grande cavité sigmoïde chez l'homme.
concave de haut en bas, arrondie d'un côté à l'autre, qui répond à la gorge numérale, et qui est surmontée d'un prolongement saillant auquel on donne le nom de bec de ïolécrâne ; k* un bord postérieur, concave et lisse; 5* un sommet , sorte de grosse tubérosité rugueuse, qui termine l'olécrâne en haut, et sur laquelle viennent s'insérer les muscles extenseurs de l'avant-bras.
A son extrémité inférieure, le cubitus se termine, vers le quart inférieur du rayon principal de l'avant-bras, par une pointe aiguë, quelquefois par un petit bouton. Il n'est pas rare de le voir se prolonger, chez l'âne et le mulet surtout, jusqu'à la tubérosilé externe et inférieure de ce dernier os. Cette tubérosité semble alors lui appartenir, au moins en partie; et l'on pourrait, avec juste raison, considérer toute la portion qui se trouve située eu arrière de sa gouttière verticale comme une dépendance du cubitus.
Sfructure et développement. — la cubitus contient beaucoopde substance compacte, même dans sa région olécrânienne ; aussi jouit-il d'une grande solidité. — C'est un os avorté qui se développe par deux noyaux d'ossification seulement, dont un pour le sommet de l'olécrâne.
Différences des os de l'avant-bras. — Les différences principales portent sur les dimensions relatives des deux os et sur leur mode d'union. A cet égard on peut poser, comme lois générales, les principes suivants :
1° Le développement du cubitus est en rapport direct avec la division du pied.
— En effet, les animaux monodactyles, comme le cheval, l'âne et le mulet, n'ont qu'un cubitus rudimentaire. Chez les animaux pentadactyles, au contraire, comme l'homme, le chat, l'éléphant, etc., le cubitus est un véritable os long qui égale ou même surpasse le radius par son volume.
2° L'union entre le radius et le cubitus est d'autant plus intime que l'animal emploie plus exclusivement son extrémité inférieure pour lastationetla marche{\),
— Ainsi, chez les solipëdes, les ruminants et les pachydermes en général, on trouve les deux os soudés ensemble ou, tout au moins, réunis par un ligament interosseux d'une manière tellement solide, qu'ils ne peuvent exécuter l'un sur l'autre que de très obscurs mouvemeuts. Le membre antérieur de ces animaux ne sert, en effet, qu'à l'appui sur le sol. Chez ceux, au contraire, qui peuvent l'employer pour fouir la terre, grimper sur les arbres, etc. , ou comme organe de préhension, le radius et le cubitus sont simplement unis, à leurs extrémités, par une articulation mobile, qui leur permet de rouler l'un sur l'autre avec la plus grande facilité. Les rongeurs, la plupart des carnassiers, les quadrumanes, se trouvent dans ce cas ; mais c'est chez l'homme que l'indépendance relative des deux os est portée au plus haut degré : aucun animal ne peut exécuter aussi facilement que lui les mouvements de pronation et de supination de la main, qui sont déterminés par le jeu des dent os de l'avant-bras l'un sur l'autre.
Ruminants (fig. oO). — Chez le B<*uf, l'avant-bras est court. Le cubitus, plos fort que chez le cheval, se développe par trois noyaux primitifs ; il descend jusqu'à l'extrémité inférieure du radius, et concourt a former la surface articulaire qui répond aux os du carpe. Celle-ci est taillée obliquement de haut en bas et de dehors
(I) G. Cuvier.
en dedans. Il existe deux arcades radio-cubitales, uue supérieure, une inférieure, réunies en dehors par uue scissure profonde. L'union des deux os est plus intime encore que chez le cheval, car l'ossification finit toujours par envahir la portion du ligament inter-osseux placée au-dessus de l'arcade vasculaire supérieure.— Chez le Mouton et la chè^e, la disposition est la même, mais les os sont relativement plus allongés.
