‹ Traitʹe d'anatomie comparʹee des animaux domestiquesChapitre 21 sur 53 · DES MEMBRES EN GÉNÉRAI. ET DE LEUR PARALLÈLE · texte numérisé non relu

DES MEMBRES EN GÉNÉRAI. ET DE LEUR PARALLÈLE

dans le membre antérieur au mécanisme qui prévient l'affaissement de ces rayons. Mais ici encore ou rencontre des cordes tendineuses qui viennent en aide à ces organes contractiles. Ainsi, on trouve pour suspendre l'angle métatarso-phalangien deux liens inextensibles, le ligament suspcnseur du boulet et le tendon perforant, exactement semblables aux parties analogues qui existent dans la région correspondante du membre de devant. L'angle du jarret, ou li bio-tarsien , est tenu toujours ouvert par la contraction du biféraoro-calcanéen, et par la tension mécanique de la longue corde fibreuse que forme le muscle perforé. Mais ces deux organes ne peuvent faire obstacle à la flexion du jarret qu'autant que le fémur se trouve fixé lui-même, soit par la contraction des muscles rotuliens, qui empêchent l'affaissement de l'angle du grasset ou fémoro-tibial, soit par celle du grand ilio-trochanlérien, qui s'oppose à la flexion de l'angle coxo-fémoral.

D. Des membres postérieurs considérés comme agents de la locomotion. — Le rôle des membres abdominaux dans la locomotion est des plus intéressants à étudier, puisque ce sont eux qui poussent le corps en avant. Leur mécanisme donne lieu aux mêmes considérations qui ont été exposées quand nous avons envisagé le membre antérieur comme l'agent qui soulève la partie antérieure du corps. Ainsi l'impulsion qu'ils communiquent au tronc est bien le résultat d'une détente des rayons osseux, détente qui produit son effet plutôt d'arrière en avant que de bas en haut, parce qu'au moment où elle s'effectue, la direction générale du membre est fortement oblique en arrière et en bas.

E. Parallèle entre les membres antérieurs et les membres postérieurs. — On voit donc, d'après ce qui précède, que les membres antérieurs sont plus spécialement affectés au soutien du corps, et que les postérieurs jouent plus particulièrement le rôle d'agents impulsifs dans les actes locomoteurs. Ceci est tellement vrai qu'on a pu comparer, avec raison, le jeu des membres de devant h celui des rayons d'une roue de voiture , lesquels supportent successivement le poids du véhicule en venant se placer tour à tour dans l'axe vertical de la roue; tandis qu'on a regardé l'action des membres de derrière comme produisant un effet analogue a l'effort d'un homme qui , placé entre les deux brancards de la voilure, la ferait marcher à reculons en la poussant devant lui.

Cependant, malgré cette différence dans le but qui leur est assigné, ces deux colonnes présentent, dans leur conformation, des ressemblances si frappantes, qu'elles ont porté quelques auteurs a considérer le membre postérieur comme une exacte répétition de l'antérieur. Nouvelle preuve de la sagesse admirable de la nature toujours variée dans ses résultats et toujours simple dans ses procédés !

Nous ne voulous pas entreprendre ici une analyse scrupuleuse des analogies qui existent entre le membre postérieur et l'antérieur. Nous nous contenterons de les indiquer sommairement, la forme élémentaire de cet ouvrage ne nous permettant pas d'entrer dans des détails bien circonstanciés.

Parallèle entre le coxal et le scapulum. — L'analogie qui existe entre ces deux os frappe peu au premier abord ; on peut cependant la saisir facilement avec un peu d'attention. Ainsi, la fosse iliaque représente évidemment les deux fosses externes du scapulum. Chez quelques animaux même (porc, mouton et chèvre), celle fosse est partagée en deux par une crête longitudinale, trace de l'épine scapulaire.

Quant à la cavité cotyloïde, elle répète dans le membre postérieur la cavité glénoïde de l'omoplate. Reste a déterminer dans ce dernier os les parties analogues à rischium et au pubis , qui semblent être totalement absentes au membre antérieur. Or, en se basant sur les insertions musculaires, on arrive à reconnaître que i'ischium répond à l'apophyse coracoïde, et le pubis à la clavicule chez les animaux qui en sont pourvus. On remarquera que ce parallèle ne peut être convenablement établi qu'autant que Ton compare l'os du membre postérieur avec l'os du membre antérieur du côté opposé, à cause de la direction inverse qu'affectent ces deux rayons. La môme remarque est applicable aux os de la cuisse et du bras, et à ceux de la jambe et de l'avant-bras.

Parallèle du fémur et de V humérus. — La ressemblance de ces deux os est remarquable; il suffit, pour la mettre en évidence, de placer le fémur gauche à côté de l'humérus droit. Ainsi, on trouve dans le premier : 1° une crête sous-trochantérienne tout à fait semblable à la crête sous-trochitérienne ; 2* une tête articulaire mieux détachée que celle de l'humérus, mais configurée de la même manière ; 3° un trochanter analogue au trochiter, et décomposé comme lui en trois parties distinctes : le sommet, la crête et la convexité ; U 9 un trochanlin qui représente le trochin ; 5° une poulie articulaire inférieure continuée entre les deux condyles par une gorge non articulaire : celte trochlée répond certainement à la gorge médiane de la surface numérale inférieure.

Parallèle entre les os de la jambe et ceux de l'avant -bras. — Ici encore il faut mettre les trois os de la jambe, unis entre eux par leurs liens naturels (voy. la fig. 60), en regard des os de l'avant-bras du côté opposé, et la comparaison s'établit pour ainsi dire d'elle-même. Ainsi, le tibia est l'os analogue du radius. Le péroné représente la partie moyenne et l'extrémité inférieure du cubitus. Quant à la rotule, elle répond de tout point à l'olécrâne. Cette dernière détermination, qui pourrait donner prise à quelques doutes dans l'esprit des anatomistes qui sont habitués à considérer la rotule comme un os sésamoïde, nous semble démontrée aussi victorieusement que possible. Eu effet, les muscles rotuliens, fixés sur l'os dont ils portent le nom, correspondent exactement aux muscles olécràniens. De plus, chez certains reptiles, l'olécrâne forme un petit noyau isolé, comme la rotule dans le membre postérieur.

Parallèle entre les os du pied postérieur et ceux du pied antérieur. — L'analogie devient si saisissable quand on compare ces deux régions, qu'il est à peine besoin de la signaler. Les os du tarse sont bien au membre postérieur ce que les os carpiens sont au membre antérieur. Les métatarsiens répètent tout à fait les métacarpiens. Quant aux os de la région digitée, ils sont si exactement ressemblants, qu'il devient fort difficile de distinguer les phalanges postérieures des antérieures.

Page 1