DES MUSCLES DES MAMMIFÈRES EN PARTICULIER
à Panneau mobile qui termine l'extrémité des quatre barres de la table-chariot sur laquelle l'auimal a été couché. — La tête devra dépasser l'extrémité de la table et reposer sur un tabouret. On aura toujours soin d'abattre l'animal de manière qu'elle soit tournée du coté opposé à l'avant-train du chariot, afin qu'elle ne gêne pas les mouvements du timon pendant les déplacements de l'appareil. — Pour que l'encolure ne se torde ni à droite ni à gauche, on devra, en attachant les membres de devant, soulever le sujet de façon que le garrot pose sur la table sans y appuyer fortement. Aussi , suivant le volume du sujet et la longueur des barres, les longes seront passées soit dans le paturon, soit au-dessus du boulet, soit même au-dessus du genou.
2° Pour placer l'animal en deuxième position , on le tourne sur le ventre, les deux cuisses fléchies, les extrémités allongées hors de la table, et la tète fixée entre deux barres au moyen d'une longe passée sous les arcades orbitaires.
3° Le sujet est dit en troisième position, quand il repose sur le côté.
Règles à observer pendant la préparation. — 1« Autant que faire se pourra, on ne dépouillera les régions que l'on veut disséquer qu'au moment même de la préparation. Si la chose est impossible, on prendra la précaution d'envelopper ces régions avec des linges humectés ou avec la peau de l'animal , pour empêcher la dessiccation des aponévroses et des muscles superficiels.
2° Pour disséquer un muscle, il faut enlever les aponévroses ou les autres muscles qui le recouvrent , le tissu cellulaire qui l'entoure, la graisse, les ganglions, les vaisseaux et les nerfs logés dans les interstices voisins. — On enlève les aponévroses par lambeaux, en les tendant fortemeut avec les pinces, sans les soulever, et en faisant glisser entre le plan fibreux et le plan musculeux la lame d'un scalpel qu'on tient toujours parallèle à ces deux plans. — Les muscles qui en recouvrent d'autres ne doivent pas être entièrement excisés; on les coupe par le milieu , en travers de leurs fibres, et l'on renverse de côté et d'autre les extrémités coupées; de cette façon il est toujours possible de reconstruire le muscle en rapprochant ses deux lambeaux, et l'étude des rapports est alors beaucoup plus facile. — On se débarrasse du tissu cellulaire en soulevant ce tissu avec les mors d'une paire de pince, et en portant le tranchant du scalpel dans l'angle rentrant formé par la lame celluleuse et la surface du muscle. Ce procédé peut aussi convenir pour enlever les aponévroses, quand elles adhèrent faiblement aux fibres musculaires. Mais, pour peu qu'elles donnent implantation à celles-ci par leur face profonde, comme on le remarque pour l'aponévrose scapulairc externe, il faut avoir recours au moyen signalé plus haut. — Pour enlever la graisse, les ganglions, etc. , on se servira des ciseaux avec beaucoup d'avantage.
Ordre à suivre pour préparer tous les muscles sur le même sujet et en tirer le meilleur parti possible. — i n II faut placer d'abord le sujet en première position, et commencer par étudier lesmusclesde la région abdominale inférieure. Puis on les excise en respectant l'extrémité postérieure du sterno-troebinien, le tendon pré-pubien et l'arcade crurale. La cavité abdominale étant vidée des viscères qu'elle contient, on prépare et Ton étudie successivement le diaphragme, la région crurale interne, moins les muscles profonds, la région souslombaire, la région rotulienne et la région crurale postérieure, les muscles superficiels de la région cervicale inférieure et la région pectorale.
2° Après avoir détaché et mis en réserve l'un des membres antérieurs, on retourne l'animal pour le placer en deuxième position et pouvoir disséquer tour à tour les muscles de l'oreille, la région cervicale supérieure, la région de la croupe, la région costale moins lo triangulaire, la région spinale du dos et des lombes.
3* Les régions du membre antérieur peuvent être préparées en même temps ou immédiatement après.
4° Ensuite on sépare les deux membres postérieurs en sciant les fémurs par le milieu, et l'on procède à la dissection des muscles de la jambe et du pied postérieur.
5° Au moyen d'un autre trait de scie mené par le milieu des lombes, on isole complètement le bassin pour faire la préparation des muscles coccygicns et des muscles profonds de la région crurale interne, à peu près comme ils sont représentés dans les figures 61 et 86.
6° L'animal étant couché sur le côté, on ouvre la cavité pectorale en sciant les côtes près de leurs extrémités, et l'on obtient ainsi deux pièces particulières sur lesquelles on peut étudier, d'une part le triangulaire du sternum , d'autre part les muscles profonds de la région cervicale inférieure, c'est-à-dire le long du cou, les droits antérieurs et le droit latéral de la tête.
7° Enfin on désarticule la tête, et l'on prépare en dernier lieu les muscles de cette région.
Le sujet peut ensuite servir a l'élude de presque toutes les articulations.
DBS MUSCLES.
Art. I. — Mosclbs du tronc.
SI- — Bégioo sous-cutanée.
Elle ne comprend qu'on seul muscle, le pannicule charnu, destiné à faire mouvoir la peau qui recouvre le tronc. Mais on pourrait décrire, a la rigueur, comme muscles peauciers tous ceux qui s'attachent à la face interne du tégument superficiel, les muscles de la face, par exemple.
PANïCICULK CHA1IIO.
Préparation. — Coucher ranimai sur le coté, et le dépouiller avec soin en laissant le peaucier fur les muscles qu'il recouvre.
Situation. Forme. Étendue. — Situé à la face interne de la peau, sur les côtés du thorax et de l'abdomen , le pannicule charnu est un immense muscle large, irrégulièrement triangulaire, aminci sur ses bords, et plus épais dans sa partie centrale que partout ailleurs.