Pore. — Avant-bras court, surface articulaire inférieure taillée un peu obliquement, comme chez les ruminants, et formée en partie par l'extrémité inférieure du cubitus. Celui-ci est déjà un os volumineux, pourvu d'un canal médullaire, et solidement uni au radius par un ligament inter-osseux dont l'ossification complète est rare. Il est aplati d'avant en arrière, et s'étale à la face postérieure du radius de manière à la recouvrir presque complètement Son olécrâne est très proéminent
Carnassiers (fig. al). — Les deux os de l'avant-bras, chez le Cfalea et le Chat, sont presque égaux en volume. Ils se correspondent seulement par leurs extrémités, et présentent pour cet usage : 1* en haut, une surface articulaire concave, la petite cavité sigmotde, du côté du cubitus, et une facette arrondie , en forme de gond, du côté du radius ; 2° en bas, deux facettes analogues aux précédentes, mais beaucoup plus petites : celle du radius est concave, et celle du cubitus convexe. Ces deux os sont légèrement croisés l'un sur l'autre ; en effet, l'extrémité supérieure du cubitus touche le radius en arrière et en dedans, tandis que l'inférieure vient aboutir tout à fait en dehors. Celle-ci, comme chez le porc et les ruminants, répond aux os de la rangée supérieure du carpe.
S oatérioor.(l).
Le pied antérieur, l'une des régions du squelette les plus intéressantes à étudier, au point de vue de l'anatomie et de la physiologie comparées, se divise en trois sections : le carpe, le métacarpe et la région digitée.
t° Os du carpe ( fig. 34).
Le carpe se compose de sept petits os réunis entre eux, dans l'état frais, par des liens articulaires extrêmement solides, qui permettent néanmoins des mouvements très étendus.
Ce sont des os courts disposés sur deux rangs superposés, entre l'extrémité inférieure du radius et l'extrémité supérieure des os métacarpiens. Chaque rangée comprend trois os, placés de face les uns à côté des autres, et désignés sous les noms numériques de premier, deuxième, troisième, en les comptant de dehors en dedans. La rangée supérieure possède en plus un quatrième os placé hors rang, en arrière et un peu au-dessus du premier. Ou l'appelle le quatrième de la rangée supérieure, Vos crochu, Vos sus-carpien.
La description de ces os est des plus simples et peut se faire d'une manière générale pour tous. Ainsi, à l'exception de l'os sus-carpien, ce sont des solides de
[I) La main chez l'homme.
forme a peu près cubique, sur la périphérie desquels on trouve : 1» des surfaces articulaires ; 2° des surfaces d'insertion. — Les surfaces articulaires représentent de petites facettes planes ou légèrement ondulées, dispersées surles faces supérieure, inférieure et latérales; on n'en trouve point en avant et en arrière. Les faces supérieure et inférieure sont entièrement occupées par une seule facette qui répond, soit au radius, soit au métacarpien, soit aux os d'une rangée diiïérente. Les facettes latérales sont toujours multiples et mettent en rapport les os d'une môme rangée ; il n'en existe pas naturellement sur le côté excentrique des premier et troisième os du rang supérieur comme du rang inférieur. — Les surfaces d'insertion manquent sur les faces supérieure et inférieure. Elles séparent, sous forme de fossettes rugueuses, les facettes articulaires latérales. En avant et en arrière, ce sont des rugosités plus ou moins marquées.
Les os carpienssont formés d'un noyau de substance spongieuse, à maille serrée, entouré d'une couche très épaisse de substance compacte. — Ils se développent tous par un seul noyau d'ossification.
* Des os de la rangée supérieure en particulier. — Ils vont en augmentant de volume du premier au troisième, c'est-à-dire de dehors en dedans. Le premier (1) répond au radius, au premier os de la rangée inférieure, et h l'os crochu au moyen d'une facette con cave située en arrière; il a en tout cinq facettes articulaires. — Le second (2) en a six , el s'unit , en bas , avec le premier et le deuxième os de la seconde rangée. — Le troisième (3) présente quatre facettes seulement, et s'articule, par sa face inférieure, avec le deuxième et le troisième os de la rangée inférieure. — L'os crochu (U), qui mérite une description toute spéciale, représente un disque aplati d'un côté à l'autre, offrant à étudier deux faces et une circonférence. Sa face externe est convexe et creusée antérieurement d'une coulisse de glissement qui la parcourt de haut en bas. Sa face interne est concave et lisse. La circonférence présente, en avant, deux facettes articulaires: l'une, supérieure, concave, répond au radius ; l'autre, inférieure, convexe, se met en rapport avec le premier os de la rangée supérieure.
