DES MOUVEMENTS
ï.e thorax peut augmenter ou diminuer de diamètre dans le sens antéro-postérieur et dans le sens transversal : d'où la dilatation et le resserrement de cetie cavité ; d'où les mouvements d'inspiration, qui s'accompagnent de l'entrée de l'air extérieur dans le poumon, et les mouvements d'expiration, qui chassent l'air contenu dans cet organe.
Les variations du diamètre antéro-postérieur de la poitrine étant le fait des changements de forme du muscle diaphragme, nous n'avons point à nous en occuper ici. Mais les variations du diamètre transversal étant le résultat du jeu des arcs costaux sur le rachis et le sternum, il importe d'étudier le mécanisme qui préside à l'exécution de leurs mouvements.
Rappelons d'abord que les arcs costaux sont inclinés en arrière sur le plan médian ; l'espace qu'ils circonscrivent dans leur concavité est donc loin d'être aussi étendu que s'ils étaient perpendiculaires à ce plan. Rappelons encore qu'ils sont mobiles sur le rachis, grâce à la double arthrodie qui unit à celui-ci leur extrémité supérieure. Rappelons enfin que leur extrémité inférieure prend un point d'appui également mobile, soit direct, soit indirect, sur l'os sternum. — Si donc les côtes sont tirées en avant par leur partie moyenne, elles pivoteront sur leurs extrémités et tendront à se rapprocher de la direction perpendiculaire, qui se trouve être la condition la plus favorable a la plus grande étendue de l'espace qu'elles peuvent délimiter. Il y aura donc agrandissement du diamètre latéral du thorax , c'est-à-dire dilatation de cette cavité. — Le mouvement inverse amènera, par un mécanisme opposé, le resserrement de la poitrine.
On dit que les côtes %' élèvent pendant le mouvement en avant ; elles s'abaissent pendant le mouvement en arrière. Ces expressions, parfaitement applicables à l'homme, qui se tient en station verticale, sont assez impropres dans le langage de l'anatomie vétérinaire .
Art. IV. — Articulations des membres antérieurs.
1° Articulation scapulo-htjmrrale.
Pour constituer cette articulation, qui appartient au genre énarthrose, le scapulura s'unit à l'humérus en formant avec lui un angle obtus ouvert en arrière.
Surfaces articulaires, — Du côté du scapulum , la cavité glénoïde, fosse ovale peu profonde, allongée dans le sens aniéro-postérieur, éebancrée en dedans, creusée, i son centre ou près de l'échancrure interne, d'une petite fossette synoviale. Une bride ligamenteuse, attachée sur le sourcil de la cavité, bouche cette échancrure et représente le vestige du bourrelet glénoïdien de l'homme. — Du côté de l'humérus , la téte articulaire, enchâssée entre le trochiter et le trochin , souvent creusée d'une fossette synoviale peu profonde.
Moyen d'union. — Un seul ligament capsulaire (fig. 55, 1), sorte de manchon
à deux ouvertures : l'une inférieure, qui embrasse la tôle de l'humérus ; l'autre supérieure, qui s'insère au-dessus du sourcil de la cavité glénoîde. Cette capsule présente en avant deux faisceaux de renforcement, qui descendent en divergeant de l'apophyse coracoïde sur le trochiler et le trochin. L'expansion aponévrotique qui la constitue, très mince et assez lâche pour permettre entre les surfaces articulaires un écartement de 1 à 2 centimètres, est loin d'être suffisante pour fixer convenablement l'un à l'autre les deux rayons osseux qui forment l'articulation. Aussi celle-ci est-elle consolidée par les puissances musculaires qui l'entourent, et parmi lesquelles nous citerons particulièrement : 1° en avant, le coraco-radial , séparé de la capsule fibreuse par un coussinet adipeux; 2° en arrière, le gros extenseur de Pavant-bras, et le muscle scapulo-huméral grêle qui semble chargé de soulever cette capsule pendant les mouvements de flexion , pour empêcher qu'elle ne soit pincée entre les surfaces articulaires; 3° en dehors, le court abducteur du bras et le tendon du sous-épineux; h° en dedans, le large et fort tendon du muscle sousscapulaire. Ajoutons à ce puissant appareil d'assujettissement la pression atmosphérique, dont l'action ne laisse pas que d'avoir une certaine importance. On prouve, en effet, qu'elle suffit pour empêcher le relâchement de la capsule fibreuse après la destruction des muscles environnants ; il est alors nécessaire, pour obtenir l'écartement des surfaces articulaires, d'ouvrir cette capsule et de faire pénétrer l'air dans l'intérieur de l'articulation.
Synoviale. — Elle est très lâche et entièrement renfermée dans la capsule périphérique, dont elle tapisse la face interne.
Mouvements. — L'articulation scapulo-humérale permet, comme toutes les énarthroses, l'extension, la flexion , l'abduction, Yadduction , la circumduction et la rotation. On remarquera que ces divers mouvements sont loin d'être aussi étendus que chez l'homme, parce que le bras, chez nos animaux domestiques, n'est point détaché du tronc, et se trouve, au contraire, fixé avec l'épaule contre les parois latérales du thorax. — L'opposition dans le sens de la flexion et de {'extension est, du reste, le mouvement le moins borné et le plus souvent répété. Son exécution entraîne toujours un déplacement des deux rayons osseux, lesquels sont à peu près également mobiles. Et en effet, dans la flexion, l'angle scapulo-huméral se ferme, non pas seulement parce que l'extrémité inférieure de l'humérus est ramenée en arrière et en haut, mais surtout encore parce que le scapulum pivote sur ses attaches supérieures, de manière a porter en avant et en haut son augle glénoïdien. L'extension se produit par un mécanisme inverse. — Pendant l'exécution des autres mouvements, le scapulum reste fixe; l'humérus seul se déplace, entraînant avec lui les rayons inférieurs du membre. S'il est tiré en dehors, il y a abduction; s'il est ramené en dedans, il y a adduction ; si le membre passe successivement de la flexion à l'adduction , de celle-ci à l'extension, etc., en décrivant un cercle par son extrémité inférieure, il y a circumduction ; s'il pivote de gauche à droite ou de droite à gauche, il y a rotation.
Différences.— Chez le Porc, le Chien et le Chat, la membrane synoviale n'est pas exactement renfermée dans la capsule fibreuse, f lie forme, en avant, un cul-dcsac qui descend dans la coulisse bicipkale pour favoriser le glissement du coracoradial.
2* Articulation do coude ou humbro-radiale (fig. 55).
Trois os concourent à former celte articulation, qui présente un exemple remarquable de gynglyme angulaire : l'humérus, par sou extrémité inférieure, et les deux os de l'avant-bras, par leur extrémité supérieure.
Surfaces articulaires. — La surface
Fig.
humérale , déjà décrite page 72 , est allongée transversalement et convexe d'avant en arrière. Elle présente: 1° une gorge médiane creusée d'une fossette synoviale; 2° une gorge latérale (trochlée l humérale) moins profonde que la précé; dente , et située à son côté exlerne- 3° un condyle volumineux qui borde en dedans la gorge médiane, et dont le diamètre an té ro- postérieur est beaucoup plus grand que celui de la trochlée située au côté opposé. — La surface anti-brachiale % brisée en deux parties, se moule sur la surface humérale ; elle est donc concave d'avant en arrière et se compose : 1° d'une double gorge externe, et 2° d'une cavité glénoïde interne , creusées toutes deux sur l'extrémité supérieure du radius; 3° d'un relief médian répondant à la gorge médiane de l'humérus, séparant les deux surfaces précédentes, et se prolongeant sur le crochet cubital où il forme l'échancrure sygmoïde. Ce relief offre une petite fossette sinoviale creusée à la fois sur le radius et sur le cubitus.
Moyens d'union. — Trois ligaments :
deux latéraux et un antérieur.
a. Le ligament latéral externe (fig. 55, 8) est un funicule gros, court et très fort, qui s'attache en haut sur la crête de l'épitrochléc et dans la petite cavité placée au côté externe de la trochlée humérale. Il s'insère en bas sur la tubérosité externe et supérieure du radius. Son bord antérieur, confondu avec le ligament capsulaire, est longé par l'extenseur principal des phalanges, qui prend sur lui de
(*) Fig. 55. — Articulations scnpulo-humèrale cl hument-radiale ( face externe} avec les niuules profonds qui les entourent. -t. Ligament capiulaire de l'articulation scnpiiln-lunnériilf . % Mincie court nhducleur du bru. ■>. Son insertion à l'humérus. 4. Insertion ilu sous-e'pin«ux sur lu crête «lu ti ochiler. 5. M.i-rle ror;i. o-radial. G. Son tendon d'origine attache sur l'apophyse coraroïdo. 7. Son insertion radial»- ct.itfon lut» avec le ligament auldrieur de l'articulation du coude. 8.8. Ligament latéral externe <Ie celte aiticulalion îl. Ligomeut ante'iienr. 10. Muscle am oiiii uu petit e*tciiscur de l'avanl-hras. 11. Origine du muscle fh-t hisscur esterue du metucarpe. 13. Mincie Court llé.-hisseni de l'avant-bras. — A. Tuherosilé de iVpinr- *• apulaire. — B. Fosse sus épineuse. — C. Fosse sous-épineuse. — /). Convexité du h ochiler. -J?, Sommet du liurhitvr.
nombreux points d'attache. Par son bord postérieur, il répond au fléchisseur externe du métacarpe. Sa face interne est tapissée par la synoviale. Sa face externe se trouve séparée de la peau par l'aponévrose anti-brachiale et quelques-uns des faisceaux d'origine du muscle extenseur latéral des phalanges. Ses fibres superficielles sont verticales, et se continuent en arrière avec les trousseaux ligamenteux arciformes qui vont du cubitus au radius. Ses fibres profondes sont légèrement obliques de haut en bas et d'arrière en avant.