Le bord supérieur de ce muscle répond à une ligne courbe , convexe en haut, étendue obliquement du grasset au garrot. L'inférieur se porte horizontalement du grasset au bord postérieur de la masse olécrânienne, en longeant le bord supérieur du sterno-trochinien, qu'il recouvre, et auquel il adhère d'une manière assez intime. L'antérieur descend de l'extrémité supérieure de l'épaule sur les muscles de l'avant- bras.
Structure. Attaches. — Les fibres charnues qui entrent dans sa composition se dirigent d'arrière eu avant , daus les deux tiers postérieurs du muscle ; mais en arrivant sur l'épaule, elles se redressent peu à peu pour devenir verticales. Ces fibres sont continuées, sur les bords du muscle, par des aponévroses qui l'attachent soit à la face interne de la peau, soit sur les fascia fibreux des muscles superficiels.
Ce muscle prend, de plus, sur l'humérus une insertion fort remarquable qui se trouve signalée dans les Leçons d'anatomie comparée de G. Cuvier, et qui semble avoir été omise, du moins pour ce qui concerne les solipèdes, dans tous les traités d'anatomie vétérinaire. Voici ce que nous avons pu observer très souvent à cet égard : Arrivé au bord postérieur de la masse olécrânienne, le pannicule charnu se partage en deux lames superposées : l'une , superficielle , se continue sur les muscles du membre antérieur; l'autre, profonde, se termine bientôt par une aponévrose unie au sterno-trochinien et bordée à son bord supérieur par un ruban nacré , laquelle aponévrose pénètre entre le thorax et les muscles du bras pour aller se fixer au trochin. \
Rapports. — Par sa face superficielle, avec la peau, qui lui adhère fortement; par sa face profonde , avec le grand dorsal , le trapèze dorsal , la tunique abdominale, le grand oblique de l'abdomen, le grand dentelé, quelques intercostaux externes, la veine de l'éperon, les muscles superficiels de l'épaule et du bras.
Usages. — L'animal , en opérant la contraction du pannicule charnu , fait trémousser toute la partie du tégument cutané qui recouvre celui-ci , pour empêcher les insectes de venir se poser à la surface du corps , et pour se mettre à l'abri de leurs piqûres.
MUSCLBS DU TRONC. 185
Différences. — Chez le Chien, le pannicule charnu se prolonge sur la fesse et s'unit, le long de l'épine dorso-lombaire, à celui du côté opposé.
Ç II. — Région cervicale.
Cette région comprend tous les muscles qui sont groupés autour des vertèbres cervicales, muscles importants par leur volume et par le rôle qu'ils remplissent dans l'économie animale. On décrit séparément une région cervicale supérieure et une inférieure.
A. Région cervicale supérieure ou spinale du cou.
Elle compte dix-sept muscles pairs , savoir : le trapèze cervical , le releveur propre de l'épaule, Yangulaire de l'omoplate, le splénius, le grand complexus, le petit complexus, le transversaire épineux du cou, les six inter-transversaires du cou, le grand oblique de la tête, le petit oblique, le grand droit postérieur, le petit droit postérieur. Ils forment quatre couches superposées de chaque côté du ligament cervical, et occupent l'espace triangulaire circonscrit parle bord supérieur de ce ligament, les apophyses transverses des vertèbres du cou, et l'apophyse épineuse de la seconde vertèbre dorsale.
Préparation. — Placer le sujet en deuxième position et disséquer successivement les quatre couches de la région. — Pour étudier la première couche, formée par un seul muscle, le trapèze cervical , on enlèvera la peau, le tissu cellulaire et les fascia fibreux qui recouvrent ce muscle (voy. fig o'fi). — La préparation et l'étude de la seconde couche, composée du releveur de l'épaule, do l'angulaire et du splénius, se fait eu deux temps Dans le premier, on enlève le trapèze et le mastoïdo-huméral , en conservant seulement les insertions cervicales de ce dernier muscle; puis on abat le membre antérieur, après avoir scié l'épaule au-dessous de l'insertion des muscles angulaire et grand deutelé, comme dans la ligure 68. Mais on ne peut découvrir ainsi ni les insertions cervicales, ni les insertions dorsales du splénius; il faut alors procéder à la seconde partie de l'opération, c'est-à-dire enlever le releveur, l'angulaire et l'extrémité supérieure de l'épaule. — Pour préparer ensuite la troisième couche, qui comprend le grand et le petit complexus, il suffira d'inciser le splénius en suivant la direction de l'encolure, et de renverser en haut et en bas les deux lambeaux du muscle (voy. fig. 39). — Enfin on mettra à nu la couche profonde, c'est-à-dire le transversale épineux, les inter-transversaires, les obliques et les droits postérieurs, ainsi que le ligament cervical , en enlevant les deux complexus et l'ilio-spiual (voy. fig. 67).
1° Trapèze cervical (fig. 66, 3).
Synonymie : Cervico-acromien (Girard ). — Il a éld confondu par Bourgelat arec le peaucier du cou. — Il représente lu portion supciicuro du trapèie de l'homme.
Forme. Situation. — C'est uu muscle membraneux , très mince , triangulaire, situé superficiellement sur les côtés de l'encolure et en avant de l'épaule.
Structure. — Il est formé de fibres charnues d'un rouge pâle, parallèles entre elles, dirigées obliquement en arrière et en bas, c'est-à-dire du bord supérieur au bord postérieur du muscle; ces fibres sont donc d'autant plus longues qu'elles sont plus inférieures.