I Des os de la rangée inférieure en particulier. — Le premier (5)
possède quatre facettes diarthrodiales, et répond : en haut, aux deux premiers os de la rangée supérieure ; en bas, au métacarpien principal et au métacarpien rudimentairc externe. — Le deuxième (6), le plus gros, a sept facettes
fM Pie 54 — Carne m par ia face antérieure. — *. Tubérosilé interne et inférieure do radius. S. Cou line pour le passag.' du tendon de l'extenseur oblique du métacarpe. 3. M. pour l'extenseur antérieur d. ni -ta car De * ld pour l'txtenseur antérieur des phalanges. O. Tuberosite externe et intérieure du radias. 7 Tubérositê pour Piosertion d< l'extenseur auléiieur du métacarpe. 8.9. Métacarpieus i udimeutaircs. M H 4* le premier le deuxième cl le troisième os de la raugee supérieure du carpe. 15. L'os sus-Curpien. ÎÏ; 15, 10. Le premier, le deuxième el le troisième os de lu rangée inférieure.
(1) Pyramidal chez l'homme.
(2) Semi-lunaire chez l'homme.
(3) Scttphoide chez l'homme.
(4) Pisiforme chez l'homme.
(5) Os crochu chez l'homme, (b) Grand os de l'homme.
articulaires dont trois sur la face latérale interne. 11 s'articule, en haut, avec le deuxième et le troisième os de la première rangée, en bas, avec le métacarpien principal et le métacarpien rudimentaire interne. — Le troisième (1), le plus petit, pourvu de cinq facettes, se met en rapport, en haut, avec le quatrième os de la rangée supérieure , en bas, avec deux métacarpiens, le médian et l'interne.
Différences. — Humiliants (Og.. UO). — Le carpe, chez ces animaux, se compose de six os, dont deux seulement pour la rangée inférieure. — Le premier os de la rangée supérieure s'articule avec le radius et le cubitus. L'os sus-carpien, moins volumineux que dans le cheval et de forme prismatique, n'a point de rapport avec les os de l'avant-bras ; il est dépourvu en dehors de coulisse de glissement. — Les os de la rangée inférieure ne sont articulés qu'avec le métacarpien principal. Le second, le plus gros, représente à la fois le deuxième et le troisième os du cheval.
Porc. — Le carpe de cet animal comprend huit os, comme chez l'homme, quatre à la rangée supérieure et quatre à l'inférieure. — Le premier os de la rangée supérieure répond au cubitus, et, dans une très petite étendue, au radius. L'os crochu, aplati d'un côté à l'autre, ne s'articule point avec les os de l'avant-bras. — Lesosde la rangée inférieure diminuent de volume de dehors en dedans. Le premier répond aux deux métacarpiens externes, le deuxième au grand métacarpien interne, )c troisième aux deux métacarpiens internes. Le quatrième (trapèze) se termine en bas par une pointe mousse et n'a point de rapports avec les os métacarpiens.
Carnassiers. — Chez le Chien (fig. M), on compte sept os au carpe, trois à la rangée supérieure et quatre à l'inférieure. — Le premier osde la rangée supérieure s'articule avec le cubitus, l'os crochu, le premier os de la secoude rangée et le premier métacarpien. Le deuxième (semi-lunaire et scaphoïde réunis), le plus volumineux, se met en rapport avec les quatre os de la rangée inférieure. L'os crochu, allongé, prismatique, renflé à ses extrémités, offre, eu avant, deux facettes articulaires confondues, une pour répondre au cubitus, l'autre pour s'unir au premier os de la rangée supérieure. — Les os de la rangée inférieure vont en diminuant de grosseur du premier au quatrième, et rappellent exactement par leur disposition générale, les mômes os du carpe de l'homme. Le premier répond au première! au deuxième métacarpien, le deuxième au métacarpien du troisième doigt, le troisième à celui du quatrième doigt, le quatrième au métacarpien du pouce.