b. Le ligament latéral interne (fig. 78, A), également funiculaire, est plus long, mais moins fort que le précédent. Il part de la petite tubérosité placée en dedans du condyle de l'humérus, et descend, en s'élargissant, sur l'os principal de l'avant-bras. Ses fibres médianes, les plus longues, se dirigent verticalement en bas pour gagner les empreintes situées sous la tubérosité bicipitale ; ses fibres antérieures, incurvées en avant, se réunissent au tendon du coraco-radial ou se confondent avec le ligament antérieur; les postérieures se contournent en arrière, près de leur extrémité inférieure, pour se joindre aux faisceaux fibreux arciformes qui unissent en dedans le cubitus au radius. Ce ligament recouvre par ses fibres médianes l'insertion inférieure du court fléchisseur de l'avant-bras et, en partie seulement, celle du long fléchisseur. Il est recouvert par le nerf cubito -plantaire, l'artère et la veine radiale postérieures.
c. Le ligament antérieur ou capsulaire (fig. 55, 9) est un lien membraniforme, attaché par son bord supérieur au-dessus de la surface articulaire humérale, et par son bord inférieur au pourtour antérieur de la surface radiale. Par ses bords latéraux, il est confondu avec les ligaments funiculaires. Sa moitié interne est formée de fibres verticales qui , de l'humérus, descendent en rayonnant sur le radius, où elles s'unissent au tendon inférieur du coraco-radial. Dans sa moitié externe, il est extrêmement mince et se compose de fibres entrecroisées qui affectent des directions variées. Tapissé en dedans par la synoviale , ce ligament se trouve en rapport, par sa surface extérieure, avec les vaisseaux et les nerfs radiaux antérieurs, les deux fléchisseurs de l'avant-bras, l'extenseur antérieur du métacarpe et l'extenseur antérieur des phalanges. Ces deux derniers muscles s'attachent même sur lui d'une manière très évidente.
L'articulation du coude, affermie en avant et sur les côtés par les trois ligaments que nous venons de décrire, est dépourvue en arrière de liens particuliers. Mais elle est puissamment consolidée de ce côté par l'insertion olécrânienne des muscles extenseurs de l'avant-bras, et par les tendons d'origine des cinq muscles fléchisseurs du métacarpe ou dés phalanges.
Synoviale. — Cette membrane, très étendue et déployée sur la face interne des ligaments précédemment décrits, forme en arrière trois grands culs-de-sac de prolongement : un supérieur, qui occupe la fosse olécrânienne et se trouve recouvert par un coussinet adipeux ainsi que par le muscle petit extenseur de l'avant-bras (1); deux latéraux, qui descendent de chaque côté du crochet cubital, et se distinguent en externe et en interne ; le premier tapisse le tendon du fléchisseur externe du
(l) Quelques fibres grisâtres et élastiques , doublant ce cul-de-sac à l'extérieur, ont été décrites à tort comme un ligament membraniforme postérieur.
l/il
métacarpe ; le second facilite le frottement sur l'extrémité supérieure du radius des quatre muscles fléchisseurs du pied ou des doigts qui sont attachés eu commun à l'épicondyle. Celte synoviale fournit aussi à l'articulation radio-cubilale undiverticnlum qui descend entre les os de l'avant- bras jusqu'au-dessous des facettes diar-
Mouvements. — Flexion et extension.
Dans la flexion, les deux rayons osseux ne se rapprochent pas directement l'un de l'autre ; l'extrémité inférieure du radius se dévie un peu en dehors. Ce résultat est dû à une légère obliquité des gorges articulaires, plutôt qu'à la différence de grosseur qui existe entre l'extrémité interne cl l'extrémité externe de la surface numérale.
L 1 'extension est bornée par la réception du bec de l'oléciâne dans la fosse olécrânienne et par la tension des ligaments latéraux , en sorte que les deux rayons osseux ne peuvent jamais se redresser l'un sur l'autre d'une manière complète, c'est-àdire se placer sur la même ligne.
Différences. —Chez les Carnassiers^ le ligament latéral externe est très épais. Il forme, dans sa moitié inférieure, une calotte fibro-cartilagineuse fixée sur le cubitus et le radius, et réunie en avant au ligament aunulaire de la jointure radiocubitale supérieure. Cette calotte complète avec ce dernier ligament l'anneau ostéofibreux daus lequel tourne l'extrémité supérieure du radius. — Le ligament latéral interne s'insère, par deux faisceaux très courts, sur le cubitus et le côté interne de la tête radiale. Un troisième faisceau , profond et médian , beaucoup plus développé que les premiers et recouvert par l'insertion inférieure des fléchisseurs de l'avant-bras, descend entre le radius et le cubitus, gagne la face postérieure du premier et s'y insère très près de l'attache inférieure du ligameut externe, à la rencontre duquel il semble vouloir aller.
Surfaces articulaires. — Les deux os de l'avant-bras se correspondent par des surfaces diartbrodiales et des surfaces synarthrodiales.
a. Les surfaces diarthrodiales consistent en quatre facettes ondulées, allongées irausversalement, deux radiales, et deux cubitales* Les premières bordent en arrière la grande surface articulaire qui forme la joiuture du coude. Les secondes se trouveut situées sous l'échancrure sigmoïde.
b. Les surfaces synarthrodiales, planes et chagriuées, sont aussi au nombre de deux sur chaque os : l'une, supérieure* s'étend sous les facettes diarthrodiales jusqu'à l'arcade radio-cubitale ; l'autre, inférieure , plus étendue , occupe sur le cubitus toute la face antérieure, depuis l'arcade précitée; sur le radius, elle forme une empreinte triangulaire très allongée qui descend jusqu'au quart inférieur de l'os. (Yoy. pages llx et 75. )
Moyens d'union. — Deux ligameuts inler-osseux et deux ligamënts périphériques.
a. Les ligaments inter-osseux, interposés aux surfaces synarthrodiales, sont formés de fibres blanches extrêmement courtes qui vont d'un os à l'autre, et qui sont douées d'une force de résistance très remarquable. L'inférieur S'ossifie constam-
3° Articulation badio-cibitale.
I'l2 DBS ARTICULATIONS.
ment, longtemps même avant que les animaux soient arrivés à l'âge adulte, en sorte que les anciens anatomistes vétérinaires ont pu décrire, avec quelque apparence de raison, le radius et le cubitus comme un os unique. L'ossification du ligament supérieur est très rare.
b. Les liens périphériques sont des trousseaux de fibres arciformes qui, depuis le bec de l'olécrâne jusqu'à l'arcade radio-cubitale, partent des faces latérales du cubitus pour se porter, les unes en dedans, les autres en dehors, sur la face postérieure du radius. — Les fibres du ligament externe se confondent avec le ligament huméro-radial externe. — Les fibres internes s'unissent au ligament huméro-radial interne et au petit tendon cubital appartenant au court fléchisseur de l'avant-bras. — On retrouve des fibres analogues au-dessous de l'arcade radio-cubitale ; mais elles sont beaucoup plus courtes et moins apparentes.
Mouvements. — Très obscurs dans le jeune âge ; presque nuls quand la soudure des deux os est opérée.
Différences. — Ruminants. — Chez ces animaux , l'ossification du ligament inter -osseux supérieur survient constamment a l'époque de l'âge adulte.
Carnassiers. — On sait déjà(voy. page 77) que le radius et le cubitus ne se soudent point entre eux. Ils restent indépendants pendant toute la vie de l'animal, s'unissént dans leur partie moyenne au moyen d'un ligament inter-osseux , et se joignent par diarthrosc a leurs deux extrémités. Le Chien et le Chat présentent donc à étudier : 1° un ligament inter-osseux ; 2° «ne articulation radio-cubitale supérieure; 3« une articulation radio-cubitale inférieure.
Ligament inter-osseux. — Il se compose de fibres blanches très résistantes, attachées par leurs extrémités sur le corps des deux os. Malgré leur peu de longueur, elles sont assez lâches pour se prêter aux mouvements des articulations radiocubitales.
Articulation radio-cubitale supérieure. — C'est une trochoïde qui permet seulement des mouvements de rotation ou de pivotement.
Les surfaces articulaires qui forment cette articulation sont : du côté du cubitus, la petite cavité sigmoïde, surface exavée dans le sens latéral, et semi-circulaire ; du côté du radius, un demi-gond cylindrique reçu dans la précédente cavité.
On cite comme moyen d'union un ligament annulaire, sorte de cravate fibreuse jetée autour de l'extrémité supérieure du radius, fixée en dedans sur le cubitus près de l'extrémité interne de la petite cavité sigmoïde , attachée en dehors sur le ligament latéral externe de l'articulation du coude, et confondue supérieurement avec le ligament antérieur de la même articulation. On remarquera que cette cravate fibreuse, en s' unissant à la calotte fibro -cartilagineuse du ligament huméroradial externe, et en rejoignant par son extrémité interne la petite cavité sigmoïde, transforme cette dernière en un anneau complet, revêtu de cartilage dans sa portion osseuse, et tapissé par la synoviale (celle de l'articulation du coude) dans sa portion ligamenteuse. On remarquera encore que la tête ou l'extrémité supérieure du radius est encroûtée sur tout son contour d'une couche de cartilage, et que cette disposition lui permet de glisser, non seulement sur la facette concave qui forme la petite cavité sigmoïde, mais encore sur la face interne des deux ligaments qui complètent celle-ci.