. Attaches. — Le bord supérieur du muscle est attaché sur la corde du ligament cervical, par l'intermédiaire d'une série de libres tendineuses {insertion fixe). — Son bord postérieur s'unit au bord antérieur du trapèze dorsal, par une aponévrose
184 DES MDSCLBS.
qui va s'insérer sur la tubérosité de l'épine acromienne, el dans l'interstice du long abducteur du bras, où elle se confond avec celle du mastoïdo-huméral (insertion mobile).
Rapports. — Ce muscle est compris entre deux plans aponévrotiques , intimement unis avec lui, dont les fibres croisent les siennes à angle droit et se prolongent sur les deux faces du mastoïdo-huméral. Il répond, en dedans, au releveur propre de l'épaule, au splénius, à l'angulaire, au petit pectoral, au sus-épineux.
Usages. — Il élève l'épaule et la porte en avant
Différences. — Ce muscle est épais et très large chez les Ruminants. — Chez le Pore, il prend son insertion fixe sur la protubérance occipitale et sur toute l'étendue de l'entrecroisement fibreux qui remplace le ligament cervical.
2* Releveub propre de l'épaule (fig. 68, 1).
Synonymie ; Ccrvlco-ioui-geapulaire ( Gir.). — Portion antérieur* du rhomboïde (Cutier^, — Potit rhomboïde, rhomboïde supérieur de l'homme,
Forme. Situation. Direction* — Ce muscle présente la forme d'un triangle isocèle très allongé, et se trouve situé à la face interne du précédent, sous la corde du ligament cervical, dont il suit la direction.
Structure. Attaches. — Il est composé de gros faisceaux charnus parallèles, d'autant plus longs qu'ils sont plus inférieurs, fixés par leur extrémité antérieure sur la portion funiculaire du ligament cervical, au moyen de fibres tendineuses ex trêmement courtes (origine), et attachés par leur extrémité postérieure à la face interne du cartilage de prolongement de l'omoplate, au-dessus de l'angulaire, et en avant du rhomboïde, avec lequel ils se confondent (insertion mobile).
Rapports. — Recouvert par le trapèze cervical, ce muscle recouvre le splénius, qui est excavé près de son bord supérieur pour le recevoir.
Usages. — Il tire l'extrémité supérieure de l'épaule en avant en haut.
Différences. — Ce muscle est très développé chez le Pore , et se trouve divisé supérieurement en deux corps charnus, dont l'un procède de la protubérance occipitale, et l'autre du ligament cervical rudimentaire. — Le releveur propre de l'épaule est également bifide à son origine chez les Carnassiers. La branche antérieure vient de la crête mastoïdienne.
3° Angulaire de l'omoplate (fig. 66, 4; 68, 3).
Synonymie : TrarhéIo-iou*-scapulaire (Gir.). — Portion du grand dentelé' de Bourgelat. — Releveur do l'omoplate (Curier).
Situation. Forme. Structure. — C'est un muscle très fort , situé en avant de l'épaule, triangulaire, aplati d'un côté à l'autre, mince à son bord supérieur, épais en arrière et en bas, et presque entièrement charnu.
Attaches. — Il prend son origine sur les apophyses transverses des cinq dernières vertèbres cervicales, par cinq languettes distinctes qui se dirigent sur le scapulum en convergeant les unes vers les autres. — Ces languettes se confondent bientôt pour former une seule masse musculaire qui va s'insérer à la face interne de l'omoplate, sur la surface triangulaire antérieure.
Rapports. — Ce muscle est confondu par son bord inférieur avec le grand den • lelé. Il est recouvert par le trapèze cervical, le inastoïdo-huméral et le petit pectoral. 11 recouvre le splénius, la branche inférieure de l'ilio-spinal , et l'intercostal commun. Près du point où il opère sa fusion avec le grand dentelé, sa face interne adhère très intimement aux apophyses transverses des trois premières vertèbres dorsales.
Usages, — Il tire en avant l'extrémité supérieure du scapulum , pendant que l'angle numéral se porte en arrière. Si son point fixe est à l'épaule, il peut opérer l'extension et l'inclinaison latérale de l'encolure.
Différences. — Chez le Bœuf, l'angulaire naît, par six dentelures, de toutes les vertèbres cervicales, la première exceptée. — Chez le Pore et chez le Chien, c'est un muscle très développé, attaché, comme dans les Ruminants, sur six vertèbres cervicales. Il n'est pas rare même de trouver dans le Pore une septième digilation provenant de l'atlas. Nais alors celle qui prend naissance à l'axis est peu développée ou manque complètement.
4° Splénics (fig. 69, 5; 65, 4, 5).
Synonymie : Cervico-trachélien ( Gir.).
Forme. Situation. — Muscle considérable, aplati d'un côté à l'autre, triangulaire, compris entre la corde du ligament cervical, la branche inférieure de l'ilio-spinal et les apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicales.
Structure. — Le splénius, aponévrotique seulement à sa périphérie, se compose de gros faisceaux charnus qui se dirigent tous en avant et en haut, pour gagner la tête et les premières vertèbres cervicales.
Attaches. — 11 se fixe, par son bord postérieur, sur la lèvre du ligament cervical et sar le sommet des apophyses épineuses des premières vertères dorsales , au moyen d'une aponévrose qui se continue en arrière avec celle du petit dentelé antérieur, et qui se confond , par sa face interne, avec celle du grand complexus. — Son bord antérieur est découpé en quatre languettes qui constituent les insertions mobiles du muscle : a. La languette supérieure, la plus large et la plus mince, se termine par une aponévrose (fig. 68,5) qui s'unit au tendon mastoïdien du petit complexus et qui va à la crête mastoïdienne, b. La seconde se rend à un tendon très fort, commun au splénius, au petit complexus et au mastoïdo-huméral, lequel teodon s'attache sur l'apophyse transverse de l'atlas (fig. 68, 9). c, d. Les deux autres s'insèrent directement sur les apophyses transverses des troisième et quatrième vertèbres cervicales.
