‹ Traitʹe d'anatomie comparʹee des animaux domestiquesChapitre 41 sur 53 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES MUSCLES DE LA VIB ANIMALE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES MUSCLES DE LA VIB ANIMALE

Les intersections sont des lames aponévrotiques dispersées au milieu des fibres charnues et ordinairement continues avec les tendons ou les aponévroses, quand il en existe.

Tissu cellulaire. — « Chaque muscle est entouré d'une [gaine celluleuse qui donne naissance, par sa face interne, à un grand nombre de prolongements ou de cloisons. Ces prolongements, après avoir pénétré entre les faisceaux principaux, se dédoublent pour pénétrer entre les faisceaux secondaires, et produisent ainsi une série d'étuis décroissants, dont les derniers renferment les fibres élémentaires; cette disposition a pour effet d'établir entre toutes les parties intégrantes d'un même muscle une solidarité qui se concilie avec leur indépendance, et qui leur permet d'agir tantôt simultanément, tantôt isolément. Assez abondant dans les muscles, le tissu cellulaire devient rare dans les tendons, où il n'est bien évident qu'à leur surface. » (Sappey).

Vaisseaux et nerfs. — Les artères sont grosses et nombreuses ; le tissu musculaire reçoit donc beaucoup de sang, mais il en arrive peu à l'élément fibreux. — Les veines, au nombre de deux pour chaque artère, le plus généralement, présentent de nombreuses valvules à l'intérieur. — On trouve des troncs et des réseaux lymphatiques fort remarquables autour des vaisseaux et des nerfs qui se distribuent dans les muscles ; mais on ne sait pas encore positivement, quoique la chose soit possible, si ces lymphatiques prennent leur source dans le tissu musculaire. — Les nerfs émanent presque tous directement du centre cérébro-spinal.

Usages. — Il y a des muscles fléchisseurs, extenseurs, abducteurs, adducteurs, rotateurs, etc., c'est-à-dire pour tous les mouvements dont les articulations sont le centre.

Ces mouvements étant produits par le raccourcissement des fibres charnues des muscles, c'est-à-dire par le rapprochement de leurs attaches, il est très facile de déterminer les usages ou le rôle de ces organes : il suffit, en effet, de connaître au préalable et leurs insertions et le mode d'articulation des os qui fournissent ces insertions.

Le résultat de la contraction des muscles étant influencé par la forme de leur axe principal, la longueur et la direction de leurs leviers, il convient d'examiner ces deux points en peu de mots.

a. Les muscles rectilignes ont pour effet immédiat le rapprochement des pièces osseuses sur lesquelles ils s'attachent. Ce rapprochement est ordinairement amené par le déplacement d'un seul rayon, celui qui reçoit l'insertion mobile. Quelquefois, cependant, les deux rayons se meuvent en môme temps, ou bien encore ils sont l'un et l'autre alternativement fixes et mobiles.

Le premier résultat produit par la contraction d'un muscle cwuiligne, c'est le redressement de ses fibres composantes; après quoi il peut agir sur les leviers osseux comme les muscles rectilignes, s'il n'a pas épuisé tout son pouvoir contractile. Lorsque le muscle est tout à fait circulaire, il n'a d'autre action que de resserrer l'ouverture qu'il circonscrit.

Quant aux muscles infléchis, on ne peut calculer leur action qu'à partir de leur point de réflexion ; ils fonctionnent comme si ce point représentait leur origine ou leur insertion fixe.

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b. Les puissances musculaires sont soumises aux lois statiques et dynamiques qui régissent la théorie des leviers ; car les rayons osseux ne sont autre chose que des leviers mus par les muscles.

Ou retrouve dans l'appareil locomoteur les trois formes de leviers admises par les physiciens. Ainsi, la téte, étendue par le grand complex us, représente un levier inter-fixe ou du premier genre ; cette même pyramide osseuse , fléchie par le grand droit antérieur, forme un levier inier-puissant ou du troisième genre ; le pied, étendu par les jumeaux de la jambe, offre un exemple de levier inter-résiitant ou du second genre, quand le pied reste posé sur le sol.

11 est digne de remarque que le bras de la 1 ésistauce, dans les leviers osseux, est toujours extrêmement loug, circonstance qui favorise la vitesse et l'étendue du mouvement aux dépens de la force.

D'un autre côté, les muscles sont rarement perpendiculaires à leur bras de levier, du moins au commencement de leur action, seconde circonstance qui diminue encore leur énergie.

Nouexclature. — Avant Sylvius, les muscles n'avaient point reçu de noms particuliers. On les distinguait depuis Galien par les épithètes numériques de premier, deuxième, troisième, iudiquanl leur place et leur ordre de superposition dans les régions auxquelles ils appartiennent. C'est ainsi qu'ils sont désignés dans l'ouvrage italieu de Ruini sur l'anatomie du cheval.

Sylvius, le premier, imposa des noms véritables aux muscles ; et, son exemple étant suivi par les anthropolomistes qui vinrent après lui, la nomenclature de ces orgaues fut bientôt complète. Du reste, aucune vue d'ensemble, aucun senlimeut méthodique n'a guidé dans leur travail Sylvius et ses successeurs : c'est tantôt à leur forme que les muscles empruntent leur nom, tantôt à leur direction, à leur position, à leurs usages, etc. Bourgelat appliqua celte nomenclature au cheval, en la modifiant daus beaucoup de points.

Chaussier, frappé des imperfections de la nomenclature introduite dans lascience par Sylvius, a cherché à lui en substituer une autre beaucoup plus philosophique. Chaque muscle reçut de cet anatomisie uu nom formé de deux mots rappelant les insertions de l'organe. Girard importa celte idée ingénieuse en anatomie vétérinaire.

Cependant, malgré ses avantages, cette nouvelle nomenclature n'a pu prévaloir sur l'aucienuc, parce qu'elle cesse d'être vraie quand on l'applique à l'anatomie comparée, les mêmes muscles n'ayant pas les mêmes insertions dans toutes les espèces (1).

(1) Ce n'est cependant pas que l'ancienne nomenclature présente , sous ce rapport, beaucoup plus d'avantages que la nouvelle, et les exemples ne manqueraient pas sous notre plume pour le prouver. Quoi de plus impropre, eu effet, que les noms de deltoïde, spléuius, soléaire, digastrique, etc.? Est-ce que les muscles qui portent ces noms, considérés chez les mammifères seulement, offrent dans toutes les espèces la forme ou la structure qui justifie remploi de ces uoms pour l'espèce humaine? Est-ce que les épithètes distinctives de grand, moyen, petit, etc., attribuées à beaucoup d'eutre eux, soul raisonnablement applicables dans tous les cas? Est-ce que le même reproche ne. peut être adressé à la plupart des noms tirés de» usages, de la complication, etc.?

11 n'y a donc point de nomenclature myologique véritablement philosophique; et nous sommes de ceux qui croieuL à Tiudispensable uécessité d'en créer une. Nous pensons même

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