ARTICULATIONS DES MEMBllES ANTÉRIEURS. 1 /j 3
Articulation radio-cubitale inférieure. — C'est également une trochoïde analogue à la précédente, mais inversement disposée. Ainsi, la surface articulaire concave est creusée sur le radius, en dehors de l'extrémité inférieure ; la surface convexe se trouve en dedans du cubitus. Ces deux facettes sont 1res peu étendues et maintenues en contact par une petite capsule fibreuse périphérique. Un fort ligament inter-osseux , situé sous les facettes articulaires, consolide encore celte diarthrose, et concourt par son bord inférieur à former la surface anti-brachiale de l'articulation radio-carpienne. Une petite synoviale est affectée spécialement à cette trochoïde.
Mécanisme des trochoîdes radio-cubitales. — Le jeu de ces deux articulations est simultané et tend au même but, c'est-à-dire à l'exécution du double mouvement rolatoire qui constitue la supination et la pronation.
Il y a supination quand, le cubitus restant immobile, le radius pivote sur ce dernier de manière a porter sa face antérieure en dehors. On constate alors que son extrémité supérieure tourne de dedans en avant, et même d'avant en dehors si le mouvement s'exagère, dans la ceinture articulaire formée par la petite cavité sigmoïde du cubitus et les ligaments qui la. complètent. On constate encore que l'extrémité inférieure roule sur la facette du cubitus en décrivant un mouvement analogue, et que la tubérosité interne de celte extrémité se trouve portée en avant.
Dans le mouvement de pronation, cette tubérosité est ramenée en dedans, et la face antérieure du radius revient en avant, par un mécanisme opposé.
Le rayon inférieur du membre antérieur, étant articulé par charnière avec le radius, suit cet os dans ses mouvements rotaloires , c'est-à-dire que la face antérieure du métacarpe regarde eu dehors pendant la supination, et qu'elle est ramenée en avant lors de la pronation.
V Articulations du carpe (6g. 56 et 57 J.
Elles comprennent : 1° les articulations qui unissent entre eux les os carpiens de la première rangée ; 2° les articulations analogues de la seconde rangée; 3* l'articulation radio-carpienne ; W l'articulation des deux rangées entre elles; 5° l'articulation carpo-métacarpienne.
Articulations oui unissent entre eux les os carpiens de la première rangée. — Ces os, au nombre de quatre, se joignent par les facettes diarthrodiales qu'ils présentent sur leurs faces latérales, en formant de petites arlhrodies (1). Ils sont maintenus en rapport par six ligaments, trois antérieurs et trois inter-osseux. — Les ligaments antérieurs représentent de petites bandelettes aplaties qui se portent du quatrième os au premier, du premier au second, et de celui-ci au troisième. Le premier, placé en dehors plutôt qu'en avant du carpe, est recouvert par le ligament latéral externe et le tendon inférieur du fléchisseur externe du inéiacarpe ; les autres adhèreut au ligament capsulaire. —Les ligaments inter-osseux s ynplanlent dans les rainures d'insertion qui séparent les facettes diarthrodiales. L'un d'eux , dérobé par le ligament commun postérieur, unit l'os crochu au pre-
(l) On sâil que la facette qui unit l'os sus-carpien au premier os u'est pas située sur une de ses face*, m*is bien sur la partie antérieure de sa circonférence.
iUU DES ARTICULATIONS.
inier os. Les deux autres, silués entre les trois premiers os carpicus, se confondent avec les ligaments antérieurs correspondants.
Articulations qui unissent entre eux les os carpiens de la deuxième rangée. — Ce sont des aulirodies tout à fait semblables aux précédentes, mais au nombre de deux seulement. Elles sont assujetties par deux ligaments antérieurs et un nombre égal de ligaments inter- osseux. — Un des ligaments antérieurs joint le premier os au second, et adhère fortement au ligament capsulaire ; l'autre, entièrement recouvert par le ligament latéral interne, attache l'uu à l'autre les deux derniers os. — Des deux ligaments inter-osseux , le second seul vient se confondre avec le ligament antérieur corresjwndant. Celui qui est situé entre les deux premiers os se trouve séparé du ligament antérieur par une des facettes diarthrodiales qui établissent le contact de ces os.
Articulation radio-carpienne. — L'extrémité inférieure du radius, en Munissant aux os carpieos de la rangée supérieure, constitue une diarlbrose qui peut être considérée, par la nature des mouvements qu'elle permet, comme une charnière imparfaite.
Surfaces articuloires. — La surface radiale, allongée transversalement et très irrégulière, présente : 1° en dehors, une large gorge, limitée en avant par une petite cavité glénoïde, et bornée en arrière par une excavation non articulaire qui reçoit un prolongement du second os dans le mouvement de flexion ; 2° en dedans, un condyle d'une courbe plus éteudue que la gorge précédente, et complété comme elle par une petite cavité glénoldale antérieure. — La surface carpienne, moulée exactement sur la surface radiale, offre en creux ce que celle-ci présente eu relief, et vice versà.
Moyens d'union. — L'articulation radio-carpienne est assujettie par trois ligaments qui lui appartiennent en propre, et par quatre forts ligaments qui lui sont communs avec les articulations suivantes. Ceux-ci seront étudiés plus loin, après la description particulière de ces articulations.
Des trois ligaments propres à l'articulation radio-carpienne, l'un forme un gros funicule arrondi, étendu du radius au troisième os, dans une direction oblique de haut en bas et de dehors en dedans, et caché sous le ligament commun postérieur. Le second (lig. 57, 5), beaucoup plus petit, se porte de l'os crochu au côté exiemede l'extrémité inférieure du radius, et est recouvert en partie par le ligament commun externe* Quand la synoviale est distendue par une hydropisie, elle peut faire hernie au côté externe du carpe, en passant entre ce petit ligament et le ligament commun postérieur. — Le troisième, fort délicat, mais constant i se trouve situé très profondément sous ce dernier. Il s'iusère , d'une part, sur le radius près du premier ligament propre; d'autre part, sur le deuxième os et sur le ligament inter-osseux qui unit l'os sus carpien au premier os.
Synoviale. — Après avoir tapissé les trois ligaments indiqués ci-dessus et les quatre grands ligaments non encore décrits, elle se prolonge entre les trois premiers os carpiens, pour aller revêtir la face supérieure des ligaments inter-osseux qui unissent ces différents os. Elle desceud même le plus souvent dans l'articulation qui joint l'os sus-carpien au premier os. Mais il arrive aussi quelquefois que cette arlhrodie possède une synoviale particulière.
Articulation des deux rangées entre elles. — C'est, comme la précédente jointure, une charnière imparfaite.
Surfaces articulaires. — Elles sont toutes deux allongées transversalement, fort irrégulières dans leur configuration et brisées en trois pièces. — L'inférieure offre: en arrière, trois petits condyles placés côte à côte; en avant, deux facettes légèrement concaves. — La supérieure répond à la première par trois cavités glénoïdales et deux facettes convexes.
Moyens d'union. — On compte pour cette articulation, eu sus des grands ligaments communs, trois ligaments particuliers. — Deux de ces ligaments, fort courts, sont situés en arrière du carpe sous le grand ligament postérieur. On les aperçoit facilement, après avoir détruit le ligament capsulaire, en fléchissant fortement le carpe. « Le plus fort s'étend verticalement de l'os interne de la rangée supérieure au second et au troisième os de la rangée métacarpienne ; l'autre descend obliquement du premier os de la rangée anti-brachiale sur le second de la rangée inférieure. » (Rigot). — Le troisième ligament propre, beaucoup plus fort que les deux autres, se rend de l'os crochu au premier os de la rangée inférieure et à la tête du métacarpien externe. Il se confond en dehors avec le grand ligament latéral externe; en dedans, avec le ligament commun postérieur. Son bord postérieur donne attache à l'arcade fibreuse qui complète la gaine carpienne (lig. 57, h).
Synoviale. — Elle tapisse tous les ligaments, et se prolonge en haut et en bas entre les os carpiens pour favoriser lu glissement de leurs facettes articulaires. Deux prolongements supérieurs remontent entre les trois premiers os de la rangée anti-brachiale pour aller revêtir la face inférieure des ligaments inter-osscux qui les réunissent. Deux autres prolongements descendent entre les os carpiens de la seconde rangée; l'externe, après avoir tapissé le premier ligament inter-osséux, passe entre celui-ci et le ligament antérieur correspondant, et vient communiquer avec la synoviale de l'articulation carpo-métacarpienne. L'interne forme un cul-de-sac qui s'appuie sur le ligament inter-osseux.
Articulation carpo-métacarpienne. — Les os carpiens de la seconde rangée s'articulent avec l'extrémité supérieure des métacarpiens en formant une diarthrose planiforme.
Surfaces articulaires. —Ce sont, des deux côtés, des facettes planes, plus ou moins inclinées les unes sur les autres et continues entre elles. La plus grande, située au milieu , est généralement creusée d'une petite fossette synoviale fort peu profonde.
Moyens d'union. — Nous citerons encore les quatre grands ligameuts communs, plus six ligaments spéciaux, deux antérieurs , deux postérieurs et deux inter-osseux.
Des deux ligaments antérieurs (fig. 56, 2,2), l'un, dédoublé en deux bandelettes distinctes, unit le deuxième os au métacarpien principal ; l'autre, caché par le ligament latéral externe, attache le premier os à la tête du métacarpien externe.
(*) Fig. 56. — Vue antérieure des articulations du carpe. — 1,1. Ligaments antérieurs destines a l'aoion des ot carpiens de chuqu« rangée. 2,2. Ligaments antérieurs propres a l'articulation cui po-meUcui • pienne. 3. Ligament commun externe. 4. Ligament commun interne.
\hb DES ARTICULATIONS.
Les deux ligaments postérieurs décrits par Rigot ne nous semblent pas assez distincts du grand ligament postérieur pour que nous en fassions une description spéciale. Nous les citons ici pour mémoire.