Rapports. — Le splénius répond : en dehors, au releveur propre de l'épaule, à l aogulaire, au trapèze cervical et au mastoïdo-buméral ; en dedans, aux deux muscles complexus et aux deux obliques de la tête ; par son bord inférieur, au bord supérieur de la branche inférieure de l'ilio-spinal.
Usages. — Il étend la téte et le cou en les inclinant de côté. Si les deux splénius agissent de concert, l'extension est directe.
Différences. — Chez le Bœ«f, le splénius ne s'attache ni sur la troisième ni sur la quatrième vertèbre cervicale. Il est peu développé. — Chez le Porc, il se
termine antérieurement par trois corps charnus volumineux qui s'insèrent, l'un à l'atlas, l'autre à la crête mastoïdienne, et le troisième à la protubérance occipitale, — Chez les Carnassiers, ce muscle est très épais et très large ; il ne va qu'à l'atlas et à la crête mastoïdienne.
5° Ghand complexus ( flg. 69, 6 et 7).
Synonymie : Dorso-occipiul (Gir. ).
Situation. Direction. Forme. — Muscle puissant compris entre la face interne du splénius et le ligament cervical, dont il suit la direction oblique en avant et en haut,
triangulaire, aplati d'un côté à l'autre, allongé d'avant en arrière, divisé longitudinalement en deux portions inégales : l'une postérieure, l'autre antérieure. Structure. — La portion postérieure (fig. 69, 6), la plus considérable, aponé-
(•) Fig. 66. — Muscles superficiels du cou et de la région spinale du dos et des lombes. — 1. Trapcie dorsil. 5. Grand dorsal. 3. Trapèxe cervical. A. Angulaire de l'omoplate. Î5. Splénius. 6. Portion untéricure ou superficielle du mastoido-hnniërnl. 7. Son insertion btintérale. 7'. Son insertion mastoïdienne. H. L'aponévrose qui 'un! celle insertion au slcruo-maxillaiie. 8'. Portion postérieure du niasloiclo-humei.il. 9. Sou aponévrose inférieure insérée dans l'interstice du long abducteur du bras. 10. Sterno-maxillaii c. 11. Sou»-s< apulobvoidien. 12. Porliou du peaucier du cou. 13. Portion du gros extenseur de l'avaut-brus. 14. Venlte postérieur du long abducteur du bras. 15. Sterno-lrorhinieu.
vrotique à son origine, entrecoupée d'intersections fibreuses linéaires qui croisent obliquement sa direction, est formée de fibres charnues dirigées en avant. Celles qui constituent la portion antérieure (fig. 69, 7), entremêlées de quelques faisceaux tendineux, se dirigent eo haut et semblent s'insérer sur les précédentes. C'est cette différence dans la direction des fibres composantes propres à chacune des deux portions du grand complexus qui permet de les distinguer Tune de l'autre. Ces deux portions charnues ne sont effectivement séparées par un véritable in* terstice que vers leur extrémité inférieure. A son extrémité supérieure, le muscle se rétrécit pour constituer le sommet du triangle allongé qu'il représente, et se termine par un fort tendon.
Insertions fixes. — La portion postérieure prend son origine : 1° sur le sommet des apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales, par une forte aponévrose qui se confond avec celles du splénius et du petit dentelé antérieur ; 2° sur les apophyses transverses des quatre ou cinq vertèbres dorsales qui suivent la seconde, par autant de languettes aponévrotiques réunies par leurs bords. — La portion antérieure est fixée : 1° sur les apophyses iransverses des deux premières vertèbres dorsales, par deux languettes tendineuses analogues à celles de la portion postérieure ; 2° sur les tubercules articulaires des vertèbres cervicales, par l'extrémité inférieure de ses faisceaux charnus.
Insertion mobile. — Le grand complexus opère son insertion mobile, au moyen de son tendon supérieur, sur la face postérieure de la protubérance occipitale, à côté de la tubérosilé cervicale.
Rapports. — Il est recouvert par le splénius et le petit complexus. Il recouvre le ligament cervical, la branche supérieure de l'ilio-spinal, le transversaire épineux du cou, les obliques et les droits postérieurs de la tête. Les languettes aponévrotiques qui l'attachent aux apophyses transverses dorsales sont comprises entre les deux branches de l'ilio-spinal. L'interstice qui sépare, en bas, les deux portionsdu muscle livre passage à l'artère cervicale supérieure. Usages. — Puissant extenseur de la tête.
Différences. — Chez le Porc, les deux portions du grand complexus sont complètement séparées l'une de l'autre, excepté à leur extrémité supérieure, par on interstice dans lequel rampe l'artère cervicale supérieure. L'aponévrose au moyen de laquelle le muscle s'attache sur les apophyses épineuses des premières vertèbres dorsales n'est pas confondue avec celles du splénius et du petit dentelé antérieur de la respiration.
6° Pbtit complexus (fig. 68, 6, 7; 69, 8, 9).
Synonymie: Dorso-m»«toïdien ( Gir.).
Situation. Direction. — Situé à la face interne du splénius dans une direction oblique de bas en haut et d'arrière en avant, ce muscle longe le bord antérieur du grand complexus et fait suite à la branche inférieure de l'ilio-spinal, qu'il semble continuer jusqu'à la tête.
Forme. Structure. — Le petit complexus est un muscle long divisé en deux corps charnus fusiformes et parallèles, l'un antérieur, l'autre postérieur, que Ton pourrait,
188 DIS MOSCLBS.
à la rigueur, considérer comme deux muscles distincts. Tous deux sont formés de faisceaux successifs d'autant plus longs qu'ils sont plus superficiels, et se terminent par un tendon à leur extrémité supérieure. Le tendon du muscle postérieur est aplati, et s'unit avec l'aponévrose mastoïdienne du splénius. Celui du muscle antérieur est funiculaire, et reçoit, avant d'opérer son insertion, une digitation du splénius (fig. 69, 10) et une autre du mastoïdo-huméral (fig. 69, 11).
