‹ Traité d'anatomie comparée pratiqueChapitre 15 sur 82 · REPRODUCTION · texte numérisé non relu

REPRODUCTION

cours du liquide qui remplit les vésicules contractiles. La disparition subite de ce liquide, lorsque la systole est brusque, nous paraît encore très énigmatique.

Il est à peine besoin d’insister sur ce fait que, par le cumul des fonctions de la vésicule contractile, son analogie avec les fonctions du coeur des autres animaux n’est qu’apparente. Quant à son homologation avec les organes aquifères des vers, elle est pour le moins prématurée.

Respiration. — La fonction respiratoire n’est certainement localisée dans aucun organe spécial chez les Protozoaires, et l’on peut admettre qu’elle s’effectue par toutes les parties du corps. La poussée des pseudopodes, à laquelle, comme nous l’avons dit, tout le corps prend part, permettant à toutes les parties du protoplasma de se mettre successivement en contact avec de nouvelles couches d’eau, assure son oxigénation. De même chez les Infusoires, les mouvements continus des cils vibratiles entretiennent chez ceux d’entre eux qui sont fixés un courant constant autour du corps, et l’introduction fréquente de l’eau avec la nourriture contribue au rafraîchissement du protoplasma de l’endosarc. Les nageurs passent toujours dans de nouvelles couches d’eau, où ils trouvent selon leurs besoins l’oxygène nécessaire.

Telles sont les principales différenciations du protoplasma chez les Protozoaires. Nous devons revenir, en terminant, sur le rôle du noyau et du nucléole, que nous considérons comme le centre et le point de départ du travail générateur.

Reproduction. — Les Protozoaires présentent les formes les plus variées de la reproduction, tantôt la scissiparité, le bourgeonnement, la conjugaison et la reproduction endogène, tantôt le cumul de deux ou trois de ces modes. Dans tous ces procédés, le noyau intervient à des degrés divers. C’est lui qui paraît donner toujours l'impulsion première à l’action reproductrice, du moins chez les organismes à un seul noyau (1). C’est ainsi que le fractionnement de l’Amibe, de l’Infusoire, commence comme dans une cellule par cet organe. De granuleux qu’il est normalement, le nucléus prend une structure finement fibreuse, rendue sensible par l’action de l’acide acétique, et qui s’accentue tant que le noyau est en train de se diviser en deux portions. Quand cette division est opérée, quelques-unes de ces fibrilles en réunissent encore les deux moitiés. Bütschli croit pouvoir considérer cette transformation du

(1) Chez les Protozoaires qui, comme l1 Actinosphœrium, par exemple, possèdent un grand nombre de noyaux, ceux-ci ne paraissent pas jouer de rôle actif dans la reproduction. t

DES PROTOZOAIRES EN GENERAL

noyau granuleux en noyau fibreux comme très générale chez les Infusoires. Il a constaté la même transformation dans la division des nucléoles. La division du nucléus et du nucléole se correspond. Un peu avant son début les nucléoles deviennent plus grands et fibreux (. Parctmecium ). Ensuite il se forme deux moitiés enveloppées encore par la membrane hyaline commune, qui disparaît peu à peu.

Nous avons dit que l’existence du nucléole est moins constante que celle du noyau. Il n’apparaît souvent qu’au moment de la reproduction. Chez les Amibes, il est logé à l’intérieur du noyau, mais chez les Infusoires, il est placé à côté, à une certaine distance, ou accollé à lui d’une manière plus ou moins intime. Dans ce dernier cas, on peut lui réserver le nom d 'endoplastide ou de noyau accessoire (Nebenkerri), pour ne pas le confondre avec le nucléole de la cellule typique qui est logé dans le noyau. Les fibrilles qui s’y remarquent au moment de la reproduction ressemblent à de petits bâtonnets, qui ont été comparés à des zoospermes. La notion de sexualité chez ces êtres inférieurs est, du reste, difficile à soutenir.

La plupart des Protozoaires ont, en outre, la faculté de s’enkyster. On donne le nom de kyste à tout épaississement de la couche externe du corps, provenant soit du dessèchement de celle-ci au contact de l’air, soit de l’abaissement de la température à l’approche de l’hiver, ou enfin d’une sécrétion particulière, quelquefois incrustée de sels minéraux. L’enkystement a lieu fréquemment en vue de la protection de l’organisme, mais il précède aussi, comme nous venons de le dire, un travail de dissolution ou de fractionnement des éléments constitutifs de l’organisme, et une réorganisation de ceux-ci sous des formes un peu différentes, que l’on peut alors considérer comme des germes de nouveaux individus qui deviennent libres après la dissolution ou la résorption du kyste. Pour étudier de pareilles formations, il suffit d’humecter, sous le microscope, la poussière obtenue en secouant du foin sur une feuille de papier.

Quant à la conjugaison , c’est-à-dire à l’union de deux individus, elle peut s’opérer sur tous les points du corps, mais particulièrement sur la face ventrale, là où l’existence de cette dernière est saisissable, comme c’est le cas chez un certain nombre d’infusoires. Elle est suivie d’altérations du noyau, dont nous aurons à reparler dans la description des types. Ce dernier se divise le plus souvent en un certain nombre de sphères, qui se soudent ou se fusionnent de nouveau en une seule masse. La connaissance de ce phénomène n’est pas suffi-

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