Les deux ligaments inter-osseux , complètement oubliés par cet habile anatomiste, partent des interstices qui séparent le métacarpien médian des métacarpiens latéraux, et vont se réunir aux ligaments inter-osseux de la seconde rangée : ils sont gros et courts. Nous avons vu quelquefois manquer l'un ou l'autre.
Synoviale. — Mlle communique, par la voie indiquée plus haut, avec la synoviale de l'articulation précédente. Elle fournit un cul-de-sac supérieur qui va s'appuyer sur le ligament inter-osseux interposé aux deux derniers os carpiens de la seconde rangée. Deux culs-de-sac inférieurs descendent dans les arthrodies intermétacarpiennes.
Ligaments communs aux trois articulations précédentes. — Ils sont au nombre de quatre, avons-nous dit : deux latéraux, un antérieur, un postérieur. a. le ligament latéral externe (fig. 56 et 57, 3) est un gros cordon funiculaire formé de deux ordres de libres, les unes profondes, les autres IG * 57 * '* superficielles, légèrement croisées en \. 11 part de la tubérosité externe et inférieure du radius, descend verticalement sur le côté du carpe, envoie un faisceau au premier os de la rangée supérieure, abandonne un autre faisceau qui s'arrête sur l'os externe de la seconde rangée, et vient se terminer sur la tête du métacarpien correspondant. Traversé obliquement par l'extenseur latéral des phalanges , ce ligament recouvre les os carpiens externes. En avant, il s'unit avec le ligament capsulaire. Près de son extrémité inférieure, il se confond avec le fort ligament qui joint l'os sus-carpien au premier os de la rangée inférieure et a la tète du métacarpien externe.
b. Le ligament latéral interne (fig. 56, analogue au précédent et situé du côté opposé, se trouve être et plus large et plus épais. Il commence sur la tubérosité interne du radius, et se termine sur l'extrémité supérieure du métacarpien médian et du métacarpien interne, après s'être attaché, par deux faisceaux distincts, sur le troisième os carpien de la rangée supérieure et sur les deux derniers de la rangée métacarpienne. En rapport par sa face externe avec le tendon de l'extenseur oblique du métacarpe, ce ligament répond, par sa face profonde, aux membranes synoviales du carpe et aux os sur lesquels il prend des points d'attache. Par son bord antérieur, il s'unit au ligament capsulaire. Son bord opposé se confond intimement avec le ligament postérieur, dont il est impossible de le distinguer.
c. Le ligament antérieur ou capsulaire est un lien membraneux qui recouvre la face antérieure des articulations carpiennes. Son bord supérieur est attaché sur le radius. L'inférieur s'insère sur l'extrémité supérieure du métacarpien prin-
(•) Fig. 57. — Vue latérale des articulations carpiennes. — 1,1. Ligaments antérieurs réunissant entre eux les os carpiens de chaque rangée. Ligaments unlérieut s propics à l'articulation carpo-mélacnrpienne. 3. Ligament commun externe. A. L'un des ligaments propre* à l'articulation des deux rangées ( métucarposn s- carpien). S. L'un des ligaments propres à I articulation radio carpienne ( radhwus-carpien ). — A. l'.onlisse de glissement pratiquée sur la face externe «le l'os crochu pour le passage du fléchisseur métacarpe.
cipal. Les deux bords droit et gauche s'unissent aux ligaments latéraux. Sa face externe est en rapport avec les tendons des muscles extenseurs antérieurs du métacarpe et des phalanges. Sa face interne , tapissée dans certains points par la membrane synoviale , adhère dans d'autres aux os carpiens et aux ligaments anté- . rieurs qui les unissent les uns aux autres. Ce ligament, formé de fibres transversales plus ou moins obliques et croisées en sautoir, se prête par son ampleur aux mouvements de flexion du genou.
d. Le ligament postérieur, l'un des plus forts de l'économie animale, recouvre la face postérieure du carpe en nivelant les aspérités qui le hérissent. Il s'insère : en haut, sur la crête transversale qui surmonte la surface articulaire du radius ; dans sa partie moyenne, sur tous les os carpiens ; en bas, sur la tête du métacarpien principal. Confondu en dedans avec le ligament latéral interne, uni en dehors au lien qui attache l'os crochu au métacarpien externe et au premier os carpien de la rangée supérieure, le ligament qui nous occupe se continue, par son extrémité inférieure, avec le ligament suspenseur du boulet et avec la bride carpienne qui soutient le tendon perforant. Sa face postérieure, parfaitement lisse, est tapissée par la synoviale tendineuse de la gaine carpienne.
Mouvements des articulations carpiennes. — Le carpe est le centre de deux mouvements opposés très étendus, la flexion et l'extension, auxquels s'ajoutent trois mouvements accessoires fort bornés , Y adduction, Y abduction et la circumduction.
Toutes les articulations carpiennes ne prennent point une part égale à l'exécution de ces mouvements. En effet, il est facile de constater qu'ils se passent principalement dans la diarihrose radio-carpienne et dans la charnière imparfaite qui réunit les deux rangées d'os carpiens. Chacune de ces articulations participe aux mouvements du carpe à peu près dans la même proportion , et toutes deux fonctionnent d'une manière identique. Leur mécanisme est des plus simples.
Dans la flexion, la première rangée roule d'avant en arrière sur le radius, la rangée inférieure se meut dans le même sens sur la supérieure , le métacarpe est porté en arrière et en haut , le ligament commun postérieur se relâche , le ligament capsulaire se tend, et les surfaces articulaires, celles de la seconde jointure surtout, s'écartent en avant les unes des autres. Dans Yextension, le métacarpe est ramené en bas et en avant par un mécanisme inverse. Ce mouvement s'arrête quand le rayon de l'avant-bras et celui du métacarpe se trouvent situés sur la même ligne verticale. On remarquera que dans la flexion ces rayons osseux ne se rapprochent pas directement l'un de l'autre; l'extrémité inférieure du métacarpe se porte toujours en dehors. On remarquera encore que les légers mouvements d'abduction , d'adduction et de circumduction du carpe ne sont possibles qu'au moment où le pied est fléchi sur l'avant-bras.
Quant aux diarthroses planiformes qui articulent entre eux les os carpiens d'une même rangée, elles ne permettent qu'un simple glissement des surfaces de contact ; l'arthrodic carpo-métacarpienne se trouve absolument dans le même cas. La mobilité restreinte de ces diverses articulations ne peut donc avoir qu'une influence fort secondaire sur les mouvements généraux du carpe ; mais elle les favorise néanmoins en permettant aux os carpiens de changer leurs rapports réciproques et
de se prêter par là, pendant le jeu des deux charnières radio-carpienne et intercarpiennc, à une coaptation plus exacte des plans articulaires qui les constituent.
Différences. — Chez les autres animaux , les articulations carpiennes se présentent, dans leurs dispositions essentielles, avec les caractères que nous venons d'assigner aux auimaux solipèdes. Ainsi, les quatre principaux liens périphériques* diffèrent peu de ceux qui appartiennent à ces animaux. On remarquera cependant que leur laxité permet chez les Carnassiers des mouvements latéraux assez étendus.
5° Articulations inter- métacarpiennes.
Chaque métacarpien latéral s'articule avec le métacarpien médian au moyen de surfaces diarthrodiales et de surfaces synarthrodiales, pour la description desquelles nous renvoyons à la page 80. I n ligament inter-osseux, composé de faisceaux très Courts et très forts , s'interpose aux surfaces synarthrodiales et les fixe solidement l'une à l'autre. Son ossification est un fait assez fréquent. Les facettes diarthrodiales sont maintenues en contact par le ligament précédent et par les ligaments carpiens qui viennent s'insérer sur la tête des métacarpiens latéraux. — Les articulations inter-métacarpiennes ne permettent qu'un mouvement de glissement vertical fort obscur.
Différences. — Chez le Bœuf, il n'existe qu'une seule articulation intermétacarpienne, beaucoup plus simple encore que celles du cheval.
Chez le Porc, les quatre métacarpiens se correspondent, à leur extrémité supérieure, au moyen des petites facettes diarthrodiales qu'ils présentent par côté. Des faisceaux fibreux, dépendances des grands ligaments antérieur et postérieur du carpe, protègent eu avant et en arrière ces articulations iuter-métacarpiennes. D'autres fibres, situées entre les faces adjacentes des métacarpiens, représentent de véritables ligaments inter-osseux.
Chez les Carnassiers, les quatre grands métacarpiens s'articulent entre eux de la même manière à peu près que ceux du porc. On doit observer cependant que leur mobilité est plus étendue.
6° Articulation wétacarpo-phalangiense (fig. 58 et 59).
Charnière parfaite formée par l'extrémité inférieure du métacarpien médian, d'une part, et d'autre part, par l'extrémité supérieure de la première phalange et les grands sésamoïdes.
Surfaces articulaires. — Du côté du métacarpien , deux condyles latéraux et une arête médiane à courbe antéro-postérieure. — Du côté de la première phalange, deux cavités glénoïdales et une gorge intermédiaire, prolongées en arrière sur la face antérieure des grands sésamoïdes. Brisée ainsi en trois pièces, la surface digitale se trouve dans d'excellentes conditions de solidité, parce que les pressions transmises à la région digitée sont atténuées et décomposées par l'élasticité naturelle des liens qui unissent ces trois pièces les unes aux autres.
Moyens d'union. — Ils se divisent en deux catégories: 1° ceux qui joignent entre elles les pièces osseuses de la surface inférieure ; 2° ceux qui maintiennent en rapport les deux surfaces articulaires opposées.