Attaches fixes. — Les deux corps charnus du petit complexus prennent leur attache fixe, en commun avec la portion antérieure du grand complexus : 1° sur les apophyses transverses des deux premières vertèbres dorsales (par l'intermédiaire des languettes a ponevro tiques qui servent d'origine a ce dernier muscle); 2° sur les tubercules articulaires des vertèbres cervicales, par l'extrémité inférieure de leurs faisceaux constituants.
Attaches mobiles. — Le tendon terminal du muscle postérieur se rend à l'apophyse mastoïde du temporal. L'antérieur va à l'apophyse transverse de l'atlas.
Rapports. — En dehors, avec le splénius ; en dedans, avec le grand complexus et les obliques de la tête. Le tendon du corps charnu postérieur est recouvert par l'aponévrose mastoïdienne du mastoïdo-huméral.
Usages. — Le petit complexus incline de son côté la tête et la partie supérieure de l'encolure. Il agit encore comme extenseur de la tête (1).
Différences. — Chez le Pore, le corps charnu atloïdien est peu distinct de la branche supérieure de l'ilio-spinal et des in 1er- transversa ires. — Ce même corps charnu est faible chez les Carnassiers.
T Tbansvebsaibb BMXEIÎI ou cou ( 6g. 67, 4).
Synonymie i Court épineux (Bourg.). — Dorso -épineux ( Glr.).
Situation. — Entre le grand complexus et le ligament cervical, sur les lames des cinq dernières vertèbres du cou.
Forme. Structure. Attaches.— Ce muscle, qui continue dans la région cervicale le transversaire épineux des lombes et du dos, est généralement formé de cinq faisceaux épais et courts, fortement aponévrotiques, dirigés en avant, en haut et en dedans.
Ces faisceaux, attachés, par leur extrémité postérieure (imertion fixe), sur les cinq derniers tubercules articulaires de la région cervicale , se fixent , par leur extrémité antérieure ou supérieure [insertion mobile), sur les sixième, cinquième, quatrième, troisième et deuxième apophyses épineuses de la même région.
(1) Bourgelat a décrit sous te nom de long transversal la portion antérieure de ce muscle. Il fait appartenir la portion postérieure au muscle splénius. — Nous ne savons où les prendre, Tune et l'autre, dans les descriptions informes de Lafosse et de Vitet. — Girard les considère, ainsi que nous, comme un muscle unique, qu'il appelle dorso-masUndien. — Rigot les a réunies avec la portion antérieure du grand complexus et le faisceau le plus antérieur du court transversal ( branche inférieure de l'ilio-spinal), pour en faire son muscle long transversal. Il a donc compliqué leur description sans la rendre plus claire.
Ces deux faisceaux musculcux étant, à nos yeux, exactement représentés ( le postérieur do moins) par le petit complexus des anlhropotomistes, nous avons cru devoir les faire connaître sous ce nom. Quant au muscle presque généralement appelé petit complexus par les aoatomistes vétérinaires, nous le décrirons, à l'exemple de Meckel, comme une portion du grand droit postérieur de la tête.
Rapports. — En dehors, avec le grand coin plexus ; en dedans, avec la branche supérieure de l'ilio-spinal et le ligament cervical. Par sa face antérieure, ce muscle est appliqué sur les lames des vertèbres cervicales et sur les ligaments interlamellaires.
Usages. — Extenseur et inclinateur de la tige cervicale.
8° InTE H- TRANSVERSALES DU COU ( fig. 67, 9). Synonymie : Inter cervicaux (Gir.).
Ce sont six petits faisceaux courts et fortement tendineux, dédoublés chacun en deux faisceaux secondaires, l'un supérieur, l'autre inférieur, lis sont logés dans les
excavations latérales comprises entre les apophyses transverses et les apophyses arti culaires des vertèbres cervicales, et se portent d'une vertèbre à l'autre (excepté de la première à la deuxième). Recouverts par les attaches cervicales de la plupart des
(*1 Fig. 67. — Ligament cervical et muscles profonds du cou — \. Portion lamellaire «la ligament cervical. 9. Portion funiculaire du même. V>. Muscle transrersaire épineux du dos et des loml.es. 4,4. Muscle transTenwire épineux du Cou. 5. Muscle grand droit postérieur de U télé. 6. Muscle petit droit pesterirur. 7. Muscle grand oblique de la tdte. 8. Muscle petit oblique. 9,9. Muscles iuter-liansvcrsuircs du cou. 10. Muscle grand droit antérieur de lu tôle. M. Muscle scalcuc inférieur, li. M iscle scalcue supérieur.
muscles de l'encolure, ils recouvrent les vertèbres sur lesquelles ils s'attachent, ainsi que l'artère et la veine vertébrales et les trous de conjugaison. Ils inclinent l'encolure de côté.
9° Grakd oblique de la tète (flg. 67, ?).
Synonymie : Axoîdo-tUoïdien ( Gir.).
Forme. Direction. Situation. — Muscle court, épais, large, oblique d'arrière en avant et de dedans en dehors, appliqué sur la face supérieure des deux premières vertèbres du cou.
Structure. Attaches. — Ses fibres , presque toutes charnues , parallèles entre elles, et d'autant plus longues qu'elles sont plus superficielles, s'attachent, parleur extrémité postérieure (insertion fixe) , sur la face externe de l'apophyse épineuse de l'axis, par leur extrémité antérieure (insertion mobile), sur la face supérieure de l'apophyse transverse de l'atlas.
