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AMIBES

espace semi-lunaire, marquant la distance entre le protoplasma interne s’avançant comme un tampon et la couche périphérique ; mais cet espace disparaît bientôt, et le protoplasme se voit, comme partout ailleurs, engendrant de nouvelles vacuoles qui sont d’abord très petites, mais confluent à leur tour les unes avec les autres. Le jeu de toutes ces vacuoles n’a rien de régulier ou de rythmique.

Chaque Amibe possède un noyau {n) souvent très difficile à apercevoir au milieu des granulations. Il présente une couleur grisâtre et montre toujours une capsule nettement arrêtée, hyaline, remplie par une substance granuleuse dont l’aspect varie à l’infini, étant tantôt uniformément nébuleux, tantôt séparé plus ou moins distinctement en traînées ou en granules arrondis ressemblant à des cellules infiniment petites (n, fig. 2). Il est -rare de voir le noyau séparé en deux, de manière à montrer un nucléole et un noyau proprement dit, comme nous l’avons représenté dans la figure 1. Il est probable que le noyau se scinde à la fin en répandant les granules qu’il renferme dans le parenchyme, car on trouve quelquefois des Amibes assez grandes, dont le corps est rempli de granules semblables et dans lesquelles il n’est pas possible de constater la présence d’un noyau. Ces granules sont expulsés du corps et se transforment probablement au dehors du corps en jeunes Amibes, composées d’un protoplasma hyalin qui se remplit d’abord de très fines granulations, pousse des pseudopodes et présente bientôt à son tour des vacuoles.

La teinture d’iode colore toute l’Amibe en brun, les autres réactifs indiqués contractent la couche résistante externe qui se présente alors avec des rides, mais sans aucune aspérité, comme une boule plus ou moins sphérique. Ils font apparaître plus distinctement le noyau. L’acide acétique dilué se recommande surtout sous ce rapport. En en plaçant une goutte sur le bord du couvre-objet, de manière à ce qu’il se mêle peu à peu à l’eau contenant l’Amoebe, on peut suivre pas à pas la contraction des pseudopodes, la disparition des vacuoles et l’accentuation toujours plus nette du noyau (fig. 3). Nous n’avons pas observé la reproduction de cette espèce. Selon Greeff, la division du noyau serait suivie de la dispersion dans l’endosarc des granules auxquels elle donne naissance. Ils s’y entourent peut-etre de particules de protoplasma et sont ensuite expulsés. Les jeunes Amibes montreraient d’abord un noyau très clair, puis un peu plus tard une vacuole contractile.

Les Amibes constituent un ordre de la classe des Rhizopodes nus et à formes c angeantes. Leurs pseudopodes sont lobaires, ramifiés ou même réticulés selon

PROTOZOAIRES

les espèces. Elles se trouvent dans la mer, dans les eaux douces et dans les lieux humides, dans la terre, les mousses, sur les toits, etc.

L’ectosarc est, en général, durci comme dans notre espèce type. Les formes marines manquent presque toujours de vacuoles et souvent aussi de noyaux, lesquels existent, en revanche, presque constamment chez les formes terrestres et d’eau douce.

L’enkystement par exsudation d’une couche globulaire, homogène et résistante a été observé comme mesure de protection chez un grand nombre d’espèces. Dans un seul genre dont la position est douteuse ( Protomyxa ), l’enkystement est le signal d’une phase de reproduction par zoospores multiples, pourvus de pseudopodes courts et pointus. Sauf le genre Myxodyctium, les Amibes ne forment pas de colonies. Elles vivent comme individus isolés et se multiplient par division, en deux parties égales, rarement en quatre ( Gloïdium ). Les Amibes ne sont jamais fixées, mais chez quelques-unes (. Hyaiodiscus , Pelomyxa ), l’ectosarc est mou et collant, tandis que chez d’autres il devient très ferme ( Amphizonella ) ou s’élève même en courtes épines ( Cliaetoproteus ). La conjugaison de deux individus s’observe très rarement. Outre la scissiparité, la reproduction par dispersion des nucléoles dans l’endosarc paraît être assez répandue. 11 existe cependant, à ce propos, de nombreuses lacunes dans les observations.

Littérature.

Dujardin, Infusoires , dans les suites à BufTon, Paris, 1841. — Auerbach, Ueber die Einzelligkeit des Amoeben. Zeitschr. fur wiss. ZooL, t. VII, 1856. — E. Haeckel, Ueber den Sarcodekôrper der Rhizopoden, idem, 1865. — E. Ilaeckel, Monographie der Moneren, Jenaische Zeitschrift , t. IV, 1870. — R. Greeff, Ueber einige in der Erde lebende Amoeben und andere Rhizopoden , Arch. fur Mikrosk. Anat., t. II, 1866. — E. Buck, Einige Rhizopodenstudien Zeitschr. für iviss. ZooL , t. XXX, 1878. — J. Leidy,- Fresh water Rhizopods of North America , Washington, 1879. — Bütschli, Rronn’s Thierreich, 2° édition, t. I, 1881.

B. — Ordre des Foraminifères ou Thcilamorphes.

Protozoaires pourvus d’une coquille généralement calcaire et percée d’une ou de plusieurs ouvertures pour laisser passer les pseudopodes. Ils se divisent en :

Imperforés, ne possédant pas de vésicule contractile, point de pores, mais une grande ouverture par où sortent les pseudopodes ( Gromia , Miliola)\

Perforés, possédant une coquille trouée de pores, par lesquels passent les pseudopodes ( Lageîia , Polystomellci).

Type : Polystomeila strigilata (d’Orbigny) (fig. 4). — Cette espèce se trouve surtout dans la Méditerranée et la mer Adriatique, le long des côtes. Elle se présente sous la forme d’une lentille bi-convexe s’élevant régulièrement depuis le bord jusqu’au centre de la figure. La circonférence n’en est pas tranchante, mais elle présente une dépression peu considérable, dont les bords proéminents portent quel-

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