ARTICULATIONS DES MEMBRES ANTÉRIEURS. iU9
A. Les premiers ont reçu le nom générique de ligaments sésamoïdiens, et sont au nombre de six : un ligament inter-sésamoïdien, qui rassemble les deux os complémentaires de la surface digitale ; trois ligaments sésamoïdiens inférieurs et deux latéraux, chargés d'unir ces os à la première phalange.
a. Le ligament inter-sésamoïdien est constitué par de la substance fibro-cartilagineuse, qui semble être la gangue primitive dans laquelle les deux sésamoîdes se sont développés ; elle se répand , en effet, autour de ces os après s'être fixée solidement sur leur face interne. En arrière , ce ligament forme , en commun avec la face postérieure des sésamoîdes, la coulisse (fig. 58, tx) sur laquelle glisse les tendons fléchisseurs. Il occupe en avant le fond de la gorge articulaire inter-sésamoïdienne.
b. Les ligaments sésamoïdiens inférieurs, situés à la face postérieure de la première phalange, se distinguent en superficiel, moyen et profond.
Le ligament superficiel (fig. 58, 5), le plus long des trois, représente une bandelette étroite, aplatie d'avant en arrière. Il naît du milieu de la masse fibro-carti- 1 agi ne use qui complète en arrière la surface articulaire supérieure de la seconde phalange, et s'élève, en s'élargissant légèrement, jusqu'à la base des grands sésamoîdes, sur lesquels il s'insère en se confondant ôvec le ligament inter-sésamoïdien. Sa face postérieure, tapissée par la synoviale dite grande gaine sésamoîdienne, est recouverte par les tendons fléchisseurs. Il recouvre en partie le ligament moyen.
Le ligament moyen, triangulaire et rayonné, est formé de trois faisceaux particuliers: deux latéraux (fig. 58, 6), et un médian que l'on a généralement confondu avec le ligament superficiel, quoiqu'il s'en distingue nettement par son insertion inférieure. Fixés en commun aux empreintes postérieures de la première phalange, ces trois faisceaux montent en divergeant sur la base des sésamoîdes et y prennent leur insertion supérieure.
Le ligament profond est constitué par deux petites bandelettes cachées sous le ligament moyen. Minces, courtes, aplaties d'avant en arrière et croisées en sautoir, ces bandelettes se fixent , d'une part , sur la base des grands sésamoîdes, d'autre part , sur l'extrémité supérieure de la première phalange, près du contour de sa surface articulaire. Ce ligament est tapissé à sa face antérieure par la synoviale de l'articulation (1).
c. Les ligaments sésamoïdiens latéraux sont représentés par deux minces lamelles, étendues de la face externe de chaque grand sésamoïde au tubercule d'insertion que la première phalange présente sur le côté de son extrémité supérieure. Ils sont recouverts par les vaisseaux et les nerfs digités, par la bride fibreuse qui se détache du ligament suspenseur du boulet pour se porter sur le tendon de l'extenseur antérieur des phalanges, et par le faisceau superficiel du ligament métacarpophalangien latéral. A leur face interne, ils sont revêtus par la membrane synoviale.
B. Les ligaments destinés à réunir les deux surfaces articulaires de la jointure métacarpo-phalangienne sont au nombre de quatre : deux latéraux , un antérieur, un postérieur.
û. Chaque ligament latéral comprend deux faisceaux, l'un superficiel, l'autre
(1) Les deux bandelettes latérales décrites par Rigot comme faisant partie de ce ligament appartiennent aux faisceaux latéraux du ligament moyeu.
profond , solidement unis ensemble par leurs faces adjacentes. — Le faisceau superficiel (fig. 59, 1 ) commence sous le bouton du métacarpien latéral, en s'attachant sur le métacarpien médian , et descend verticalement pour se terminer à I* extrémité supérieure de la première phalange. Il recouvre l'insertion phalangienne du ligament sésamoldicu latéral et le faisceau profond. — Celui-ci, attaché supérieurement dans l'excavation latérale de l'extrémité inférieure du métacarpien principal, se dirige en rayonnant sur le grand sésamoïde et l'extrémité supérieure de la première phalange, où il se fixe en confondant ses fibres avec celles du ligament sésamoïdien latéral. Ce faisceau est tapissé à sa face interne par la synoviale articulaire.
b. Le ligament antérieur appartient à la classe des ligaments capsulaires. C'est une expansion membraniforme très résistante qui enveloppe la face antérieure de l'articulation. Attachée par son bord supérieur sur le contour antérieur de la surface métacarpienne, et par son bord inférieur sur la première, phalange, cette expansion se confond par côté avec les ligaments latéraux. Elle est recouverte par les tendons extenseurs des phalanges, qui glissent à sa surface au moyen de petites bourses séreuses. Sa face interne adhère dans toute son étendue à la capsule synoviale.
c. Le ligament postérieur (1), nommé très heureusement ligament suspenseur du boulet (fig. 58, 2), représente uue longue et forte lanière formée de tissu fibreux blanc, et contenant souvent des faisceaux charnus dans son épaisseur. Cette lanière, comprise entre les deux métacarpiens latéraux , en arrière du métacarpien médian, se continue par son extrémité supérieure avec le ligament commun postérieur du carpe. Elle est bifide à son extrémité inférieure ; et ses deux branches, après s'être fixées sur le sommet des os sésamoïdes, donnent naissance à deux brides fibreuses qui se dirigent en avant et en bas pour se réunir, chacune de leur côté, au tendon de l'extenseur antérieur des phalanges. Le ligament suspenseur du boulet est en rapport, par sa face postérieure, avec le tendon perforant et sa bride carpienne; par ' sa face antérieure, avec le métacarpien médian, des artères et des veines; par ses bords, avec les métacarpiens latéraux , les vaisseaux et les nerfs digités.
Synoviale. — Cette membrane se prolonge en cul-de-sac entre les branches terminales du ligament précédent. C'est la distension de ce cul-de-sac qui produit les molettes articulaires.
Mouvements. — L'articulation métacarpo-phalangienne permet V extension et la flexion du doigt, et quelques légers mouvements de latéralité quand te rayon osseux mobile est porté aux limites de la flexion.
Différences. — Ruminants. — L'articulation métacarpo-phalangienne de ces animaux à deux doigts constitue une double charnière, qui ressemble assez au ginglyme simple des animaux monodactyles.
On compte trois ligaments inter-sésamoïdiens : deux latéraux, ayant pour destination d'unir l'un avec l'autre les grands sésamoïdes de chaque doigt ; un médian, qui joint eutre eui les sésamoïdes internes. — L'appareil ligamenteux sésamoïdien
(4) Il répond , chez l'homme, avec deux muscles qui le longent, par côté, aux muscles iuter-osseux palmaires. (Voyez les muscles du piêd.)
inférieur est loin d'offrir le même développement que chez le cheval ; il se réduit pour chaque doigt à quatre petites bandelettes qui rappellent assez bien le ligament profond de ce dernier animal, tel qu'il a été décrit par Rigot : deux bandelettes latérales se portent directement des sésainoïdes à l'extrémité supérieure de la première phalange; les deux autres, situées entre les premières, s'entrecroisent en X et se confondent avec celles-ci par leurs extrémités. — Un ligament sésamoîdien latéral unit la première phalange au sésamoïde externe.
Il existe pour chaque doigt deux ligaments métacarpo-phalangiens latéraux : un externe, analogue^ celui du cheval , mais moins compliqué , s'attache par son extrémité inférieure sur la première phalange seulement; un autre interne, fixé supérieurement dans le fond de i'échancrure inter -articulaire du métacarpien, s'insère, d'autre part, sur la face interne de la première phalange, en confondant ses fibres avec celles du ligament inter-digité supérieur. — Ce dernier ligament, situé entre les deux premières phalanges, se trouve constitué par des fibres courtes et croisées en sautoir, attachées sur les empreintes qui couvrent en partie la face interne des deux premiers os phalangiens. Chez le Mouton, ce ligament interdigité n'existe qu'à l'état de vestiges, et chaque ligament raétacarpo-phalangien interne donne naissance , près de son insertion phalangienne , à une bride fibreuse qui se dirige en arrière, sort de l'espace inter-digité et se termine à l'osselet de l'ergot, qu'il soutient. — Le ligament antérieur ou capsttlaire , unique comme chez les solipèdes, réunit les deux ligaments latéraux externes. — Le ligament suspenseur du boulet, simple supérieurement , se divise inférieurement en huit rameaux : deux vont se réunir au tendon perforé, pour former avec lui le double anneau dans lequel passent les deux branches du perforant. Quatre autres rameaux, accolés deux à deux, se rendent au sommet des grands sésamoïdes. Celui qui est destiné à chaque sésamoïde externe envoie sur le côté de la première phalange une bride de renforcement pour le tendon extenseur propre du doigt. Les deux derniers, profonds et médians, descendent dans I'échancrure inler-articulaire du métacarpe après s'être réunis en un seul faisceau ; ils passent ensuite entre, les deux ligaments métacarpo-phalangiens internes, se séparent l'un de l'autre et se dirigent en bas et en avant sur le côté interne de la première phalange , pour se joindre au tendon extenseur propre de chaque doigt.
Porc et Carnassiers. —Chez ces animaux, les articulations métacarpo-phalangiennes ressemblent beaucoup a celle du pouce de l'homme. On trouve pour chacune d'elles : une synoviale propre; un ligament inter-sésamoïdien ; un ligament sésamoïdien inférieur composé de deux bandelettes croisées; deux petits ligaments sésamoïdiens latéraux ; deux ligaments métacarpo-phalangiens latéraux, attachés inférieurement sur la première phalange et les sésamoïdes ; un ligament capsolaire antérieur, au centre duquel on rencontre un petit noyau osseux , sorte de sésamoïde antérieur sur lequel glisse l'une des branches du tendon exteuseur commun des doigts. Le ligament suspeuseur du boulet est remplacé par de véritables muscles inter-osseux palmaires (voyez les inuscles du pied antérieur). Quelques fibres situées entre les premières phalanges des grantls doigts, chez le porc, rappellent le Jigament inter-digité supérieur du bœuf.
