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CIRCULATION

à rencontrer chez eux d’appareils circulatoires proprement dits. Nous avons cependant déjà appelé l’attention à plusieurs reprises sur les courants intérieurs du protoplasma, trahis par la circulation des granulations ou des substances alimentaires, tant dans le corps que dans les pseudopodes. Cette circulation est évidemment entretenue par les contractions continuelles du corps qui ne cesse de changer de forme chez la majorité des Sarcodaires. Chez les Infusoires, cette circulation paraît circonscrite à l’endosarc, dont la substance est douée d’une rotation qui, chez quelques genres (. Paramecium ), s’effectue toujours dans un sens déterminé, et paraît prendre son point de départ dans le voisinage de l’œsophage. On ne voit pas bien quelle est la cause motrice de cette circulation, peut-être est-elle due simplement à l’impulsion de l’eau constamment introduite dans l’œsophage par le jeu des cils vibratiles qui en couvrent les parois. • L’introduction de granules colorés dans l’eau permet de suivre le sens de ces mouvements circulatoires.

A partir des Amibes, nous voyons intervenir la présence d’organes tantôt passagers, tantôt persistants, qui, par leurs contractions, contribuent certainement à entretenir un mouvement dans le protoplasma. C’est la première ébauche des vésicules pulsatiles proprement dites, dont les mouvements observent un certain rythme. Ce sont des espaces clairs, plus ou moins sphériques, qui apparaissent et disparaissent tour à tour à la surface, remplis d’un liquide transparent qui n’est en majeure partie que de l’eau. Ces espaces lacunaires manquent certainement de parois propres dans la plupart des cas, et sont directement creusés dans la substance du corps; cependant, ils sont fréquemment entourés d’un contour hyalin qui a été mesuré dans son épaisseur chez certains Infusoires, et considéré par plusieurs auteurs comme membraneux. On a tour à tour considéré ces vésicules, ces vacuoles , comme on les appelle aussi, comme des organes circulatoires, d’excrétion ou aquifères, sans que l’on puisse donner exclusivement raison à l’une ou l’autre de ces opinions. En réalité, il est possible qu’elles cumulent ces trois fonctions. Leurs contractions réagissent sur la substance molle qui les entoure et l’animent de mouvements réguliers; le liquide qui les remplit n’étant pas sûrement puisé au dehors, mais provenant, en partie du moins, du protoplasma, peut être jusqu’à un certain point considéré comme un produit de sécrétion de ce dernier, et enfin la projection de ce liquide, soit au dehors (chez quelques Infusoires), soit de nouveau dans la masse du corps, comme c'est le cas chez la plupart des Protozoaires, permet d’envisager ces vacuoles comme des appareils aquifères ou respiratoires. Quelques auteurs : Rossbach, Engelmann,

DES PROTOZOAIRES EN GENERAL

ont signalé dans les vacuoles la présence d’acides. C’est ainsi que l’hématoxyline y rougit quelquefois.

Quelle que 'soit leur fonction, la constance de ces vacuoles contractiles chez un grand nombre d’espèces leur donne une importance de premier ordre. Leur nombre varie beaucoup (jusqu’à 8 chez Condylostoma ), ainsi que leur situation. Chez Actinophrys , elles sont superficielles, et font saillie à la périphérie du corps. Chez les Infusoires, elles sont situées dans l’ectosarc, et lorsqu’il y en a plusieurs, elles sont régulièrement espacées. Elles atteignent parfois un volume considérable, puis diminuent petit à petit jusqu’à disparaître complètement, et à ne pas laisser trace de leur existence. La disparition en est quelquefois brusque et fréquemment répétée, d’autres fois lente et grandement espacée. Leur réapparition a lieu tantôt sur le même point du corps, * ce qui est le cas le plus fréquent, tantôt sur un point différent. Au moment de leur systole, apparaissent souvent dans leur voisinage des canaux cylindriques ou renflés sur leur parcours, qui ne sont pas d’abord en relation visible avec elles, et qui rayonnent dans tous les sens, donnant à la vésicule une forme étoilée. Le nombre de ces canaux n’est pas toujours constant ; ils peuvent, en particulier, se multiplier anormalement lorsque l’animal est comprimé, ou qu’il est sur le point de mourir. Leurs contours, sans parois propres, sont également contractiles, c’est-à-dire qu’ils se referment et disparaissent une fois que la systole est accomplie, pour réapparaître lorsque la diastole commence. Stein a décrit chez un infusoire, Cyrtostomum leucas , de pareils vaisseaux qui, selon lui, seraient ondulés et ramifiés à leur extrémité.

La communication de ces vaisseaux avec l’extérieur, quoique possible, n’est pas facilement constatable. Nous ne savons pas si l’eau qui remplit les vacuoles provient de l’eau introduite par la bouche, ou si la vésicule possède un système de vaisseaux afférents, par lesquels elle puiserait le liquide dans le milieu ambiant, ou directement dans l’œsophage, comme Stein croit l’avoir vu chez les Vorticelles. Les expériences avec les particules colorées ne nous apprennent rien à cet égard, ces particules ne pénétrant pas, quoiqu’en aient dit d’anciens observateurs, par d’autres orifices que par la bouche, et ne se répandant jamais dans les vésicules pulsatiles (1).

Toute observation nouvelle à cet égard pouvant être d’un grand intérêt, nous appelons là-dessus l’attention des commençants. A l’heure qu’il est, les naturalistes sont loin d’être d’accord sur le par-

(1) L’immersion de grands Spirostomes dans une solution de brun de Bismarck, prouve que chez eux il n’entre pas une parcelle du liquide environnant dans la grosse vésicule et dans son long canal. (Du Plessis.)

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