Le carpe du Chat ressemble absolument à celui du chien, avec cette différence qu'on trouve quatre os à la rangée supérieure. Ceci lient à ce que le semi-lunaire et le scaphoïde ne sont point soudés en une seule pièce.
2° Os DU MÉTACARPE ( fig. 34, 35, 36).
Le métacarpe se compose, chez les solipèdes, de trois os, appelés métacarpiens, accolés parallèlement les uns aux autres. On distingue un métacarpien principal oowërftoTïj et deux métacarpiens rudimentaires ou latéraux, l'un externe, l'autre interne,
(1) Trapézdide de l'homme. — L'analogue du trapèze manque cheî le cheval. îraprei M. Lavocat, on devrait regarder comme tel un petit os surnuméraire qu'on trouve quelquefois articulé en arrière du troisième os. Nous sommes entièrement de son avis.
Métacarpien principal. — C'est ud os long, cylindrotde, situé verticalement entre le carpe et la région digilée.
Corps.-— L& corps est un peu déprimé d'avant en arrière , disposition qui permet d'y reconnaître deux faces et deux bords. —La face antérieure est parfaitement lisse et arrondie d'un côté à l'autre. — La face postérieure est plate et présente : 1° vers le tiers supérieur, le trou nourricier de l'os; 2" sur les côtés, deux surfaces rugueuses, étroites, allongées verticalement, parallèles, commençant vers l'extrémité supérieure pour disparaître un peu au-dessous de la moitié de l'os ; ces surfaces répondent aux métacarpiens rudimentaires par l'intermédiaire d'un ligament inter-osseux souvent ossifié chez les vieux chevaux. — Les bords, l'un externe, l'autre interne, sont très épais, arrondis et lisses comme la face antérieure.
Extrémités.— La supérieure, aplatie d'avant en arrière, offre : 1° en haut, une surface articulaire ondulée, formée par la réunion de plusieurs facettes planes qui sont plus ou moins inclinées les unes sur les autres: elle répond à tous les os de la rangée supérieure du carpe; 2° en avant et en dedans, une lubcrosiléi insertions musculaires (fig. 34, 7) ; 3° en arrière et directement au-dessus des surfaces rugueuses de la face postérieure, quatre petites facettes diarlhrodiales, rapprochées deux à deux, et confondues , par leur bord supérieur , avec la grande surface articulaire: elles s'adaptent a de semblables facettes des métacarpiens rudimentaires. — V extrémité inférieure, allongée transversalement, répond à la première phalange et aux grands sésaînoïdes, par une surface articulaire convexe d'avant en arrière, qui se compose de deux condyles latéraux séparés par une arête médiane. Les deux condyles se ressemblent exactement, avec cette différence que le diamètre antéro- postérieur du condyie externe a moins d'étendue que celui du condyie opposé. Tous deui sont creusés par côté d'une excavation destinée à l'attache de faisceaux ligamenteux (fig. 36, \k).
Structure et développement. —Le métacarpien principal est l'un des os les plus compactes de l'économie animale. Il se développe par deux noyaux d'ossification, dont un pour l'extrémité inférieure.
Métacarpiens rudimentaires. — Les deux métacarpiens rudimentaires sont deux os allongés appliqués contre la face postérieure de l'os principal, l'un en dedans, l'autre en dehors. Chacun d'eux a la forme d'une pyramide renversée, et présente à étudier une partie moyenne et deux extrémités.
Partie moyenne. — Prismatique et triangulaire, elle offre: l' trois faces, une externe, lisse et arrondie d'un bord à l'autre, une interne, plane et également lisse, une autre antérieure, garnie de rugosités pour donner attache au ligament
(')Fig. 3S. — Os métacarpiens. — A. Os principal et os nidtmenlaire externe maintenus dans lenrt rapports normaux et vus en arrière. ■ — 1. Condyie externe de la surface articulaire inférieure. S. Condyie interne. S. Arcle médiane qui le* sépare. 4. Trou nourricier. 5, 5. Empreinte* rugueuses pour l'iusertion du ligumoDt inier-otsenx qui unit le melucurpiaii latéral interpeau métacarpien médian. — B. Métacarpien rw- Hlmentaire interne vu par sa face antérieure. — 1,1, Facettes articulaires inlermetacarpiecncf.
inter osseux qui uuil le métacarpien latéral à l'os médian ; 2° trois bords saillants qui séparent nettement les faces les unes des autres.