7° ÀâTICUUTIO* PK LA MBHliBB PHALAXGF. AVEC LA SECONDE, OU PREMli'RC ARTICVUTIOK
INTEH-PRALAXG1ENSE (fig. 58 6t 59).
Fie. 58 [*}. C'est une charnière imparfaite.
Surfaces articulaires. — Sur l'extrémité inférieure de la première phalange, deux condyles latéraux séparés par une gorge. Sur la face supérieure de la deuxième phalauge , deux cavités glénoïdales et un relief anléro-postérieur.
Cette dernière surface est complétée en arrière par un Obrocartilage, dit glénoïdien, très dense et très épais, faisant aussi l'office de ligament. En effet, il est attaché, d'une part, sur la seconde phalange, entre la surface articulaire supérieure et l'espèce de sésamoïde fixe qui la borde en arrière; et il s'insère, d'autre part, sur la première phalange au moyen de six brides fibreuses (fig. 59, /*, 5, 6) : deux supérieures qui embrassent les ligaments sésamoïdiens inférieurs moyen et superficiel , deux moyennes et deux inférieures qui gagnent les côtés de l'extrémité inférieure de la première phalange. Ce fibro-cartilage, moulé en avant sur la surface articulaire de ce dernier os, forme par sa face postérieure une surface de glissement pour le tendon perforant ( fig. 58, 8\ Il se confond par côté avec les deux branches du perforé, et reçoit dans le milieu de son bord supérieur l'insertion du ligament sésamoïdien inférieur superficiel.
Moyens d'union. — Deux ligaments latéraux (fig. 59, 7), auxquels s'ajoutent, en arrière, le fibro -cartilage qui vient d'être décrit, et en avant, le tendon de l'extenseur antérieur des phalanges. Ces ligaments, larges et épais, obliques de haut en bas et d'avant en arrière, s'insèrent supérieurement sur les tubercules latéraux que la première phalange présente à son extrémité inférieure. Ils s'attachent en bas sur les côtés de la seconde phalange. Leurs fibres les plus inférieures se prolongent même au delà de cet os pour gagner les extrémités du petit sésamoïde, et constituer les ligaments latéraux postérieurs de l'articulation du pied.
Synoviale. — Cette membrane tapisse le tendon de l'extenseur autérieur des phalanges, les ligaments latéraux et le fibrocartilage glénoïdien. Elle forme en arrière un cul-de-sac qui remonte entre celui-ci et la face postérieure de la première phalange.
(•) Fig. 58. — Vue postérieure des articulations metalarso-phnlangienne et interphalnngiennes. — i. Coupe de la bride tarsienne destinée au lendon perforant, 2. Ligament suspenseur du boulet. 5.3. Ses deux brandies terminale*. 4. Surface de glissement pour les tendons fléchisseurs foi mée par la Tare postérieure des grands sésatnoïdes et le ligament inter-st-sumoïdien. 8. Ligument sé*amoïdien inférieur superficiel.
tieure du petit
Mouvements. — Cette charnière imparfaite est le siège de deux mouvements principaux : Yextension et la flexion. Elle permet encore le pivotement de la seconde phalange sur la première et quelques mouvements latéraux.
Différences. — Ruminants. — Chez le Bœuf, le Mouton et la Chèvre, le fibro-cartilage glénoïdien, con- Fig. 59 (*).
fondu avec le perforé, n'est attaché sur la première phalange que par deux brides latérales. Le ligament latéral interne comprend deux faisceaux : un très court qui s'arrête sur la deuxième phalange, et un autre très long qui descend jusque sur la face interne du troisième phalangien. L'externe est fort mince et se prolonge aussi sur la dernière phalange ; en sorte que les deux dernières articulations inter-phalangiennes de chacun des doigts sont assujetties par deux ligaments latéraux communs, qui correspondent exactement, par leur position et leurs attaches inférieures, aux ligaments latéraux antérieurs de l'articulation du pied des solipèdes.
Carnassiers. — Chez le Chien et le Chat, le cartilage glénoïdien, également confondu par sa face postérieure avec le perforé, n'adhère à la première phalange que par quelques tractus celluleux. Les deux ligaments latéraux se portent, chacun de leur côté, de l'extrémité inférieure de la première phalange à l'extrémité supérieure de la seconde.
Pachydermes. — Chez le Pore, même disposition à peu près que chez les carnassiers. On remarquera cependant que le ligament latéraljexterne se comporte à peu près comme chez le cheval , c'est-à-dire que ses faisceaux les plus antérieurs se prolongent jusqu'à l'extrémité externe du petit sésamoïde.
8 e Articulation de la seconde phalange avec la troisième, ou deuxième articulation
1HTER-PBALANGIENNE, OU ARTICULATION DU PIED (fig. 58 gt 59).
Pour former cette charnière imparfaite, la deuxième phalange s'oppose à la troisième et au petit sésamoïde.
Surfaces articulai?^. — Sur la face inférieure de la deuxième phalange , deux condyles latéraux et une gorge médiane. — Sur la face supérieure de la troisième phalange et du petit sésamoïde, deux cavités glénoïdales séparées par un relief antéro-postérieur. Les deux pièces osseuses qui forment celte dernière surface s'articulent entre elles par arthrodie; le petit sésamoïde présente, à cet effet, une facette allongée, sur son bord antérieur; l'os du pied, une facette analogue, sur le contour postérieur de la surface articulaire principale.
(*)Fig. 59. — Vue latérale des articulations métatarso-phalangienne et inter-phalangiennes. ( Celte figure et la précédente, quo'ujue prises sur le membre postérieur, représentent exactement la disposition des jointures du doigt dans le membre antérieur. Il y a, en ejffet, similitude parfaite entre celles-ci et les articulations analogues du membre abdominal.) — I. t-aisceaii superficiel du lig.imenl latéral externe de l'articulation mélalarso phaluugienne. S. Bruuclie sésumoïdieniie du faisceau piolond. 3. Brancha ph-ilangienuo du même. 4. Bride supérieure du fibro-cartilugc glénoïdien. 5. Bride moyenne du même. <i. Bride inférieure do même. 7. Ligament latéral de la première articulation inter-pnalungienne. S. Liga ment latéral postérieur de l'articulation du pied. 9. Liganvnt latéral ontérietir de la même.
Moyens d'union. — Cinq ligaments : un impair et inler-osseux qui joint le sésamoîde à l'os du pied ; quatre pairs et latéraux, distiugués en antérieurs et postérieurs.
par leur extrémité supérieure sur les empreintes latérales de la seconde phalange, et par leur extrémité inférieure dans les deux cavités creusées à' la base de l'éminence pyramidale de l'os du pied. Chaque ligament est recouvert en partie parle fibro-cartilage complémentaire de ce dernier os, et semble faire corps avec lui Son bord antérieur se continue avec le teudon de l'extenseur commun des phalanges. Sa face interne est tapissée par la synoviale, qui lui adhère intimement.
c. Ligaments latéraux postérieurs (fig. 58, 9,9 ; 59,8). — Ils ont été déjà indiqués. On sait que chacun d'eux se trouve constitué par les fibres les plus inférieures du ligament latéral de la première articulation inler-phalangienne, lesquelles fibres, après s'être attachées sur la seconde phalange, se réunissent en un cordon fibreux sensiblement élastique. Ce cordon se fixe principalement sur l'extrémité et le bord supérieur du sésamoîde, en s'unissant à celui du côté opposé, et en formant ainsi une sorte de bourrelet complémentaire qui agrandit la surface articulaire sésamoïdienne. Il envoie encore un court faisceau sur l'apophyse rélrossale, et une petite bride à la face interne du libro-cartilage latéral. Caché en partie par celui-ci et par le coussinet plantaire, ce ligament est tapissé en dedans par la synoviale articulaire.
Synoviale. — Cette membrane descend sous les facettes qui unissent le petit sésamoîde à l'os du pied. Elle présente en arrière un vaste cul-de-sac qui remonte à la face postérieure de la seconde phalange, et qui s'adosse aux deux gaines sésamoïdiennes (fig. 60, 13). Elle en forme un autre beaucoup plus petit en se pro-
(•) Fig. 60. — Coupe longitudinale et verticale de la re'glon digite'e, montrant la disposition dessynovioles articulaires et tendmensrs. — 1. dernière phalange. 8. Deuiume phalange. 3. Truisième phalingr. 4. Sinus semi-lunuire de celte dernière. îi. Peiil s-samoide. o. Tendon de l'extenseur auléiieur des phalanges- 7. Son msi rtion à L troisième phalange. 8. Teudon du peiforé. 9. Id. du perrurunt. 10. Son insertion à li troisième phalange. 11. Ligaments < moidiens inférieut s. 12. Cul-de-sac postérieur de lu première synoviale inlei -phalaugiemic. 13. Id. de la deuiième. 14. Cul-de-sac inféi ieur de la grande gaine sésuniuidicnne. 1B. Cul-de-sac supérieur de la peliic guiue sèsi-moidicnue. 16. Cul-de-sac inférieur de l.i même. 17. Coupe J" bourrelet. 18. Id. du cou>sinel plantain.-.
Fig. 60 (*}.
a. Ligament inter - osseux (fig. 58, 10). — Il est formé de fibres très courtes qui s'insèrent, en arrière, dans la rainure antérieure du petit sésamoîde, en avant, sur le bord postérieur et la face inférieure de la troisième phalange. Ce ligament est tapissé sur sa face supérieure par la synoviale articulaire, et sur sa face inférieure par la petite gaine sésamoïdienne.
b . L igaments latéraux antérieur* (fig. 59, 9) . — Ce sont deux larges faisceaux épais et courts, attachés
longeant entre les deux ligaments latéraux du même côté. Celui-ci se dilate fort souvent, et l'on est exposé à l'ouvrir dans l'opération du javart cartilagineux.
