STRUCTURE
ces procédés ne donnent de la cellule que J’apparence extérieure. Dans les recherches récentes de Monnier et Vogt, on obtient, au contraire, non seulement les cellules avec toutes les particularités qu’elles présentent dans les organismes, mais encore les formes dérivées de la cellule, tubes, vaisseaux, etc.
On se sert, pour ces expériences, de solutions de sels ayant une consistance un peu sirupeuse (sucrate de chaux, silicate de soude), dans lesquelles on laisse tomber des fines particules de cristaux d’un autre sel, dont la solution forme, avec le premier, un précipité insoluble (des carbonates alcalins avec le sucrate de chaux, des sulfates métalliques : cuivre, fer, nickel, zinc, etc., avec les deux liquides). Les sulfates forment des tubes à cloisons et à agglomérations granuleuses, les carbonates des cellules avec canaux poriques, etc. (Monnier et Vogt, Journal de V Anatomie, de Robin, 1882).
Il est nécessaire de distinguer l’ectosarc plus ou moins consistant produit par des voies analogues à celles que nous venons de mentionner, des cuticules proprement dites dues à un procédé de sécrétion du protoplasma et qui atteignent alors une plus grande solidité. La cuticule ainsi comprise est tantôt chagrinée et continue comme chez les Difflugia, cornée et semblable à de la chitine comme chez les Coleps et les Sty long chia , tantôt composée de pièces entrelacées formant un véritable squelette calcaire (la plupart des foraminifères) ou siliceux (radiolaires). Dans le premier cas, la cuticule fait corps avec le protoplasma sous-jacent; dans le second, celui-ci peut se retirer de manière à laisser un vide entre sa surface et l’enveloppe ou, au contraire, difïluer à travers les orifices dont cette dernière est souvent munie et l’entourer complètement, de telle sorte que de primitivement externe, elle devient interne.
Dans toutes ces formations, on peut toujours constater l’existence d’une certaine quantité de substance organique étroitement combinée avec des éléments minéraux, preuve évidente que la carapace est primitivement constituée par une trame protoplasmique dans laquelle se sont déposées les substances minérales. Il faut en distinguer celles qui résultent de l’agglutination de corps étrangers, tels que : grains de sable, carapaces de diatomées, spiculés d’éponge, etc.
Une particularité étonnante et non encore expliquée, consiste dans la régularité des formes qu’affectent ces squelettes vis-à-vis de l’inconstance morphologique de l’organisme protoplasmique qui les produit. L’analyse de ces formes appartient à la zoologie descriptive, mais nous devions signaler cette opposition de corps essentiellement variables dans leurs formes, produisant les figures géométriques les plus compliquées et les plus régulières.
DES PROTOZOAIRES EN GENERAL
Chez les Radiolaires v, on constate, outre le squelette, la présence d’une enveloppe interne de consistance chitineuse plus ou moins élégamment détaillée, la capside centrale , qui est ordinairement percée d’orifices permettant au protoplasma qu’elle renferme de se mêler avec celui qui l’environne. Le premier est rempli de formations (globules de graisse, vésicules) sur lesquelles nous reviendrons plus loin. Puis le squelette externe est composé de paillettes siliceuses, isolées dans les couches superficielles du protoplasma chez les formes inférieures, et d’aiguilles plus longues, souvent ornementées, enchevêtrées dans des treillis quelquefois très compliqués dans les formes supérieures.
Le squelette extérieur est tenu, chez plusieurs genres, en relations avéc la capsule centrale par de grands piquants de dimensions et de formes très diverses, qui se croisent au centre de cette dernière et rayonnent dans toutes les directions. Les rapports de ces piquants avec le treillis extérieur, leur nombre, leur structure, sont de la première importance pour la zoologie. Au point de vue anatomique, ils sont comme toutes les pièces siliceuses du squelette un produit d’exsudation du protoplasma, qui les entoure parfois comme une gaine à leur base. Dans l’étude microscopique, on portera l'attention sur leurs formes et la figure générale qu’ils constituent.
Quoique le groupe des Foraminifères nous offre également des exemples d’une grande complication dans la forme du squelette, il n’y a jamais, chez eux, de capsule centrale. L’enveloppe, membraneuse chez quelques-uns, calcaire chez la plupart (avec un peu de silice chez Polymorphina , etc.), est simple chez les jeunes individus; elle forme autour de leur corps une boîte plus ou moins solide, une loge percée d’un ou de plusieurs orifices laissant passer les pseudopodes. Dans le cours de l’évolution, de nouvelles loges viennent s’ajouter à la première et, selon leur forme, leur nombre et le sens de leurs rapports, elles donnent lieu aux apparences les plus diverses. Tantôt, elles se disposent à la suite les unes des autres, en ligne droite, sur un seul axe ( Nodosaria ), ou sur deux axes légèrement convergents ( Textularia ), tantôt elles s’enroulent en spirale sur un même plan, ressemblant à la coquille des planorbes ( Cornuspira ), ou sur des plans différents. Chez quelques genres (. Acervulina ), l'arrangement paraît tout à fait irrégulier.
L’homologie qu’une observation superficielle semble permettre entre ces carapaces et la coquille des mollusques, n’est qu’apparente. Dans de nombreux cas, en effet, le protoplasma intérieur difflue à tel point à travers les pores qui criblent la carapace, qu'il la recouvre entièrement et que le squelette devient interne, submergé par le pro-