Extrémités. — La supérieure, la plus grosse, prend le nom de tête, et porte : en haut, une facette diarthrodiale qui répond à un ou à deux os de la rdngée inférieure du carpe; en avant, deux autres petites facettes (fig. 35, B, 1, 1) continues «vec les précédentes, et accolées à de pareilles facettes du métacarpien médian; sur les autres points de sa périphérie, des rugosités destinées à rattache de fibres ligamenteuses et tendineuses. — V extrémité inférieure s'arrête vers le quart inférieur, environ, du métacarpien principal, et se termine par un petit renflement, le bouton du métacarpien latéral, qui n'est jamais soudé avec l'os médiau.
Les deux métacarpiens latéraux, quoique ayant eutre eux la plus grande ressemblance, peuvent néanmoins être distingués l'un de l'autre avec beaucoup de facilité. Ainsi, l'os interne est toujours le plus épais et souvent le plus long. De plus, la surface articulaire supérieure de sa tête résulte de l'union de deux facettes, qui répondent aux deux derniers os de la rangée inférieure du carpe.
Structure et développement. — Ces os, d'une texture assez compacte, manquent, comme tous les os allongés, de canal médullaire et se développent par un noyau d'ossification unique. Il n'est pas rare cependant de voir le bouton former un noyau particulier.
Différences. — Ruminants (fig. 60). — Chez eux, les os du métacarpe sont au nombre de deux; un principal qui résulte lui-même de la soudure de deux métacarpiens complets; un autre tout a fait rudimentaire.
Le métacarpien principal est creusé, sur sa face antérieure et dans toute sa Iongueur, d'une scissure vasculaire très profonde, trace de sa séparation primitive en deux pièces; cette scissure présente inférieurement l'orifice antérieur d'un conduit qui traverse l'os d'outre en outre. La face postérieure est également parcourue par un très léger sillon longitudinal. L'extrémité supérieure porte, en dehors et en arrière, une seule facette diarthrodiale pour l'articulation du métacarpien rudimentaire. L'extrémité inférieure est divisée, par une échancrure profonde, en deux » surfaces articulaires qui ressemblent, l'une et l'autre, Ji la surface unique du métacarpien du cheval; chacune d'elles répond h l'un des doigts; l'externe est toujours plus petite que l'interne. — Chez le fœtus, les deux os longs qui forment le grand métacarpien sont simplement accolés, et leurs canaux médullaires se trouvent séparés l'un de l'autre par la double cloison qui résulte de l'adossement des deux os. Après la soudure de ceux-ci, la cloison se détruit par résorption (1), et il ne reste bientôt plus qu'un seul canal médullaire pour le métacarpien tout entier.
Le métacarpien rudimentaire n'est qu'un petit stylet osseux articulé, par une facette diarthrodiale, en arrière et en dehors de l'extrémité supérieure du métacarpien principal ; il manque quelquefois chez la Brebis et la Chèvre.
Pore. — Les métacarpiens du porc, au nombre de quatre, se divisent eu deux grands, médians, et deux petits, latéraux. Les deux grands os sont articulés entre eux, à leur extrémité supérieure, ainsi qu'avec les métacarpiens latéraux, au moyen de petites facettes diarthrodiales. Ils se terminent inférieurement comme dans le
il) Ou en retrouve cependant toujours quelques vestiges.
82 Dts os.
cbeval; les deux petits portent, à leur extrémité inférieure, un condyle continué en arrière par une trochlée.
Carnassiers (lig. M). — Le Chat et le Chien possèdent cinq métacarpiens, quatre grands et un petit. Les premiers s'articulent entre eux, à leur extrémité supérieure, par des facettes latérales ; ils présentent, à leur extrémité inférieure, un condyle prolongé en arrière par une surface articulaire qui rappelle celle do cheval. Les deux du milieu sont toujours plus longs que les deux latéraux. Le petit métacarpien appartient au doigt le plus interne, c'est-à-dire au pouce, et se termine inférieuremeut par une trochlée.