NUTRITION
Les Protozoaires ne possèdent pas de muscles proprement dits; toutefois, quelques types supérieurs ( Spirostomes , Stentors , Vorticelles ), montrent dans leur couche sous-cutanée des formations qui s’en rapprochent. Ce sont des striations dans le sens desquelles le corps se contracte. La tige contractile des vorticellines est particulièrement intéressante, la différenciation à son intérieur d’un cordon plus dense et plus essentiellement contractile est évidente, et ce cordon lui-même se désagrège en fibrilles longitudinales selon les réactifs employés.
Nutrition. — La nutrition des Protozoaires est extrêmement élémentaire. Dans les formes inférieures, chez la plupart des sarcodés, elle peut se faire sur tous les points du corps. La nourriture liquide pénètre par endosmose, mais il est certain, en outre, que le protoplasma exerce dans toutes ses parties une action chimique- digestive sur les substances organiques. Cette action commence déjà par les pseudopodes, qui diffluent plus rapidement sur la substance alimentaire. Elle se continue avec plus d’intensité dès que la proie est complètement enveloppée par la masse du corps. Les corps solides sont entraînés à l’intérieur par une sorte de fusion. Nombre de diatomées, qui ont pénétré dans le protoplasme des Monères ou des Amibes, en sont rejetées, la coquille parfaitement vidée et nettoyée. Leur contenu a donc été assimilé au protoplasma.
Aussitôt que la différenciation de ce dernier a été poussée jusqu’au point de permettre la distinction d’un endosarc et d’un ectosarc, il semble que la fonction digestive soit plutôt réservée à la substance du premier. C’est ce qui a lieu en particulier chez les infusoires ciliés (<2, fig. 17, schéma), dans lesquels nous pouvons considérer la cavité du corps remplie de protoplasma non différencié comme étant entièrement cavité digestive . Les mouvements de son contenu et les courants qui y circulent continuellement, entretiennent une irrigation nutritive suffisante dans toutes les parties du corps.
Nulle part nous ne pouvons reconnaître la présence d’un canal intestinal à parois propres, et les anciennes idées d’Ehrenberg à ce sujet (polygastricité des Infusoires), que l’on retrouve encore de nos jours dans quelques ouvrages élémentaires, doivent être définitivement abandonnées. Mais, chez beaucoup d’infusoires, il existe une ouverture buccale en un point déterminé du corps, et une ouverture anale. Cette dernière est rarement perceptible, elle paraît le plus souvent même ne se former qu’au moment de l’expulsion des résidus de la digestion, mais cette formation a lieu toujours dans la même région, ordinairement à la partie postérieure du corps, quoique
DES PROTOZOAIRES EN GENERAL
chez les Stentors , Vorticelles , par exemple, l’anus vienne s’ouvrir tout à côté de la bouche.
La conformation de cette dernière est très variable ; elle se trouve parfois située au fond d’une fosse ou d’un sillon pratiqué dans l’ectosarc ( P aramecium , Stylonychia , Euplotes) et demeure, par conséquent, toujours ouverte; chez d’autres, elle ne se montre qu’au moment de l’ingestion de la nourriture et se referme si hermétiquement, qu’il n’est plus possible de la distinguer.
Dans le premier cas, le sillon buccal est communément tapissé de cils plus longs que ceux qui recouvrent le reste du corps, et se continue intérieurement en un entonnoir plus ou moins dilaté, qui a reçu le nom d 'œsophage. Ce dernier est souvent tapissé d’un proion- ' gement de la cuticule qui s’infléchit avec ses parois, auxquelles elle donne plus de consistance. Parfois, cette cuticule se trouve plissée longitudinalement, de manière à simuler une grille solide. Chez d’autres ( Chilodon , Nassula ), cet aspect est réellement produit par de petites baguettes solides disposées en forme de nasses. La bouche manque chez les Opalines , la cuticule, très mince, leur permet de se nourrir par osmose.
Chez le Trachelius ovum , une disposition particulière du protoplasma de l’endosarc, résultant de la présence d’un très grand nombre de vacuoles aqueuses, en dessine la surface de manière à faire croire à la présence d’un canal digestif proprement dit, ramifié et séparé de la paroi du corps par une couche liquide. Mais ce n’est là qu’une apparence trompeuse, et en réalité cet Infusoire ne s’éloigne pas de la règle générale : absence d’intestin proprement dit.
Des Sarcodaires aux Infusoires ayant une bouche, un terme de passage nous est fourni par le groupe des Infusoires suceurs ( Acinè tiens), qui n’émettent pas de pseudopodes proprement dits, mais dont les tentacules en remplissent à peu près les fonctions. Ces animaux ont le corps recouvert de prolongements filiformes, rétractiles et terminés en petit bouton par une sorte de ventouse. C’est par cette ventouse que l’animal fixe son tentacule sur sa proie, et agit de telle manière sur cette dernière qu’on voit, petit à petit, la substance de celle-ci se désagréger, et passer, sous forme de courants granuleux, tout le long du tentacule jusque dans la masse du corps. Ce mode de nutrition présente évidemment beaucoup d’analogie avec celui qui est propre à certains Rhizopodes.
Circulation. — Comme il n’existe pas chez les Protozoaires de liquide nourricier distinct, mais que l’on peut considérer leur corps tout entier comme en en étant imbibé, nous ne devons pas nous attendre