Rapports. — En dehors, avec le splénius, le grand et le petit complexus; en dedans, avec l'atlas, l'axis et l'articulation axoïdo-atloïdienne ; en haut, avec les droits postérieurs de la tête ; en bas, avec le grand droit antérieur.
Usages. — Il fait pivoter l'atlas sur l'apophyse odonloïde de l'axis. C'est donc le rotateur de la tête par excellence.
10° Petit oblique (flg. 67, 8).
Synonymie : Alloido-mastoïdien ( Gir.).
Muscle court, épais, quadrilatère et fortement aponévro tique. Ses fibres sout fixées en arrière (origine) sur la lèvre qui borde l'apophyse trausverse de l'atlas; elles se portent de là en avant, en haut et en dedans, pour s'attacher {terminaison) : 1° sur l'apophyse styloïde de l'occipital ; 2° sur la face externe de cet os, aux empreintes qui bordent , en arrière , la crête mastoïdienne ; 3° sur la crête mastoïdienne elle-même. Ce muscle est recouvert par le tendon mastoïdien du petit complexus , par l'aponévrose supérieure du splénius et celle du mastoïdo-huméral. Il recouvre l'articulation atloïdo-occipitale, l'insertion occipitale des droits postérieurs de la tète et l'origine des muscles stylo hyoïdien et digastrique. Il incline la tête sur l'atlas en l'étendant légèrement.
11° Grand droit postérieur de la tête (fig. 67, 5).
Synonymie: PeUt complexus et grand droit postérieur de Bourgelat. — Long et court axoïdo-occipibl do Girard.
Fo? me. Structure. Situation. — Allongé, prismatique, facilement divisible en deux faisceaux, l'un superficiel {petit complexus de Bourgelat), l'autre profond {grand droit postérieur du même), entièrement charnu et formé de fibres parallèles, ce muscle est logé , avec le petit droit postérieur, dans un espace triangulaire circonscrit par la corde du ligament cervical et le bord interne des muscles obliques.
Attaches. — Il est attaché, par son extrémité postérieure, sur toute l'étendue de la lèvre raboteuse qui termine l'apophyse épineuse de l'axis {insertion fixe). —Son
extrémité antérieure s'insinue sous le muscle petit oblique et se fixe sur l'occipital» en arrière de l'insertion supérieure du grand coniplexus, dont le tendon reçoit quelques-unes des fibres du faisceau superficiel (insertion mobile).
Rapports. — En haut , avec le grand complexus ; en bas , avec le petit droit ; en dedans, avec la corde du ligament cervical et le muscle analogue du côté opposé ; en dehors , avec les obliques.
Usages. — Ce muscle , congénère du grand complexus , opère l'extension de la tête.
12° Pbtit droit postérieur (fig. 67, 6).
Synonymie : AUoïdo- occipital (Gir.).
Très petit muscle aplati de dessus en dessous, large et triangulaire ; immédiatement appliqué sur la capsule fibreuse de l'articulation atloïdo-occipitale ; s'atlachant, en arrière, sur la face supérieure de l'atlas (origine), en avant, sur la face externe de l'occipital, en dessous du précédent, dont il partage l'action.
Différences. — Chez le Pore , ce muscle est peu distinct du faisceau profond du grand droit. — Chez les Carnassiers t il acquiert, de même que le grand droit et les obliques, une épaisseur remarquable.
B. Région cervicale Inférieure on traehéllenne.
Les muscles qui composent cette région sont situés en avant des vertèbres cervicales, et groupés, pour la plupart, autour de la trachée, qu'ils enveloppent comme dans une sorte d'étui. Ils sont au nombre de onze , savoir : le peaucier du cou , le mastoïdo-huméral , le sterno-maxillaire , le sterno-hyotdien , le sterno-tyroï- (lien, Vomoplat- ou sous-scapulo-hyoïdien, le grand droit antérieur de la tête, le petit droit antérieur, le petit droit latéral, le scalène, le long du cou.
Préparation. — 1° Placer ranimai en première position. 2° Dépouiller la région pour découvrir et étudier le muscle peaucier. 3° Enlever ce muscle avec la parotide pour préparer le mastoïdo-huméral (l), le steruo-maiillairc, le sterno-hyoïdien et le s te rn 0 - thyroïdien. 4° Inciser transversalement le mastoïdo-huméral , près de l'angle de l'épaule, et l'isoler du sous-scapulo-hyoïdien pour mettre ce dernier muscle en évidence; avoir soin de conserver la jugulaire et la parotide, afin d'étudier leurs rapports avec lui. 5° Abattre les deux membres antérieurs; ouvrir la cavité thoracique, en sciant les huit premières côtes, près de leur extrémité supérieure; enlever les viscères coutenus daus cette cavité, ainsi que la trachée, l'œsophage, le pharynx et le larynx, pour mettre à nu le long du cou, le scalène et les droits de la téte.
1° Peaucier dd cod (fig. 66, 12 ; 75, i ).
Synonymie : Il a été décrit par Bourgciat, et la plupart des anatomisles vétérinaires qui l'ont suivi, comme deux musclas : le peaucier du cou et le cutané de lu face.
C'est une expansion membraniforme , partie charnue , partie aponévrotique , qui recouvre les muscles de l'encolure, du fond de l'auge et de la face.
Les fibres charnues forment, en avant du cou, une mince bandelette qui s'unit, par l'intermédiaire d'un raphé fibreux , à celle du côté opposé. Cette bande-
(1) On peut encore disséquer le mastoïdo-huméral en même temps que le trapèze, le sujet étaat placé en deuxième position. Ce procédé permet d'étudier aussi bien que possible les insertions supérieures du muscle. ( Voyei la figure 06) .