Mouvements. — Ils répètent exactement ceux de la première articulation interphalangienne.
Différences. — Chez le Mouton on trouve : 1* un ligament inter-osseux pour unir le petit sésamoïde à la troisième phalange ; 2° deux ligaments latéraux antérieurs commençant, ainsi qu'il a déjà élé dit, sur la première phalange ; 3° deux ligaments latéraux postérieurs, allant de la face postérieure du deuxième phalangien au petit sésamoïde (l'interne est jaune et élastique); V un ligament antérieur, impair, élastique, attaché en haut sur l'extrémité supérieure de la deuxième phalange, fixé en bas sur la troisième, entre l'insertion de l'extenseur commun des doigts et celle du ligament latéral antérieur interne ; 5° un ligament inter-digité inférieur, situé entre les deux phalanges ouguéales, dont il borne l'écartement. Ce ligament, formé de fibres parallèles qui s'étendent transversalement d'un petit sésamoïde à l'autre, est tapissé sur sa face inférieure par la peau de l'espace interdigité. Sa face supérieure répond à un coussinet adipeux. — Chez le Bœuf, le ligament latéral antérieur externe, large et rayonné, se trouve presque entièrement recouvert par la longue branche du tendon extenseur propre du doigt, à laquelle il adhère très intimement. Quant au ligament inter-digité (ûg. 81, 7)* il se présente avec une disposition beaucoup moins simple que celle indiquée plus haut chez le mouton. Ce ligament, formé de libres entrecroisées sur la ligne médiaue, se divise a ses extrémités en deux faisceaux : l'un, supérieur, passe sur le tendon du muscle perforant, auquel il sert de bride d'assujettissement, et va se fixer en dehors de l'extrémité inférieure de la première phalange, après avoir contracté des adhérences très intimes avec une forte bride fibreuse qui descend de la région métacarpienne postérieure, et dont nous parlerons avec plus de détails en décrivant les muscles; l'autre, inférieur, plus court que le précédent, s'attache sur l'extrémité interne du petit sésamoïde et sur la face interne du troisième phalangien , en se confondant avec le tendon perforant, le coussinet plantaire et le derme de la membrane kératogène.
Chez t le Pore , on rencontre pour l'affermissement de la seconde articulation inter-phalangienne : 1° deux ligaments latéraux, se portant des faces latérales de la deuxième phalange aux faces externe et interne de la troisième ; 2° un troisième ligament, qui représente exactement l'un des ligaments latéraux postérieurs de l'articulation du pied du cheval; ce ligament descend, en effet, de l'extrémité inférieure de la première phalange sur l'extrémité externe du petit sésamoïde. Son analogue du côté interne semble manquer tout à fait De plus, il existe dans les grands doigts un ligamept antérieur jaune et élastique, en tout semblable à celui des Ruminants.
Chez le Chien, les deux dernières phalanges sont unies entre elles par deux ligaments latéraux d'une disposition très simple. Un troisième ligament, formé de tissu élastique, divisé en deux moitiés latérales et situé en avant de l'articulation, remplit l'office d'un ressort, qui produit mécaniquement la rétraction de l'ongle, quand les muscles fléchisseurs cessent de se contracter. Chez le Chat, ce ligament jaune est très énergique. On remarque encore dans cet animal une obliquité assez
156 DBS ARTICULATIONS.
marquée des poulies articulaires par lesquelles les deux phalanges se correspondent , disposition qui permet à l'ongle de venir se loger entre deux doigts quand il se relève, et qui favorise ainsi sa rétraction.
La seconde articulation inter-phalangienne des Carnassiers se distingue encore par une autre disposition essentielle. La surface articulaire de la troisième phalauge est en effet complétée par un fibro-cartilage glénoïdien analogue à celui de la première articulation, mais beaucoup plus épais. Ce fibro- cartilage (fig. 82, D, x), fixé sur la saillie postérieure de la troisième phalange, sert, par sa face inférieure, de poulie de renvoi pour le tendon du perforant, et joue, avec la saillie de la phalange précitée, le rôle du petit sésamoïde des autres animaux.
Art. V. — Articulations des membres postérieurs.
1" Articulation sacro-iliaque (flg. 61 et 86).
C'est une articulation paire qui établit l'union du membre postérieur avec le rachis, et qui est formée par le sacrum et le coxal. Elle appartient au genre arthrodie.
Surfaces articulaires. — Sur le sacrum, la facette diarthrodiale irrégulière, dite auriculaire, taillée sur les côtés et près de la base de l'os. — Sur le coxal , la facette analogue située à la face interne de l'ilium.
Moyens d'union. — Quatre ligaments, que nous appellerons , a l'exemple de Rigot : sacro-iliaque, ilio-sacré supérieur, ilio-sacré inférieur et sacro-sciatique
a. Ligament sacro-iliaque. — C'est un ligament composé de gros faisceaux fibreux qui enveloppent l'articulation de toutes parts, en Rattachant solidement par leurs extrémités sur les empreintes dispersées autour des facettes diarthrodiales. La moitié inférieure de ce ligament ( fig. 61, 1) est recouverte par le muscle psoas iliaque. Sa moitié postérieure (1), beaucoup plus forte que la précédente, se trouve cachée par l'ilium et donne attache à l'ilio-spinal.
b. Ligament ilio-sacré supérieur (fig. 86, 43). — Funicule gros et court qui, de l'angle interne de l'ilium , se porte en arrière pour se fixer sur l'épine sacrée où il confond ses fibres avec celles du ligament sur-épineux dorso-lombaire.
c. Ligament ilio-sacré inférieur. — C'est un lien membraneux très résistant, triangulaire, formé de fibres parallèles obliques de haut en bas et d'avant en arrière. Il s'attache, par son bord antérieur, sur la moitié supérieure du bord ischiatique et sur l'angle interne de l'ilium , en se confondant avec le ligament précédent. Son bord inférieur s'insère sur la lèvre rugueuse qui borde le sacrum latéralement. Son bord postérieur s'unit à l'aponévrose qui recouvre les muscles coccygiens. Sa face externe est en rapport avec le fessier principal et le long vaste. Sa face interne répond au muscle sacro-coccygien latéral (fig. 86,
d. Ligament sacro-sciatique ou ischiatique (fig. 61, 2, et 86, 11). — C'est une vaste expansion membraneuse qui est située sur le côté du bassin, entre le sacrum et le coxal , et qui sert plutôt d'appareil de clôture pour la cavité pelvienne que
(1) Elle représente le ligament sacro-iliaque inter-osseux de l'homme. La moitié inférieure répond au ligament sacro-iliaque antérieur.
de moyen d'assujettissement destiné à assurer la solidité de l'articulation sacroiliaque. Sa forme, irrégulièrement quadrilatère, a permis de diviser sa circonférence en quatre bords : un supérieur, attaché sur la crête rugueuse et latérale du sacrum ; un inférieur, fixé sur la crête sus-cotyloïdienne, ainsi que sur la tubérosité ischiale , et formant par la partie comprise entre ces deux insertions , avec la petite échancrure sciatique, l'ouverture par laquelle sortent du bassin les muscles pyramidal et obturateur interne; un antérieur, mal délimité, circonscrivant avec la grande échancrure sciatique l'ouverture qui livre passage aux vaisseaux fessiers, aux nerfs de même nom et aux nerfs sciatiques ; un postérieur, se dédoublant en deux lames qui embrassent le muscle demi-membraneux, et se confondant supérieurement avec l'aponévrose d'enveloppe des muscles coccygiens. La face externe de ce ligament, parcourue par les nerfs sciatiques, est recouverte par les muscles long vaste et detm-tendiucux, qui prennent sur lui de nombreuses insertions. Sa face interne, tapissée en avant par le péritoine, se trouve en rapport postérieurement avec les muscles ischio-coccygien et ischio-anal, auxquels elle donne attache.
Synoviale, — Elle tapisse le ligament sacro-iliaque, et ne fournit qu'une petite quantité de synovie.
Mouvements. — Les deux articulations sacro-iliaques étant le centre vers lequel viennent converger tous les efforts d'impulsion qui sont communiqués au tronc par les membres postérieurs, ces jointures ne pouv aient offrir une grande mobilité, qui se fût opposée à la transmission intégrale de la quantité de mouvement. Aussi ne permettent-elles qu'un glissement fort restreint des surfaces articulaires; et l'union par diarthrose du sacrum et des coxaux semble- t-elle avoir pour destination exclusive de prévenir les fractures auxquelles ces os eussent été incessamment exposés s'ils eussent été attachés ensemble d'une manière plus intime.
2° Articulation des deux coxaux emthe eux, ou symphyse ischio-pubienke.
Les deux coxaux sont unis l'un à l'autre par toute l'étendue du bord interne des pubis et des isebiums. Cette articulation représente, dans le jeune âge, une véritable ampbiarthrose assujettie par un cartilage inter-osseux et des trousseaux de fibres périphériques.
Le cartilage, solidement fixé aux petites rugosités qui hérissent les surfaces articulaires adjacentes, s'ossifie, comme les cartilages suturaux, quand l'animal avance en âge. Aussi les deux coxaux sont-ils constamment soudés l'un à l'autre chez les solipèdes adultes.
Les faisceaux fibreux périphériques s'étendent transversalement d'un os à l'autre, au-dessus et au-dessous de la symphyse. Ceux qui occupent la face inférieure sont incomparablement plus forts et plus abondants que les autres.
Les mouvements de cette articulation sont des plus restreints, et dépendent uni* quenient de l'élasticité du cartilage inter-osseux. On observera qu'ils deviennent unis après l'ossification de celui-ci.
Différences. — La soudure des deux coxaux est très lente a s'effectuer chez la chatte, la chienne, la truie, la vache, la brebis, et la chèvre.
