‹ Traitʹe d'anatomie comparʹee des animaux domestiquesChapitre 42 sur 53 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LBS MUSCLES DE LA VIE ANIMALE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LBS MUSCLES DE LA VIE ANIMALE

Noos suivrons dans cei ouvrage la nomenclature de Bourgelat à laquelle nous ferons subir quelques changements. Mais comme les noms de Girard sont , a nos yeux, d'un utile secours pour les élèves, nous aurons soin de les donner tous dans la synonymie.

Classification. — Deui méthodes peuvent être employées pour grouper les muscles afin de faciliter leur étude. La première consiste à classer ces organes d'après leurs usages, c'est-à-dire à décrire ensemble tous les extenseurs d'une môme région, tous les fléchisseurs, etc. Dans la seconde méthode, on ne tient pas compte des usages des muscles, on n'envisage que leurs rapports , et on les divise par groupes ou par régionsqui comprennent tousles muscles situés autour du même rayon osseux. C'est cette dernière que nous adopterons, parce qu'elle est la plus commode, la plus utile et la plus rationnelle.

qu'il serait simple et facile d'atteindre ce résultat en partant d'une base dont la fixité et l'invariabilité seraient bien constatées. Or cette base est, selon nous, toute trouvée: c'est le principe des connexions posé par E. Geoffroy Saint-Hilaire dans son immortelle Philosophie anatomtgiM, principe auquel la science moderne doit certainement ses plus belles

conquêtes.

C'est un sujet que nous nous proposons de traiter à part dans un travail spécial ; nous indiquerons cependant ici la manière dont nous le comprenons.

Nous voudrions que la nomenclature myologique reposât tout entière: en premier lieu, sur les rapports des muscles avec les pièces du squelette ou avec d'autres organes également fixes et très importants ; en second Heu, sur les connexions réciproques des muscles.

Telle est notre règle. Elle n'est pas précisément neuve; car les anciens anatomistes s'en soûl iuspirés plusieurs fois (à leur insu, il est vrai, puisque le principe sur lequel elle est assise leur était parfaitement inconnu) ; et eette circonstance va nous mettre à même d'en apprécier immédiatement la valeur. Par eiemple, quoi de plus heureux que le nom d'intercostaux donné aux muscles situés entre les côtes, et que leur distinction en externes et en internes? Voilà bieo des noms qui rappellent les rapports des muscles qu'ils désignent avec les pièces du squelette et les connexions réciproques de ces muscles. Aussi s'appliquent-ils d'une manière également rigoureuse à toutes les espèces. Nous citerons encore les suscostaux, les inter-transversaires, le transversale épineux, le sous-scapulaire, le sus-épineux, le sous-épineux, etc., comme se trouvant, à un degré plus ou moins mar iné, dans des conditions identiques.

D'autres muscles ont reçu des noms tirés en partie de leur situation, en partie de leur volume. Ces noms sont loin de convenir autant que les premiers ; qu'on en juge par les eiemples suivants.

11 existe chez le plus grand nombre des vertébrés trois muscles importants situés au-dessus et en arrière du bassin, et formant la base de la fesse ; ces muscles ont été appelés fessiers, et ce nom leur convient, puisqu'il rappelle leur situation. Mais pour les distinguer les uns des autres, on a eu égard à leur volume, et l'on a fait un muscle grand fessier, un moyen fessier et un petit fessier : c'est là le tort, car le volume des muscles est sujet aux plus grandes variations : tel muscle volumineux dans une espèce est fort petit dans d'autres, et vice versd. Aussi le muscle analogue au grand fessier de l'homme a-t-il été décrit par Bour- . gelât sous le nom de petit fessier; La fosse et Rigot l'ont appelé moyen fessier. Quant au moyen fessier de l'homme, sou représentant chez les animaux a été désigné sous le nom de grand fessier par la plupart des anatomistes vétérinaires. Quelle confusion ! et combien il était facile de l'éviter en distinguant ces muscles, non plus par leur volume, mais par leurs connexions réciproques, qui sont les mêmes dans toutes les espèces ! Est-il rien de plus naturel , en effet, que les uoms de fessier superficiel , fessier moyeu et fessier profond , substitués à ceux de grand fessier, etc. ?

La mime remarque est applicable aux muscles qui recouvrent, chez l'homme , la face antérieure de la poitrine. Désignés en commun, avec raison, sous le nom de pectoraux, ces muscles sont distingués à tort eu grand et en petit; car ce dernier, qui est déjà un muscle énorme chez les petits ruminants, se trouve représenté chez les solipèdes par deux muscles considérables, immensément plus volumineux que le muscle analogue au grand pectoral. 11

o* faut donc voir ici qu'un pectoral superficiel et un pectoral profond.

180 DBS MUSCLBS.

Annexes des muscles. — On désigne sous ce nom : 1° les aponévroses d'enveloppe ou de contention; 2° les gaines tendineuses; 3 e les synoviales tendineuses.

Aponévroses de contention. — Ce sont des feuillets de tissu fibreux blanc , qoi enveloppent en commun tous les muscles d'une même région ou de plusieurs régions adjacentes, principalement ceux des rayons inférieurs des membres , où ils représentent des espèces de cylindres creux.

Ces aponévroses, destinées à maintenir dans leur position les muscles qu'elles recouvrent, sont formées de fibres entrecroisées très résistantes qui prennent sur les os de nombreux points d'attache, Elles reçoivent à leur périphérie l'insertion d'un ou de plusieurs muscles qui sont chargés de les tendre plus ou moins. Leur face externe répond à un mince feuillet cellulo-fibreux qui la sépare de la peau. L'interne envoie entre les muscles des prolongements lamelleux chargés d'isoler ces organes dans des étuis spéciaux.

Gaines tendineuses. — On appelle ainsi des coulisses de glissement moitié osseuses, moitié fibreuses, quelquefois exclusivement fibreuses, dans lesquelles passent les tendons, lorsqu'ils se réfléchissent pour changer de direction.

Synoviales tendineuses. — Ce sont des membranes séreuses qui tapissent les cordes tendineuses dans les points où elles glissent sur des poulies de réflexion, et qui sont chargées de sécréter une humeur synoviale tout à fait semblable à celle des articulations. Quand elles enveloppent presque complètement le tendon pour se porter ensuite sur les parois de la gaine qui contient celui-ci , elles sont dites vaginales. On les appelle vésiculaires , lorsqu'elles simulent de petites ampoules situées entre l'une des faces du tendon et la surface de frottement sur laquelle il se meut.

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