192 DBS MUSCLES.
lette s'applique sur les muscles sterno-maxillaire, sterno-hyoîdien, sous-scapulohyoïdien, sterno-thyroïdien et sur la veine jugulaire , en enveloppant toutes ces parties comme dans une gouttière. Elle s'amincit graduellement de bas en haut, en sorte qu'elle n'est plus constituée autour de la gorge que par quelques Gbres éparses. Dans le fond de l'auge et sur le bord refoulé des branches du maxillaire, les ûbres charnues reparaissent avec une certaine épaisseur pour se raréfier de nouveau sur la face externe des joues.
Ces ûbres charnues partent du prolongement trachélien du sternum (1) et du raphé médian intermédiaire aux deux muscles ; elles se dirigent en dehors et en haut, et se confondent bientôt avec l'aponévrose. Celle-ci, extrêmement mince, se répand sur le mastoïdo-huméral, les muscles cervicaux supérieurs, la région parotidienne , le masséter, les joues , et se fixe enfin à la crête zygomatique. Arrivé près de la commissure des lèvres, le peaucier s'unit à l'alvéolo -labial, par uu faisceau charnu appelé, chez l'homme, risorius de Santwini (fig. 72, 10).
Le peaucier du cou affermit la cou traction des muscles qu'il recouvre, et tire en arrière la commissure des lèvres. Nous doutons fort qu'il ait, dans la région cervicale du moins, quelque action sur la peau, car il adhère très faiblement à la face interne de celle-ci.
Différences, — Chez le chien, chaque peaucier se dédouble en deux portions: Tune supérieure , l'autre inférieure. Celle-ci vient du poitrail ; ses fibres se dirigent, en divergeant, sur la face, dans l'auge et sur la parotide, où elles forment le muscle parolido-auriculaire. La première, plus épaisse et plus large, procède de la région scapulaire, recouvre les parties latérales du cou, la parotide, le parotidoauriculaire, passe par-dessus la précédente, et se termine sur la face et dans l'auge, où ses fibres se réunissent avec celles du côté opposé.
Chez le Porc, il est également formé de deux portions, l'une qui vient du prolongement trachélien du sternum, l'autre de la région scapulaire externe. Elles se réunissent en avant, et se prolongent en commun sur les muscles de la face, en contractant des adhérences avec la face externe du corps et des branches de l'os maxillaire.
Chez le Mouton , la portion charnue manque entièrement dans la région cervicale. On ne trouve plus qu'un mince fascia aponévrotique immédiatement appliqué sur les muscles superficiels du cou.
Chez le Boeuf, comme chez le Mouton, les muscles antérieurs du cou sont recouverts par une mince aponévrose qui se développe sur les côtés de l'encolure, et qui, arrivée sur la face, se continue par des fibres charnues dont la disposition rappelle assez exactement la portion faciale du peaucier du cheval. Un faisceau de
(i) On pourra se convaincre, en jetant les yeux sur la figure 75 et sur sa légende, que nous restituons au peaucier du cou la baudetelte sternale attribuée jusqu'à présent au mastoïdo-huniéral. Voici les considérations qui justiûcnt, selon nous, cette modiQcatioo : 1" Cette bandelette n'est point distincte du peaucier du cou; ce n'est qu'artificiellemeul qu'on obtient une séparation entre les deux muscles. 2" En disséquant cette bandelette avec uu peu de précaution, on peut voir que ses ûbres, comme celles du peaucier, ne se confondent point avec le bord antérieur du mastoïdo-huméral (portiou superficielle) ; elles passent à la surface externe de ce dernier muscle (auquel elles adhèrent intimement, il est vrai, mais dont il est toujours facile de les séparer), et se continuent avec l'aponévrose du premier.
:es libres (risorius de Santorini) va se joindre à l'alvéolo-labial ; on aulrc s'entre- ;roise dans l'auge avec le faisceau analogue du côté opposé.
Ce même animal se distingue encore par une particularité extrêmement remarquable relative au peaucier du cou , particularité qu'il importe de faire connaître ici : La bande charnue cervicale, tout à fait absente chez le mouton, ne manque point chez le bceuf. Elle forme , sous le fascia aponévrotique signalé plus haut , une longue et épaisse lanière qui a été décrite, à tort, par les anatomistes vétérinaires, comme l'analogue du sterno-maxillaire du cheval. Cette lanière est attachée, à l'instar de la bande musculeuse qui la représente chez les solipèdes, à la pointe antérieure du sternum. Mais ses fibres, au lieu de se répandre en dehors sur le mastoïdo-huméral, montent, parfaitement isolées de ce dernier muscle, jusqu'au niveau du bord postérieur du maxillaire. La, elles se terminent (fig. 73, 18) par un tendon aplati qui, après avoir gagné le bord antérieur du masséter, se confond avec l'aponévrose de ce muscle et envoie quelques brides fibreuses sur les muscles de la face.
2° M A5T0ÏDO-HCMBB al (Gir.) (fig. 66; 68; 69; 75).
Synonymie'. Commun au bras, au cou et a la tête ( Bourg.). — Représentant le cléido-mastoïdiro, la portion claviculuire du Irapèae, la nicnie portion du deltoïde de l'homme, et le rautcle acronuo-trurbélieii (dea Leçons (Panatomie comparée de G. Cuvier, Se édition ) particulier aux animaux mammifères qui se tiennent habituellement en station «juudrupède (1).
Étendue. Situation. Direction. Composition. — Ce muscle, étendu du sommet de la tête à la partie inférieure du bras, est appliqué sur l'angle scapulo-huméral et le côté de l'encolure, dans une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière. 11 se compose de deux portions accolées longitudinalement l'une à l'autre, unies entre elles d'une manière assez intime , et distinguées en antérieure cl postérieure.