3° Articulation dk la hanche ou coxo-pehorale (fig. Gf).
Fie 61 (*). C'est une énarthrose for-
mée par la réception de la tète du fémur dans la cavité cotyloïde du coxal.
Surfaces articulaires. — La cavité cotyloïde représente, comme on le sait, un segment de sphéroïde creux, profondément échancré du côté interne, et pourvu à son fond d'une large dépression, dont la moitié interne est préposée à l'insertion d'un des ligaments inter-osseux , tandis que la moitié externe joue le rôle de fossette synoviale. Cette dépression n'est point revêtue de cartilage et communique par l'échancrurc interne avec la gouttière inférieure du pubis.— On remarquera que le sourcil de la cavité cotyloïde est bordé par un fibro-cartilage complémentaire nommé bourrelet cotyloïdien. Ce fibro-cartilage n'est pas interrompu au niveau de l'échancrure précédemment indiquée ; il franchit cette échancrure en formant une bride remarquable (fig. 61, 5), qui la convertit en un trou par lequel passent le ligament pubio-fémoral et les vaisseaux de l'articulation. Fixé par son bord adhérent sur le pourtour de la cavité cotyloïde, le bourrelet qui nous occupe se trouve tapissé par la synoviale sur ses faces et son bord libre. Il présente sa plus grande épaisseur en avant et en dedans.
Quant à la tôle fémorale, nous rappellerons qu'elle est exactement moulée sur la cavité précédente, et qu'elle se trouve creusée comme elle d'une fossette rugueuse, occupée tout entière par l'inseriion des ligaments inter-articulaircs.
Moyens d'union. — Cette jointure est affermie par une capsule périphérique et par deux liens inter-articulaires qui constituent les ligaments coxo-fémoral et pubiofémoral.
a. Ligament capsulaire (fig. 61, 6). — C'est un manchon membraneux tout à fait semblable à la capsule de l'articulation scapulo-humérale, embrassant la tête
(*) Fig. 61 . — Articulations sacro-iliaque et coxo-fémorale % avec les petits muscles profonds qui enveloppent cette dernière. — I. Lignmi-nt sucro-iliaque. 4. Ligament sucro sciai ique. 3. Giumle échanciure sciatiquc. 4. Partie antérieure du ligament capsulaire de l'articulution coxo fumorale. S. firiiie interne du bourrelet colyloidieu. 6. Ligament cox.0 fémoral. 7. Ligament pubio-fémoral. H. 8>>n insertion du fémur. 9. Musclo petit fessier. 10. Oi igiue du muscle droit antérieur de la cuisse. 11. Mincie grêle antérieur. 14. Muscle pyramidal du bassin. t£. Muscle obturateur externe. 14. Muscle rnrré crural. 13. Muscle sacroooecygito inférieur.
du fémur par son ouverture inférieure, et Rattachant , par son ouverture opposée, sur le sourcil de la cavité colyloïde et sur le fibro-cartilage qui protège celui-ci. Ce ligament, formé de fibres entrecroisées, est renforcé en avant par un faisceau oblique qui descend sur le corps du fémur avec le muscle grêle antérieur pour se fixer auprès de ce muscle. Sa face interne est tapissée par la synoviale articulaire. Sa face externe répond, par l'intermédiaire de pelotons adipeux : en avant , aux muscles grêle antérieur et droit antérieur de la cuisse ; en arrière, aux jumeaux , à l'obturateur interne et au pyramidal; en dehors et en haut, au petit fessier; en dedans et en bas, à l'obturateur externe.
b. Ligament coxo- fémoral (fig. 61,6). — Gros et court funicule, de forme triangulaire, situé profondément entre les deux surfaces osseuses, qu'il ne saurait, malgré sa brièveté, maintenir exactement rapprochées l'une contre l'autre, en l'absence des autres liens musculaires ou ligamenteux qui enveloppent l'articulation. Son insertion supérieure occupe la moitié interne de l'arrière-fond de la cavité colyloïde. Son extrémité inférieure se confond avec le ligament pubio-fémoral , et se fixe avec lui dans la fossette rugueuse de la tète du fémur. 11 est enveloppé par la membrane synoviale.
c. Ligament pubio-fémoral (fig. 61, 7, 8). — Ce ligament , plus long et plus fort que le précédent, prend naissance sur le tendon pubien des muscles abdominaux et sur le bord antérieur du pubis. 11 se dirige en dehors, en se logeant dans la gouttière inférieure de cet os, s'engage dans l'échancrure interne de la cavité colyloïde, s'infléchit par en bas sur la bride fibreuse qui convertit cette échancrure en trou , et s'accole au ligament précédent pour opérer son insertion dans la fossette creusée sur la tête du fémur. Le ligament pubio-fémoral , compris dans sa portion pubienne entre les deux branches du pecliné, est tapissé par la synoviale dans sa portion inter-arliculaire.
Synoviale. — Cette membrane est très étendue, tapisse la face interne du ligament capsulaire avec le bourrelet cotyloïdien et se réfléchit sur les ligaments in ter-articulaires pour former autour d'eux un revêtement séreux vaginal. Elle se prolonge même dans la fossette synoviale qui occupe le centre de la cavité cotyloïde.
Mouvements. — L'articulation coxo-fémorale est une des jointures qui jouissent des mouvements les plus variés et les plus étendus. Elle permet, en effet, la flexion, l'extension, Yabduction, l'adduction, la circwnduction et la rotation de la cuisse sur le bassin. Le mécanisme de ces divers mouvements est des plus simples et ne donne lieu à aucune considération particulière.
Différences. — Les animaux domestiques autres que les solipèdes se distinguent par l'absence complète de ligament pubio-fémoral. Aussi les mouvements d'abduction, bornés chez ces derniers par la tension du ligament en questiou, sontils beaucoup plus étendus chez les autres. C'est l'absence de ce ligament qui explique la facilité avec laquelle les grands ruminants donnent les coups de pied de côté désignés sous le nom de coups de pied en vache.
DES AUT1CUUTIONS.
4* Articulation fémobo-tibule (1) (fig. 62 et 63).
Cette jointure, la plus compliquée de toute l'économie, est formée par la réunion du fémur avec deux des os de la jambe, le tibia et la rotule. Elle représente une charnière imparfaite.
Surfaces articulaires. — Pour constituer celte articulation, le fémur oppose, d'une part, ses deux coud y les aux larges facettes convexes et ondulées sculptées sur la face supérieure des tubérosilés latérales du tibia, d'autre part, sa poulie articulaire à la face postérieure de la rotule.
Les surfaces fémorales ont été décrites avec détail page 95. Nous rappellerons ici que les deux condyles, placés côte à côte, sont allongés dans le sens antéro-postérieur, et qu'ils sont séparés par l'échancrurc non articulaire dite inter-condylienne. Nous rappellerons encore que la trochlée fémorale située en avant des deux condyles semble continuer l'échancrurc précédente, et que son bord interne est beaucoup plus élevé que l'externe ; celte disposition explique la difficulté, pour ne pas dire l'impossibilité , des luxations de la rotule en dedans.
Les facettes tibiales remontent chacune de leur côté sur les faces latérales de l'épine tibiale. Elles sont séparées l'une de l'autre par la rainure antéro-poslérieure creusée sur le sommet de celle-ci, et par les fossettes d'insertion situées à sa base, en avant et en arrière. On sait que la facette externe, plus large que l'interne, est affectée en partie au glissement du tendon d'origine du muscle poplité. (Voyez page 97.)
La surface rotulienne, moulée sur la poulie fémorale , s'y adapte d'une mauière assez imparfaite. Elle est bordée en dehors par un petit bourrelet fibro-cartilagincux auquel vient s'unir la capsule fibreuse féraoro-rotulienne (fig. 63, 1). Eu dedans, elle se trouve complétée par l'insertion du ligament rotulien interne , dont nous ferons connaître plus bas la disposition.
Ménisques inter-ar titulaires (fig. 62, n° I, 1, 2, 3, û, et fig. 63, 5, 6, 7, 8). — On désigne sous ce nom les deux fibro-cartilages interposés aux condyles du fémur et aux facettes tibiales pour en assurer la coaptation. Ces organes, en forme de croissant, présentent : un bord interne, concave, mince et tranchant, embrassant l'épine tibiale ; un bord externe, épais et convexe ; une face supérieure, creuse et moulée sur l'un des condyles; une face inférieure, presque plane, glissant sur le tibia ; deux extrémités terminées par de véritables ligaments, et fixées sur les pièces osseuses en contact. On observera que les surfaces articulaires ne sont pas séparées dans toute leur étendue par ces ménisques complémentaires : l'épine tibiale, en effet, frotte directement contre le côté interne des condyles du fémur. — Le ménisque interne, le plus large et le moins épais, s'insère,
(i) Nous comprenons sous ce nom la jointure qui unit le fémur au tibia et celle qui l'articule avec la rotule. A l'exemple des anthropotomistes, nous n'avons point cru devoir décrire une articulation fcmoro-rolulienne distincte de l'articulation fcmoro-libiale proprement dite. Celte innovation nous semble justifiée par la communauté des principaux liens articulaires qui assujettissent ces deux jointures, et par la dépendance réciproque de leurs mouvements.
par sun extrémité antérieure, dans l'une des excavations situées en avant de l'épine ; son extrémité postérieure s'attache dans la fossette creusée en arrière de cette même éminence. — Le ménisque externe se fixe, en avant, auprès de l'insertion antérieure du fibre-cartilage opposé ; son extrémité postérieure donne naissance à deux cordons desmeux , l'un supérieur, l'autre inférieur. Le premier, le plus long et le plus fort, se termine dans la fossette située vers l'extrémité postérieure de
Fie. 02 (*).