AMIBES
Dans le premier cas, la forme du corps est éminemment variable, se modifiant à chaque instant par suite de l’émission des pseudopodes,
de la contraction du protoplasma et des courants de granules qui
sont la conséquence de cette contraction. Chez les Rhizopodes testacés, au contraire, la forme de l’organisme souvent coloniaire, est déterminée par la carapace au travers de laquelle sont émis les pseudopodes, soit sur un point déterminé du corps, soit sur sa surface tout entière.
A. — Ordre des Amibes.
Type : Amoeba terricola (Greeff). — On trouve cet animal dans le sable et les parcelles de terre qui se déposent au fond de l’eau, dans laquelle on agite les racines des mousses qui croissent contre les murs, les troncs d’arbre, etc. Après l’avoir observé sous différents grossissements, on le traite avec les réactifs ordinaires : acide acétique, picro-sulfurique, le picro-carmin, la teinture de cochenille, etc.
Fig. 1.
Fig. 2.
Cette Amibe à l’état de repos ressemble à une esquille irrégulière de quartz, mais son contenu presque toujours jaunâtre, rassemblé le plus souvent en petites boulettes, et le mouvement intérieur des granulations du protoplasma qui la constitue, la fait reconnaître assez aisément après quelques instants d’une observation attentive.
Le protoplasme est homogène, hyalin, et très consistant à la surface, tandis qu’il est assez liquide et granuleux à l’intérieur. La couche externe (l’ectosarc) pousse avec une extrême lenteur, des
-A. moeba tel i icola dessinée vivante a la chambre claire, a, vacuoles pulsatiles; n, noyau; e, pseudopode.
Fic. 2. Amocha terricola avec les pseudopodes moins étalés, a, vacuoles pulsatiles;
PROTOZOAIRES
pseudopodes très irréguliers, hyalins, résistants, en forme de verrues, au moyen desquels l’animal se meut d’une manière saccadée, en tombant pour ainsi dire d’un groupe de ces pseudopodes sur l’autre. Les granulations intérieures, souvent réunies en boulettes qui sont quelquefois entourées d’un halo transparent, coulent assez rapidement vers le point où un peusopode va s’élever; elles en remplissent l’intérieur tout en laissant un limbe transparent à la surface, dans lequel elles ne pénètrent pas. Le côté opposé au pseudopode naissant présente alors des rides et des plis dans sa couche hyaline, preuve évidente que ce sont les contractions de cette couche qui déterminent le va et vient de la masse plus liquide interne. Ces 'deux couches ne sont cependant pas limitées par des contours arrêtés, elles passent l’une dans l’autre d’une manière insensible, alors
même que le parenchyme intérieur granulé n’atteint jamais la périphérie.
Les granulations jaunes, tantôt plus disséminées, tantôt plus ramassées, présentent souvent, sous des grossissements très forts, la forme de petites baguettes ou de corpuscules arrondis ; elles sont le résultat de l’assimilation. Les Amibes paraissent se nourrir surtout de substances végétales en décomposition. On rencontre des individus dans lesquels les granulations manquent complètement, tandis que dans d’autres exemplaires, on aperçoit encore des fragments d’oscillatoires vertes ingérés, qui se décomposent bientôt par la désagrégation de leurs cellules (c, fig. 3).
Le protoplasme présente toujours des vacuoles (a, fig. 1 et 2) extrêmement variables, quant à leur nombre et à leur volume, mais toujours remplies d’un liquide extrêmement transparent. On les voit se former à des endroits indéterminés, grossir successivement, confluer souvent ensemble ou aussi se diviser en gouttelettes. Quelquefois elles deviennent énormes , comme celle de la figure 1 , et
Kig. 3.
atteignent alors la surface, soulevant celle-ci en une mince pellicule. Parvenue à ce développement, la vacuole se vide subitement, mais toujours par l’avancement du parenchyme granuleux depuis l’intérieur. On n’aperçoit jamais d’ouverture par laquelle elle épancherait son contenu au dehors. On voit souvent persister à sa place un
pi g. 3. — Amoeba terricola après l’action de l’acide acétique. Les pseudopodes ont disparu ainsi que les vacuoles pulsatiles; le noyau ti, est très accusé, c, filaments d algues ayant servi de nourriture.