Forme. Structure. Attaches. — il. La portion antérieure ou superficielle (fig. 66, 6) constitue une longue bande charnue qui semble unie , par son bord antérieur, au peaucier du cou. Son extrémité supérieure, mince et large, s'attache sur l'apophyse mastoïde et la crête mastoïdienne, par une aponévrose (fig. 66, 7'J qui s'unit , en avant , au tendon du muscle sterno-maxillaire. Son extrémité inférieure, plus épaisse que la supérieure, s'insère au moyen d'une très courte aponéfrose, a l'humérus, sur le bord saillant qui descend de la crête sous-trochitérienne et qui limite, en avant, la gouttière de torsion du corps de l'os (fig. 66, 7).
(1) On hésite, au premier abord, à admettre que ce muscle soit formé par les éléments divers et si compliqués que nous avons énumérés. C'est cependant un Tait parfaitement acquis à la science, et nous en donnerons une démonstration aussi simple que claire, dont nous avons eu ridée après J.-F. Meckel. Que Ton prenne le chien, par exemple, et que Ton suppose à cet animal une clavicule étendue de l'extrémité antérieure du sternum à l'acromioo. Cette clavicule couperait transversalement la portion inférieure du masloïdo-huméral, laquelle serait ainsi divisée en deux parties : Tune supérieure, l'autre inférieure. Or, la première, s'étendant de la clavicule à l'apophyse mastoïde, d'uue part , et d'autre part, à la crête mastoïdienne, ainsi qu'au ligament cervical, où elle se confond avec le trapèze, représenterait exactement la portion claviculaire de ce dernier muscle, et le cléido-mastoïdien. Quant à la portion inférieure, elle rappellerait parfaitement par ses attaches la portion claviculaire du deltoïde.
Par contre, que Ton suppose l'homme privé de clavicule : le* trois faisceaui musculaires que nous venons d'indiquer, en se confondant les uns avec les autres, formeraient le masloïdo-huméral du chien, moins la portion postérieure, ou le muscle acromio-trachélieu, qui n'a point de représentant chez l'homme.
B. La portion postérieure on profonde (fig. 66, 9) représente une seconde bande rousculeuse, plus courte et plus forte que la précédeute. Elle s'attache, en haut, sur les apophyses trausverses des quatre premières vertèbres cervicales, par autant de languettes charnues (ûg. 68, S) que recouvre la portion superficielle. On observera que la languette supérieure, destinée à l'atlas, s'unit à un tendon qui loi est commun avec le petit complexus et le splénius (fig. 68, 9 — 69, 9', 10 et 11). Quant à l'extrémité inférieure de celte portion du muscle, elle se termine à une aponévrose qui .se confond avec celle du trapèze et qui se rend dans l'interstice du long abducteur du bras.
Rapports. — Il est recouvert, près de son insertion mastoïdienne, par la glande parotide et les muscles cervico-auriculaires; dans le reste de son étendue, par l'aponévrose du peaucier du cou, dont il est séparé par un mince fascia continu avec celui qui s'étend sur le trapèze. Il recouvre le splénius, le petit complexus, les obliques de la tête, le digastrique, le long fléchisseur de la tête, le sous-scapulo-hyoïdien, auquel il adhère intimement , l'angulaire , le scalène , le petit pectoral , le susépineux, le sous-épineux, le long abducteur du bras et le coraco-radial.
Usages. — Quand son point fixe est supérieur, il porte en avant le membre antérieur tout entier. Ce muscle joue donc un rôle important dans la locomotion, car c'est lui qui agit quand l'animal soulève le membre de devant pour entamer le terrain. Si le point fixe du muscle est au membre, il incline de côté la tête et les vertèbres cervicales supérieures; il peut aussi concourir a la flexion de la tête.
Différences. — Chez les Ruminants, les deux portions du mastoïdo-hunjéral sont plus nettement séparées et plus obliques l'une sur l'autre que dans le cheval. — La portion superficielle reçoit à sa face interne un petit faisceau funiculaire d'un rouge vif qui procède du cartilage de la première côte , et que Meckel est tenté de considérer comme le vestige du sous-clavier. Elle se divise supérieurement en deux branches : l'une (portion claviculaire du trapèze), très large, se rend à l'apophyse mastoMe, à la ligne courbe de l'occipital et au ligament cervical, en se confondant avec le trapèze (ûg. 73, 22); l'autre (cléido-mastoïdien), se termine par un tendon qui s'unit au sterno-sous-occipital, et qui va s'insérer à l'apophyse basilaire, après avoir reçu les fibres du long fléchisseur de la tète (fig. 73, 21). — Quanta la portion profonde du mastoïdo-hutnéral, son extrémité supérieure s'insère à l'atlas seulement par un tendon aplati distinct des insertions atloïdieunes du splénius et du petit complexus.
Chez les petits ruminants, nous n'avons point trouvé la petite bandelette costale qui se joint à la portion superficielle. Celle-ci nous a semblé se diviser, à son extrémité inférieure, en deux branches entre lesquelles passe le coraco-radial. La branche supplémentaire se rend à l'épicondylc.
Chez le Porc, la portion superficielle est, comme chez les ruminants, bifide à son extrémité supérieure. La branche postérieure {poi^tion claviculaire du traj)èze) s'attache sur le côté de la protubérance occipitale ; la branche antérieure (cléidomastoïdien) se rend sous l'hiatus auditif externe, à la crête qui remplace l'apophyse masloïde. — La jwrtion profonde s'attache en haut sur l'atlas seulement.
Le inastoïdo-huméral du Chien se comporte à peu près comme celui des Ruminants et du Porc. La portion superficielle est bifide, supérieurement. L'une des
branches se fixe sur l'apophyse mastoîde (cléido-rmutoïdien) ; l'autre, sur la crête mastoïdienne et le ligament cervical, en s'unissant par une aponévrose avec le muscle trapèze (portion claviculaire du trapèze). — La portion profonde va de l'atlas à l'épine acromienne.